Marlaga a écrit:silverwitch : il y a plusieurs points dans ton message qui ne me plaisent pas.
D'une part, parce que tu réduis mes propos. J'ai tenté de donner quelques critères qui me sont propres pour juger la qualité d'un film. Je n'ai jamais dit qu'ils étaient exhaustifs, ni qu'ils étaient universels.
Ce à quoi j'ai répondu: tes critères ne sont pas seulement parcellaires, ils sont faux. Ils ne permettent pas d'évaluer un film, mais ne font que parler de toi. Ils n'ont donc aucune utilité, sinon pour toi.
Marlaga a écrit:Ensuite, parce que tu pars du principe que le cinéma est un art alors que pour moi, les films que je peux considérer comme de véritables oeuvres d'art sont très rares. Ce n'est pas parce qu'il y a un travail d'écriture et d'esthétique que ça en fait de l'art. Les publicités ont ces démarches et on ne peut pas souvent les trouver artistiquement valables. Un livre écrit par Loana aura beau être de la littérature, ça n'en sera pas une oeuvre d'art, tout comme la majorité des biographies de personnalités médiatiques.
Tu as mal lu: le cinéma est une forme esthétique singulière. Comme je l'expliquais dans mon message, le cinéma ce n'est pas la même chose que la musique, la littérature, la peinture ou le théâtre. Tu es d'accord sur ce point ? Quand on dit que le cinéma est un "art", cela ne signifie pas que tous les films sont des oeuvres d'art, mais qu'ils appartiennent à une catégorie culturelle, celle de la pratique artistique.
Si tu te concentres sur l'émotion, tu supprimes la singularité de chaque pratique artistique. Qu'est-ce qui différencie alors le cinéma, la musique ou la peinture ? Tous trois ont pourtant un point commun, ils ont un effet: ils émeuvent. Et pourtant un film ce n'est pas la même chose qu'un roman. Les moyens mis en oeuvre diffèrent. Évaluer un film c'est se concentrer sur les moyens et non sur les effets.
Marlaga a écrit:Donc je ne vais pas chercher des critères artistiques pour juger un film qui ne l'est pas. Comme tu le dis, certains films ne sont que de la communication et je les juge donc sur des critères de communication : les émotions qu'on a voulu me transmettre me sont-elles arrivées ?
Donc tu ne cherches pas à définir ce qu'est un "bon" film, mais simplement ce que tu aimes, ce qui te plaît et ce qui te fait de l'effet. Peu importe qu'il s'agisse d'un film ou non.
Marlaga a écrit:Ensuite, quand tu parles des critères émotifs, qui varient selon l'humeur du spectateur, tu rates encore quelque chose car en ne prenant pas en compte la capacité d'un film à émouvoir, à faire rire ou pleurer (selon que c'est ou non le but du film), tu passes à côté du critère le plus important pour juger la réussite d'un film. Je comprends ton problème face à la variation des humeurs des spectateurs, mais quand on fait une moyenne, on est capable de dire "Les bronzés font du ski, c'est drôle" par exemple.
Encore une fois, tu ne fais pas la différence entre un film et une publicité. Si pour toi, seul compte l'effet, c'est logique. Quelle différence entre une oeuvre d'art et un rêve ? Il faut s'intéresser à la réalité concrète de l'oeuvre, plutôt qu'à des manifestations qui n'ont en fait pas grand chose à nous apprendre sur l'art en question.
Et tu vois bien la limite de ta proposition, avec ta conclusion: finalement selon toi, seul le box-office nous dit si un film est bon ou pas dans un cas, ou bien chaque spectateur est isolé dans sa propre définition, liée à ses attentes.
Marlaga a écrit:Si tu passes le film à décortiquer chaque scène en te disant "ça, c'est copier sur tel film" ou "ça c'est original", tu passes à côté du film. Juger les qualités intrinsèques d'un film ou le travail technique est une chose différente. Ce n'est pas juger le film.
Sinon, s'il existait des critères objectifs et universels, tous les critiques professionnels seraient toujours d'accord et on n'attribuerait que les récompenses techniques dans les cérémonies annuelles.
Non. Comment en arrives-tu à la conclusion farfelue que tous les professionnels devraient être identiques ? Dans toutes les professions, il existe des gens compétents et des gens incompétents. Un médecin peut se tromper, un garagiste également. La limite que tu pointes est celle de la société, pas celle de l'évaluation raisonnée des films.
Enfin, je suis désolée d'insister. Mais évaluer un film, c'est autre chose que le "j'aime ou j'aime pas". Je ne t'interdis pas de t'en contenter, par contre il est gonflé de prétendre empêcher les autres de se livrer à une étude plus scientifique des objets que sont les films. J'ajoute que j'ai par rapport à toi un avantage certain: non seulement je connais mieux le cinéma, sa technique, ses oeuvres et son histoire, mais je suis également de l'autre côté, dans la fabrication et la construction. Je suis bien placée pour savoir comment ça marche et quelles sont les moyens employés pour provoquer une émotion, pour vendre un produit.
Évaluer un film, c'est autre chose qu'un guide du consommateur. Je sais qu'aujourd'hui c'est anachronique, mais enfin, je n'en démords pas.
Silverwitch







