f1pronostics a écrit:Un éclaircissement intéressant:Chronique Agora a écrit:Nous n'aurions jamais imaginé que la Maison-Blanche validerait en 24 heures la nationalisation massive des pertes (500 milliards de dollars pour commencer, le meilleur reste à venir) des spéculateurs mal avisés. Nous ne pensions pas non plus que la très libérale Irlande changerait les règles du jeu en cours de partie en interdisant... les ventes à découvert sur les banques locales!
C'est une décision absolument inconcevable, qui remet totalement en cause les principes et le fonctionnement du marché : même Vladimir Poutine et Andreï Medvedev n'ont pas osé aller jusque là (fermer les marchés pour plusieurs jours, la SEC l'avait fait en septembre 2001, cela n'avait guère soulevé d'objections vu les circonstances) !
Ces évènements surviennent dans les deux pays qui administrent avec le plus de détermination et d'arrogance des leçons de libéralisme à la planète entière.
Mais le dirigisme et le mépris des règles que l'on impose aux autres, ça marche ! Les vendeurs à découvert, contraints de se racheter, font exploser la bourse de Dublin à la hausse : +25%... si, si, vous lisez bien : plus vingt-cinq pour cent ! Londres s'envole de 6% alors que trois des principales banques britanniques reprennent entre 50% et 60%... si, si, vous lisez toujours bien plus : soixante pour cent pour Lloyds et la Barclays !
Jamais la maxime "privatisation des gains, nationalisation des pertes" n'avait été appliquée à une telle échelle et avec un tel cynisme !
Que la presse anglo-saxonne n'avait-elle pas écrit contre le scandale que constitua le sauvetage du Crédit Lyonnais une quinzaine d'années auparavant ! Les éditorialistes libéraux s'étaient déchaînés contre le gouvernement français : il s'agissait d'une re-nationalisation déguisée, d'une entorse aux règles de la libre-concurrence, d'un absurde récompense offerte aux fossoyeurs d'une entreprise privée (sur le dos des contribuables), d'une violation intolérable des règles libérales de la finance internationale...
Ces beaux principes -- opposables à des pays comme la France ou l'Italie (qui ne parvient toujours pas à sauver Alitalia) -- sont solubles dans la crise du crédit à l'américaine... et ils s'évaporent définitivement lorsqu'il est question de risque systémique et de menace pour la stabilité économique du pays.
Ce qui n'aurait pas dû être fait pour protéger les clients et les partenaires du Lyonnais vient d'être dévoilé au public par Henry Paulson (après la clôture des places européennes naturellement !) pour sauver Wall Street et "les citoyens américains d'une nouvelle débâcle personnelle", dixit John McCain jeudi soir.
** Les Etats-Unis pourraient ainsi créer dans les jours ou les semaines qui viennent un "méga-CDR" qui serait chargé de liquider les milliers de milliards de créances douteuses ou de dérivés de crédit immobilier archi-décotés (ou sans valeur) détenus par l'ensemble des établissements financiers américains.
Le "méga-CDR" ne constituerait pas une structure destinée à un règlement des problèmes "au cas par cas" : pas question de désavantager tel ou tel coupable. Il s'agirait d'un vaste système de defeasance, où les différents acteurs du désastre actuel pourraient se défausser des actifs qui plombent leurs comptes et les entraînent inexorablement vers la faillite.
Techniquement, ce n'est pas une première aux Etats-Unis. Ce genre de solution avait été mis en place à la fin des années 80 pour solder les actifs pourris des Caisses d'épargne américaines : ce fut la Resolution Trust Corporation.
Le contribuable américain continue de régler sur 30 ans les 600 milliards (c'est une estimation, le montant de l'ardoise n'a jamais été révélé précisément) qui avaient alors été perdus dans des spéculations malheureuses sur les junk bonds.
Mais les Savings & Loans étaient des entreprises sous tutelle du secteur public ; à l'époque, l'Etat fédéral a joué son rôle de garant, ce qui ne viole pas les principes du système libéral anglo-saxon.
Il en va tout autrement cette fois-ci puisqu'il s'agit du sauvetage d'entreprises du secteur privé avec de l'argent public (quelles que soient les précautions de langage utilisées)... et pas seulement d'établissements de crédit mais également du plus gros assureur de la planète (AIG) avec ses 75 millions de clients et ses 1 050 milliards de dollars d'actifs.
L'écrasante majorité des expertes estiment déjà le montant de la facture à plus de 1 000 milliards de dollars d'ici quelques mois -- tout cela à la charge du contribuable. Cela représente la moitié de la totalité de la dette du Tiers-Monde : 2 000 milliards de dollars, une estimation, car certains prêteurs sont curieusement assez discrets sur le montant de leur "aide" aux pays les plus pauvres.
Pour qui reçoit des lettres de rappel puis de menaces pour un découvert de 27,53 $ sur son compte bancaire, découvrir un beau matin que la Fed va éponger les 50 milliards de pertes sur les marchés dérivés de sa propre banque (à charge pour ce même débiteur de régler la facture avec ses impôts)... avouez qu'il y a de quoi être déstabilisé et s'interroger sur la crédibilité du système libéral.
Et vous, vous y croyez encore ?
ça pue la frustration française dans ce texte. Ce qui aurait pu être un article intéressant sent le règlement de compte.





bref la liberté d'expression se résume à une peau de chagrin ...un peu comme dans les pays que tu adules. 




