La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Le salon francophone est dédié aux sujets n'ayant pas de lien avec la F1 ni autres sports mécaniques. C'est un salon pour se détendre en refaisant le monde.

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Messagede cétérouge le 17 Nov 2003, 03:53

'ai l'impression que la question de la confrontation au mystère de l'altérité travaille en effet le cinéma de Kubrick, et que souvent le fait d'énumérer de façon exhaustive toute la gamme des possibilités psychologiques de réagir ce mystère joue le rôle de moteur de l'action chez lui (c'est d'aillerus ce qui m'agace parfois un peu chez lui, aprce que l'amène a typer souvent de façon trop arrêtée ses personnages, par exemple dans les trois condamnés à mort des Sentiers de la Gloire, on reconnaît la réaction du catholique mystique, la réaction de l'agnostique,voire celle du mort (qui chez Kubrick semble presque un état psychologique à part entière), mais ce sont presque des postulats dramatiques à aucun moment la Certitude de la Mort ne vient modifier la personnalité du protagonniste telle qu'elle était avant l'action, tout le film est siginficatif par rapport à ce typage de personnalités préalable (voilà pour quoi il n'est pas pour moi une dénonciation de la guerre en tant que telle (car l'héroïsme de Kirk Douglas particpe autant au propos que le cynisme de son supérieur, ce clivage n'est pas lié à la guerre dans le film, celle-ci est uen circonstance qui le révèle, mais ne le créée pas- cela rend d'autant plus aberrante la censure dont il aété l'objet en France, que le film n'a pas tellement de force poltique) ...Cette idée de détermination morales des caractère qui conditionne l'action du film, sans que celle-ci n'est en retour d'incidence sur elle, ne l'amence, cela me rappelle un peu Orange Mécanique, où d'un certain la possibilité même de ce changement est représentée comme équivalent à une forme du mal radical; chez Kubrick on n'est humain qu'à force de prersévérer dans une seule disposition d'esprit...
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Messagede Silverwitch le 17 Nov 2003, 04:38

cétérouge a écrit:'ai l'impression que la question de la confrontation au mystère de l'altérité travaille en effet le cinéma de Kubrick, et que souvent le fait d'énumérer de façon exhaustive toute la gamme des possibilités psychologiques de réagir ce mystère joue le rôle de moteur de l'action chez lui (c'est d'aillerus ce qui m'agace parfois un peu chez lui, aprce que l'amène a typer souvent de façon trop arrêtée ses personnages, par exemple dans les trois condamnés à mort des Sentiers de la Gloire, on reconnaît la réaction du catholique mystique, la réaction de l'agnostique,voire celle du mort (qui chez Kubrick semble presque un état psychologique à part entière), mais ce sont presque des postulats dramatiques à aucun moment la Certitude de la Mort ne vient modifier la personnalité du protagonniste telle qu'elle était avant l'action, tout le film est siginficatif par rapport à ce typage de personnalités préalable (voilà pour quoi il n'est pas pour moi une dénonciation de la guerre en tant que telle (car l'héroïsme de Kirk Douglas particpe autant au propos que le cynisme de son supérieur, ce clivage n'est pas lié à la guerre dans le film, celle-ci est uen circonstance qui le révèle, mais ne le créée pas- cela rend d'autant plus aberrante la censure dont il aété l'objet en France, que le film n'a pas tellement de force poltique) ...Cette idée de détermination morales des caractère qui conditionne l'action du film, sans que celle-ci n'est en retour d'incidence sur elle, ne l'amence, cela me rappelle un peu Orange Mécanique, où d'un certain la possibilité même de ce changement est représentée comme équivalent à une forme du mal radical; chez Kubrick on n'est humain qu'à force de prersévérer dans une seule disposition d'esprit...


Cétérouge,

Oui, je suis assez d'accord avec cette analyse. Mais que faire alors de Barry Lindon? Le personnage de Barry connaît différentes évolutions de tempérament, avec une particularité: même s'il évolue, il conserve cette persévérance que sa jeunesse le conduise à l'immaturité grandiloquente, son ambition à la vanité, et sa vanité à la désillusion. Il faut peut-être simplement envisager Cétérouge que la figure de la répétition chez Kubrick (plus que d'un déterminisme de caractère) conduit à montrer que fondamentalement l'être humain ne change pas. C'est la figure du temps qui fait la différence selon les récits. Dans Barry Lindon le temps interne du film est un temps relativement long (plus de vingt ans et un film qui s'arrête sur le billet que signe son épouse en 1789...À la veille d'un bouleversement du temps, une révolution...), dans d'autres film le temps est concentré subjectivement (dans une autre révolution dans Shining et la conclusion sur la photo de la fête).

Je reviendrai volontiers ultérieurement sur le cinéma de Kubrick (si cela t'intéresse), mais en ce qui concerne "Les Sentiers de la Gloire", je crains que tu ne juges un peu rapidement. Dans ce film, Kubrick présente à plusieurs reprises, dans la grande salle d'un château, les trois officiers qui sont les protagonistes de l'action confrontés à un dilemne (faut-il ou non sacrifier des mutins?), sous un tableau de Watteau présentant trois acteurs affublés de leurs masques respectifs. Nous trouvons donc deux dimensions théâtrales et une guerre entendue comme théâtre qui s'oppose à un théâtre entendu comme vérité intérieure. Deux lieux s'opposent dans la mise en scène: un grand chateau du XVIIIè, où des généraux jouent avec des vies humaines, et la tranchée où les soldats meurent en combattant un ennemi invisible et impossible à atteindre. Le tableau de Watteau s'appelle "L'Amour au théâtre italien". On comprend alors que les trois personnages du tableau (Pierrot, Arlequin, Pantalon) correspondent aux trois officiers Mireau, Broulard et Dax. Le propos est clair: les acteurs jouent des rôles différents, ce sont autant de personnages se déplaçant sur la scène de la violence (comme le batîment de Full Metal Jacket se présente comme un grand théâtre kafkaïen). Les masques de Watteau nous regardent, et nous restituent notre regard de spectateur. Les personnages s'essoufflent et s'étudient, se défient et s'attaquent, les masques restent immobiles et connaissent déjà la fin de l'histoire, l'énième version d'un vieux canevas de la Comédia dell'arte. La violence ici est un artifice, un tableau, un art de la violence répond à une esthétique de la peinture: dans Barry Lindon, Kubrick met en relation la guerre et la violence avec des tableaux, des scènes picturales. Les personnages paraissent alors figés, finis, identifiés à une pose. Le constat de cette artificialité n'est pas une invitation à constater qu'un homme bon ou un homme mauvais se cache derrière les images et les tableaux de la guerre, sinon l'on aurait droit qu'au double scénario de l'homme mauvais ou de l'homme bon. Non, Kubrick ne croit pas que l'homme soit totalement mauvais ou bon. Il pense que l'homme joue le rôle du Diable et de Dieu, sans toujours le savoir. Nous jouons un rôle mais ne savons pas lequel.

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Messagede Solal le 17 Nov 2003, 11:29

oz.1 a écrit:J'ai eu beau regarder Tigres et Dragons en VO et avec un gros a priori positif, je me suis vite ennuyé jusqu'au moment où je trouvais ça risible de ridicule... :? Grosse déception pour moi.


Sinon, je viens de regarder The Big Lebowski et j'adore ! :D
Drole et délirant. :wink:


Tout pareil :o
"Tigres et Dragons" me suis endormi devant :? le kung-fu ca va 5 minutes mais aprés faut vraiment être fan :D
Et arf "the big lebowski" vraiment genial ste film, Jeff Bridges et Goodman sont vraiment excellent, je ne l'ai vu qu'une fois ce film et pourtant je m'en souviens encore trés bien, d'ailleurs faudra que je me le prenne en dividi au prix ou il est !

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erf :D

Quelle sacré bande là ces 3 gaillards :-D :
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Messagede oz.1 le 17 Nov 2003, 13:59

SoLaL a écrit:
oz.1 a écrit:

Sinon, je viens de regarder The Big Lebowski et j'adore ! :D
Drole et délirant. :wink:

Et arf "the big lebowski" vraiment genial ste film, Jeff Bridges et Goodman sont vraiment excellent, je ne l'ai vu qu'une fois ce film et pourtant je m'en souviens encore trés bien, d'ailleurs faudra que je me le prenne en dividi au prix ou il est !


Ouaip, je l'ai eu à 8€99 sur Amazon, Dude. :D
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Messagede Garion le 17 Nov 2003, 14:01

The Big Lebowski, il est énorme ce film :D
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Messagede Aki le 17 Nov 2003, 15:35

Cab,

Mercredi 19 novembre, 20h05, ARTV

Le conformiste de Bernardo Bertolucci (1969)
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Messagede Caboum le 17 Nov 2003, 19:06

Je me suis acheté récemment the 25th Hour avec Edward Norton que je vais regarder ce soir peinard installé sur le divan avec le pop corn. C'est un des meilleurs films de la dernière année.
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Messagede Silverwitch le 17 Nov 2003, 19:54

SoLaL a écrit:
Et arf "the big lebowski" vraiment genial ste film, Jeff Bridges et Goodman sont vraiment excellent, je ne l'ai vu qu'une fois ce film et pourtant je m'en souviens encore trés bien, d'ailleurs faudra que je me le prenne en dividi au prix ou il est !

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Je n'aime pas du tout ce film, mais pour Jeff Bridges, je suis prête à tout pardonner...

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Messagede Caboum le 17 Nov 2003, 20:01

silverwitch a écrit:
SoLaL a écrit:
Et arf "the big lebowski" vraiment genial ste film, Jeff Bridges et Goodman sont vraiment excellent, je ne l'ai vu qu'une fois ce film et pourtant je m'en souviens encore trés bien, d'ailleurs faudra que je me le prenne en dividi au prix ou il est !

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Je n'aime pas du tout ce film, mais pour Jeff Bridges, je suis prête à tout pardonner...

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Silverwitch (Jeff, je t'aime)


Là-dessus on ne s'entends pas du tout.

C'est un régal d'un brillant humour et de performance vraiment très bonne de Bridges et de Goodman.


Shut the fuck up Donnie!!!!!! :D :D :D
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Messagede Silverwitch le 17 Nov 2003, 20:25

Caboum a écrit:Là-dessus on ne s'entends pas du tout.

C'est un régal d'un brillant humour et de performance vraiment très bonne de Bridges et de Goodman.


Shut the fuck up Donnie!!!!!! :D :D :D


Caboum,

Et je ne parle pas du film de Spike Lee encore...Si tu veux voir un vrai grand film avec Jeff Bridges, je te conseille Cutter's Way: un de mes films préférés du réalisateur tchèque Ivan Passer, ami et scénariste de Milos Forman qui partit comme lui aux USA avec hélàs moins de fortune. Là encore l'Amérique est examinée sans concessions, mais avec un regard juste. Jeff Bridges est un magnifique looser. C'est le film le plus désenchanté que je connaisse, tourné par un cinéaste qui aurait du être le plus grand.


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Le film existe en DVD.

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Messagede Caboum le 17 Nov 2003, 20:28

silverwitch a écrit:
Caboum a écrit:Là-dessus on ne s'entends pas du tout.

C'est un régal d'un brillant humour et de performance vraiment très bonne de Bridges et de Goodman.


Shut the fuck up Donnie!!!!!! :D :D :D


Caboum,

Et je ne parle pas du film de Spike Lee encore...Si tu veux voir un vrai grand film avec Jeff Bridges, je te conseille Cutter's Way: un de mes films préférés du réalisateur tchèque Ivan Passer, ami et scénariste de Milos Forman qui partit comme lui aux USA avec hélàs moins de fortune. Là encore l'Amérique est examinée sans concessions, mais avec un regard juste. Jeff Bridges est un magnifique looser. C'est le film le plus désenchanté que je connaisse, tourné par un cinéaste qui aurait du être le plus grand.


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Le film existe en DVD.

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Je dois avouer que je suis un grand Fan de Bridges. J'ai appris à le découvrir dans Fisher King et depuis, il ne m'a pas déçu. Je ne connaissais pas Cutter's Way. Ça c'est le genre de film de j'aime et recherche.
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Messagede Solal le 17 Nov 2003, 21:19

silverwitch a écrit:
SoLaL a écrit:
Et arf "the big lebowski" vraiment genial ste film, Jeff Bridges et Goodman sont vraiment excellent, je ne l'ai vu qu'une fois ce film et pourtant je m'en souviens encore trés bien, d'ailleurs faudra que je me le prenne en dividi au prix ou il est !

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Je n'aime pas du tout ce film, mais pour Jeff Bridges, je suis prête à tout pardonner...

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On s'en fout nous on aime ste film :evil: :evil: :evil:
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Messagede cétérouge le 18 Nov 2003, 01:00

Silverwitch

Il est possible que j'aie un avis un peu sévère et trop défintif sur Kubrick, et que je rejoigne la critique un peu facile de misanthropie qui lui sont faites...je dois avouer que ses films ne m'ont jamais beaucoup touché (sauf peut-être Eyes Wide Shut, peut-être parce que c'est un de ses rares films qui ne se termine pas par une représentation de la mort en guise d'épilogue, alors que justement c'est un film un peu testamentaire)...

Je sais pas ourquoi, j'ai tendanc eà lui opposer et préférer Polanski, peut-être parce que tout en utilisant une esthétique et un style de narration qui me semble proche de Kubrick, en jouant sur des thèmes moraux assez proches (le personnage du Locataire n'est pas si éloigné que cela de celui d'eyes Wide Shut), il montre des situations paradoxalement radicalement inverses au mystère de la mort ou de l'étrangeté, plutôt que d'être définit moralement par une posture morale unique, réagit par une opération de quasi-conversion, jusqu'à s'incorporer lui-même dans sa chair l'inhuamnité qui lui fait face...je ne sais pas pourquoi, ce type de cinéma me touche plus (même si je crois qu'en fait dans son soubassement philosophique, il est finalement encore plus misanthrope que celui de Kubrick...)...

Par contre je n'aime pas du tout non plus les frères Coen, The Big lebowski passe encore... mais j'ai détesté Fargo par sa manière de présenter une complaisance gratuite dans la violence comme un gage de distanciation (la longue scène où le tueur repére la voiture de témoins d'un de ses crimes, qu'il va tuer, par ses feux rouges dans la nuit, et qu'il rattrape lentement, est une des plus insupportable et démagogiquement littérale que je n'aie jamais vu dans un film, je déteste cette manière de motnrer de façon aussi littérale et froide un meurtre, et de retourner cette neutralité en un bête artifice de narration qui ne sert finalement qu'à temporiser l'intrigue, je pense que des cinéastes comme Tim Burton qui n'a pas besoin de ces artifices pour en arriver au même résultat est bien plus grands que les frères Coen, Atom Egoyan ou Cronenberg qui lui au contraire en arrive à faire vraiment réfléchir sur la mort, et à faire ressortir la violence par la théatralisation extrême de ses films, sont beaucoup plus intéressants et beaucoup moins roublards que les frères Coen)...
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Messagede Caboum le 18 Nov 2003, 14:02

cétérouge a écrit:Par contre je n'aime pas du tout non plus les frères Coen, The Big lebowski passe encore... mais j'ai détesté Fargo par sa manière de présenter une complaisance gratuite dans la violence comme un gage de distanciation (la longue scène où le tueur repére la voiture de témoins d'un de ses crimes, qu'il va tuer, par ses feux rouges dans la nuit, et qu'il rattrape lentement, est une des plus insupportable et démagogiquement littérale que je n'aie jamais vu dans un film, je déteste cette manière de motnrer de façon aussi littérale et froide un meurtre, et de retourner cette neutralité en un bête artifice de narration qui ne sert finalement qu'à temporiser l'intrigue, je pense que des cinéastes comme Tim Burton qui n'a pas besoin de ces artifices pour en arriver au même résultat est bien plus grands que les frères Coen, Atom Egoyan ou Cronenberg qui lui au contraire en arrive à faire vraiment réfléchir sur la mort, et à faire ressortir la violence par la théatralisation extrême de ses films, sont beaucoup plus intéressants et beaucoup moins roublards que les frères Coen)...


Fargo est une vraie histoire. Et à ce que j'ai entendu, elle n'est pas romancée du tout. La seule chose qui change, c'est les noms. Autrement, ce sont les faits véridiques.
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Messagede B.Verkiler le 18 Nov 2003, 14:12

cétérouge a écrit: Je sais pas ourquoi, j'ai tendanc eà lui opposer et préférer Polanski, peut-être parce que tout en utilisant une esthétique et un style de narration qui me semble proche de Kubrick, en jouant sur des thèmes moraux assez proches (le personnage du Locataire n'est pas si éloigné que cela de celui d'eyes Wide Shut), il montre des situations paradoxalement radicalement inverses au mystère de la mort ou de l'étrangeté, plutôt que d'être définit moralement par une posture morale unique, réagit par une opération de quasi-conversion, jusqu'à s'incorporer lui-même dans sa chair l'inhuamnité qui lui fait face...je ne sais pas pourquoi, ce type de cinéma me touche plus (même si je crois qu'en fait dans son soubassement philosophique, il est finalement encore plus misanthrope que celui de Kubrick...)...


Il faudra que je revisionne des films de Polanski, parce qu'à part "Le bal des Vampires" qui m'avait bien fait marrer quand j'étais môme, ses films m'ont ennuyé. "Chinatown" notamment. J'ai pas du tout comprendre...
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Messagede B.Verkiler le 18 Nov 2003, 14:14

Caboum a écrit:
C'est un régal d'un brillant humour et de performance vraiment très bonne de Bridges et de Goodman.


Je trouve que c'est un enchainement de scenettes vraiment bien jouées par des acteurs que je trouve trés bons.

Pourtant j'avais un a priori vachement négatif quand je l'ai regardé.
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Messagede cétérouge le 18 Nov 2003, 14:35

Caboum a écrit:
cétérouge a écrit:Par contre je n'aime pas du tout non plus les frères Coen, The Big lebowski passe encore... mais j'ai détesté Fargo par sa manière de présenter une complaisance gratuite dans la violence comme un gage de distanciation (la longue scène où le tueur repére la voiture de témoins d'un de ses crimes, qu'il va tuer, par ses feux rouges dans la nuit, et qu'il rattrape lentement, est une des plus insupportable et démagogiquement littérale que je n'aie jamais vu dans un film, je déteste cette manière de motnrer de façon aussi littérale et froide un meurtre, et de retourner cette neutralité en un bête artifice de narration qui ne sert finalement qu'à temporiser l'intrigue, je pense que des cinéastes comme Tim Burton qui n'a pas besoin de ces artifices pour en arriver au même résultat est bien plus grands que les frères Coen, Atom Egoyan ou Cronenberg qui lui au contraire en arrive à faire vraiment réfléchir sur la mort, et à faire ressortir la violence par la théatralisation extrême de ses films, sont beaucoup plus intéressants et beaucoup moins roublards que les frères Coen)...


Fargo est une vraie histoire. Et à ce que j'ai entendu, elle n'est pas romancée du tout. La seule chose qui change, c'est les noms. Autrement, ce sont les faits véridiques.


ça ne veut rien dire, Napoleon est une histoire vrai, pourtant tu peux très ien faire un film racontant sa vie qui en fait un communiste, un autre un fasciste, un autre un dandy existentiel etc...c'est exactement la même chose pour un film basé sur un fait divers...si l'histoire est vraie, le pont de vue qu'il donne sur la société américaine est une reconstitution entièrement fictive (la scène ou la femme-policier retrouve un ami d'enfance dans un bistrot, qui se comporte comme un cake empoté comme pour souligner par contraste le fait que la policière est une espèce de sainte moderne n'a par exemple rien de réaliste même si elle est factuellement plausible)...le cinéma des frères Coen est à la fois kitsch et perpétuellement allégorique (et puis Fargo repompe de façon maniériste intégralement leur premier film, Blood Simple, les frères Coen s'amusent plus à s'auto-citer qu'à prendre position sur le fait divers lui-même, dont nie eux ni le specateur n'a quelque chose à foutre)...
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Messagede Caboum le 18 Nov 2003, 15:07

cétérouge a écrit:
Caboum a écrit:
cétérouge a écrit:Par contre je n'aime pas du tout non plus les frères Coen, The Big lebowski passe encore... mais j'ai détesté Fargo par sa manière de présenter une complaisance gratuite dans la violence comme un gage de distanciation (la longue scène où le tueur repére la voiture de témoins d'un de ses crimes, qu'il va tuer, par ses feux rouges dans la nuit, et qu'il rattrape lentement, est une des plus insupportable et démagogiquement littérale que je n'aie jamais vu dans un film, je déteste cette manière de motnrer de façon aussi littérale et froide un meurtre, et de retourner cette neutralité en un bête artifice de narration qui ne sert finalement qu'à temporiser l'intrigue, je pense que des cinéastes comme Tim Burton qui n'a pas besoin de ces artifices pour en arriver au même résultat est bien plus grands que les frères Coen, Atom Egoyan ou Cronenberg qui lui au contraire en arrive à faire vraiment réfléchir sur la mort, et à faire ressortir la violence par la théatralisation extrême de ses films, sont beaucoup plus intéressants et beaucoup moins roublards que les frères Coen)...


Fargo est une vraie histoire. Et à ce que j'ai entendu, elle n'est pas romancée du tout. La seule chose qui change, c'est les noms. Autrement, ce sont les faits véridiques.


ça ne veut rien dire, Napoleon est une histoire vrai, pourtant tu peux très ien faire un film racontant sa vie qui en fait un communiste, un autre un fasciste, un autre un dandy existentiel etc...c'est exactement la même chose pour un film basé sur un fait divers...si l'histoire est vraie, le pont de vue qu'il donne sur la société américaine est une reconstitution entièrement fictive (la scène ou la femme-policier retrouve un ami d'enfance dans un bistrot, qui se comporte comme un cake empoté comme pour souligner par contraste le fait que la policière est une espèce de sainte moderne n'a par exemple rien de réaliste même si elle est factuellement plausible)...le cinéma des frères Coen est à la fois kitsch et perpétuellement allégorique (et puis Fargo repompe de façon maniériste intégralement leur premier film, Blood Simple, les frères Coen s'amusent plus à s'auto-citer qu'à prendre position sur le fait divers lui-même, dont nie eux ni le specateur n'a quelque chose à foutre)...


On entends souvent à droite et à gauche le prédominance de la violence partout. Le cinéma des Coens a justement pour but de critiquer l'amérique sans qu'elle même s'en rende compte.

Toi tu dis que tu t'es senti mal à l'aise face à la poursuite en voiture dans la nuit. Et si justement cette séquence avait réussie, justement à te faire prendre conscience de la violence à outrance.

Silver dit que Clockwork Orange lui a fait un peu un sentiment semblable.

Oui c'est cru et assez froid Fargo, mais je préfère de loin un film comme ça où tu t'en rappèles 6 mois après qu'un flms rose bonbon où après 2 heures t'as tout perdu.
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Messagede Shunt le 18 Nov 2003, 15:16

Tout à fait Caboum... je pense que de par la vente libre des armes, les Américains ont une approche vachement plus banalisée de la violence que, nous, Européens... d'où ce point commun des frères Coen et de Tarantino, de nous montrer le caractère cru d'une violence non fantasmée et la bêtise (ou le cynisme) de ceux qui l'exercent froidement...

...je pense qu'on ne peut prendre la mesure d'un film comme Fargo, si on ne le replace pas dans le contexte ultra-violent de la société américaine contemporaine... les USA, les armes à feu ont fait 11 000 morts en 2001.

Il faut voir Fargo comme une charge contre l'Amérique profonde, sa cupidité et sa violence.
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Messagede Madcad le 18 Nov 2003, 19:37

D'accord avec shunt et Caboum

J'adore la scène où Steve Buscemi enterre le magot devant une rangée de pins dans un désert de neige et le dialogue lorsque la policière interroge les 2 prostituées. Entre autre.

C'est sur la banalité et la banalisation de la violence que frappent les frères Coen. Dans ce cas, un petit électro-choc n'est pas de trop.
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Ouais...

Messagede Lucky le 18 Nov 2003, 20:42

C'est pas un peu tarte à la crème cette histoire de montrer la violence toute crue pour la dénoncer ???

Personnellement, je trouve Pulp Fiction très complaisant, au contraire. Je ne connais pas les films dont vous parlez, parce que c'est vraiment le genre de truc que je fuis à toutes jambes. :lol: J'ai pas besoin de voir des trucs atroces pour avoir horreur de la violence...

Et puis en plus, il faut toujours faire pire, plus affreux, plus sanglant... J'ai été voir le dernier Bruce Willis avec ma cousine, j'ai pleuré pendant tout le film. C'est épouvantable d'en arriver à montrer des femmes avec les seins coupés en train d'agoniser, et franchement, je ne suis pas sûre que ça apporte grand chose à notre conscience de la violence, je me demande même si ça n'aurait pas tendance à la banaliser : Un nouveau massacre ? Ouais, ça a déjà été fait, je l'ai même vu sur grand écran...

Et puis les armes en vente libre aux USA et patati et patata, ça va un peu... On le saura, hein... De fait, est-ce qu'il y a plus d'insécurité à New York ou à la Courneuve ? Si quelqu'un a des chiffres comparatifs, je suis preneuse, mais là, plus on me dit ça, plus j'ai tendance à me crisper, parce que ça fait un tout petit peu désinformation à force d'être matraqué...

Amicalement,

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Messagede Lucky le 18 Nov 2003, 21:05

Mufasalala a écrit:Moi, je n'ai pas du tout aimé "The Philadelphia Story." J'aime bien James Stewart mais l'attitude, le ton de voix, les gestes, le jeu d'acteur de Katharine Hepburn m'énèrvent. C'est une actrice que je n'aime pas voir.

Et puis j'ai pas aimé l'histoire: Hepburn est fiancé à un mec, puis avant le mariage rencontre un journaliste (Stewart) et revoit son ancien mari (Cary Grant). Finalement dans la scène finale, elle voit les trois gars en meme temps et choisit parmi eux son nouveau mari. Beuark.


Oui, je comprends que du point de vue romantique, ce n'est pas très satisfaisant. :wink: Moi je l'ai vu avant tout comme une comédie, et j'ai bien aimé le personnage de James Stewart : Plein d'idées préconcues mais finalement déstabilisé, un peu dans la lune pendant tout le film... :lol:

Amicalement,

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Re: Tigres et Dragons

Messagede Lucky le 18 Nov 2003, 21:17

silverwitch a écrit:
Lucky a écrit:Tu la compares à Don Quichotte, moi elle me fait penser à Cyrano de Bergerac, qui n'est content qu'une fois qu'il a semé le malheur partout sur son passage, un personnage que je déteste, d'un égoïsme insupportable à mes yeux... :lol:

Mais je dois dire que ta vision des choses m'a ouvert une autre lecture possible... :wink:


Lucky,

Vraiment? Moi j'aime bien le personnage de Cyarno de Bergerac...Bon depuis quelques années, il est trop associé à mon souvenir de Jean-Paul Belmondo qui interpréta le rôle au théâtre et surtout à Gérard Depardieu dans le film de Rappeneau.

Ah là là, que j'ai souffert avec le film de Rappeneau !! Tout le monde était à s'extasier sur cette histoire que je trouve abominable de cruauté. Tout le monde voyait Cyrano comme un héros romantique alors qu'à mes yeux c'est un bourreau !

Il aime Roxanne, il se trouve laid, il n'ose pas tenter sa chance et lui déclarer sa flamme, au risque de ce prendre une veste... Bon. Jusque là on peut le trouver lâche et injuste envers Roxanne, que finalement il juge assez superficielle pour ne le juger que sur son physique, mais bon... passons...

Arrive le type à la belle gueule (me rappelle plus son nom !). Cyrano utilise honteusement son amour pour Roxanne en faisant sa cours à la belle sous les traits du malheureux, tout en sachant qu'il sera démasqué dès qu'il ouvrira la bouche. Suite à quoi, le jeune idiot se suicide. Bon, à la limite... Il n'a pas su résister à la tentation de courtiser Roxanne par procuration et il a cru leur rendre service...

Sur ce Roxanne prend le deuil et se met à végéter dans un couvent dans le souvenir de son amour perdu. Bon, il la laisse gâcher sa vie alors qu'il sait qu'elle porte le deuil d'une chimère... là il commence à m'agacer, il pourrait rassembler ses tripes et aller lui avouer le subterfuge... :evil:

Mais le pire reste à venir ! Il prend une poutre sur la tronche, il est sur le point de trépasser, et qu'est-ce qu'il fait ? Il se précipite chez Roxanne pour lui avouer la vérité, bien sûr !!! Merveilleux !!! Au moment où il aurait été noble de se la fermer, non, il la ramène. Comme ça elle aura tout le loisir de pleurer sur ses années perdues, sur ce qu'elle aurait pu vivre avec lui, sur sa mort à lui... :evil:

Non, franchement, ce type est un monstre d'égoïsme ! Il fait systématiquement tous les mauvais choix. Pour lui, d'abord, mais à la limite, bien fait pour sa gueule, mais pour Roxanne aussi, il se permet de choisir à sa place... et pour le pauvre type dont il brise la vie... :evil: Je le déteste !!! :lol:


Sinon, oui je vois ce que tu veux dire...Je pense que le film n'est pas idiot, et il met volontairement les différents âges de la vie en perspective. Le personnage de Zhang Ziyi peut-être insupportable, pour autant son seul vrai défaut est qu'elle rêve trop ce qui la rend impatiente. Je trouve cette vision assez touchante finalement.

Oui, oui. Elle n'est pas inintéressante. :wink:

Amicalement,

Lucky

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Messagede Xave le 18 Nov 2003, 21:25

Petit conseil de lecture sur le sujet en cours...

Image

:good

:wink:
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Re: Tigres et Dragons

Messagede Cortese le 18 Nov 2003, 21:27

Lucky a écrit:
silverwitch a écrit:
Lucky a écrit:Tu la compares à Don Quichotte, moi elle me fait penser à Cyrano de Bergerac, qui n'est content qu'une fois qu'il a semé le malheur partout sur son passage, un personnage que je déteste, d'un égoïsme insupportable à mes yeux... :lol:

Mais je dois dire que ta vision des choses m'a ouvert une autre lecture possible... :wink:


Lucky,

Vraiment? Moi j'aime bien le personnage de Cyarno de Bergerac...Bon depuis quelques années, il est trop associé à mon souvenir de Jean-Paul Belmondo qui interpréta le rôle au théâtre et surtout à Gérard Depardieu dans le film de Rappeneau.

Ah là là, que j'ai souffert avec le film de Rappeneau !! Tout le monde était à s'extasier sur cette histoire que je trouve abominable de cruauté. Tout le monde voyait Cyrano comme un héros romantique alors qu'à mes yeux c'est un bourreau !

Il aime Roxanne, il se trouve laid, il n'ose pas tenter sa chance et lui déclarer sa flamme, au risque de ce prendre une veste... Bon. Jusque là on peut le trouver lâche et injuste envers Roxanne, que finalement il juge assez superficielle pour ne le juger que sur son physique, mais bon... passons...

Arrive le type à la belle gueule (me rappelle plus son nom !). Cyrano utilise honteusement son amour pour Roxanne en faisant sa cours à la belle sous les traits du malheureux, tout en sachant qu'il sera démasqué dès qu'il ouvrira la bouche. Suite à quoi, le jeune idiot se suicide. Bon, à la limite... Il n'a pas su résister à la tentation de courtiser Roxanne par procuration et il a cru leur rendre service...

Sur ce Roxanne prend le deuil et se met à végéter dans un couvent dans le souvenir de son amour perdu. Bon, il la laisse gâcher sa vie alors qu'il sait qu'elle porte le deuil d'une chimère... là il commence à m'agacer, il pourrait rassembler ses tripes et aller lui avouer le subterfuge... :evil:

Mais le pire reste à venir ! Il prend une poutre sur la tronche, il est sur le point de trépasser, et qu'est-ce qu'il fait ? Il se précipite chez Roxanne pour lui avouer la vérité, bien sûr !!! Merveilleux !!! Au moment où il aurait été noble de se la fermer, non, il la ramène. Comme ça elle aura tout le loisir de pleurer sur ses années perdues, sur ce qu'elle aurait pu vivre avec lui, sur sa mort à lui... :evil:

Non, franchement, ce type est un monstre d'égoïsme ! Il fait systématiquement tous les mauvais choix. Pour lui, d'abord, mais à la limite, bien fait pour sa gueule, mais pour Roxanne aussi, il se permet de choisir à sa place... et pour le pauvre type dont il brise la vie... :evil: Je le déteste !!! :lol:


[/b]

Amicalement,

Lucky


:lol: Ton résumé du film est très juste, j'avais pas vu tout ça. Mais c'est à l'auteur de l'histoire qu'il faudrait s'en prendre d'abord, Edmond Rostand !
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Re: Tigres et Dragons

Messagede Lucky le 18 Nov 2003, 21:36

Cortese a écrit:
Lucky a écrit:
silverwitch a écrit:
Lucky a écrit:Tu la compares à Don Quichotte, moi elle me fait penser à Cyrano de Bergerac, qui n'est content qu'une fois qu'il a semé le malheur partout sur son passage, un personnage que je déteste, d'un égoïsme insupportable à mes yeux... :lol:

Mais je dois dire que ta vision des choses m'a ouvert une autre lecture possible... :wink:


Lucky,

Vraiment? Moi j'aime bien le personnage de Cyarno de Bergerac...Bon depuis quelques années, il est trop associé à mon souvenir de Jean-Paul Belmondo qui interpréta le rôle au théâtre et surtout à Gérard Depardieu dans le film de Rappeneau.

Ah là là, que j'ai souffert avec le film de Rappeneau !! Tout le monde était à s'extasier sur cette histoire que je trouve abominable de cruauté. Tout le monde voyait Cyrano comme un héros romantique alors qu'à mes yeux c'est un bourreau !

Il aime Roxanne, il se trouve laid, il n'ose pas tenter sa chance et lui déclarer sa flamme, au risque de ce prendre une veste... Bon. Jusque là on peut le trouver lâche et injuste envers Roxanne, que finalement il juge assez superficielle pour ne le juger que sur son physique, mais bon... passons...

Arrive le type à la belle gueule (me rappelle plus son nom !). Cyrano utilise honteusement son amour pour Roxanne en faisant sa cours à la belle sous les traits du malheureux, tout en sachant qu'il sera démasqué dès qu'il ouvrira la bouche. Suite à quoi, le jeune idiot se suicide. Bon, à la limite... Il n'a pas su résister à la tentation de courtiser Roxanne par procuration et il a cru leur rendre service...

Sur ce Roxanne prend le deuil et se met à végéter dans un couvent dans le souvenir de son amour perdu. Bon, il la laisse gâcher sa vie alors qu'il sait qu'elle porte le deuil d'une chimère... là il commence à m'agacer, il pourrait rassembler ses tripes et aller lui avouer le subterfuge... :evil:

Mais le pire reste à venir ! Il prend une poutre sur la tronche, il est sur le point de trépasser, et qu'est-ce qu'il fait ? Il se précipite chez Roxanne pour lui avouer la vérité, bien sûr !!! Merveilleux !!! Au moment où il aurait été noble de se la fermer, non, il la ramène. Comme ça elle aura tout le loisir de pleurer sur ses années perdues, sur ce qu'elle aurait pu vivre avec lui, sur sa mort à lui... :evil:

Non, franchement, ce type est un monstre d'égoïsme ! Il fait systématiquement tous les mauvais choix. Pour lui, d'abord, mais à la limite, bien fait pour sa gueule, mais pour Roxanne aussi, il se permet de choisir à sa place... et pour le pauvre type dont il brise la vie... :evil: Je le déteste !!! :lol:


[/b]

Amicalement,

Lucky


:lol: Ton résumé du film est très juste, j'avais pas vu tout ça. Mais c'est à l'auteur de l'histoire qu'il faudrait s'en prendre d'abord, Edmond Rostand !


Très juste !!! Edmond Rostand !!! :evil: Qu'est-ce qui t'a pris bonhomme ??? :lol:

Mais bon, je lui pardonne, parce que j'aime bien ses vers : Ah non ! C'est un peu court jeune homme... Ils m'ont beaucoup consolée, adolescente, parce que je suis moi-même dotée d'un appendice... intéressant... :lol:

Amicalement,

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Messagede Silverwitch le 19 Nov 2003, 01:37

cétérouge a écrit:Silverwitch

Il est possible que j'aie un avis un peu sévère et trop défintif sur Kubrick, et que je rejoigne la critique un peu facile de misanthropie qui lui sont faites...je dois avouer que ses films ne m'ont jamais beaucoup touché (sauf peut-être Eyes Wide Shut, peut-être parce que c'est un de ses rares films qui ne se termine pas par une représentation de la mort en guise d'épilogue, alors que justement c'est un film un peu testamentaire)...

Je sais pas ourquoi, j'ai tendanc eà lui opposer et préférer Polanski, peut-être parce que tout en utilisant une esthétique et un style de narration qui me semble proche de Kubrick, en jouant sur des thèmes moraux assez proches (le personnage du Locataire n'est pas si éloigné que cela de celui d'eyes Wide Shut), il montre des situations paradoxalement radicalement inverses au mystère de la mort ou de l'étrangeté, plutôt que d'être définit moralement par une posture morale unique, réagit par une opération de quasi-conversion, jusqu'à s'incorporer lui-même dans sa chair l'inhuamnité qui lui fait face...je ne sais pas pourquoi, ce type de cinéma me touche plus (même si je crois qu'en fait dans son soubassement philosophique, il est finalement encore plus misanthrope que celui de Kubrick...)...


Je comprends ton sentiment. Si en plus tu joues Polanski contre Kubrick, que puis-je te répondre? J'adore le cinéma de Roman Polanski. Je ne suis pas venue immédiatement aux films de Kubrick, à la fois par snobisme, et parce que justement cette artificialité annoncée me gênait. Pourtant, je sentais bien que ses films étaient de grands films, mais je n'étais pas capable de m'élever à leur hauteur. Un jour les yeux s'ouvrent en grand. Je me suis rendue compte que les films de Stanley Kubrick poursuivaient avec une obstination méthodique, dans toutes les époques et tous les genres des images propres à rendre esthétiquement perceptibles, à nous faire ressentir les constantes de l'humanité. Ainsi cette séquence 2001 (la plus connue sans doute de son oeuvre) où le singe lance dans le ciel l'os qui lui a servi à frapper et qui se transforme en fusée spatiale valsant autour d'une station orbitale. Toute la perspective historique et anthropologique est écrasée par une coupe de montage, créeant ainsi une continuité terrible, musicalement assumée par une homonyme (d'un Strauss à l'autre). Comment le cinéma, art apparement à voué (limité?) par certains à l'enregistrement de la réalité fuyante, pouvait-il explorer, fixer du regard, ce qui reste immuable au cours des siècles, monolithique?

C'est aussi une chose qui me frappe dans Eyes Wide Shut. Ce qui bouleverse l'esprit de Bill, le docteur de New-York, c'est de découvrir à travers la multiplication des phénomènes sexuels, qu'autre chose contrôle, détermine et dirige son existence. Et que cet autre, cette "matière dont sont faits les rêves", n'est que le Temps, ici incarné dans la persistance éternelle du désir physique. Voilà ce qui reste: Le Temps, le Regard, la Faille.

Je dis faille parce que contrairement à ce que pourrait suggérer l'artifice que tu montres dans le cinéma de Kubrick, voire son aspect rigide, se cache la faille humaine. Des personnages dont la volonté de manipulation, de contrôle est mise en échec par des forces (militaires, sociales ou surnaturelles) sur lesquelles l'individu n'a aucune prise, mais qui le délimitent et le définissent bien plus que ses propres actes ou ses paroles. Ainsi le bras artificiel du docteur Folamour, excroissance étrange qui essaye d'étrangler son propre maître et qui finalement se raidit dans le salut nazi. l'orgie d'Eyes Wide Shut qui répond à la fête spectrale du 4 juillet dans Shining, et propulse Bill dans un monde dont il n'est pas maître. Comme l'hôtel Overlook de Shining, la villa où se déroule l'orgie est l'espace mental des choses qui sont là depuis toujours: non pas comme l'individu, inscrites dans le Temps, mais le Temps lui-même. On pense à Jacques le Fataliste et au château dont Jacques parle à son maître: "Je n'appartiens à personne et j'appartiens à tout le monde. Vous y étiez avant que d'y entrer, et vous y serez encore quand vous en sortirez".

Ainsi Bill ne passe jamais du désir à son accomplissement: c'est le mythe de Tantale. Jack Torrance n'arrivera jamais, dans Shining, à élimier sa propre famille. L'échec, la faille: de la valise qui déverse sa dérisoire pluie de dollars sur une piste d'aéroport (L'Ultime Razzia) à l'enlisement de la guerre (Full Metal Jacket), de l'ascencion sociale décapitée (Barry Lindon) à la fin définitive de l'espèce humaine (Dr Folamour), Kubrick, ce fanatique de la perfection, n'a jamais fait que décliner sous toutes ses formes et sur tous les tons l'infinie faillibilité de tout programme (politique, militaire, sexuel, informatique...). Cela aboutit à une ambiguïté radicale: le "Fuck" d'Alice répond au "J'étais guéri" d'Alex dans "Orange Mécanique", ou à la photo montrant Jack Torrance en 1921, ou à la mise à mort du sniper agonisant de Full Metal Jacket. L'angoisse chez Kubrick se concentre sur le Temps. C'est pourquoi même son seul final positif, le foetus astral et cyclique de 2001 fait peur. "Forever, and ever, and ever...": c'est le refrain des films de Kubrick.

"Come and play with us. Come and play with us, Danny. Forever, and ever, and ever".

Image

Je suis contente que tu apprécies "Le Locataire", un des plus beaux films de Roman Polanski. Pour autant, le cinéma de Polanski malgré des liens apparents est très éloigné du cinéma de Kubrick. Polanski est un cinéaste d'Europe Centrale. Chez lui les questionnements existentiels sont toujours des questionnements concrets. Voilà qui le rapproche d'un écrivain auquel fait ouvertement penser le Locataire: Kafka. Chez Polanski, le thème du double n'est pas au service d'une fascinante métaphysique, mais au service d'une interrogation concrète sur l'identité. Qu'est-ce qui fait de moi un individu singulier. Chez Polanski, le fantastique survient d'une réalité qui s'effrite de l'intérieur. Alors oui, les deux cinéastes ont des points communs. Ils sont d'une même génération, ont tous deux un bagage cinématographique qui les conduit à explorer la profondeur de champ, ont exploré de nombreux genres cinématographiques, ont fait des adaptations, etc. Mais Roman Polanski est un dandy. Il n'a sans doute pas eu pendant l'intégralité de sa carrière, la rigueur d'un Stanley Kubrick, et a fait plusieurs films de commande plus ou moins réussis. Par contre quand les films de Polanski sont bons, ils sont exceptionnels. Polanski en termes de mise en scène est un immense metteur en scène, certainement le plus grand cinéaste vivant. Je pense même que dans ses meilleurs films il fait moins d'erreurs de mise en scène que Kubrick (à part dans 2001, film où je ne vois rien à toucher). C'est que Kubrick perpétuel indécis, cherche sur le tournage la plupart des plans possibles et quand il ne trouve pas ce qui lui convient, attend le montage pour faire des liens. D'où une scène miraculeuse sur le papier (la grande scène dans la chambre entre Cruise et Kidman) qui me laisse un peu sur ma faim par son découpage, assez maladroit et alambiqué. Polanski lui a gardé de la méthode polonaise une science incroyable du plan. Il sait toujours quel est le point de vue juste et le temps juste pour un plan. Revoir le premier plan de Tess à cet égard est fascinant.

cétérouge a écrit:Par contre je n'aime pas du tout non plus les frères Coen, The Big lebowski passe encore... mais j'ai détesté Fargo par sa manière de présenter une complaisance gratuite dans la violence comme un gage de distanciation (la longue scène où le tueur repére la voiture de témoins d'un de ses crimes, qu'il va tuer, par ses feux rouges dans la nuit, et qu'il rattrape lentement, est une des plus insupportable et démagogiquement littérale que je n'aie jamais vu dans un film, je déteste cette manière de motnrer de façon aussi littérale et froide un meurtre, et de retourner cette neutralité en un bête artifice de narration qui ne sert finalement qu'à temporiser l'intrigue, je pense que des cinéastes comme Tim Burton qui n'a pas besoin de ces artifices pour en arriver au même résultat est bien plus grands que les frères Coen, Atom Egoyan ou Cronenberg qui lui au contraire en arrive à faire vraiment réfléchir sur la mort, et à faire ressortir la violence par la théatralisation extrême de ses films, sont beaucoup plus intéressants et beaucoup moins roublards que les frères Coen)...


Concernant les Coen par contre, je suis moins sévère que toi. J'aime beaucoup Miller's Crossing, et j'apprécie Fargo. Quant à Barton Fink, bien que pas parfaitement achevé, demeure un film tout à fait remarquable. En tout cas, je pense qu'on navigue dans une sphère largment plus haute que le cinéma de Tim Burton (une des plus incroyables blagues du cinéma contemporain avec David Lynch) ou de Cronenberg. Egoyan lui a tellement sombré depuis Exotica qu'on ne peut même plus l'envisager. Non, je rapproche plus les Coen d'un cinéaste comme Steven Soderbergh. Les deux étaient prometteurs et talentueux avant de voir leur cinéma fondre comme neige au soleil. M'enfin c'est une génération de cinéastes déjà perdus pour le cinéma.

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Messagede Silverwitch le 19 Nov 2003, 01:58

Shunt a écrit:Tout à fait Caboum... je pense que de par la vente libre des armes, les Américains ont une approche vachement plus banalisée de la violence que, nous, Européens... d'où ce point commun des frères Coen et de Tarantino, de nous montrer le caractère cru d'une violence non fantasmée et la bêtise (ou le cynisme) de ceux qui l'exercent froidement...

...je pense qu'on ne peut prendre la mesure d'un film comme Fargo, si on ne le replace pas dans le contexte ultra-violent de la société américaine contemporaine... les USA, les armes à feu ont fait 11 000 morts en 2001.

Il faut voir Fargo comme une charge contre l'Amérique profonde, sa cupidité et sa violence.


Shunt,

Je ne sais pas...Évidemment, je trouve le rapprochement opéré entre les Coen et Tarantino assez outré. Le problème n'est pas aussi simple que tu sembles l'envisager: il ne suffit pas de montrer la violence et son côté cru ou non fantasmé pour nous aider à la comprendre ou en sortir. Cela Kubrick l'a bien montré avec Orange Mécanique. Pour moi, les films de Tarantino sont à mettre sur le même plan que le cinéma de John Woo: à l'esthétisation extrème de l'un, répond la dérision de l'autre. C'est un climat de dérision qui se nourrit de la destruction du genre lui-même. Je ne vois qu'un film aussi proche de Pulp Fiction dans cette entreprise c'est le "Wild at Heart" (Sailor et Lula) de David Lynch. Chez Tarantino la violence n'est que ritualisée, et il n'y a rien à quoi se raccrocher. C'est une fétichisation de la violence à l'écran.

La question qui se pose c'est donc: comment représenter la violence et surtout comment cette représentation peut elle aider à la comprendre et en sortir. Un film comme "Taxi Driver" montre parfaitement comment on entre dans la violence. Kubrick dans tous ses films, nous enseigne l'art du regard pour renverser le cours de la violence: comment la retourner contre elle-même. Chez Kubrick, la violence n'est pas une parodie ou un ballet, et elle n'est pas neutre. Les bons films nous rappellent que nous sommes liés à la violence. Les autres répondent à notre appel désespéré: "Montrez-moi cette violence dont je ne veux pas pour moi! Montrez moi tous ces morts en série pour me faire oublier que nous sommes tous des mortels condamnés à se débrouiller avec la violence!".

Tiens je voulais te conseiller un film Shunt si tu ne l'as vu. C'est "Wise Blood" ("Le Malin") de John Huston, d'après le roman de Flannery O'Connor. Fanatisme, mensonges, violence et images: le film est d'une actualité troublante. Pourquoi le fanatique en vient il à s'aveugler, à refuser de voir le monde? Parce qu'il ne croit plus dans un monde où tout lui semble faux. Le fanatique de Huston, Hazel Motes (le formidable Brad Dourif dans son plus beau rôle!) nous éclaire involontairement sur un monde qui devient incroyable et mensonger quand y règnent des images qui n'ont plus rien à voir avec lui. Vraiment un film indispensable.

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Brad Dourif

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Messagede von Rauffenstein le 19 Nov 2003, 02:02

C'était chiant à mourrir ce film. Du grand art.
Le fascisme au fait, c'était pas déjà l'histoire d'un mec en marche qui fascinait les foules avec son culte de la personnalité ?
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Messagede cétérouge le 19 Nov 2003, 02:17

Shunt a écrit:Tout à fait Caboum... je pense que de par la vente libre des armes, les Américains ont une approche vachement plus banalisée de la violence que, nous, Européens... d'où ce point commun des frères Coen et de Tarantino, de nous montrer le caractère cru d'une violence non fantasmée et la bêtise (ou le cynisme) de ceux qui l'exercent froidement...

...je pense qu'on ne peut prendre la mesure d'un film comme Fargo, si on ne le replace pas dans le contexte ultra-violent de la société américaine contemporaine... les USA, les armes à feu ont fait 11 000 morts en 2001.

Il faut voir Fargo comme une charge contre l'Amérique profonde, sa cupidité et sa violence.


Heu, je vais répondre rapidement (un peuf atigué), mais Fargo des frères coen ou les Tarantino, plutôt qu'une quelconque dénonciation sociologique de l'importance des armes à feu aux USA, j'ai plutôt tendance à voir cela comme du cinéma pop-corn qui reprend de façon détournées les codes des films noirs classiques, qui eux avaient vraiment une portée de critique sociale, même ceux fait par des cinéastes encore vivant, "La Conversation" de Coppola ça c'est vraiment un film qui fait réfléchir sur uen certaine instumentalisation politique ou idéologique de la violence (alors que paradoxalement le film n'est lui-même pas trop violent) à la limite un film comme le Scarface de Brian de Palma arrivait à intégrer dans un tel processus de reprise ironique de vieux clichés une dimension de critique sociale ou morale, mais pas Fargo, c'est simplement du comique macabre qui tombe à plat (Steve Buscemi fait plus penser à un clown qu'à un personnage de mélodrame social dans ce film)...c'est comme si que tu me disais que les nihilismes allemands post-Kraftwerk du Big Lebovsky sont une charge contre le rôle de l'anarchisme politique dans les mouvement totalitaires du XXème siècle, et que le personnage de Ben Gazzara dans le même film est une dénonciation du machisme, alors qu'il s'ait simplement d'un artifice de narration parmis 3000 autres...
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Messagede Silverwitch le 19 Nov 2003, 02:33

Panzerchoumi a écrit:C'était chiant à mourrir ce film. Du grand art.


Panzerollin,

À quel film fais-tu allusion dans ta diatribe? Wise Blood?

Silverwitch (il a toujours quelque chose à dire...)
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Messagede von Rauffenstein le 19 Nov 2003, 02:42

silverwitch a écrit:
Panzerchoumi a écrit:C'était chiant à mourrir ce film. Du grand art.


Panzerollin,

À quel film fais-tu allusion dans ta diatribe? Wise Blood?

Silverwitch (il a toujours quelque chose à dire...)
A wise blood. A quoi veux tu d'autre ?
Le fascisme au fait, c'était pas déjà l'histoire d'un mec en marche qui fascinait les foules avec son culte de la personnalité ?
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Messagede Silverwitch le 19 Nov 2003, 02:47

Panzerchoumi a écrit:
silverwitch a écrit:
Panzerchoumi a écrit:C'était chiant à mourrir ce film. Du grand art.


Panzerollin,

À quel film fais-tu allusion dans ta diatribe? Wise Blood?

Silverwitch (il a toujours quelque chose à dire...)
A wise blood. A quoi veux tu d'autre ?


Panzer,

Très bien. Et tu veux développer sur le film? Parce que je suis d'un avis radicalement opposé (sur le film hein, pas sur le fait que tu te sois fait "chier" en le voyant).

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Messagede Silverwitch le 19 Nov 2003, 04:25

b.verkiler a écrit:Il faudra que je revisionne des films de Polanski, parce qu'à part "Le bal des Vampires" qui m'avait bien fait marrer quand j'étais môme, ses films m'ont ennuyé. "Chinatown" notamment. J'ai pas du tout comprendre...


BV,

Il faut. Tu peux te dispenser de voir (ou revoir) Répulsion, Frantic, La Jeune Fille et la Mort, La 9ème Porte, Lunes de Fiel (sans doute son plus mauvais film)...Par contre Cul de Sac, Le Locataire, Tess, Le Couteau dans l'Eau, Le Pianiste, Rosemary's Baby, Macbeth et Pirates sont tous plus qu'intéressants.

Quant à Chinatown, c'est un de mes films favoris. Alors tu n'as pas le choix. Tu te dois de revoir les films de Roman Polanski!

Silverwitch (11è commandement: Les films de Roman Polanski tu verras)
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Messagede Cortese le 19 Nov 2003, 11:43

silverwitch a écrit: Kubrick, ce fanatique de la perfection, n'a jamais fait que décliner sous toutes ses formes et sur tous les tons l'infinie faillibilité de tout programme (politique, militaire, sexuel, informatique...).


L'angoisse chez Kubrick se concentre sur le Temps. C'est pourquoi même son seul final positif, le foetus astral et cyclique de 2001 fait peur. "Forever, and ever, and ever...": c'est le refrain des films de Kubrick.




"Forever and ever" c'est une chanson de Demis Roussos. Tu écoutes ça Silverwitch ? :eek:

Pour ta première phrase tu noteras qu'il y manque le programme génétique, qui justement est à l'origine du final(e?) "positif" de 2001.
2001 qui est pour moi le film le plus fascinant de Kubrick, par l'ampleur des thèmes abordés (ouf pas de pathologie sexualo-mentalo-nombriliste, c'est bon !). J'ai l'impression que ce film est plus dérangeant qu'on ne le croit, parce que j'ai l'impression que tous les gens un peu futés ont bien compris cette fameuse fin "énigmatique" mais n'osent pas le dire.
Mais enfin, elle est claire cette fin : l'espèce humaine est mortelle et une autre va venir la remplacer, comme l'homo sapiens a fait disparaitre l'australopithèque et ses successeurs. Et la musique des Richard Strauss le montre sans ambiguité : "Ainsi parla Zarathoustra", reprend l'oeuvre fameuse de Nietzsche, le prophète du "surhomme", un philosophe récupéré par les nazis, avec lesquels Richard Strauss lui même aurait eu des accointances.
La question que pose ce film est on ne peut plus douloureuse et audacieuse : Et si l'humanité et ses idées complaisantes sur elle même (en cours de science sur le darwinisme, on nous disait avec un aplomb incroyable que l'évolution "darwinienne" était terminé pour l'Homme, cette perfection ultime, mais se poursuivrait "socialement" !) était sur le point d'être supplantée ? Par qui, Kubrick ne le sait pas semble t-il. Il nous lance sur cette piste farfelue et "new age" du cristal parallélépipédique symbole de l'intrusion d'une vie extraterrestre dotée de pouvoir quasi divins, mais il nous parle aussi de Hal, l'ordinateur psychotique surhumain qui tente d'évincer les hommes du vaisseau. Plus vraisemblable.
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Messagede bufo_72 le 19 Nov 2003, 11:49

J'ai vu 2 films ce week-end.

FRANCE BOUTIQUE : je me suis bien ennuyé malgré F. Cluzet et K. Viard. C'était franchement pas terrible et très inégal, bof bof...

LES SENTIMENTS : alors là, j'ai adoré. JP Bachri, N. Baye, I. Carré et M. Poupot sont tous excellents. Isabelle Carré est magnifique :eek: . Franchement, allez-y sans attendre, ça vaut le coup.
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Messagede Xave le 19 Nov 2003, 11:50

Mouais... je saurais pas en débattre à ton niver, chère Silver, mais j'étais allé voir La 9ème Porte et il m'a plus déçu qu'autre chose.
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Messagede Bob Cramer le 19 Nov 2003, 11:53

Xave, il faut comprendre que ce n'est pas parce que tu t'es fait chier que le film est mauvais, enfin :D

Par contre, tu peux très bien t'amuser avec de très mauvais films.

Sisi ;)
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Messagede Xave le 19 Nov 2003, 12:08

Bob Cramer a écrit:Xave, il faut comprendre que ce n'est pas parce que tu t'es fait chier que le film est mauvais, enfin :D

Par contre, tu peux très bien t'amuser avec de très mauvais films.

Sisi ;)


Ah, un peu comme en Rugby, alors ? :lol: :P



Plus sérieusement, je ne me suis pas "fait chier" en voyant ce film, somme toute assez plaisant, disons que je suis plus "resté sur ma faim".
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Messagede Shunt le 19 Nov 2003, 12:19

cétérouge a écrit:c'est comme si que tu me disais que les nihilismes allemands post-Kraftwerk du Big Lebovsky sont une charge contre le rôle de l'anarchisme politique dans les mouvement totalitaires du XXème siècle, et que le personnage de Ben Gazzara dans le même film est une dénonciation du machisme, alors qu'il s'ait simplement d'un artifice de narration parmis 3000 autres...


Non "the Big Lebowsky", c'est un film sur le désanchetement de la génération "idéaliste" des années 60... le "Dude" incarne une sorte de babos qui tente de rester fidèle à ses idéaux de jeunesse mais qui en même temps n'y crois plus du tout, un mec qui pense être resté "jeune" mais qui est complètement usé par la vie... et cette contradiction se traduit par un laisser-aller total, un déphasage complet avec le monde moderne incarné à la fois par Bunny Lebowski (la petite garce arriviste "prête-à-tout"), les nihilistes allemands (qui représente une certaine de la jeunesse actuelle) et le personnage de Julian Moore (une espèce de dépressive nombriliste).
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Messagede Shunt le 19 Nov 2003, 12:32

Lucky a écrit:Personnellement, je trouve Pulp Fiction très complaisant, au contraire. Je ne connais pas les films dont vous parlez, parce que c'est vraiment le genre de truc que je fuis à toutes jambes. :lol: J'ai pas besoin de voir des trucs atroces pour avoir horreur de la violence...

Et puis en plus, il faut toujours faire pire, plus affreux, plus sanglant... J'ai été voir le dernier Bruce Willis avec ma cousine, j'ai pleuré pendant tout le film.


Non il y a une différence fondamentale entre Tarantino et les films de Willis.

Dans les films de Willis, les scènes les plus violentes sont souvent destinées à justifier l'esprit de vengeance qui va animer l'esprit du gentil héros (qui bien souvent ne fait qu'appliquer les principes de l'autodéfense) ou pour accompagner avec grandiloquence la mission "punitrice" de ce dernier. Bref, c'est profondément glauque et malsain, car ce genre de cinéma ne dénonce en rien la violence, mais la cautionne...

...a contrario, je ne vois rien, dans les films de Tarantino qui cautionne la violence, bien au contraire. Chez les deux tueurs à gage, l'un (Jackson) comprend que sa soif de pouvoir (cf. la citation qu'il fait de la bible en se prenant pour le Dieu punisseur) le mène à une impasse, là où l'autre (Travolta) ne pige rien à rien et se fait butter comme un con dans les chiottes. La seule faiblesse que je vois dans la manière qu'a Tarantino d'aborder la violence, c'est qu'il l'analyse de manière superficielle : les gens sont violents parce qu'ils sont cons et/ou cupides et/ou veulent le pouvoir.
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