silverwitch a écrit:
Oui, c'est une vision politique. C'est là-dessus qu'on fonde une histoire commune.
Je t'aime bien Silver... Mais j'avoue qu'il y a des raccourcis partisans chez toi que je trouve contre-productifs. J'aime et je respecte le parcours qui est le tien et cette foi dans cette nation qui t'a accueillie... C'est cette nation que j'aime aussi de toutes mes forces. Mais il ne faut pas se voiler la face pour comprendre que nous en sommes loin.
Et que ce monstre américain que tu pourchasses en tout même où il n'y a pas lieu... nous n'en sommes souvent pas loin. Et parfois nous faisons pire.
Alzam a écrit:Quelle légitimité avaient les souverains français qui ont collaboré à la défaite de la France en 1815 ?
Celle que donne la force.
Et De Gaulle avait les Américains et les Russes et les Anglais qui eux n'ont pas perdu la guerre.
La France a capitulé point.
Et dans toute guerre, il y a ceux qui refusent la capitulation. Des fois ça marche... là ce fut le cas et grâce leur en soit rendue. Mais cela n'enlève pas la défaite française qui n'est pas à imputer à Pétain, tellement elle s'était jouée déjà lourdement au moins depuis les exactions du "Perd-la-victoire" Clémenceau.
Je répète un point essentiel: l'histoire est toujours un regard en arrière. Ce n'est pas du passé que nous regardons Pétain, mais du présent. Ce regard rétrospectif ne peut évidemment conforter ton propos, à moins d'écrire une histoire parallèle de la France, où l'Allemagne nazie gagne la guerre, et où De Gaulle et la résistance intérieure sont des terroristes. Les deux réalités ne peuvent exister ensemble sous le regard historique. Seul le présent est indicible.
Et ben moi, je pense que cette façon de juger l'Histoire est anti-historique. Juger le passé dans le confort de nos fauteuils/canapés/Tv en sirotant une Despe est une forfaiture.
L'Histoire se juge en tentant de la vivre au plus proche du quotidien de ceux qui en ont été les acteurs : résistants ET ILS ETAIENT PEU NOMBREUX, collabos, simples citoyens ayant juste envie de s'en sortir, de survivre et d'aller plus loin.
Nous ne pouvons juger l'Histoire dans le confort de nos certitudes et de nos préjugés.
Personne ne sait s'il aurait été le héros qui fait fusiller la population d'un petit village terrorisé où le lâche qui a la faiblesse de n'espérer que la survie des siens... Un peu entre les deux je suppose en espérant de concilier le meilleur des deux.
Pas du tout. Toute légitimité de Pétain est perdue dès qu'il consent à l'occupation et à la défaite. La légitimité gaullienne naît en retour du refus de la défaite.
Non. L'acceptation de la défaite permet à la France de ne pas être broyée, écrasée comme elle l'aurait été sous la botte allemande. De Gaulle sans Pétain n'est rien même si j'estime Pétain coupable de ce qui lui a été reproché après la guerre... et ce n'est pas la capitulation.
Tu ne définis pas les termes que tu emploies. Et tu oublies que l'histoire est toujours un regard rétrospectif, il ne peut y avoir de légitimité historique de Pétain que si l'Allemagne était le pays vainqueur.
Définir quoi ? Une réflexion ? Une sensibilité ?
Donc si l'Allemagne avait finalement gagné la guerre... Pétain aurait été légitime et De Gaulle un terroriste ? C'est de la politique à la Rumsfeld que tu nous fais là.
Voir ta phrase suivante:
Alzam a écrit:Après, ce sont les vainqueurs qui font l'Histoire hein.
Je ne te le fais pas dire. D'où la seule histoire qui existe: si Vichy était la France, De Gaulle n'était pas la France. Et comme l'histoire a eu lieu, il n'y a pas d'alternative, sinon dans un monde parallèle.
Je cite cette phrase avec ironie.
Et je ne te rejoins pas sur ton constat que je trouve amoral et illégitime.
Pétain était la France parce que nommé à la tête du pays par l'assemblée représentant un peuple qui ne voulait pas la poursuite de la guerre. Beaucoup trop se rappelaient encore de 14-18 trop proche.
En capitulant, on pensait avoir droit à une guerre et un règlement de guerre à l'ancienne avec des souffrances certes, des réparations, peut-être la perte de l'Alsace Lorraine mais pas à nouveau la boucherie vécue par nombre des Français de l'époque.
Je pense que 90% des Français d'alors étaient partisans de cette capitulation et de la collaboration sans doute.
Mais je le pense avec "tendresse" et sans juger parce que je me refuse à juger au creux de mon confort 4 étoiles XXIème siècle.
Et il a fallu le refus de De Gaulle (et pas seulement), les exactions insupportables des nazis, la "survie" inespérée de l'Angleterre, le renfort (tout sauf désintéressé) des USA et (contraint par la force des choses) de l'URSS pour que l'Histoire donne un autre sens au chemin suivi jusqu'alors.
Tu peux aimer la France... C'est bien. Son histoire, ses valeurs. Mais cela exige aussi d'être lucide sur ses dérives, ses renoncements, ses trahisons,... ses crimes... ou ses faiblesses.