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, ma référence de préférence en politique
LE DÉBAT COMMENTÉ
Par Michel C. Auger
Michel C. Auger
Cyberpresse
La conclusion?
Vous la lirez dans ma chronique du Soleil de demain, qui sera en ligne dès minuit.
Revenez-nous voir...
Avenir du Québec
21h59 - André Boisclair : D'un charabia sur la formule d'amendement contre Mario Dumont à une déclaration de victoire anticipée sur le déséquilibre fiscal, le chef du PQ a paru isolé sur la question de l'avenir politique du Québec. Il n'a rien dit de rien nouveau, mais on aura appris que Mario Dumont n'irait pas l'aider à faire un référendum. La meilleure nouvelle pour M. Boisclair sur ce thème, c'est qu'on n'a pas trop parlé de référendum.
Mario Dumont: Il fut très agressif envers Jean Charest essayant clairement de lui faire perdre son calme. En lui disant qu'aller s'occuper de relations fédérales-provinciales était un moyen de ne pas faire son travail de premier ministre «Ça vous fait un terrain de jeu., Plus loin des écoles et des urgences du Québec. De plus loin ça vous parraît moins pire.» Mais M. Charest n'a pas mordu à l'hameçon. Il a eu du mal à expliquer ce que signifiait réellement sa notion d'autonomie, alors que cela aurait été une belle chance d'expliquer que ce n'est pas être entre deux chaises.
Jean Charest : très certainement, le meilleur segment de Jean Charest dans ce débat. Autant au plan de la forme que du contenu : il a finalement dit à André Boisclair de cesser d'interrompre tout le monde, ce qui aurait pu être fait bien plus tôt. Mais,sur le fond, voici le dossier où, objectivement, le bilan du gouvernement est le meilleur et où le Premier ministre s'est le plus engagé personnellement. Ses deux adversaires ont eu beau dire qu.il n'avait pas de programme constitutionnel, l'énumération des ententes avec Ottawa depuis quatre ans reste convaincante.
Éducation
21h30 - Jean Charest: Il a marqué des points en sommant Mario Dumont de lui dire où il prendrait ses 900 millions de dollars pour les enfants qui ne sont pas en garderie. «Vous allez nous le dire après le budget fédéral, c'est pas fort pour quelqu'un qui se dit autonomiste», une attaque facile, sans doute, mais efficace. Il a été fort efficace dans sa défense de l'autonomie des écoles sur les bulletins scolaires. Et, même si une bonne partie du travail avait déjà été fait, il a enfoncé le clou sur les commissions scolaires.
André Boisclair: Sans doute le meilleur segment d'André Boisclair depuis le début du débat. Mais s'il pouvait arrêter cette manie fatiguante de répéter inlassablement la même petite phrase quand il veut passer un point. Sur l'abolition des commissions scolaires, il a mis Mario Dumont sur la défensive pour la première fois de la soiréeé. Et celui-ci n'a pas eu de réponse à sa question : «Les villes riches auront-elles des écoles riches villes et les viilles pauvres auront des écoles pauvres?» Mario Dumont n'a pas pu prouver que ce serait autre chose qu'un changement de structure.
Mario Dumont: Le plus mauvais segment de M. Dumont depuis le début. Il n'était pas à la hauteur de questions tout à fait prévisibles sur son programme d'allocations aux enfants qui ne vont pas aux garderies à 7$ ou sur l'abolition des commissions scolaires. C'était un dossier où il a un programme original et où il aurait pu marquer des points, mais les attaques d'André Boisclair l'ont débalancé et il n'a pas pu revenir sur son message.
Gestion de l'État
21h10 - André Boisclair : Il marque un gros point contre Jean Charest sur la question de l'abolition de la taxe sur le capital dans le secteur des banques et des assurances, soit 350 millions de dollars.
Il est pratiquement impossible de défendre les banques et les compagnies d'assurance, mais Jean Charest a quand même tenté de le faire, mais sans succès. On comprend difficilement sa question sur la «marge de manoeuvre» du Québec qu'il demandait sans relâche au chef de l'ADQ. La marge de manoeuvre, ce n'est pas une donnée comptable c'est surtout une vue de l'esprit. Mais, bon, cette ronde ne lui appartient pas, elle va à Mario Dumont.
Jean Charest : Parfois, c'est le non-verbal qui est le plus éloquent. Sur ce thème les réponses de Jean Charest commencent par un soupir. Les énumération des exemptions d'impôt du dernier budget ne parviennent pas à répondre aux questions d'André Boisclair sur les pertes d'emplois dans le secteur manufacturier. Puis, il se fait prendre au piège sur la question du viaduc de la Concorde. Il aura beau accuser M. Dumont d'être irresponsable et qu'il devrait donner son document à la Commission Johnson, mais tout le monde ne retiendra qu'une chose : le document date de 2004, quand Jean Charest était au pouvoir. Celle-là, elle fait mal à un premier ministre sortant...
Mario Dumont : Du Dumont à son meilleur quand il utilise son allocution d'ouverture pour parler de la dette -- la question qui lui tient à coeur. La comparaison entre la dette per capita à sa naissance, à celle de sa fille, à celle d'un enfant né aujourd'hui. Puis, ce qui sera sans doute le clou de la soirée : un document annonçant des ennuis à venir à propos du viaduc de la Concorde. Jean Charest est obligé de faire un aveu d'impuissance en disant qu'il s'agit d'un lapin qu'il sortait de son chapeau. Sans doute, mais n'est pas exactement ce que M. Charest avait fait en 2003 avec les déclarations de Jacques Parizeau.
Environnement
20h51 - Mario Dumont : Le chef péquiste lui a donné une belle ouverture en parlant du questionnaire de Greenpeace, permettant à M. Dumont de rappeler que le PQ, pour des raisons surtout partisanes, avait refusé de joindre une coalition qui comprenait Greenpeace. Ça s'appelle faire du judo et utiliser la force de l'adversaire pour le renverser. Mais sur les aires protégées, il était beaucoup plus sur la défensive.
Contre Jean Charest, il a été fort efficace en rappelant le temps perdu dans le projet du Suroît.
André Boisclair : Cet ancien ministre de l'Environnement connaît bien son dossier... peut-être trop! Parfois, ses interventions deviennent confuses en étant à la fois trop techniques et trop complexes. Il n'a jamais réussi à expliquer son argument voulant que le Québec se trouve à payer pour les dommages faits par l'exploitation de sables bitumineux de l'Alberta. Jean Charest a esquivé en allant sur la crise forestière. Sur ce qui aurait dû être son dossier fort, André Boisclair n'aura certainement pas réussi à marquer des points.
Santé
Jean Charest : Le chef libéral aussi a trouvé le moyen de rappeler que le PQ n'était pas de la coalition contre les gaz à effet de serre. Comme quoi, dans un tel débat, M. Boisclair a pu comprendre combien les vieux péchés viennent toujours nous rattraper. Dans les faits, M. Charest a passé le plus clair de son temps à parler de développement hydro-électrique plutôt que de développement durable. Il n'a pas réussi à marquer des points contre André Boisclair sur la commission Coulombe.
20h33 - Jean Charest: le chef libéral est parti sur un point mineur -- les tickets modérateurs, qui ne font pas partie du programme de l'ADQ -- pour demander combien cela coûterait à Mario Dumont. Une attaque inutile et du temps perdu.
Mais, surtout, on a vu le premier ministre se défiler carrément sur la question des débordements dans les urgences -- l'une de ses promesses formelles et célèbres de la campagne de 2003. Un aveu de faiblesse majeur dans un tel débat. Et quand Jean Charest demande aux autres de ne pas jouer sur les mots, il ne va pas se faire des admirateurs.
Mario Dumont: il y a un nom pour ce que propose M. Dumont, c'est de la médecine à deux vitesse. C'est de cette façon qu'on a littéralement assassiné les chefs du Reform Party et de l'Alliance canadienne. Est-ce que les temps ont changé et que l'idée du privé en santé ne fait plus peur? Si le chef le plus à gauche des trois, André Boisclair, ne veut même pas prendre le temps de l'attaquer de front là-dessus, c'est que nous en sommes sans doute rendus là.
Par ailleurs, son attaque à Jean Charest sur la question des personnes âgées et de leurs conditions de vie intolérables . «L'intolérable, une fois assis dans la chaise du Premier ministre, vous l'avez toléré», et il a certainement marqué un point.
André Boisclair : son agressivité contre Mario Dumont n'est pas toujours dosée, mais il montre qu'il n'entend pas se faire marcher sur les pieds. Mais c'est son attaque contre Jean Charest sur les urgences qui a été la plus efficace, citant autant des chiffres du matin même dans les urgences que les déclarations récentes de Pierre Paradis et Monique Jérôme-Forget. Il a réussi à bien passer le point que M. Charest est au pouvoir depuis quatre ans et qu'il lui faut maintenant répondre de son mandat, pas juste blâmer le gouvernement précédent.
Messages d'ouverture
20h10 - Mario Dumont : Il annonce d'avance ses couleurs. Il va attaquer de front Jean Charest et en s'adressant à lui, il affirme «Monsieur Charest, vous ne méritez pas une deuxième chance». Le roi de la «clip» frappe encore : gageons que celle-ci se retrouvera au bulletin de nouvelles de la soirée. M. Dumont est à l'aise ce soir, ça se sent.
André Boisclair : S'il est nerveux -- après tout, c'est le seul chef dont c'est le premier débat -- cela ne paraît pas trop pendant son allocution d'ouverture. Une très brève allusion au référendum, mais on voit que le chef du PQ veut surtout utiliser ce débat pour donner de la visibilité à son programme de gouvernement. Pas sur la souveraineté.
Jean Charest : «Il n'y a pas de solutions magiques, il n'y a pas de solutions faciles», dit le premier ministre, une sorte de mea culpa qu'il fait d'entrée de jeu, sachant que son bilan sera attaqué tout au long de la soirée. Petit détail, il est celui qui a le plus besoin d'avoir recours à ses notes -- jamais très bon pour parler de son bilan.