Shoemaker a écrit:Cette affaire de rencontre entre un Homme et un peuple, j'avoue que ça heurte ma vision politique des choses, faite de rationalisme et de conscience (en terme de magie, j'ai déjà donné). Il y a là une sorte de besoin de sacralité qui, malheureusement finit toujours par se retourner contre le peuple qui se retrouve souvent "gros jean devant", une fois le "coït" politique consommé (pardon pour l'image...). Il suffit de regarder le psychodrame permanent auquel se livrent les Hommes politique en campagne. Faut pas être grand clerc pour deviner la méchante roublardise qui se planque sous les effets dramatiques. Sans oublier qu'un excès de "rencontre entre un Homme et son peuple", au pire, ça finit avec le culte de la personnalité, détestable concept s'il en est. En France, de tous les Présidents de la 5ème, un seul a vraiment rencontré à bon escient son peuple. Tout le monde devine lequel. Ca fait peu...
Mais.
N'empêche, et malheureusement, Silver a raison. Dans une élection, oui, il faut un parti, un programme, des militants, une organisation, du fric, ... Mais sans l'incarnation de toutes ces choses en un Homme, ça ne marche pas. Ca s'appelle le charisme. Et c'est basé sur un besoin des Hommes, d'identification, ou je ne sais quel machin anthropo-psychanaliste
Regardons l'élection actuelle. Le PC, qui est la principale force du Front de Gauche, où en serait-il, sans Mélenchon, fabuleux tribun, au verbe facile et entraînant ? Que serait le score du FN si Goldnish avait été choisi à la place de Marine Lepen ? Et pourtant, Goldnish (orthographe ?) est bien plus cultivé que la fille-a-son-père, mais il ne suscite pas l'adhésion, chez la majorité qui a besoin de cette symbiose étrange, de cette fusion amoureuse. Sarkozy pareil. Sur "scène", il est fort, le gaillard, pour provoquer l'adhésion, la dynamique. C'est autre chose que Copé ou Juppé, lequel pourtant est "le meilleur d'entre eux". Encore que Villepin aurait pu prétendre... Mais pas assez torve, face à Sarkozy.
Quel est la crainte du PS ? Ce n'est pas tant les aptitudes intellectuelles de Hollande ni son sens de la stratégie qui sont en cause, mais sa capacité d'entraînement, d'enthousiasme. Et ce n'est pas un hasard si le bonhomme, qui connaît bien le sujet, s'est soudain transformé avec tant d'énergie, par l'opération du Saint Esprit, en "Homme d'Etat", en soignant sa posture, son "look". D'ailleurs, j'ai toujours été convaincu que DSK qui n'a aucun charisme, n'a jamais du son succès passager qu'à une action intense des médias.
Terminons par Dupont Aignan. Un programme Gaullien, une vision historique, et tout et tout, et plouf, rien après. Sa personne ne produit pas cette aura, qui lie un peuple à un Homme. Il a un programme fabuleux, mais trop large, pour sa personne. C'est peut-être désolant, mais c'est ainsi. Ah j'ai oublié Bayrou. L'homme tranquille. Bourré d'honnêteté, de générosité paysanne, qui fleure bon le terroir, transpirant une sainte et saine simplicité. Oui, avec un tel profil, on comprend mieux que tant de Français aiment à le "rencontrer" tous les 5 ans. Il a la touch, le gars !
Et comme le dit souvent Cortese, la 2eme Guerre Mondiale n'aurait jamais eu lieu, si Hitler avait l'accent Marseillais !
Dupont-Aignan est un mauvais orateur. Dont les actes en campagne ne sont motivés que par la volonté, nécessairement brouillonne, de faire des coups, souvent simplistes et démagogiques. Et qui ne peut résister au simplisme (et les fameux "il n'y a qu'à" ) quand il a l'occasion d'évoquer le fond, alors même la nuance, l'argumentation de fond ne le déservirait pas et que son programme est loin de ce simplisme.
Il reste que malgré tout cela, malgré une mauvaise incarnation, comment voter pour un autre programme que celui-là?
Hugues








