Cortese a écrit:Bof, si tu veux. C'est évident pour tout le monde que c'est bien l'armée américaine qui est désignée, mais bon.
Non justement, ce n'est pas l'US Army. Et ce n'est pas un détail anodin, car c'est sans doute ce qui déculpabilise le spectateur US lambda. En revanche, l'arbre géant qui s'effondre, ça a du lui rappeler les attentats du 11 septembre. Finalement, le bon spectateur a plus de chances de s'identifier aux Naa'vi (enfin surtout au héros et à ses gentils amis scientifiques) qu'aux mercenaires brutaux et sanguinaires, présentés comme de simples déviants (le patron de la multinationale culpabilise d'ailleurs devant la folie meurtrière du balafré, preuve qu'il n'est pas si "mauvais"... comme si les gugusses d'Halliburton avaient culpabilisé de quoi que ce soit). La brutalité des colons est finalement présentée comme "excessive", comme une simple "déviance"...
Shunt a écrit:Comme tu le dis la trame n'a rien d'original. "Danse avec les Loups" avait le même genre de héros. Un Blanc arrive et se bat du côté des indigènes, c'est Lawrence comme tu le dis si bien (et Lawrence a été redoutablement efficace). Dans "Avatar", l'esprit du héros paralytique est "transféré" (personne ne s'étonne de l'intrusion de la pensée magique à ce moment du scénario) dans un corps géant de Na'vi. On peut imaginer que l'allégresse d'échapper à une infirmité puisse amener le héros à se dépasser, ou que le "croisement" d'un humain avec un Na'vi produise un plus que Na'vi, ou que les connaissance militaires du héros puisse l'aider dans sa tâche.
Ouais, enfin c'est un marine de base un peu con sur les bords quand même.
Bref, c'est de la SF, on reste dans une logique SF sans rien de scandaleusement nouveau. Ce n'est pas lui qui parle à Dame Nature comme tu dis, mais toute la population.
Ah si, c'est lui, juste avant le combat final. Sa nénette lui dit même à la fin que Dame nature l'a entendu.
Et ça t'a sans doute échappé, mais le film répète plusieurs fois que les créatures de Pandora sont interconnectées par un réseau neuronal, l'explication imaginaire vaut ce qu'elle vaut, mais elle n'est religieuse qu'en apparence, alors que la force libérée par l'"activation" de la "mémoire centrale" est décrite comme purement biologique ou psycho-biologique.
A la bonne heure, mais en quoi cela rend le message du film pertinent. Ce n'est pas l'ingéniosité, ni la persévérance, ni maîtrise du terrain qui expliquent la victoire finale des indigènes sur la force brute des colons (comme ce fut le cas des Vietnamiens). C'est une intervention "neurono-divino-mystique", bref de la magie, qui fait que des troupeaux de rhinoceros à gueule de requins marteaux foncent sur les blindés, que des lézards volants descendent les hélicos. C'est la révolte de la nature contre les "intrus", les éléments exogènes. Tu crois que les GI's en Irak doivent craindre une attaque de scorpions, de dromadaires et de fennecs ?
Je suis étonné qu'un fin analyste politique comme toi n'ait pas perçu que la résistance irakienne était essentiellement composées d'islamistes, des gens qui s'adressent 5 fois par jour à un cube de maçonnerie situé à 2000 km et qui en tirent leur ardeur au combat.
Donc Cameron nous rejouerait le coup de la "foi qui déplace les montagnes", mais complètement premier degré... si "Avatar" est un brûlot anticolonialiste, alors le colonialisme et le néo-colonialisme ont encore de beaux jours devant eux...
...si tu veux voir de la SF un peu plus corrosive, je te conseille plutôt "The Host". Parce que là, ce n'est pas la magie ou Mother Nature qui défoncent le gros monstre créé par les Ricains, mais les gens du peuple, à grand coups de coktails molotov dans la gueule !