Shunt a écrit:
"The Host" est sans doute le film le plus ouvertement anti-américain que j'ai pu voir ces dernières années. C'est un film anti-colonialiste, car la Corée du Sud n'est ni plus ni moins qu'un protectorat américain. Elle subit une tutelle politique, un colonialisme culturel (particulièrement mal vécu par les cinéastes locaux car les USA ont fait pression sur le gouvernement coréen pour abaisser les "screen-quotas" qui protégeaient la production locale qui rivalisait de plus en plus avec Hollywood, non seulement en Corée, mais aussi en Asie). Le réalisateur de "The Host", Bong Joon-Ho, fait partie d'une génération de quadras qui ont vécu la répression des mouvements étudiants démocratiques en Corée par le gouvernement de Séoul pro-US, et ils en ont gardé un très fort ressentiment. Les réalisateurs coréens snobent d'ailleurs allègrement Hollywood qui leur fait des appels du pied depuis des années.
La question de la lutte des classes, mais aussi du conflit générationnel est également très présent dans le cinéma coréen contemporain, et même dans le cinéma asiatique en général... la crainte de la mondialisation et de l'impérialisme culturel yankee s'y fait clairement ressentir (voir l'excellent "Tokyo Sonata" du Japonais Kyoshi Kurosawa).
C'est un peu tiré par les cheveux pour "The Host", qui surtout est une adaptation habile de King Kong. Je pense que le film a plus un message écologiste (les familles confinée bureaucratiquement dans un gymnase, les scaphandre hypersophistiqué qque les médecins revêtent qui sont absolument inefficaxes) qu'anti-américain
Il y a d'autres films coréen bien plus incisiofs politiquement ("the President's last bang").
Sinon connaissez vous "United Red Army" de Wakamatsu?
je pense que c'est film qui pourrait en intéresser beaucoup ici, même s'il est difficliement supportable (je ne suis pas allé au bout).
Il raconte une histoire vraie: l'autodestruction de l'extrême gauche révolutionnaire japonaise (alors très puissante, plus qu'en Italie et en Allemagne) dans les années 1970 (la rencontre de l'auto-critique maoïste et du seppuku c'est quelque chose).
J'ai découvert par ce film que l'attentat suicide pro-palestinien et anti-israëlien a été en fait inventé par des étudiants l'extrême gauche japonaise (attentat de Lod commis par ceux qui ont réchappé aux purges au Japon) à une époque ou les mouvements de lutte pro-arabes étaient encore dans une optique de lutte armée peut-être moins nihiliste.
intéressant de voir que l'attentat suicide a été inventé par une bourgeoise à la fois radicale et occidentalisée et que personne ne le mentionne actuellement.
Mais le film est difficilement soutenable..