Modérateurs: Garion, Silverwitch
Cortese a écrit:Oui le sujet est complexe et je ne suis pas sur qu'il y ait moyen de porter un jugement sur; le texte de Todd est finalement assez simpliste par rapport aux enjeux stratégiques. Je suis juste gêné par une certaine facilité, compréhensible pour des raisons historiques évidentes, de faire de l'Allemagne le bouc émissaire idéal. De plus j'ai abordé un sujet sans doute maladroitement qui était celui de l'émancipation allemande, décisive pour l'émancipation européenne, de la tutelle américaine. Une France forte et une Allemagne faible n'y arriveraient pas, une France affaiblie mais encore vaillante, plus une Allemagne qui aurait acquis une puissance économique, politique et culturelle par la vassalisation de la Mittel Europa jusqu'à la frontière russe, deviendrait un gros poisson, peut-être même trop gros pour l'Oncle Sam.

Silverwitch a écrit:Cortese a écrit:Oui le sujet est complexe et je ne suis pas sur qu'il y ait moyen de porter un jugement sur; le texte de Todd est finalement assez simpliste par rapport aux enjeux stratégiques. Je suis juste gêné par une certaine facilité, compréhensible pour des raisons historiques évidentes, de faire de l'Allemagne le bouc émissaire idéal. De plus j'ai abordé un sujet sans doute maladroitement qui était celui de l'émancipation allemande, décisive pour l'émancipation européenne, de la tutelle américaine. Une France forte et une Allemagne faible n'y arriveraient pas, une France affaiblie mais encore vaillante, plus une Allemagne qui aurait acquis une puissance économique, politique et culturelle par la vassalisation de la Mittel Europa jusqu'à la frontière russe, deviendrait un gros poisson, peut-être même trop gros pour l'Oncle Sam.
Oui, mais il y a quelque chose qui bloque: la puissance de l'Allemagne se construit sur l'affaiblissement des nations européennes, et la destruction des États, au point que l'on peut soupçonner l'Allemagne d'oeuvrer discrètement en faveur des revendications identitaires et régionalistes. Cette logique européenne inégalitaire, ethnique et d'inspiration impériale, c'est-à-dire anti-républicaine repose sur une exception allemande, construction historique et culturelle: la nation allemande tient par la langue quand les nations françaises, italiennes, espagnoles, et quelques autres encore tiennent par l'État. C'est ce qui facilite la rencontre d'un impérialisme allemand à l'ombre de la domination américaine sur l'Europe.
Quand l'Allemagne sera assez forte, c'est-à-dire l'Europe américaine achevée, il n'y aura plus de France, plus d'États pour s'opposer à l'américanisation du monde. Pas de surprise, au fond cela rejoint la vision traditionnelle de l'Allemagne, persuadée d'être la seule vraie nation européenne, la nation germanique opposée (et supérieure) aux autres nations métissées.
Rainier a écrit:"Le vrai drame pour les européistes, c’est que la Grèce sorte de l’euro, et qu’après elle aille beaucoup mieux."
Quand j'ai appris le résultat des élections en Grèce, j'ai pensé à ça en premier : 'Si la Grèce va mieux grâce à Tsipras, tous les autres vont suivre et ce sera la fin de l'UE
Cortese a écrit:
D'accord, mais tu ne trouves pas que ta démonstration montre justement que si construction européenne il y a, cette construction va inévitablement à l'avantage de l'Allemagne "impériale", les autres Etats étant en quelque sorte des "Empires intérieurs", situé à un étage en dessous en taille. Il y a là il me semble une contradiction, qui ne peut se résoudre que par la sortie de la France, de l'Espagne, éventuellement de l'Italie d'une Europe dont la destinée manifeste est germanique. Est-ce vraiment un mal d'ailleurs une Europe germanique ? L'Empire Austro-Hongrois était-il si horrible que ça pour les minorités ? A en juger par le rayonnement culturel de la capitale impériale et des capitales nationales je me pose la question. Le métissage à l'ombre de l'ethnicisme germanique était-il vraiment pire que le centralisme français ?
Tu réponds indirectement à ma question sur l'émancipation de l'Europe par ta certitude que le renforcement impérial allemand renforcerait mécaniquement la domination américaine, mais là aussi je trouve qu'on peut se poser la question. On voit bien comment l'interventionnisme américain en Ukraine montre la très grande crainte d'un rapprochement germano-russe qui se ferait forcément au détriment de l'influence américaine (je ne suis pas sur que le jeu allemand en Ukraine soit aussi simpliste qu'on le dit). Et je crois aussi que ce genre de scénario donnerait plus liberté d'action à la France qui aurait la possibilité de renouer avec une politique gaullienne. On pourrait alors voir une Allemagne ayant repoussé ses occupants anglo-saxons sur ses deux ailes revenir à une attitude plus détendue de construction européenne de l'Atlantique à Vladivostok, où le pangermanisme serait équilibré par un panslavisme qui pèse autant sinon plus lourd. Il est vrai que la situation de la France est très difficile. Elle a tiré un immense avantage politique d'avoir fait son unité nationale bien avant les autres nations européennes, mais aujourd'hui elle semble coincée. Trop grande pour se fondre volontiers dans une Europe multi-ethnique à domination germanique et trop petite pour se draper dans un splendide isolement.

Jean Marie Le Pen a écrit:Amis Français de souche, bonjour.
Comme vous l'avez peut être vu, lu ou entendu, n'est-ce pas, dans les médias à la botte des socialo-bolcheviks, j'ai été très légèrement brulé au visage par un incendie de cheminée. Sans doute un attentat visant à me faire taire, mais cela a échoué.
Ouais_supère a écrit:La petite "sortie" de cet idiot de Guillon sur Twitter à ce sujet me laisse pantois.
Rainier a écrit:"Le vrai drame pour les européistes, c’est que la Grèce sorte de l’euro, et qu’après elle aille beaucoup mieux."
Quand j'ai appris le résultat des élections en Grèce, j'ai pensé à ça en premier : 'Si la Grèce va mieux grâce à Tsipras, tous les autres vont suivre et ce sera la fin de l'UE
Aym a écrit:C'est comme en F1 : quand la piste commence à s'assécher, on attend le premier à passer les pneus slicks pour voir si ça vaut le coup ou s'il se plante.

Shoemaker a écrit:Résumons :
L'Allemagne se sent comme la seule Nation véritablement Nation, du fait de sa définition ethnique de la Nation.
Elle se voit en noyau dur ultime, d'une Europe constituée de grosses régions satellites, les anciennes nations défaites par le virus de l'UE.
L'Allemagne participe et a participé en catimini à cette "balkanisation new look de l'Europe.
Son action est extraordinairement ambiguë subtile, illisible, du fait qu'elle est un nain militaire, et qu'elle est condamnée à jouer constamment, entre le gros ours russe dont on ne sait si elle veut le dresser ou s'en faire un allié final contre le Parrain, les USA, lesquels s'appuient sur la dite Allemagne occupée par leur armée, pour faire finalement de l'Europe, un vaste marché commercial. Les USA suivent de près l'action de l'Allemagne, notamment en Ukraine. Chacun se surveille, chacun essaye ou pense manipuler l'autre, pour arriver à ses fins.
Les Nations européennes autres que l'Allemagne seront les dindons de la farce de cette comédie, sauf à ce que la France retrouve ses fondamentaux, et redevienne la grande Nation Républicaine qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être, mais que les coups de boutoirs des USA ont transformé actuellement, en exécutante docile.
Les peuples d'Europe, en gros, n'ont strictement aucune conscience des véritables enjeux de l'aventure dite "européenne", et ils pensent encore que l'Euro c'est sympa, parce que ça évite d'aller faire le change, quand on voyage en Europe.
On n'est pas sorti de l'Auberge … Bruxelloise !

Tarod a écrit:Aym a écrit:C'est comme en F1 : quand la piste commence à s'assécher, on attend le premier à passer les pneus slicks pour voir si ça vaut le coup ou s'il se plante.
Sauf que là les autres concurrents en pneus pluie ont tous la possibilité de balancer de la flotte sur la piste


Shoemaker a écrit:Lordon (je crois) pense qu'il faudrait bien 18 mois de misère incompressible, en cas de sortie de l'Euro, pour que les premiers bénéfices se fassent sentir en Grèce (dévaluation, manque de liquidités, fuite des capitaux, etc). Ce temps est long, et permet facilement aux Européistes intégristes de clamer haut et fort à d'éventuels candidats à la rébellion : " Ah ! Hein ! On vous avez bien dit !".
Une sortie de l'Euro doit obligatoirement être accompagnée d'une puissante pédagogie chez le peuple, pour qu'il accepte des sacrifices inévitables et volontairement consentis.



Cortese a écrit: Il est vrai que la situation de la France est très difficile. Elle a tiré un immense avantage politique d'avoir fait son unité nationale bien avant les autres nations européennes, mais aujourd'hui elle semble coincée. Trop grande pour se fondre volontiers dans une Europe multi-ethnique à domination germanique et trop petite pour se draper dans un splendide isolement.
La nation en Allemagne est une race, et l'orgueil de sa race est une passion vigoureuse. Est-ce que la France est une race ?[...] C'était la chose fatale que la France eût une autre vocation.[...] Que faut-il dire à nos enfants ? car il leur faut dire quelque chose. Jadis le droit de vivre était naturel; pour être, il suffisait de naître. A l'heure qu'il est, dans la concurrence entre les peuples, chaque peuple doit avoir une raison d'être et la savoir. Rome s'était donné une vocation: conquérir le monde. L'Allemagne a cette vocation: revendiquer pour elle tout ce qui est germanique, exalter le germanisme, développer la puissance germanique. Quelle est la nôtre ? Il n'y a pas de doute que nous avons charge de représenter la cause de l'humanité.

Bien sûr, on nous explique qu’il n’y a pas d’alternative, que la seule vérité réside dans l’application stricte et non faussée des lois édictées par la finance mondiale orchestrée à Wall Street, dont la succursale bruxelloise, animée par Jean-Claude Junker et Pierre Moscovici, relègue sans broncher les consignes. Pas de panique, puisque nous avons un Emmanuel Macron qui nous explique « qu’il faut qu’il y ait des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Le célèbre « Enrichissez vous ! » de François Guizot revue par Arthur à la sauce Attali ou par Cauet façon Minc… Du grand art ! Et pourquoi pas un ticket d’Euro Millions offert par l’Etat dans nos prochaines enveloppes électorales ?
Lors, voici que le berceau de l’Europe vient de se fâcher tout rouge en envoyant à la Vouli (le Parlement grec), entre autres mouvements dénonçant le massacre, une majorité de députés mécontents, les 149 du parti Syriza d’Alexis Tsipras et les 13 du parti Anel de Pànos Kamménos (l’équivalent grec de Nicolas Dupont-Aignan) qui ont décidé de gouverner ensemble durant cette législature. Et ce, malgré les chauds avertissements des chefs de gouvernements euromanes, Angela Merkel en tête. Comme quoi il faut toujours se méfier du suffrage universel, redoutable outil mis à disposition des peuples irresponsables pour se choisir un destin qui ne leur appartient plus. Au secours Terra nova ! La démocratie vire à l’eurosepticisme, au fascisme, à la xénophobie, il devient urgent de déposséder les masses incultes de leur libre arbitre politique. Le seul bulletin qui vaille est celui que l’on glissera désormais dans les urnes funéraires du droit des peuples à décider de rien. Venons en enfin à l’application de la merveilleuse phrase de Coluche : « La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours ».
Donc, n’y allons pas par quatre chemins, autant dire à son peuple « du sang et des larmes » comme Churchill en 1940 : « Je ne paye plus, je ne paye rien à des gens qui nous ont manipulé sans vergogne pour de sombres raisons géostratégiques. Je mets cette dette de côté car l’honneur de mon pays est en cause et je verrai le moment venu. Je n’ai qu’une solution, retrouver ma monnaie nationale sur laquelle j’ai un contrôle total et faire fonctionner la planche à billets pour financer ma relance intérieure ». Sortie de l’euro et retour au drachme. Quitter cette Europe des copains et des coquins pour en rêver une autre. Un jour la Grèce reviendra dans une Europe libérée, une Europe de paix, une Europe des chances, une Europe des peuples libres et souverains.
L’option est certes douloureuse, avec des contre parties terrifiantes, car la Grèce, dont on raille si volontiers « l’huile d’olive et la féta » comme uniques ressources de son commerce extérieure, avec le tourisme, n’a pas de potentiel industriel lui permettant de se constituer un trésor par ses exportations. La population devra donc continuer à se serrer la ceinture, mais ce sera, de la même façon que l’on préfère rembourser un emprunt immobilier plutôt de que de payer un loyer à perte, dans l’optique d’un redressement dans l’union nationale. Certes, les produits de consommation importés seront rares ou inaccessibles, et le marché intérieur tournera au ralenti, mais l’activité reprendra, de balbutiement en balbutiement, jusqu’à faire des phrases complètes. Entre temps, gageons que les citoyens libres de l’Europe iront soutenir le pays dans l’épreuve en y allant massivement pour cause de tourisme politique.
Solution de la dernière chance, évidemment, mais pas pire que celle que propose Bruxelles, où les petits devront continuer à trinquer comme jamais. Face à un diagnostic aussi tragique, autant essayer le protocole de chimiothérapie le plus audacieux. De l’huile d’olive et de la féta ! Et alors, c’est moins indigne que de périr saigné par la haute finance internationale et les satrapes qui ont menti à tous les peuples d’Europe pour leur faire croire que la machine tournait bien rond. Quels salauds ! Ce sera pour la Grèce, livrée à elle même, donc délivrée, l’occasion de se réformer en profondeur et de tirer les enseignements d’une crise à la fois immorale et illégitime. Le peuple grec en a vu d’autres, il a bien le droit de sortir de cette forfaiture internationale la tête haute. La Démocratie lui doit bien ça.


porcaro77 a écrit:Dans la vie il vaut mieux être malhonnête comme les grecs que vertueux comme les Allemands

Tarod a écrit:porcaro77 a écrit:Dans la vie il vaut mieux être malhonnête comme les grecs que vertueux comme les Allemands

Silverwitch a écrit:Tarod a écrit:porcaro77 a écrit:Dans la vie il vaut mieux être malhonnête comme les grecs que vertueux comme les Allemands
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Rappelons qu'au siècle dernier le pays qui a le plus souvent fait défaut sur ses dettes est l'Allemagne. Les Allemands ne payent pas, mais ils font la leçon.
DCP a écrit:A quelles occasions ? A part le traité de Versailles ? Je pose la question, car je l'ignore.
La République fédérale passe pour être un modèle de stabilité. Combien de fois l’Allemagne a-t-elle fait faillite, au total ?
Cela dépend du mode de calcul. Rien qu’au cours du siècle dernier, au moins trois fois. Après les premiers défauts de paiement, dans les années 1930, les Etats-Unis ont consenti une remise de dette considérable à la République fédérale, en 1953. A partir de là, l’Allemagne s’est portée comme un charme pendant que le reste de l’Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l’occupation allemande. Même en 1990, le pays s’est retrouvé en situation de non-paiement.
Pardon ? Un défaut ?
Oui, le chancelier d’alors, Helmut Kohl, a refusé d’appliquer l’Accord de Londres de 1953 sur les dettes extérieures de l’Allemagne, qui disposait que les réparations destinées à rembourser les dégâts causés pendant la Seconde Guerre mondiale devaient être versées en cas de réunification. Quelques acomptes ont été versés. Mais il s’agissait de sommes minimes. L’Allemagne n’a pas réglé ses réparations après 1990 – à l’exception des indemnités versées aux travailleurs forcés. Les crédits prélevés de force dans les pays occupés pendant la Seconde Guerre mondiale et les frais liés à l’occupation n’ont pas non plus été remboursés. A la Grèce non plus.

Silverwitch a écrit:Tarod a écrit:porcaro77 a écrit:Dans la vie il vaut mieux être malhonnête comme les grecs que vertueux comme les Allemands
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Rappelons qu'au siècle dernier le pays qui a le plus souvent fait défaut sur ses dettes est l'Allemagne. Les Allemands ne payent pas, mais ils font la leçon.

Tarod a écrit:Silverwitch a écrit:Tarod a écrit:porcaro77 a écrit:Dans la vie il vaut mieux être malhonnête comme les grecs que vertueux comme les Allemands
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Rappelons qu'au siècle dernier le pays qui a le plus souvent fait défaut sur ses dettes est l'Allemagne. Les Allemands ne payent pas, mais ils font la leçon.
D'une manière où d'une autre tous les pays endettés finissent par faire défaut à un moment, les préteurs n'ont pas l'air d'avoir compris ça. Ou plutot ils pensent qu'ils arriveront à s'en tirer à temps avant que le système ne s'écroule
Ouais_supère a écrit:Stef, t'es chiant
Shoemaker a écrit:L'usure est immorale.
Quand on est immoral, faut pas pleurnicher lorsque les autres se rebiffent. Et le peuple Grecs a de bonnes raisons de se rebiffer.

DCP a écrit:Shoemaker a écrit:L'usure est immorale.
Quand on est immoral, faut pas pleurnicher lorsque les autres se rebiffent. Et le peuple Grecs a de bonnes raisons de se rebiffer.
Je sais bien qu'ils sont nombreux, mais ce n'est pas une raison ......

Shoemaker a écrit:L'usure est immorale.

Shoemaker a écrit:L'intention !
Lorsque le prêteur a été remboursé et qu'il continue à tondre le dos à la Grèce en en faisant payer l'intérêt usurier au peuple qui ne savait même pas que ses dirigeants ont fait des prêts de fous-escrocs, lorsqu'en cours de route les intérêts grimpent follement et spéculativement pour achever la bête à l'agonie...
Rien n'est tout noir ou tout blanc.
Je ne suis pas un agrégée en finances, mais mon petit doigt me dit qu'il doit être possible de vivre dans un monde encore meilleur, nécessairement meilleur, sans Bourse, sans prêts usuraires. Conviction.

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