Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Le salon francophone est dédié aux sujets n'ayant pas de lien avec la F1 ni autres sports mécaniques. C'est un salon pour se détendre en refaisant le monde.

Modérateurs: Garion, Silverwitch

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Feyd le 12 Oct 2026, 16:36

Une preuve de plus :

«J’ai arrêté les cours en pleine année» : Louise Montangon empêchée d’aller à la fac en raison de son adhésion au RN


«Il faut préciser que vous êtes adhérente au RN et que vous ne pouvez pas aller en cours à Bordeaux. Vous êtes en fac, je crois que vous êtes en master de philosophie. Vous avez des cours à distance. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas possible pour vous, par rapport à vos convictions politiques, d’aller en cours ?», a demandé Olivier Truchot à la militante.

«Tout à fait. Il faut savoir que dans l’enseignement supérieur public, à partir du moment où vous assumez être de droite, c’est terminé pour vous. Il y a une pression qui s’exerce de la part des étudiants, parfois même de la part de l’administration qui ne vous soutient pas, de la part des professeurs, complices aussi parce qu’ils ne vous soutiennent pas, et vous êtes simplement obligé de quitter la fac. On ne peut pas étudier dans des conditions pareilles», a-t-elle affirmé.

Louise Montangon a par la suite assuré avoir été obligée de quitter l’université. «L’année dernière, j’ai arrêté les cours en pleine année parce que ce n’était plus possible. Déjà pour une question de sécurité, parce que quand vous arrivez à la fac et qu’il y a 80 personnes qui vous attendent pour un, super sympa d’ailleurs, comité d’accueil pour vous foutre dehors, vous ne pouvez plus aller en cours, vous n’êtes plus en sécurité», a-t-elle déclaré.

Elle affirme également avoir été mise dehors de la bibliothèque de l’université bordelaise par un cortège de 200 personnes parce qu’elle aurait «eu le malheur de prendre un café à la bibliothèque universitaire pendant des élections universitaires. Tout le personnel était complice de ça parce qu’ils ont voulu me sortir de la BU alors que j’avais littéralement un attroupement de 200 gauchistes écervelés face à moi».


https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/ ... n-20261008
"Si Le Pen Mélenchon est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont des salauds" - Bernard Tapie
Avatar de l'utilisateur
Feyd
Harkonnen
 
Messages: 15808
Inscription: 01 Sep 2005, 18:35
Localisation: Giedi Prime

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Ghinzani le 13 Oct 2026, 10:06

Feyd a écrit:https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-la-mise-a-mort-par-peloton-d-execution-de-l-auteur-d-une-tuerie-sur-une-base-militaire-en-2009-sera-publique-et-diffusee-en-direct-20261008

Ceux qui ont vu le film "Starship Troopers" ne peuvent que faire l'analogie avec les informations de la chaîne de la Fédération où à un moment il est annoncé qu'un condamné à mort sera exécuté en direct à la télévision en prime time.

Starship Troopers, Demolition Man, Idiocracy... que des films visionnaires.

On peut suivre sur écran géant? Avec des glaces en vente? 8-)
Image
Avatar de l'utilisateur
Ghinzani
 
Messages: 29509
Inscription: 12 Sep 2005, 18:38

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede denifumi le 13 Oct 2026, 12:45

Ghinzani a écrit:
Feyd a écrit:https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-la-mise-a-mort-par-peloton-d-execution-de-l-auteur-d-une-tuerie-sur-une-base-militaire-en-2009-sera-publique-et-diffusee-en-direct-20261008

Ceux qui ont vu le film "Starship Troopers" ne peuvent que faire l'analogie avec les informations de la chaîne de la Fédération où à un moment il est annoncé qu'un condamné à mort sera exécuté en direct à la télévision en prime time.

Starship Troopers, Demolition Man, Idiocracy... que des films visionnaires.

On peut suivre sur écran géant? Avec des glaces en vente? 8-)


:roll: :roll: :roll:
manu tu es au top .
denifumi
 
Messages: 3171
Inscription: 19 Fév 2021, 23:40

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Ghinzani le 13 Oct 2026, 13:35

denifumi a écrit:
Ghinzani a écrit:
Feyd a écrit:https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-la-mise-a-mort-par-peloton-d-execution-de-l-auteur-d-une-tuerie-sur-une-base-militaire-en-2009-sera-publique-et-diffusee-en-direct-20261008

Ceux qui ont vu le film "Starship Troopers" ne peuvent que faire l'analogie avec les informations de la chaîne de la Fédération où à un moment il est annoncé qu'un condamné à mort sera exécuté en direct à la télévision en prime time.

Starship Troopers, Demolition Man, Idiocracy... que des films visionnaires.

On peut suivre sur écran géant? Avec des glaces en vente? 8-)


:roll: :roll: :roll:

Tu devrais aller voir la signification du mot ironie... :D
Image
Avatar de l'utilisateur
Ghinzani
 
Messages: 29509
Inscription: 12 Sep 2005, 18:38

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede denifumi le 13 Oct 2026, 21:31

Ghinzani a écrit:
denifumi a écrit:
Ghinzani a écrit:
Feyd a écrit:https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-la-mise-a-mort-par-peloton-d-execution-de-l-auteur-d-une-tuerie-sur-une-base-militaire-en-2009-sera-publique-et-diffusee-en-direct-20261008

Ceux qui ont vu le film "Starship Troopers" ne peuvent que faire l'analogie avec les informations de la chaîne de la Fédération où à un moment il est annoncé qu'un condamné à mort sera exécuté en direct à la télévision en prime time.

Starship Troopers, Demolition Man, Idiocracy... que des films visionnaires.

On peut suivre sur écran géant? Avec des glaces en vente? 8-)


:roll: :roll: :roll:

Tu devrais aller voir la signification du mot ironie... :D


:roll: :roll: :roll: :roll:
manu tu es au top .
denifumi
 
Messages: 3171
Inscription: 19 Fév 2021, 23:40

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede kat le 14 Oct 2026, 10:52

La Panot pète les plombs elle recommande auc enfants de plus aller voir leurs grands parents si ceux ci sont de droite ! Elle refuse de porter le ruban ros e car Israel fournit des medicamebts contre le cancer ! Lfi un vrai hopital psy
kat
 
Messages: 128
Inscription: 28 Oct 2025, 16:18

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le 14 Oct 2026, 19:05

Ghinzani a écrit:
Feyd a écrit:https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-la-mise-a-mort-par-peloton-d-execution-de-l-auteur-d-une-tuerie-sur-une-base-militaire-en-2009-sera-publique-et-diffusee-en-direct-20261008

Ceux qui ont vu le film "Starship Troopers" ne peuvent que faire l'analogie avec les informations de la chaîne de la Fédération où à un moment il est annoncé qu'un condamné à mort sera exécuté en direct à la télévision en prime time.

Starship Troopers, Demolition Man, Idiocracy... que des films visionnaires.

On peut suivre sur écran géant? Avec des glaces en vente? 8-)

Si grosdodo était encore là, il en réclamerait à la lavande
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Feyd le 15 Oct 2026, 21:07

Surtout ne vous gênez pas. Et ne revenez jamais. On peut creuser encore un peu plus la dette pour leur payer un allé simple vers les Barbaresques. Pour une fois ça vaut le coup.

https://www.lefigaro.fr/politique/presi ... e-20261015
"Si Le Pen Mélenchon est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont des salauds" - Bernard Tapie
Avatar de l'utilisateur
Feyd
Harkonnen
 
Messages: 15808
Inscription: 01 Sep 2005, 18:35
Localisation: Giedi Prime

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le 18 Oct 2026, 07:58

Je vous présente la nouvelle France d’oussama ben mollahchon
Charger le message X
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le 18 Oct 2026, 10:29

Ca fait envie
Charger le message X


Ouhouhouhou !
Bouffer, brûler, Bouffer, brûler !
Ouhouhouhou !

Des bêtes sauvages.
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Feyd le 18 Oct 2026, 14:28

Ce pays n'a que ce qu'il mérite. Quand on vote Hollande, vote et revote Macron et que certains veulent Méchancon à l'Elysée on ne peut que dire "bien fait pour votre gueule". Sans parler de l'état d'esprit franchouillard de la glande et de l'assistanat. La vraie devise de la France c'est "Week-End, Vacances, Retraites". Ca gueule notamment sur le prix de l'essence. Trop chère pour aller bosser mais ça cause moins de problème pour partir en congés d'été. Vivement que le FMI se pointe et mette ce trou à merde sous tutelle.
"Si Le Pen Mélenchon est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont des salauds" - Bernard Tapie
Avatar de l'utilisateur
Feyd
Harkonnen
 
Messages: 15808
Inscription: 01 Sep 2005, 18:35
Localisation: Giedi Prime

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Ghinzani le 18 Oct 2026, 15:28

Et surtout " des cas isolés" et pas de remplacement ...Non non du tout :roll:
Image
Avatar de l'utilisateur
Ghinzani
 
Messages: 29509
Inscription: 12 Sep 2005, 18:38

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le 18 Oct 2026, 18:12

on souffre de diplopie raciste sûrement :lol:
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le Hier, 07:58

Wesh les futurs ingénieurs découvrent le feu wesh ouhouhouhou
Charger le message X


Ca s’appelle la sélection naturelle :lol: :lol:
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Feyd le Hier, 09:27

https://www.lepoint.fr/societe/pierre-henri-tavoillot-nous-nous-rapprochons-de-la-guerre-civile-SH6ITPLAINEALA3VG5U37JG274/

Tant mieux, on pourra tirer à balles réelles contre les racailles.

Pierre-Henri Tavoillot : « Nous nous rapprochons de la guerre civile »
Au lendemain des émeutes du 17 octobre, le philosophe alerte sur la banalisation de la violence politique et sur une fracture démocratique qui pourrait devenir explosive à l’approche de 2027.



Commerces pillés, mairies attaquées, commissariats saccagés : les violences du samedi 17 octobre marquent-elles un basculement ? Pour Pierre-Henri Tavoillot, philosophe politique, président du Collège de philosophie et auteur de Voulons-nous encore vivre ensemble ? (Odile Jacob, 2024), la transgression est devenue ordinaire, symptôme d’une crise profonde de l’esprit démocratique. Il redoute que la présidentielle de 2027, loin d’apaiser les tensions, ne les exacerbe.

Le Point : Des Gilets jaunes aux émeutes de 2023, puis à celles du 17 octobre, la violence semble devenir un mode presque ordinaire d’action politique. Sommes-nous en train de franchir un cap ?

Pierre-Henri Tavoillot : Oui, je le crois. J’étais jusqu’ici très réticent à employer le terme de « guerre civile ». Mais nous nous rapprochons aujourd’hui de quelque chose de cet ordre. Une guerre civile suppose deux camps antagonistes. Or, c’est précisément ce que je vois émerger depuis quelques semaines. Deux visions du monde s’affrontent. La première considère les manifestations, notamment lycéennes, comme extrêmement positives, tient l’État pour fondamentalement responsable de la situation et voit dans la violence qui s’exerce contre lui une forme de légitime défense. Elle ne regarde, au fond, que les violences policières. À l’inverse, d’autres, dont je fais partie, observent une convergence inquiétante entre différents phénomènes : des mouvements sociaux bien réels, une stratégie de conflictualisation de La France insoumise qui a franchi un cap, et les logiques émeutières propres à une partie de la jeunesse des banlieues issue de l’immigration – il faut savoir dire les choses clairement –, engagée dans une forme de séparatisme violent. Nous avons désormais deux lectures absolument inconciliables, deux bulles qui ne perçoivent même plus la même réalité. L’une me paraît minoritaire, l’autre très majoritaire. Mais surtout, leur rapport à la violence est radicalement opposé. C’est ce qui rend cette polarisation si préoccupante.

Peut-on parler d’une véritable révolte populaire, ou d’une violence sans projet politique ?

Il faut distinguer les choses. Historiquement, les révoltes populaires, ce sont aussi les révoltes du pain, celles de populations qui se soulèvent pour survivre. Or ici, si l’on en croit les témoignages, on pille plutôt pour dérober des baskets et des vêtements de marque ! Nous ne sommes pas dans la nécessité vitale, mais dans une logique de ressentiment, voire de haine. Et ce ressentiment ne vise pas la société de consommation : elle est adorée. Ce qui s’exprime, c’est l’idée que ce qui appartient aux autres devrait nous appartenir.

Par ailleurs, ce sont aussi des lieux de la République qui sont visés : une République honnie, car supposée raciste, colonialiste, tyrannique…

Pour de nombreux commentateurs, ces violences expriment aussi la colère d’une jeunesse abandonnée, désespérée, sacrifiée par une classe politique incapable de lui offrir un avenir. Cette explication vous convainc-t-elle ?

Non. La jeunesse rencontre évidemment des difficultés, mais en faire la clé d’explication, voire de justification, de ces violences me paraît largement erroné. D’abord, elle n’est pas la seule à avoir des raisons de se plaindre ! Les personnes âgées en Ehpad, les actifs qui doivent financer les études de leurs enfants et les retraites de leurs aînés… Dans le contexte économique actuel, tous les âges de la vie connaissent des difficultés.

Ensuite, notre système éducatif est largement financé par la collectivité. Peut-être mal, peut-être insuffisamment, mais les études sont gratuites ou presque, les droits d’inscription à l’université très faibles, alors qu’un étudiant coûte plus de 12 000 euros par an à la nation. Cette idée de « génération sacrifiée » me paraît donc excessive. Nous ne sommes pas en 1914.

Nous sommes passés d’une citoyenneté fondée sur le souci du collectif à l’idée que chacun peut imposer sa vérité personnelle.

L’historien Peter Turchin voit dans la « surproduction d’élites » l’une des causes des grandes crises politiques : des aspirants au pouvoir frustrés mobilisent les colères populaires contre les élites établies. La France connaît-elle une révolte du peuple contre les élites, ou une lutte entre élites sur le dos du peuple ?

Cette seconde hypothèse me paraît assez judicieuse. Et elle n’est pas nouvelle. Au sortir de la Révolution française, Bonaparte voyait déjà dans les « idéologues », comme Antoine Destutt de Tracy, ou encore dans les Jacobins, une classe intellectuelle aigrie, qui avait poussé à l’extrême les excès du rationalisme et cherchait à se venger des élites dont elle était exclue. Tocqueville reprend, à sa manière, cette idée d’une Révolution française conduite aussi par des intellectuels qui n’avaient pas accès au pouvoir. Avec ce paradoxe, aujourd’hui : le parti qui représente peut-être le mieux les catégories populaires est plutôt le Rassemblement national que La France insoumise, ou la gauche en général.

Où retrouve-t-on aujourd’hui ces contre-élites ?

À plusieurs niveaux. D’abord, dans les mouvances autonomes et anarchistes, qui s’inscrivent dans des réseaux européens, avec des militants souvent cultivés, issus de milieux intellectuels, mais dont certains, disons-le franchement, pètent largement un câble ! Et puis dans les universités, où la situation me paraît extrêmement grave, aussi bien sur le plan idéologique que sur celui de l’enseignement.

Depuis près de dix ans, nous avons admis que le blocage d’une université était un mode d’action normal. La mienne est bloquée pratiquement chaque année : des dizaines d’heures de cours financées par la collectivité disparaissent, des étudiants qui veulent simplement étudier en sont empêchés. On peut parfaitement manifester, protester, faire grève – même si cette notion me paraît assez peu pertinente à l’université. Mais de quel droit empêche-t-on les autres d’étudier ? Le blocage est presque devenu une unité de valeur universitaire comme une autre ! Et personne n’y voit plus de scandale. Nous en sommes arrivés au point où la transgression elle-même ne choque plus.

Une partie de la gauche présente désormais la violence comme une réponse légitime à celle de l’État. N’assistons-nous pas à une inversion morale, où la désobéissance devient une vertu en soi ?

Absolument. Nous avons progressivement installé l’idée qu’être citoyen, c’était être un « désobéisseur », voire un résistant. Le succès d’Indignez-vous ! de Stéphane Hessel est emblématique de ce renversement. Or, je défends la thèse exactement inverse : être citoyen, c’est d’abord obéir ! Rappelons l’étymologie du mot : le latin Ob-audire signifie « prêter l’oreille ». Autrement dit, reconnaître qu’il existe une réalité extérieure à soi, et que la première de ces réalités, c’est l’existence des autres.

Nous sommes ainsi passés d’une citoyenneté fondée sur le souci du collectif à l’idée que chacun peut imposer sa vérité personnelle, parfois nombriliste, parfois animée des meilleures intentions environnementales ou sociales. Dès lors que je suis convaincu d’avoir raison, pourquoi m’embarrasser du débat public, des élections, de toutes ces procédures démocratiques qui supposent de convaincre autrui ? Je peux passer directement à une logique de conversion forcée. C’est une subversion de l’esprit même de la démocratie, dont le principe fondamental consiste précisément à vivre avec des gens avec lesquels on n’est pas d’accord.

Le pouvoir politique n’a-t-il pas lui-même encouragé cette dérive, en donnant le sentiment que la violence pouvait payer ?

Sans aucun doute. Nous avons des règles, mais elles sont constamment négligées ou transgressées sans conséquences. Prenez les universités : les auteurs de blocages, lorsqu’ils sont identifiés, devraient être sanctionnés. Ce n’est pas une question de méchanceté, simplement de respect de la loi !

L’exemple de Notre-Dame-des-Landes est particulièrement révélateur. En 2018, le projet d’aéroport a été abandonné malgré des décisions de justice favorables et une consultation populaire remportée. Des hauts fonctionnaires avaient pourtant travaillé sérieusement sur ce dossier, proposé des pistes intéressantes pour sortir de la crise. Tout a été balayé d’un revers de main, à commencer par Édouard Philippe, alors Premier ministre. On voit là le caractère totalement erratique d’une action politique où l’intérêt général s’efface devant ceux qui font le plus de bruit dans l’espace médiatique.

Et c’est bien le cœur du problème : à quoi bon voter, débattre, se livrer au travail pénible et laborieux de la conviction démocratique, si un bon coup médiatique, une petite violence, voire une grosse violence, permettent d’obtenir beaucoup plus efficacement ce que l’on souhaite ? C’est extrêmement dangereux pour la démocratie.

À force de dénoncer l’impuissance démocratique, nous pourrions finir par sacrifier la démocratie elle-même

N’est-ce pas aussi le signe d’une démocratie à bout de souffle, devenue incapable de prendre les décisions qui s’imposent ?

C’est là tout le danger : à force de dénoncer l’impuissance démocratique, nous pourrions finir par sacrifier la démocratie elle-même. C’est la tentation que l’on retrouve chez Jean-Luc Mélenchon, mais aussi, dans un tout autre registre, chez Jean-Marc Jancovici, dont les positions me paraissent ambiguës sur ce point : l’idée qu’une bonne dictature environnementale, ou plus largement un pouvoir autoritaire éclairé, serait finalement mieux à même de répondre aux aspirations de la population.

C’est toute la puissance de la tentation illibérale. Elle s’est notamment incarnée à Singapour, avec Lee Kuan Yew, dont la philosophie consistait à prendre quelques libertés avec les libertés, dès lors que l’on assurait la prospérité et le bonheur du peuple. Une conception qui a ensuite inspiré la Chine. En 2021, Pékin a même publié un livre blanc extraordinaire, intitulé China : Democracy That Works, « La Chine : une démocratie qui fonctionne ».

Le raisonnement est subtil : les démocraties libérales, avec leurs élections, leurs débats et leurs procédures, seraient incapables d’obtenir des résultats, tandis que le régime chinois, lui, serait efficace. Cette tentation est d’autant plus puissante que nos démocraties donnent effectivement le spectacle d’une impuissance publique croissante. Il faut donc repenser leur fonctionnement, mais sans renoncer à ce qui fait leur essence.

Comment leur redonner les moyens d’agir sans sacrifier nos libertés ?

Il y a deux pistes qui me paraissent essentielles. La première, que défend notamment François Cornut-Gentille (ancien député LR de Haute-Marne, NDLR), consiste à retrouver notre capacité à établir un diagnostic partagé. Autrement dit, à nous mettre d’accord sur un minimum de réel ! Cela paraît élémentaire, mais c’est devenu un défi immense.

Prenez la crise des retraites. Si nous en sommes arrivés à une situation aussi absurde, c’est notamment parce que le Conseil d’orientation des retraites, censé éclairer le débat public, a longtemps produit des diagnostics profondément erronés, aboutissant à des conclusions sidérantes. Pendant des années, on a entretenu l’idée qu’il n’y avait aucun problème de retraites, que les réformes n’étaient qu’une volonté d’« entuber le peuple » et de détricoter notre système social. Résultat : fake news sur fake news !

Il faut reconstruire cette capacité à produire des diagnostics rigoureux, qui rendent compte de la complexité du réel et de ses incertitudes. François Cornut-Gentille propose de confier cette mission au Sénat. Ce n’est pas révolutionnaire, mais cela me paraît une piste raisonnable, même si elle n’écarte pas tout risque de partialité.

Et la seconde piste ?

C’est la reddition des comptes, l’un des grands défis de nos démocraties. Il faut d’abord pouvoir identifier clairement qui décide et qui porte la responsabilité d’une décision, ce qui est devenu extraordinairement compliqué dans notre système institutionnel et juridique. Ensuite, il faut que les responsables rendent des comptes sur leur action.

Attention, je ne parle pas de responsabilité pénale ! Il ne s’agit pas d’envoyer les dirigeants en prison parce qu’ils ont échoué, mais d’organiser un véritable moment démocratique, comme cela existait dans la Grèce antique, où celui qui a gouverné viendrait expliquer, en fin de mandat : voilà ce à quoi je m’étais engagé, voilà ce que j’ai réussi, voilà ce que j’ai raté. La dernière campagne présidentielle d’Emmanuel Macron a été, de ce point de vue, un énorme échec. Nous avons largement perdu cette culture de la responsabilité politique, alors qu’elle devrait être au cœur de notre démocratie.

À l’approche de la présidentielle de 2027, êtes-vous optimiste ? Peut-on encore apaiser le pays, ou faut-il redouter une aggravation des violences ?

Je ne suis guère optimiste, ni à court ni à moyen terme. Normalement, une élection est un moment de clarification : les projets s’affrontent, puis les urnes tranchent. Or, je crains que cette clarification ne se fasse dans des conditions extrêmement périlleuses. C’est même à cette occasion que la logique de guerre civile pourrait s’enclencher, y compris si une majorité claire se dessinait.

Il existe néanmoins des raisons d’espérer. La société française possède d’immenses ressources, nos institutions ont une réelle capacité d’adaptation et nous disposons de hauts fonctionnaires de très grand talent, profondément attachés au service public. Tout cela peut tenir. Mais enfin, le moral n’est pas au beau fixe !

Ne risque-t-on pas, surtout, de finir par voter sous la terreur ? Car la peur de la violence peut aussi menacer la liberté de choix.

C’est un enjeu fondamental de liberté de pensée et de choix. Mais il y a plus : dans la tradition républicaine, une élection suppose que chacun en accepte le résultat. C’est comme dans un beau match de football : on s’affronte, on cherche à gagner, mais à la fin, on reconnaît le vainqueur. Et celui qui est élu doit, lui aussi, changer de posture : après avoir combattu ses adversaires, le président de la République devient le rassembleur de tous les Français. C’est cet esprit qui permet à la démocratie de fonctionner, en transformant l’affrontement politique en coexistence pacifique. Or, je crains précisément que cet esprit ne préside plus à la prochaine élection.
"Si Le Pen Mélenchon est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont des salauds" - Bernard Tapie
Avatar de l'utilisateur
Feyd
Harkonnen
 
Messages: 15808
Inscription: 01 Sep 2005, 18:35
Localisation: Giedi Prime

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le Hier, 09:41

Image

Que ça finisse dans un bain de sang
De toute façon, si on laisse les coudées franches à l'armée, ces sauvages ́ne feront pas long feu : ils ne maîtrisent même pas un cocktail molotov :lol:
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Nicklaus le Hier, 09:46

Même un footeux dit publiquement ne plus supporter les wesh wesh wallah.... :D
Avatar de l'utilisateur
Nicklaus
Je vous emmerde et je rentre à ma maison
 
Messages: 66091
Inscription: 21 Fév 2003, 09:19
Localisation: Trump Tower, Moscou, Fédération de Russie

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Ghinzani le Hier, 11:47

Feyd a écrit:https://www.lepoint.fr/societe/pierre-henri-tavoillot-nous-nous-rapprochons-de-la-guerre-civile-SH6ITPLAINEALA3VG5U37JG274/

Tant mieux, on pourra tirer à balles réelles contre les racailles.

Pierre-Henri Tavoillot : « Nous nous rapprochons de la guerre civile »
Au lendemain des émeutes du 17 octobre, le philosophe alerte sur la banalisation de la violence politique et sur une fracture démocratique qui pourrait devenir explosive à l’approche de 2027.



Commerces pillés, mairies attaquées, commissariats saccagés : les violences du samedi 17 octobre marquent-elles un basculement ? Pour Pierre-Henri Tavoillot, philosophe politique, président du Collège de philosophie et auteur de Voulons-nous encore vivre ensemble ? (Odile Jacob, 2024), la transgression est devenue ordinaire, symptôme d’une crise profonde de l’esprit démocratique. Il redoute que la présidentielle de 2027, loin d’apaiser les tensions, ne les exacerbe.

Le Point : Des Gilets jaunes aux émeutes de 2023, puis à celles du 17 octobre, la violence semble devenir un mode presque ordinaire d’action politique. Sommes-nous en train de franchir un cap ?

Pierre-Henri Tavoillot : Oui, je le crois. J’étais jusqu’ici très réticent à employer le terme de « guerre civile ». Mais nous nous rapprochons aujourd’hui de quelque chose de cet ordre. Une guerre civile suppose deux camps antagonistes. Or, c’est précisément ce que je vois émerger depuis quelques semaines. Deux visions du monde s’affrontent. La première considère les manifestations, notamment lycéennes, comme extrêmement positives, tient l’État pour fondamentalement responsable de la situation et voit dans la violence qui s’exerce contre lui une forme de légitime défense. Elle ne regarde, au fond, que les violences policières. À l’inverse, d’autres, dont je fais partie, observent une convergence inquiétante entre différents phénomènes : des mouvements sociaux bien réels, une stratégie de conflictualisation de La France insoumise qui a franchi un cap, et les logiques émeutières propres à une partie de la jeunesse des banlieues issue de l’immigration – il faut savoir dire les choses clairement –, engagée dans une forme de séparatisme violent. Nous avons désormais deux lectures absolument inconciliables, deux bulles qui ne perçoivent même plus la même réalité. L’une me paraît minoritaire, l’autre très majoritaire. Mais surtout, leur rapport à la violence est radicalement opposé. C’est ce qui rend cette polarisation si préoccupante.

Peut-on parler d’une véritable révolte populaire, ou d’une violence sans projet politique ?

Il faut distinguer les choses. Historiquement, les révoltes populaires, ce sont aussi les révoltes du pain, celles de populations qui se soulèvent pour survivre. Or ici, si l’on en croit les témoignages, on pille plutôt pour dérober des baskets et des vêtements de marque ! Nous ne sommes pas dans la nécessité vitale, mais dans une logique de ressentiment, voire de haine. Et ce ressentiment ne vise pas la société de consommation : elle est adorée. Ce qui s’exprime, c’est l’idée que ce qui appartient aux autres devrait nous appartenir.

Par ailleurs, ce sont aussi des lieux de la République qui sont visés : une République honnie, car supposée raciste, colonialiste, tyrannique…

Pour de nombreux commentateurs, ces violences expriment aussi la colère d’une jeunesse abandonnée, désespérée, sacrifiée par une classe politique incapable de lui offrir un avenir. Cette explication vous convainc-t-elle ?

Non. La jeunesse rencontre évidemment des difficultés, mais en faire la clé d’explication, voire de justification, de ces violences me paraît largement erroné. D’abord, elle n’est pas la seule à avoir des raisons de se plaindre ! Les personnes âgées en Ehpad, les actifs qui doivent financer les études de leurs enfants et les retraites de leurs aînés… Dans le contexte économique actuel, tous les âges de la vie connaissent des difficultés.

Ensuite, notre système éducatif est largement financé par la collectivité. Peut-être mal, peut-être insuffisamment, mais les études sont gratuites ou presque, les droits d’inscription à l’université très faibles, alors qu’un étudiant coûte plus de 12 000 euros par an à la nation. Cette idée de « génération sacrifiée » me paraît donc excessive. Nous ne sommes pas en 1914.

Nous sommes passés d’une citoyenneté fondée sur le souci du collectif à l’idée que chacun peut imposer sa vérité personnelle.

L’historien Peter Turchin voit dans la « surproduction d’élites » l’une des causes des grandes crises politiques : des aspirants au pouvoir frustrés mobilisent les colères populaires contre les élites établies. La France connaît-elle une révolte du peuple contre les élites, ou une lutte entre élites sur le dos du peuple ?

Cette seconde hypothèse me paraît assez judicieuse. Et elle n’est pas nouvelle. Au sortir de la Révolution française, Bonaparte voyait déjà dans les « idéologues », comme Antoine Destutt de Tracy, ou encore dans les Jacobins, une classe intellectuelle aigrie, qui avait poussé à l’extrême les excès du rationalisme et cherchait à se venger des élites dont elle était exclue. Tocqueville reprend, à sa manière, cette idée d’une Révolution française conduite aussi par des intellectuels qui n’avaient pas accès au pouvoir. Avec ce paradoxe, aujourd’hui : le parti qui représente peut-être le mieux les catégories populaires est plutôt le Rassemblement national que La France insoumise, ou la gauche en général.

Où retrouve-t-on aujourd’hui ces contre-élites ?

À plusieurs niveaux. D’abord, dans les mouvances autonomes et anarchistes, qui s’inscrivent dans des réseaux européens, avec des militants souvent cultivés, issus de milieux intellectuels, mais dont certains, disons-le franchement, pètent largement un câble ! Et puis dans les universités, où la situation me paraît extrêmement grave, aussi bien sur le plan idéologique que sur celui de l’enseignement.

Depuis près de dix ans, nous avons admis que le blocage d’une université était un mode d’action normal. La mienne est bloquée pratiquement chaque année : des dizaines d’heures de cours financées par la collectivité disparaissent, des étudiants qui veulent simplement étudier en sont empêchés. On peut parfaitement manifester, protester, faire grève – même si cette notion me paraît assez peu pertinente à l’université. Mais de quel droit empêche-t-on les autres d’étudier ? Le blocage est presque devenu une unité de valeur universitaire comme une autre ! Et personne n’y voit plus de scandale. Nous en sommes arrivés au point où la transgression elle-même ne choque plus.

Une partie de la gauche présente désormais la violence comme une réponse légitime à celle de l’État. N’assistons-nous pas à une inversion morale, où la désobéissance devient une vertu en soi ?

Absolument. Nous avons progressivement installé l’idée qu’être citoyen, c’était être un « désobéisseur », voire un résistant. Le succès d’Indignez-vous ! de Stéphane Hessel est emblématique de ce renversement. Or, je défends la thèse exactement inverse : être citoyen, c’est d’abord obéir ! Rappelons l’étymologie du mot : le latin Ob-audire signifie « prêter l’oreille ». Autrement dit, reconnaître qu’il existe une réalité extérieure à soi, et que la première de ces réalités, c’est l’existence des autres.

Nous sommes ainsi passés d’une citoyenneté fondée sur le souci du collectif à l’idée que chacun peut imposer sa vérité personnelle, parfois nombriliste, parfois animée des meilleures intentions environnementales ou sociales. Dès lors que je suis convaincu d’avoir raison, pourquoi m’embarrasser du débat public, des élections, de toutes ces procédures démocratiques qui supposent de convaincre autrui ? Je peux passer directement à une logique de conversion forcée. C’est une subversion de l’esprit même de la démocratie, dont le principe fondamental consiste précisément à vivre avec des gens avec lesquels on n’est pas d’accord.

Le pouvoir politique n’a-t-il pas lui-même encouragé cette dérive, en donnant le sentiment que la violence pouvait payer ?

Sans aucun doute. Nous avons des règles, mais elles sont constamment négligées ou transgressées sans conséquences. Prenez les universités : les auteurs de blocages, lorsqu’ils sont identifiés, devraient être sanctionnés. Ce n’est pas une question de méchanceté, simplement de respect de la loi !

L’exemple de Notre-Dame-des-Landes est particulièrement révélateur. En 2018, le projet d’aéroport a été abandonné malgré des décisions de justice favorables et une consultation populaire remportée. Des hauts fonctionnaires avaient pourtant travaillé sérieusement sur ce dossier, proposé des pistes intéressantes pour sortir de la crise. Tout a été balayé d’un revers de main, à commencer par Édouard Philippe, alors Premier ministre. On voit là le caractère totalement erratique d’une action politique où l’intérêt général s’efface devant ceux qui font le plus de bruit dans l’espace médiatique.

Et c’est bien le cœur du problème : à quoi bon voter, débattre, se livrer au travail pénible et laborieux de la conviction démocratique, si un bon coup médiatique, une petite violence, voire une grosse violence, permettent d’obtenir beaucoup plus efficacement ce que l’on souhaite ? C’est extrêmement dangereux pour la démocratie.

À force de dénoncer l’impuissance démocratique, nous pourrions finir par sacrifier la démocratie elle-même

N’est-ce pas aussi le signe d’une démocratie à bout de souffle, devenue incapable de prendre les décisions qui s’imposent ?

C’est là tout le danger : à force de dénoncer l’impuissance démocratique, nous pourrions finir par sacrifier la démocratie elle-même. C’est la tentation que l’on retrouve chez Jean-Luc Mélenchon, mais aussi, dans un tout autre registre, chez Jean-Marc Jancovici, dont les positions me paraissent ambiguës sur ce point : l’idée qu’une bonne dictature environnementale, ou plus largement un pouvoir autoritaire éclairé, serait finalement mieux à même de répondre aux aspirations de la population.

C’est toute la puissance de la tentation illibérale. Elle s’est notamment incarnée à Singapour, avec Lee Kuan Yew, dont la philosophie consistait à prendre quelques libertés avec les libertés, dès lors que l’on assurait la prospérité et le bonheur du peuple. Une conception qui a ensuite inspiré la Chine. En 2021, Pékin a même publié un livre blanc extraordinaire, intitulé China : Democracy That Works, « La Chine : une démocratie qui fonctionne ».

Le raisonnement est subtil : les démocraties libérales, avec leurs élections, leurs débats et leurs procédures, seraient incapables d’obtenir des résultats, tandis que le régime chinois, lui, serait efficace. Cette tentation est d’autant plus puissante que nos démocraties donnent effectivement le spectacle d’une impuissance publique croissante. Il faut donc repenser leur fonctionnement, mais sans renoncer à ce qui fait leur essence.

Comment leur redonner les moyens d’agir sans sacrifier nos libertés ?

Il y a deux pistes qui me paraissent essentielles. La première, que défend notamment François Cornut-Gentille (ancien député LR de Haute-Marne, NDLR), consiste à retrouver notre capacité à établir un diagnostic partagé. Autrement dit, à nous mettre d’accord sur un minimum de réel ! Cela paraît élémentaire, mais c’est devenu un défi immense.

Prenez la crise des retraites. Si nous en sommes arrivés à une situation aussi absurde, c’est notamment parce que le Conseil d’orientation des retraites, censé éclairer le débat public, a longtemps produit des diagnostics profondément erronés, aboutissant à des conclusions sidérantes. Pendant des années, on a entretenu l’idée qu’il n’y avait aucun problème de retraites, que les réformes n’étaient qu’une volonté d’« entuber le peuple » et de détricoter notre système social. Résultat : fake news sur fake news !

Il faut reconstruire cette capacité à produire des diagnostics rigoureux, qui rendent compte de la complexité du réel et de ses incertitudes. François Cornut-Gentille propose de confier cette mission au Sénat. Ce n’est pas révolutionnaire, mais cela me paraît une piste raisonnable, même si elle n’écarte pas tout risque de partialité.

Et la seconde piste ?

C’est la reddition des comptes, l’un des grands défis de nos démocraties. Il faut d’abord pouvoir identifier clairement qui décide et qui porte la responsabilité d’une décision, ce qui est devenu extraordinairement compliqué dans notre système institutionnel et juridique. Ensuite, il faut que les responsables rendent des comptes sur leur action.

Attention, je ne parle pas de responsabilité pénale ! Il ne s’agit pas d’envoyer les dirigeants en prison parce qu’ils ont échoué, mais d’organiser un véritable moment démocratique, comme cela existait dans la Grèce antique, où celui qui a gouverné viendrait expliquer, en fin de mandat : voilà ce à quoi je m’étais engagé, voilà ce que j’ai réussi, voilà ce que j’ai raté. La dernière campagne présidentielle d’Emmanuel Macron a été, de ce point de vue, un énorme échec. Nous avons largement perdu cette culture de la responsabilité politique, alors qu’elle devrait être au cœur de notre démocratie.

À l’approche de la présidentielle de 2027, êtes-vous optimiste ? Peut-on encore apaiser le pays, ou faut-il redouter une aggravation des violences ?

Je ne suis guère optimiste, ni à court ni à moyen terme. Normalement, une élection est un moment de clarification : les projets s’affrontent, puis les urnes tranchent. Or, je crains que cette clarification ne se fasse dans des conditions extrêmement périlleuses. C’est même à cette occasion que la logique de guerre civile pourrait s’enclencher, y compris si une majorité claire se dessinait.

Il existe néanmoins des raisons d’espérer. La société française possède d’immenses ressources, nos institutions ont une réelle capacité d’adaptation et nous disposons de hauts fonctionnaires de très grand talent, profondément attachés au service public. Tout cela peut tenir. Mais enfin, le moral n’est pas au beau fixe !

Ne risque-t-on pas, surtout, de finir par voter sous la terreur ? Car la peur de la violence peut aussi menacer la liberté de choix.

C’est un enjeu fondamental de liberté de pensée et de choix. Mais il y a plus : dans la tradition républicaine, une élection suppose que chacun en accepte le résultat. C’est comme dans un beau match de football : on s’affronte, on cherche à gagner, mais à la fin, on reconnaît le vainqueur. Et celui qui est élu doit, lui aussi, changer de posture : après avoir combattu ses adversaires, le président de la République devient le rassembleur de tous les Français. C’est cet esprit qui permet à la démocratie de fonctionner, en transformant l’affrontement politique en coexistence pacifique. Or, je crains précisément que cet esprit ne préside plus à la prochaine élection.

Cela et des chars vont devenir, hélas, les solutions...
Image
Avatar de l'utilisateur
Ghinzani
 
Messages: 29509
Inscription: 12 Sep 2005, 18:38

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Feyd le Hier, 13:32

Et voilà, on va encore nous taxer de fachos. #sure
"Si Le Pen Mélenchon est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont des salauds" - Bernard Tapie
Avatar de l'utilisateur
Feyd
Harkonnen
 
Messages: 15808
Inscription: 01 Sep 2005, 18:35
Localisation: Giedi Prime

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Feyd le Hier, 15:20

"Si Le Pen Mélenchon est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont des salauds" - Bernard Tapie
Avatar de l'utilisateur
Feyd
Harkonnen
 
Messages: 15808
Inscription: 01 Sep 2005, 18:35
Localisation: Giedi Prime

Re: Actualité: internationale, nationale, politique, économique

Messagede Maverick le Hier, 21:36

Quand le sage montre la lune, l'abruti regarde le doigt.
Hamilton, champion du monde de F1 moral 2021
Verstappen, champion du monde FIA/Masi 2021

Image
Avatar de l'utilisateur
Maverick
Bête de sexe
 
Messages: 41625
Inscription: 22 Fév 2003, 00:02
Localisation: Dans ton cul !!

Précédente

Retourner vers Salon, saloon, bistrot du coin

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Baidu [Bot] et 12 invités

cron