Seb a écrit:Mais les Etats européens peuvent toujours frapper monnaie (reconnaitre le contraire serait reconnaitre qu'ils ne sont plus des Etats). Ils ont simplement délégué ce pouvoir à une tierce institution.
T'as pas l'impression de te moquer du monde un peu là?
La France peut-elle souverainement décider de battre monnaie aujourd'hui? La réponse est non. Le reste...
Et même la BCE, quand elle bat monnaie, ne l'injecte pas directement aux Etats, mais aux banques et marchés financiers qui EUX vont se charger de prêter aux différents tresors publics nationaux. D'où les fameuses dettes souveraines...
Qui, en l'occurrence, est à la BCE où sont représentés les Gouverneurs des différents Etats (même si cette fameuse indépendance est l'un de ses principes fondateurs). Si l'on veut utiliser le langage du monde de l'entreprise, c'est un service qui a été outsourcé. Mais dont tu restes maitre dans la mesure où tu tu souhaites pouvoir redécider seul de ta propre politique monétaire et battre monnaie comme tu le faisais avant, il te suffit de sortir de l'Union européenne.
En gros, tu dis que dans l'Etat actuel des choses, ils ne peuvent pas battre monnaie, mais s'ils le veulent, ils peuvent en modifiant la situation actuelle

Quelle discussion comique

C'est un peu comme si je te dis que la France n'a pas le droit aujourd'hui de taxer l'import de produits espagnols et que tu me réponds : "Bah si, la France a parfaitement ce droit. Il lui suffit pour ça de sortir de l'UE"
Je ne connais pas assez l'Etat français mais en Belgique, l'Etat aussi a attribué une série de missions à des organisations tierces, que ce soit en matière de Justice, d'enseignement ou de police. Est-ce parce que tu as choisi de transférer certaines missions - qu'elles soient régaliennes ou non - que tu en perds ta souveraineté ?
Non quand à tout moment et de façon unilatérale, tu peux reprendre les choses en main.
L'Etat belge peut par exemple confier à un organisme privé l'impression des cartes d'identité (par exemple).
Si demain, l'organisme ne lui convient pas, l'Etat peut changer, ou décider de reprendre en main.
Dans la discussion qui nous occupe, la France peut-elle décider du jour au lendemain de dire "Bon, j'ai transféré l'emission de monnaie à la BCE, çà ne me convient pas donc je reprends les choses en main"?
Tu sais bien que non. Donc cessons cette discussion ridicule et restons en aux faits: aujourd'hui, avec les multiples traités et règles de l'UE et de l'euro, les états n'ont plus le pouvoir d'emettre de la monnaie.
Alors même que pendant la crise, de nombreux états auraient bien voulu le faire pour soulager les finances et réduire le poids de la tête, les traités de l'UE avec l'Allemagne inflexible ne le permettent pas.
Donc aujourd'hui, on est bel et bien dans la situation décrite dans la parabole de Sheon. A savoir pour que 100€ soient injectés en France, il faut que la BCE créent ces 100€, les prêtent à des marchés ou à des banques, qui prêteront à la France avec intérêts.
Donc 100€ rentreront en France, mais en ayant créé une dette de 105€ (par exemple).
Quand on est un pays avec un excedent commercial, on peut espérer trouver les 5€ d'intérêts dans les exportations.
Autrement, si on est en déficit (comme quasiment la totalité des pays de l'UE), alors tu comprends que la dette est mécaniquement non remboursable.
Concernant cette fameuse distinction SEBC/BCE, c'est précisément pour cela que j'avais parlé de l'Eurosystème. Si on parle de l'euro stricto sensu, c'est effectivement à lui qu'il faut faire référence. J'ai néanmoins parlé de SEBC pour deux raisons. D'une part parce qu'au départ, cet Eurosystème avait une vocation temporaire (dans la mesure où il était espéré avoir, un jour, une zone euro qui se confondrait avec l'espace européen) et d'autre part parce que les pays qui ne disposent pas de l'euro ne restent pour autant pas totalement libres de faire tourner la planche à billets comme elles le voudraient, puisqu'elles se sont justement engagées dans certains critères définis au niveau su SEBC.
Bah on dit la même chose: dans le système européen actuel, les états ne sont plus souverains.