Nuvolari a écrit:Au fait, on se cache les gens qui nous disait que l'économie américaine est assise sur une bombe nucléaire, que les deficit sont tels que tout cela va s'effondrer ?
non parce qu'il y a 2 ans, si on avait dit que le prix du baril allait doubler voir tripler, tout le monde aurait dit que le système allait s'effondrer. Résultat le systéme et l'economie américaine est toujours là. L'article posté par Jan le montre.
Le système est en perpetuel mutation et adaptation. Même une crise en Chine n'y changerai rien.
Elle n'a pas été en si mauvaise santé depuis longtemps:
Eric Fry, interviewant le docteur en économie Richebächer a écrit:*** ENTRETIEN AVEC LE DOCTEUR... SUITE !
** Richebächer : Vous les Anglo-Saxons, vous n'avez aucune limite ! Et personne ne se plaint. Nous les Européens, nous nous imposons des limites fiscales et nous avons du mal à les garder sous contrôle, ce qui est compréhensible. Mais quand les Américains doublent et triplent leurs déficits, tout va bien, parce qu'il n'y a pas de limites. Les Anglo-Saxons ont deux sortes de règles différentes : une pour les Européens, et une pour les Anglo-Saxons. Les Anglo-Saxons peuvent faire ce qu'ils veulent. Les conditions économiques normales pour un pays industrialisé développé, c'est d'avoir un surplus d'exportation, et ce surplus devient la base de la formation de capital... c'était la base de la macroéconomie, ja ?
- Et tout à coup, la vertu d'un pays industriel n'est pas d'exporter, mais de surconsommer... de sauver le monde grâce à la surconsommation.
- Fry : C'est parce que la consommation donne l'impression d'être bien plus riche, même si elle appauvrit. La consommation est plus facile.
- Richebächer : Les économies européennes, par exemple, ont toujours eu l'investissement et l'exportation comme facteurs clé de la croissance. Et c'est bien ce qu'on attendrait d'une économie industrialisée -- qu'elle importe et qu'elle exporte... mais les Américains ne font qu'emprunter et consommer.
- Fry : Oui, mais nous sommes très doués pour emprunter et consommer. Personne n'y arrive mieux que nous.
- Richebächer : Oui, c'est vrai, mais dans la mesure où votre consommation est devenue disproportionnée par rapport à la production, les Etats-Unis capitalistes dépendent de la générosité de la Chine communiste. Les Américains ne réalisent pas à quel point cela est ridicule et absurde. C'est si absurde que j'ai moi-même du mal à y croire. Je pense que c'est le pire signe que je pouvais imaginer. Cela signifie que l'investissement net s'effondre. La consommation produit le genre de croissance le moins désirable. Et la chose la plus simple à savoir, c'est que cette situation est insoutenable. Elle est insoutenable parce que les revenus réels n'augmentent pas. Aux Etats-Unis, on a un fiasco en termes de croissance de l'emploi et des revenus. Le revenu moyen de la classe moyenne américaine décline en termes réels. Et ils ont des dettes, des dettes, des dettes, et zéro épargne. Ils n'ont pas de réserves.
- Aux Etats-Unis -- ce n'est pas un secret -- le secteur industriel est en baisse. C'est LE grand problème. Dans toutes les économies, le secteur industriel a le plus grand effet multiplicateur.
** Fry : Qu'en est-il du secteur financier américain ? C'est un secteur de service, mais c'est aussi un employeur important. Et on pourrait avancer qu'un bon nombre d'activités du secteur financier fournissent une valeur aussi tangible que celle d'un produit manufacturé. Ils ont une fonction nécessaire.
- Richebächer : Oui, mais n'oublions pas que l'industrie est un secteur utilisant tous les biens intermédiaires. C'est là une partie de son effet multiplicateur. La croissance des services financiers est tout à fait bonne, mais pas quand le secteur secondaire disparaît en même temps... Lorsqu'on regarde la production de biens d'équipement aux Etats-Unis, on peut voir que ce qui s'est effondré, c'est l'investissement. Et avec l'effondrement de l'investissement, il y a l'effondrement de l'emploi dans le secteur manufacturier...
- Il y a deux sortes d'actifs ; ceux que l'on produit, et ceux qu'on ne fait qu'échanger. Aux Etats-Unis aujourd'hui, on trouve un secteur des services gonflé à bloc, échangeant des actifs gonflés à bloc. Les actifs que l'on échange ne produisent pas de richesse au sens large du terme. Ils produisent simplement de la richesse pour les gens qui les échangent... Le grand échec des Etats-Unis réside dans le domaine de l'investissement, de l'emploi et de la croissance des revenus... et tout cela est lié à l'industrie.
- Fry : La plupart des politiciens américains seraient d'accord avec vous, mais pas la plupart des économistes américains !
Bill Bonner a écrit:
*** AYONS PITIE DES BANQUES CENTRALES...
** Le lot d'un banquier central n'a jamais été aussi simple et aussi facile qu'il en a l'air. En fait, il est même devenu bien plus compliqué, parce que les choses qu'un banquier central essaie de contrôler se produisent désormais dans d'autres pays et d'autres économies que les siens.
* La Fed de Greenspan, en collusion avec le gouvernement fédéral, a apporté la plus grande dose de stimulants financiers que le monde ait jamais vu. Est-ce que cela a créé un boom aux Etats-Unis ? Oui, mais pas le boom qu'ils voulaient. Ce qu'ils voulaient créer, c'était une charmante reprise économique à l'ancienne, dans laquelle les consommateurs achetaient plus, les entreprises embauchaient plus et tout le monde finissait avec plus d'argent. Au lieu de cela, ils ont créé un boom de dette et d'immobilier résidentiel. Les Américains pouvaient dépenser plus, mais ils n'avaient pas le moyen de gagner plus. Les nouveaux emplois étaient créés en Chine, non aux USA. C'était bien un boom -- mais un boom affreux et déformé.
* A présent, lorsque les Américains dépensent, les Chinois embauchent. Et lorsque les Américains cessent de dépenser, les pauvres travailleurs à la chaîne chinois se font licencier. Financièrement aussi, la mondialisation a apporté un bien étrange partage des tâches. Les Chinois (et l'Asie en général) exportent de la déflation. Ils peuvent fabriquer "des choses" pour moins cher que quiconque. Plus ils font concurrence pour des parts de marché, plus leurs unités de production deviennent sophistiquées, plus les prix chutent. Nous les Américains (et les Européens aussi) en sommes les heureux bénéficiaires. Que les malheureux Asiatiques bossent et transpire ! Nous réfléchirons.
* Mais comment pensons-nous payer les choses qu'ils fabriquent ? Ah... c'est là l'autre côté du marché financier globalisé. Tandis qu'ils exportent la déflation, nous exportons l'inflation. Nous exportons l'argent. Notre argent est ensuite recyclé dans des banques centrales de toute l'Asie, où il est acheté avec des devises locales. Les banques centrales doivent créer des devises pour l'acheter, ce qui provoque l'inflation dans le monde entier. Puisque les prix des biens manufacturés chutent -- grâce à la production asiatique -- l'inflation s'infiltre dans les prix des choses que les Asiatiques ne peuvent fabriquer : l'immobilier, le pétrole, l'or et les biens et services de luxe.
* Les banques centrales asiatiques ont désormais assez de dollars pour contrôler toutes les entreprises du Dow Jones. Mais plutôt que d'acheter des actions, elles ont acheté des obligations. Combiné à un marché haussier de 24 ans sur l'obligataire, cela a fait d'Alan Greenspan un génie. Tant que les Asiatiques achetaient et que les taux chutaient, les prix des actifs augmentaient ; le maestro semblait savoir ce qu'il faisait.
* Mais voilà que Ben Bernanke est confronté au monde bancal qu'Alan Greenspan a contribué à construire ; il se pourrait qu'il ne trouve pas le poste de banquier central aussi agréable que ça. Le grand marché haussier obligataire semble avoir pris fin en juin 2003. Depuis, le 10 ans américain a baissé. A mesure qu'il chute, le prix du crédit augmente -- il atteignait 4,59% mercredi. Si la tendance se poursuit, ce qui est probable, le prochain gouverneur de la Fed pourra peut-être tirer des leviers, tourner des boutons -- et s'apercevoir qu'il ne se passe rien de bon. Les prix des actifs déclineront avec les obligations ; le pouvoir d'achat des Américains baissera avec le prix de leurs maisons. Bernanke n'aura pas à augmenter les taux ; les investisseurs obligataires le feront à sa place.
** "Les licenciements de masse à leur plus haut en 4 ans", nous dit un gros titre du Los Angeles Times. Hmm... nous pensions que les Chinois étaient les seuls à licencier leurs travailleurs. Nous sommes tous des penseurs, à présent, non ? Les penseurs ne se font pas virer, si ?