Nicklaus a écrit:Bah oui. Mélenchon confirme être un névrosé narcissique obsédé par Le Pen et les médias au point d'aller dans un coin qu'il ne connait pas où il fera une alliance avec la mafia PS pour empêcher celle qui l'a torché à la présidentielle d'être Députée.
Les électeurs, il s'en branle.
Bon, déjà, lorsqu'on est narcissique, on est plutôt obsédé par soi-même. Quant aux médias, il me semblait (mais je me trompe peut-être ?) qu'on a assez reproché à Mélenchon sa systématique opposition frontale à la médiacratie (les chiens de garde), pour ne pas maintenant, l'accuser de courir derrière. Faut savoir.
MAis foin de psychologisme politique. Les médias justement, nous en abreuvent assez soir et matin, pour continuer encore à en faire ici.
EN supposant donc que Mélenchon aille ferrailler contre Marine Lepen, sur son propre fief, il faut alors admettre, qu'on l'aime ou pas, qu'il ne manque pas de courage politique. Il est logique avec sa ligne de conduite : lutte contre le néolibéralisme, et lutte contre son expression perverse, la montée de l'extrême droite comme alternative protestataire pathologique.
Alors oui, il y va, à la casse. C'est toujours mieux, conviens-en, qu'une Cecile Duflot qui n'arrête pas d'enfler à force de se gaver de facilité politique, d'aplaventrisme et de renoncement. Il y va au combat, le Mélenchon. Quitte à y laisser des plumes. Mais il n'y a de combat que ceux difficiles. Il luttera pied à pied contre l'avancée du FN. Il essayera de proposer aux électeurs, une autre voie de protestation, contre le système.
Certes, son message est plus complexe, plus dur à appréhender que les slogans vaseux et torves du FN. Il est facile de dire aux électeurs, 2 ou trois mensonges, bien calibrés (la fameuse sortie de l'Euro par référendum, la sortie de l'Europe mais evc concertation, défendre le peuple mais sans jamais toucher un cheveux à la finance internationale, etc), bien enveloppés, pour les faire tomber dans l'escarcelle. On a vu le LAOS en Grèce, l'équivalent exact du FN en France. Il faisait de bons scores, était représenté à l'assemblée. Puis dès qu'il a pu participer au pouvoir, il s'est empressé de s'allier avec les partis européistes favorables à l'écrasement du peuple. Résultat ? Le peuple d'extrême droite a écrabouillé aux dernières élections le LAOS, pour aller plus loin encore dans le protestataire, et lui préférer un parti néo nazi avec gourou et sinistres fanfreluches fétichistes. Tout ça pour montrer à quel point, les partis d'extrême droite sont des partis menteurs, ne désirant qu'une chose, le pouvoir, pour ensuite laminer proprement le pauvre peuple qui aura voté pour eux. C'est tout cela que Mélenchon devra essayer de détricoter. Essayer d'ouvrir les yeux à ce peuple en colère contre les partis du système.
MArine Lepen est plus futée que son alter ego grec. Elle résistera aux sirènes UMP. Elle a choisi de récupérer la frange extrémiste de l'UMP, la fameuse droite populaire, avec sa cohorte d'électeurs : il s'agit bien là d'une forme d'alliance. D'où l'abandon à venir du sigle FN, trop connoté Jean Marie (le mettre donc au placard faute de le cramer), ouverture d'un front très large, le fameux machin Bleu MArine, qui engloberait dont toutes les tendances UMP, Centre, etc, qui ne veulent plus d'une droite Républicaine. D'ailleurs, MAriani et Luca sont en train de faire des pieds et des mains, pour trouver la bonne formule qui créerait un pont entre le FN et L'UMP. Voilà pour le jeu d'alliance, certes très habile, de Marine Lepen.
De l'autre côté, Mélenchon. Le Front de Gauche. Un mouvement très jeune. Rien à voir avec les quelques décennies durant lesquelles le FN a capitalisé à fond le vote protestataire (avec 1000 ruses et reniements), de ceux qui ne veulent plus du système.
Le PCF à l'apoque, avait plus ou moins canalisé (avec les partis trotskistes), le même vote protestataire mais à gauche.
Puis, le PCF s'est compromis avec le PS, exactement comme le LAOS grec en Grèce. Il s'est retrouvé à 3 ou 4%.
Le Front de Gauche est une toute nouvelle tentative, toute jeune, pour offrir une nouvelle voie à gauche, pour affronter le néolibéralisme. Les voix, il faut les prendre chez le PS, mais aussi chez le FN. C'est cela le sens du combat de Mélenchon.
PAs de compromission avec le PS (jusqu'à présent tout au moins), mais alliance objective (comme le fait à sa manière Marine Lepen avec l'UMP), au cas par cas. Mais pas de compromission, genre accepter d'entrer au gouvernement.
En fait, on peut observer une certaine symétrie entre les deux fronts, mais comme dans toute bonne symétrie, chacun va dans deux directions totalement opposées. C'est normal.
Il est donc absurde de reprocher à Mélenchon d'aller combattre là où le feu est le plus ardent, là ou se trouve celle qui, dans 5 ans, si Hollande déconne trop, ramassera la mise sans difficulté.
Juste un dernier mot.
Le FDG n'a pas été laminé, encore une fois. C'est un mouvement jeune, et qui fait un excellent score pour sa première élection d'importance. De plus, tout le monde en est d'accord, beaucoup d'électeurs, terrorisés par la dynamique réelle du FN, ont, au dernier moment, par peur (ah la peur...), dans le secret de l'alcôve isoloirante, voté Hollande (l'isoloir est une garantie certaine de la liberté de choix, mais c'est aussi l'endroit des petites lâchetés politiques). Le FDG est en réalité plutôt à 15 % ou même plus. C'est important, car le vote utile ne sera pas toujours là, pour sauver la mise au PS.
MArine Lepen aurait dit un truc du genre, à propos de Mélenchon qui la marque à la culotte : ce n'est plus de la rage, c'est de l'amour. J"ai trouvé cela très drôle.