Silverwitch a écrit:von Rauffenstein a écrit:Etat failli... En la circonstance, je demande un éclairage dans le cas de Cologne.
Si le gouvernement allemand a choisir d'accueillir un grand nombre de migrants, c'est la responsabilité de l'État d'assurer l'ordre, non seulement la sécurité de tous les individus, allemands ou migrants, mais également des conditions d'accueil qui ne conduisent pas à de telles situations. C'est à la police d'assurer la sécurité et la protection des personnes et des biens.
Pour le dire autrement, la culpabilité individuelle est entendue: un certain nombre d'individus parmi les migrants, qu'ils agissent seuls ou en groupe ont commis des actes délictueux ou criminels qui doivent être punis. En revanche, la responsabilité politique engagée et la responsabilité morale que l'on voudrait faire porter aux tenants du multiculturalisme (terme souvent flou, toute société libérale est par principe et par définition multi-culturelle, au nom de la séparation entre le domaine public et l'espace privé) est beaucoup moins évidente, et pour tout dire assez grotesque. C'est la mauvaise cible, et plutôt que l'impérialisme sont ciblés les traîtres à leur civilisation.
De la même manière, plutôt que de parler politique, c'est-à-dire des conditions, des structures visibles ou invisibles, on déplace le jugement sur le terrain des valeurs, du refus de la politique. On a assisté à une même opération depuis le début de la crise financière: blâmer l'immoralité des traders, annoncer la moralisation du capitalisme, puis par un tour de magie faire porter la faute sur les États impécunieux. Ici c'est la même chose: l'indignation idéologique vise à justifier l'impérialisme. Si j'étais cynique à la manière d'Eric Zemmour, j'écrirais que la crise des migrant est l'arme ultime de l'impérialisme pour contraindre les peuples européens (et américains) à soutenir des guerres d'agression dont ils pourraient finir par exiger la fin. On déstabilise en Europe pour continuer à justifier notre politique de prédation planétaire.
J'ai l'impression qu'il y a chez toi, une tentation de lecture complotiste. Et des digressions, bien articulées, je n'en disconviens pas, pour nous expliquer ce qui n'est après tout, et selon moi, une "surprise" devant l'ampleur des faits. Les conséquences d'un angélisme benêt coincé entre pragmatisme immédiat (main d'oeuvre à par cher pour des schleuhs bornés qui ne comprennent le monde qu'à travers les lunettes déformantes de leur autisme culturel séculaire) et moraline à deux balles entretenue dans les pages de "réflexion" des grands médias d'ici et d'ailleurs.
von Rauffenstein a écrit:Et si on y voyait plutôt un réflexe de défense social, devant un soudain déséquilibre de population ? Quelque chose d'universel, vérifiable aussi bien à Meaux qu'à Oran ? Et pour reprendre mon aimable voisin de Saint Sandoux, de de l'autre côté du Puy de Pressat, un verre ça va, trois verres, bonjour les dégats ?
C'est bien possible, et c'est pour cette raison qu'une réflexion philosophique et politique conduit à faire des liens qui dépassent le strict critère de l'évidence, de la familiarité de ce qui n'a pas besoin d'être pensé. On peut partager le ressenti que tu décris comme un réflexe (de défense) sans légitimer un discours sur la supériorité morale. Cela nous conduit à mettre en relation l'impérialisme économique, culturel et guerrier qui cause des flux migratoires difficiles à contrôler, voire entraîne l'émergence d'un terrorisme fanatique. Je ne défends pas une "culture de l'excuse", ou un laisser faire naïf et désarmé, j'essaye de comprendre pour mieux appréhender le réel.
Je ne sais pas s'il y a supériorité morale de la civilisation blanche sur les autres. La civiliation jaune, la supériorité morale de la civilisation sur la barbarie, l'a pensé bien avant nous et non pas des siècles, mais des millénaires avant nous. Comme le creuset des civilisations occidentales, en Mésopotamie, on l'a pensé aussi. Mais de fait, je parle moi, ici, de hordes barbares projetées dans des lieux d'un haut rafinement civilisationnel, où l'on est sans défense face à la violence brutale. De gens rustiques, qui ne sont pas les ingénieurs, les architectes et autres neurochirurgiens qu'on nous a vendu, regroupés en nombre conséquent et se laissant aller à un atavisme de ploucs rustres et illettrés une fois qu'ils sont en groupe dense et qu'ils se sentent forts.
Bref.














