Aym a écrit:Non, tu interprètes mal ce que j'ai écrit.
Je ne crois pas, mais reprenons:
Aym a écrit:Je dis que, partant d'un livre, on n'arrivera jamais, dans un film, à faire une représentation du livre qui correspondra aux millions d'univers imaginés par les différents lecteurs, et que par conséquent il y aura toujours des déceptions.
D'accord, mais ce n'est pas ce que tu avais écrit. Et si je peux me permettre, ce n'est pas un problème. Il faut simplement faire la part des choses entre le "sens" et la "signification".
Ta phrase est étrange: n'importe quel film qu'il soit ou non une adaptation engendre toujours une déception chez au moins un spectateur. Tu poses des critères étranges pour en réfuter d'autres aussi étranges. Voilà ta phrase de départ:
Après, un film est forcément toujours moins bien qu'un livre, parce que chacun a son propre imaginaire, et qu'il est impossible de produire une œuvre qui satisfasse tout le monde.- Proposition: un film est toujours moins bien qu'un livre (sous-entendu l'adaptation d'un livre)
- Argument: chaque imaginaire est unique
- Logique: impossible qu'un imaginaire unique satisfasse tout le monde.
Je te renvoie à ma première réponse: tu choisis de valoriser l'imaginaire du lecteur au détriment de ce qui est écrit.
Aym a écrit:Si je réalisais, avec des moyens illimités et des personnes qualifiées, ma propre version de la trilogie des mousquetaires, de Dumas, pour le cinéma, ça serait MA version à moi, avec toutes les images fournies par mon imagination chaque fois que je lis les bouquins. Et y'a certainement des gens qui, en voyant ma version, se diraient "ça ne correspond pas du tout à ce que j'imaginais, c'est nul".
J'avais bien compris. Mais c'est toujours la même confusion entre le sens et la signification et entre l'esprit et la lettre. Ce n'est pas parce qu'un acteur ne ressemble pas à l'image que l'on se faisait d'un personnage que l'esprit du texte ne s'y trouve pas.
Tu butes sur une contradiction que le théâtre lève depuis toujours. Hamlet existe à la fois chez Shakespeare et dans toutes les représentations vivantes qui en sont faites.
Aym a écrit:Quant à ta phrase
Si l'on pousse ta logique jusqu'au bout, rien ne vaut la page blanche ou un écran blanc, alors chacun peut imaginer le film qu'il se fera dans sa tête.
elle n'a aucun sens. Quand je dis
Aym a écrit:Après, un film est forcément toujours moins bien qu'un livre
c'est uniquement dans le cas où on tire un film d'un livre. Donc on parle d'un film inspiré d'un livre, donc je ne choisis absolument pas de "valoriser l'imaginaire du lecteur au détriment de la valeur de ce qui est écrit (dans le livre)" étant donné que l'imaginaire du lecteur se fait à partir de ce qui est écrit dans le livre.
Pourquoi écris-tu "moins bien" ? Soit tu emploies mal le mot en oblitérant sa notion de valeur tendant à l'absolu, soit tu confirmes ce que j'écrivais, à savoir que tu valorises à l'excès l'imaginaire du lecteur plutôt que la valeur du texte (peut-être parce que tu présumes que la valeur n'existe que dans l'imaginaire du lecteur ?).
Silverwitch