Orion a écrit:Pour ceux qui voient dans cette crise la fin du capitalisme. Ca serait intéressant de savoir ce qui, d'après vous, remplacerait ce capitalisme, sans quoi dire que c'est le début de la fin (pour reprendre une formulation Churchillienne) du capitalisme est, je trouve, sans intérêt.
D'ailleurs je ne pense pas que, sans révolution, le système capitalisme puisse avoir une fin. Je me pose même la question des limites parmis lesquel le capitalisme peut évoluer, elles ne m'ont pas l'air d'être large.
C'est une remarque très intéressante à discuter.
Il a déjà été maintes fois discuté ici même des meilleurs issues de systèmes économiques et sociaux, je crois qu'il faut se replonger dans les définitions et les terminologies.
Une lecture de wikipedia peut aider à se remettre l'esprit un peu plus clair:
http://fr.wikipedia.org/wiki/CapitalismeA mon avis, parler de "fin du capitalisme" n'est pas très constructif, et probablement très critiquable sur la syntaxe. Je crois que beaucoup se soucient de décrire que le monde va changer, que c'est la fin du monde tel que nous le connaissions (and I feel fine

), que certains aspects du capitalisme vont changer radicalement:
* La régulation réapparait comme une évidence. C'est quand même rassurant à mon avis.
* L'interventionnisme des états est manifestement revendiqué par tous les démocrates internationaux, les plus libéraux revendiquant que le système prévoit de mettre en oeuvre cette voie quand les crises
* Les dernières années passées à gonffler encore et toujours plus les bulles de crédit vont avoir des répercussions politiques assez logiques. On va demander aux responsables , alors que tout le monde se doutait ou constatait pragmatiquement que nous foncions à "toute berzingue" vers une voie sans issue, pourquoi rien n'a été fait pour agir en avance de phase. On se rendra compte que les schémas de pensée auront été étriqués, que tant qu'on n'a pas la démonstration par la conséquence il n'est pas question pour les endoctrinés de remettre les fondamentaux en cause. Pas évident que l'issue soit honnête et heureuse. L'égo des théoriciens du laisser-faire en a pris un sacré rude coup.
* On reviendra surement à se reposer la question de reprendre les analyses des penseurs économistes communistes. Ceux-là ont brusquement vu leur discrédit relativisé, et ça continuera à mesure que le 2e effet kisscool de la crise influera directement sur l'économie réelle, avec le chômage et autres éléments de la dépression prendront forme.
* Dans le cadre des échanges qui se feront, j'ose espérer qu'on essaiera de retrouver quel sens on accorde au développement économique, au regard des impacts écologiques. Il y aura surement des personnes qui auront l'occasion de considérer inscrire le développement durable dans les fondamentaux des perspextives de nouveaux modèles.
* En déduction du moint précédent, la crise économique fait actuellement écran aux crises énergétique, alimentaire et des matières premières qui sont des autres spectres terrifiants. Il faut que ce soit un élément fondateur de l'évolution de l'économie. Le capitalisme "moderne" livré à lui-même a démontré sa capacité fourbe à induire la spéculation sur les matières premières (provoquant en partie la crise alimentaire), son incapacité à provoquer une anticipation et une correction sur les prochaines pénueries.
* Tout les spécialistes savaient, et tous les politques réalisent que les marchés financiers sont biaisés par d'immenses mouvements de fonds, qui mettent en oeuvre des modèles d'ingénierie financière d'une rare complexité et dangerosité. Des produits financiers toujours plus décorellés de la réalité ont petit à petit permis aux plus puissants de se garantir des revenus adossés à l'enflement du crédit et à des assurances tenues à bout de bras par tout le système. Ca n'a aucun sens, et ca doit être démantelé.
Il est intéressant de se replonger dans l'actualité économique des années 30 et 40, notamment ce qui abouti aux accords de bretton-woods:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Bretton_WoodsPersonnellement, entre ce qui m'apparait souhaitable et ce qui m'apparait possible, il y a surement une marge importante. Je suis partisan d'une économie très libérale à l'échelle locale, dont les enjeux majeurs seraient gérés par les états (énergie, transport de masse, grands travaux, régulation des marchés alimentaires). Il faut limiter la taille et la puissance des entreprises, en jouant sur une taxation indexée sur le chiffre d'affaires et/ou le nombre de salariés. Le libré-échange mondial doit être revu et régulé en fonction de l'emprunte écologique qu'il engendre(pour éviter de faire importer les denrées depuis l'autre bout du monde), et d'une équité fiscale (pour éviter de faire bosser hommes des pays les plus en difficulté comme des esclaves). Il faut favoriser la possession des entreprises par leurs salariés, afin que les modèles les plus absurdes de stratégie purement comptable soient rompus. Il faut relancer l'économie de production dans les pays les plus développés qui l'ont abandonnée, il va sans dire que ceci engendrera un effort considérable, y compris de formation. Il faut repenser le tout à périmètre de croissance nulle ou négative, la croissance doit arrêter d'être un dogme. La malnutrition est un scandale qu'il faut faire cesser immédiatement (et les chiffres annoncés dernièrement doivent faire hurler d'évidence tout le monde). Le respect des l'environnement doit être inscrit comme le premier chapitre de toutes les constitutions. La maitrise de la natalité doit aussi devenir une préoccupation.
Comment le mettre en oeuvre dans une phase transitoire crédible? Je ne sais pas exactement, mais si aujourd'hui la fenêtre de tir ne s'y prête pas, je ne vois pas ce qui nous écartera de la catastrophe la plus noire. Il faut commencer par ce que les pays se mettent d'accord sur la régulation des échanges. Je suppose que l'application de la "taxe tubbin" peut être un outil efficace.