Cortese a écrit:Forcèment, le ravitaillement en essence n'est vraiment apparu comme tactique qu'en 1983, je crois, et là il y avait les ailerons pour exercer une force verticale, avant les voitures partaient toujours gavées d'essence. On braque plus les ailerons quand il pleut, non ? Pourquoi ?
Ceci dit, je ne suis pas sur de ce que j'avance au sujet du poids, car effectivement, la distance de freinage D= V2/20 X coeff ne fait normalement pas intervenir la force verticale. Mais alors pourquoi les ailerons ?
Les ailerons et le poids ne jouent pas le même rôle du point de vue de la physique.
Le poids est une force verticale, mais lié irrévocablement à une masse qui réduit l'accélération, rallonge le freinage, et déporte à l'extérieur dans les virages.
L'appui aéro est une force verticale qui n'a aucun de ces inconvénients. Par contre il induit une traînée qui pénalise la vitesse de pointe. L'amélioration de la technologie permet d'avoir de moins en moins de traînée pour un appui donné (au détriment de l'intérêt des courses..)
Augmenter l'appui permet en augmentant l'adhérence de réduire la durée des phases d'accélération/ freinage/ virage. Ce faisant on perd un peu de vitesse en ligne droite, ce qui va dans le mauvais sens. Il y a donc un appui optimum au delà duquel on perd globalement de la performance.
Quand le sol est glissant (pluie) la perte d'adhérence induit des vitesses en courbe plus faibles, donc augmente la durée des phases d'accélération/ freinage/ virage. L'optimum se déplace donc vers davantage d'appui, c'est pourquoi on en met plus quand il pleut (en général, l'optimum ne peut pas être atteint à cause des limites imposées par le réglement).
Le poids augmente l'adhérence (via la masse) mais augmente proportionnellement les contraintes latérales en courbe: le gain est nul au premier ordre en virage. Les transferts de masse pendant les phases transitoires (entrée/sortie de virage) posent de délicats problèmes de suspension, impossibles à résoudre parfaitement. Le poids est donc au final un handicap en virage.
En accélération/freinage, on trouve le même équilibre entre gain d'adhérence dû à la masse et augmentation proportionnelle des forces à vaincre, donc effet neutre, tant qu'on est à la limite d'adhérence. Dès qu'on est en dessous de cette limite, en gros dès que le couple n'est plus suffisant pour faire patiner les roues, l'effet est négatif puisque la masse réduit proportionnellement l'accélération sans aucun bénéfice.
Le poids est donc en théorie toujours un handicap, sauf dans la circonstance très particulière d'un pneu très large sur un film d'eau. Il faut alors un minimum de poids pour que le pneu touche le sol, faute de quoi l'adhérence est nulle. Les ailerons n'aident pas suffisamment dans ce cas car ils n'apportent pas d'appui à faible vitesse. Il ne reste alors plus qu'à embarquer du poids (quelle hérésie!) et/ou à surgonfler les pneus pour les arrondir un peu et leur faire toucher le sol au centre, et/ou à augmenter le carrossage pour leur faire toucher le sol par leur "coin" intérieur.