La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Kôôl-x le 19 Déc 2010, 18:20

Cortese a écrit:Apparement tu as des difficultés avec la lecture. Demande des cours du soir à ton brigadier-chef.
:10:
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Aiello le 20 Déc 2010, 10:37

Cyril a écrit:
Kôôl-x a écrit:
Cyril a écrit:Je sais bien ;) Mais pouvoir vivre de sa musique uniquement par des concerts, ça me semble un peu irréel.


Et pourtant : quand j'étais ado, HF Thiéfaine, Magma, tu ne les entendais nulle part, mais tu savais où et quand les voir, et l'absence de diffusion sur les ondes faisait que leur concert étaient the place to be. Leur carrière était assurée par les disques, oui, mais avant tout par leurs tournées. :wink: (excepté pour le blitz évidemment. :D )

Mais justement, sans les disques, auraient-ils pu arriver là où ils sont arrivés maintenant ?

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 20 Déc 2010, 10:55

Hugues : tu as tort dans ton raisonnement. D'abord parce que tu crois que ceux qui piratent des très bons films sans les apprécier à leurs justes valeurs auraient déboursé un centime pour les louer ou les acheter. Non, ils auraient acheté ou loué les blockbusters mais pas les films à public restreint ou pointu dont tu parles. D'ailleurs, va faire un futur dans la plupart des loueurs de DVDs et tu verras si tu y trouves un film rare datant d'il y a quelques années. Il faut trouver un magasin de location bien spécial, qui donne accès à ces oeuvres, mais à Video Futur, tu ne trouveras que des blockbusters et rien que des blockbusters.

Ensuite, tu as tort dans le fait de croire qu'un pirate n'a aucune conscience. Je télécharge régulièrement toutes sortes de films que je n'aurais jamais acheté, mais ça ne m'empêche pas de payer pour les oeuvres qui me plaisent vraiment et pour qui je considère que le travail mérite un salaire. Tu connais bien le système des dons qui fait fonctionner un certain nombre de sites Internet. C'est le moment de la campagne de dons de wikipedia par exemple. Je sais que certains sites récoltent de l'argent facilement rien qu'en demandant à leur public quand ils en ont besoin (korben par exemple) et pourtant, leur cible sont des gens qui piratent. Alors pourquoi ces gens sont prêts à payer pour certaines choses et pas pour d'autres ? out simplement parce qu'ils réfléchissent à leurs achats et à ce qu'ils font de leur argent.

C'est là que l'idée de la licence globale montre une partie de son intérêt mais aussi une partie de ses limites. J'aimerais un système qui reprenne le fonctionnement du financement public des partis politiques américains. Sur la feuille d'impôt, chaque contribuable indique quel parti politique il souhaite soutenir par ses impôts. Moi, je voudrais qu'on nous mette une taxe au niveau de la redevance audiovisuel par exemple, avec une partie commune et une partie pour laquelle chacun choisirait l'organisme qui la recevrait, parmi des maisons de disques, des studios de cinéma, des auteurs, des maisons d'édition,...et une fois qu'on a payé, on est libre de télécharger ce qu'on veut. Au lieu de payer un abonnement à Megaupload qui part à l'étranger, mon argent resterait en France à financer la culture. Le gouvernement a préféré le répressif avec la grande incompétence qu'on lui connait en matière d'Internet, tant pis.
Mais vu le nombre de comptes premium qu'ont tous les sites de téléchargement, le nombre d'utilisateurs payant de sites de "news" comme UseNext, le nombre d'utilisateurs payants de VPN, il y avait une manne importante de gens volontaires pour payer pour la culture. Tout cet argent va à l'étranger pour des systèmes informatiques de contournement de la loi à cause de l'incompétence du gouvernement et des professionnels de la culture.
C'est ça qu'il faut pointer du doigt avant de pointer du doigt le petit pirate qui va télécharger le dernier Shrek ou un obscur film turc sans l'apprécier à sa juste valeur juste pour remplir son disque dur.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 20 Déc 2010, 12:39

Marlaga a écrit:
[...]

C'est ça qu'il faut pointer du doigt avant de pointer du doigt le petit pirate qui va télécharger le dernier Shrek ou un obscur film turc sans l'apprécier à sa juste valeur juste pour remplir son disque dur.


Tout cela est très intéressant, et je ne doute pas de ta bonne foi... Mais il y a un point qui me chagrine: pourquoi est-ce que personne ne semble s'offusquer qu'en ce qui concerne internet, imaginons qu'il s'agit en partie (j'ai bien écrit en partie) d'un gigantesque centre commercial virtuel, comprenant à la fois des biens en libre accès et des magasins, pourquoi donc personne ne s'offusque-t-il de devoir payer un droit de péage toujours plus élevé, une rente de situation à des multinationales ? Avant de parler de piratage éthique, de choisir ou non ce qui devrait être payant ou volé, pourquoi ne pas exiger que l'accès à internet soit considéré comme un service d'intérêt général et proposé à un tarif symbolique ou même gratuit ?

Rappelons quand même (au cas où) que l'essentiel de l'effort d'équipement dans le domaine des télécommunications a été financé et développé par la solidarité nationale dont profitent aujourd'hui une multitude d'opérateurs privés. Face à la libéralisation brutale dont est victime le secteur culturel et aux multiples offres dont bénéficient les individus dans ce secteur, il m'apparaît impossible de soutenir comme "éthique" le piratage massif et ses conséquences, c'est un réflexe de consommateur et non un acte civique réfléchi.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Kôôl-x le 20 Déc 2010, 12:46

Aiello a écrit:
Cyril a écrit:
Kôôl-x a écrit:
Cyril a écrit:Je sais bien ;) Mais pouvoir vivre de sa musique uniquement par des concerts, ça me semble un peu irréel.


Et pourtant : quand j'étais ado, HF Thiéfaine, Magma, tu ne les entendais nulle part, mais tu savais où et quand les voir, et l'absence de diffusion sur les ondes faisait que leur concert étaient the place to be. Leur carrière était assurée par les disques, oui, mais avant tout par leurs tournées. :wink: (excepté pour le blitz évidemment. :D )

Mais justement, sans les disques, auraient-ils pu arriver là où ils sont arrivés maintenant ?

Les intermittents que je connais vivent avant tout de leurs concerts, et vendent certainement plus de disques lors des concerts que via leur distributeur.


Bien sûr, et pour une simple raison : pour remplir une salle, tu n'as pas d'argent à avancer. Pour produire un album, tu dois trouver les fonds. À partir de là, tu tournes bien plus facilement que tu ne vends un album qui mettra des années à sortir.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Sylphus le 20 Déc 2010, 12:53

silverwitch a écrit:Avant de parler de piratage éthique, de choisir ou non ce qui devrait être payant ou volé, pourquoi ne pas exiger que l'accès à internet soit considéré comme un service d'intérêt général et proposé à un tarif symbolique ou même gratuit ?


On peut éventuellement l'envisager. Il faudra juste supprimer quelques emplois. Comme on peut envisager de supprimer les intermédiaires entre l'artiste et le consommateur. On supprimera aussi quelques emplois. Et comme Internet sera gratuit, les opérateurs disparaîtront de ce créneau. Qui assurera la gestion de l'accès au net ?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 20 Déc 2010, 13:39

Genie a écrit:On peut éventuellement l'envisager. Il faudra juste supprimer quelques emplois. Comme on peut envisager de supprimer les intermédiaires entre l'artiste et le consommateur. On supprimera aussi quelques emplois. Et comme Internet sera gratuit, les opérateurs disparaîtront de ce créneau. Qui assurera la gestion de l'accès au net ?


Quelques emplois parasitaires (pardon pour ceux qui travaillent dans les télécommunications), peu d'emplois et beaucoup de bénéfices pour quelques actionnaires. Et l'argent économisé de ce côté permettra de créer des emplois ailleurs, alors que si je défends la lutte contre le vol des oeuvres de l'esprit, c'est par un double souci moral et politique, puisque je crois que ce système permet de sauvegarder un peu plus longtemps une résistance à l'uniformisation esthétique du monde (que la libéralisation contribue à renforcer).

Quant à l'accès à internet, il n'est qu'à se replonger quelques années en arrière, avant la libéralisation des télécommunications: si c'est un service public (celui des postes et télécommunications, par exemple), alors il y aura un monopole, confié aux PTT.

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Messagede Stéphane le 20 Déc 2010, 13:45

silverwitch a écrit:Et l'argent économisé de ce côté permettra de créer des emplois ailleurs


Rien n'est moins sûr
Ouais_supère a écrit:Stef, t'es chiant
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Cortese le 20 Déc 2010, 13:48

Stéphane a écrit:
silverwitch a écrit:Et l'argent économisé de ce côté permettra de créer des emplois ailleurs


Rien n'est moins sûr


Ça dépend de qui le dit. Si c'est un patron du CAC40, effectivement on peut être sur et certain que c'est une promesse mensongère.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 20 Déc 2010, 13:50

silverwitch a écrit:
Marlaga a écrit:
[...]

C'est ça qu'il faut pointer du doigt avant de pointer du doigt le petit pirate qui va télécharger le dernier Shrek ou un obscur film turc sans l'apprécier à sa juste valeur juste pour remplir son disque dur.


Tout cela est très intéressant, et je ne doute pas de ta bonne foi... Mais il y a un point qui me chagrine: pourquoi est-ce que personne ne semble s'offusquer qu'en ce qui concerne internet, imaginons qu'il s'agit en partie (j'ai bien écrit en partie) d'un gigantesque centre commercial virtuel, comprenant à la fois des biens en libre accès et des magasins, pourquoi donc personne ne s'offusque-t-il de devoir payer un droit de péage toujours plus élevé, une rente de situation à des multinationales ? Avant de parler de piratage éthique, de choisir ou non ce qui devrait être payant ou volé, pourquoi ne pas exiger que l'accès à internet soit considéré comme un service d'intérêt général et proposé à un tarif symbolique ou même gratuit ?

Rappelons quand même (au cas où) que l'essentiel de l'effort d'équipement dans le domaine des télécommunications a été financé et développé par la solidarité nationale dont profitent aujourd'hui une multitude d'opérateurs privés. Face à la libéralisation brutale dont est victime le secteur culturel et aux multiples offres dont bénéficient les individus dans ce secteur, il m'apparaît impossible de soutenir comme "éthique" le piratage massif et ses conséquences, c'est un réflexe de consommateur et non un acte civique réfléchi.

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C'est pas à moi qu'il faut le dire. je serais 100% pour des services publics en situation de monopole dans biens des domaines, du moment qu'on continue à avoir des services de qualité et sans retard de technologie sur les autres pays.
On démantèle les services publics de téléphonie, d'énergie, de transports, de courrier,...pour avoir toujours moins d'emplois en France, moins de qualité de service et sans réduction de prix flagrante pour le consommateur. On ruine les services publics en privatisant les parties les plus juteuses de leurs monopoles et en leur laissant uniquement les parties déficitaires pour mieux les démonter ensuite en pointant du doigt le coût exorbitant pour la société. Cette pratique est une honte et à l'inverse, on pourrait, comme tu le dis, proposer un accès à Internet par un monopole.

Ceci dit, tout cela est bien hors sujet.
En fait, ce serait le même principe sur la route. Si on constate un excès de vitesse répété des automobilistes dans une portion de route, il y a plusieurs réactions possibles :

-la réaction typique du gouvernement, type HADOPI, : on met un radar qui rapporte sans se soucier de la dangerosité de l'endroit.
-la réaction intelligente : on vérifie si la zone provoque des accidents. Si ce n'est pas le cas et après vérification, on modifie la limitation de vitesse.
-la réaction silverwitchienne : on dit que c'est de la faute de l'entreprise qui a construit la route et que les péages sont trop chers saoul:
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 20 Déc 2010, 14:09

Marlaga a écrit:C'est pas à moi qu'il faut le dire. je serais 100% pour des services publics en situation de monopole dans biens des domaines, du moment qu'on continue à avoir des services de qualité et sans retard de technologie sur les autres pays.
On démantèle les services publics de téléphonie, d'énergie, de transports, de courrier,...pour avoir toujours moins d'emplois en France, moins de qualité de service et sans réduction de prix flagrante pour le consommateur. On ruine les services publics en privatisant les parties les plus juteuses de leurs monopoles et en leur laissant uniquement les parties déficitaires pour mieux les démonter ensuite en pointant du doigt le coût exorbitant pour la société. Cette pratique est une honte et à l'inverse, on pourrait, comme tu le dis, proposer un accès à Internet par un monopole.


À toi de savoir quelles sont les priorités nationales: pouvoir consommer des produits toujours plus abrutissants, quitte à voler leurs auteurs (en sachant qu'il s'agit d'une stratégie théorisée depuis longtemps, donner des jeux au Peuple pour qu'abruti par le Spectacle il se tienne tranquille, et atomisé par les millions d'écrans, il soit incapable de se révolter) ou bien exiger une société plus juste. Et une société plus juste ne sera juste que si les citoyens adoptent des comportements décents, le piratage est au contraire le signe de l'emprise toujours plus grande du néo-libéralisme sur nos existences quotidiennes.


Marlaga a écrit:Ceci dit, tout cela est bien hors sujet.
En fait, ce serait le même principe sur la route. Si on constate un excès de vitesse répété des automobilistes dans une portion de route, il y a plusieurs réactions possibles :

-la réaction typique du gouvernement, type HADOPI, : on met un radar qui rapporte sans se soucier de la dangerosité de l'endroit.
-la réaction intelligente : on vérifie si la zone provoque des accidents. Si ce n'est pas le cas et après vérification, on modifie la limitation de vitesse.
-la réaction silverwitchienne : on dit que c'est de la faute de l'entreprise qui a construit la route et que les péages sont trop chers saoul:


C'est un résumé trompeur qui pêche par méconnaissance des enjeux économiques, politiques et esthétiques dans le sujet qui nous occupe et oblitère les responsabilités des différents acteurs: dans l'ordre les multinationales des télécommunications, les états, le milieu du cinéma, et les consommateurs. Bref, une société du Spectacle.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de développer mon point de vue dans le sujet suivant:

Droits d'auteur, économie du cinema et de la musique

Je n'y reviens pas, sauf nouvel argument.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Sylphus le 20 Déc 2010, 14:36

silverwitch a écrit:Et l'argent économisé de ce côté permettra de créer des emplois ailleurs


En Chine ou en Inde. J'admire ton partage universel :o
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Shunt le 20 Déc 2010, 14:51

silverwitch a écrit:Rappelons quand même (au cas où) que l'essentiel de l'effort d'équipement dans le domaine des télécommunications a été financé et développé par la solidarité nationale dont profitent aujourd'hui une multitude d'opérateurs privés. Face à la libéralisation brutale dont est victime le secteur culturel et aux multiples offres dont bénéficient les individus dans ce secteur, il m'apparaît impossible de soutenir comme "éthique" le piratage massif et ses conséquences, c'est un réflexe de consommateur et non un acte civique réfléchi.


En même temps, c'est ce qu'on récolte quand on transforme l'art en industrie, l'oeuvre en produit et le public en consommateur/usager... c'est l'industrie du spectacle qui a engendré sa propre banalisation, donc à terme sa propre destruction.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Sylphus le 20 Déc 2010, 15:21

Shunt a écrit:En même temps, c'est ce qu'on récolte quand on transforme l'art en industrie, l'oeuvre en produit et le public en consommateur/usager... c'est l'industrie du spectacle qui a engendré sa propre banalisation, donc à terme sa propre destruction.


Et c'est une bonne chose car il ne restera que les "vrais" artistes, les commerciaux auront foutu le camp. Si on pouvait épargner à nos enfants d'avoir des mecs comme Obispo ou Bruel pour incarner la chanson française, alors vive le piratage :!: :wink:
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Cyril le 20 Déc 2010, 15:25

Il y a bien pire que Bruel. Je préfère encore écouter son intégrale qu'un titre de Diam's.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 20 Déc 2010, 15:35

Shunt a écrit:En même temps, c'est ce qu'on récolte quand on transforme l'art en industrie, l'oeuvre en produit et le public en consommateur/usager... c'est l'industrie du spectacle qui a engendré sa propre banalisation, donc à terme sa propre destruction.


Ce n'est pas vrai. Le cinéma a toujours été aux confins de l'artisanat, de l'industrie et de la culture. C'est un art né par accident de la mécanisation du monde, mais les oeuvres de l'esprit sont toujours un accident ou un miracle d'une production vouée à une commune médiocrité.

Aujourd'hui les conditions font envisager une sortie généralisée de l'art, et le cinéma à la fois symbole et prisonnier de la société du Spectacle et de l'industrie des images et du divertissement sous toutes ses formes (fiction, publicité, information) est en première ligne.

Toute analyse lucide devrait constater que derrière la propagande, ce à quoi nous assistons, impuissants ou complices est un énième avatar de la libéralisation brutale, et criminelle, c'est-à-dire la mise à sac des législations nationales, des protections, des remparts et des frêles châteaux de sable que la marée néo-libérale et techno-scientifique va bientôt emporter. Tout cela est bien évidemment accompli au nom de la liberté et aboutira de manière inéluctable à une uniformisation plus grande que celle que tu dénonces.

Pourquoi ? Tout simplement parce que tu te trompes de cible: je suis toujours d'accord avec toi ou avec tous ceux qui dénoncent l'incurie des grandes sociétés du secteur qui participent à l'uniformisation esthétique et à la réduction de l'imagination des spectateurs, mais je ne vois pas par quelle miracle la destruction des droits des auteurs, de l'exclusivité dont bénéficient les salles de cinéma ou encore de la rémunération par un paiement à l'acte au profit d'une rente versée dans des conditions obscures pourrait aller vers plus de justice...

Le vol généralisé et encouragé par les puissants n'aboutit pas à autre chose que de renforcer les productions les plus débilisantes (qui sont les plus piratées) ce qui est l'objectif poursuivi, à tout prix.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 20 Déc 2010, 17:09

Shunt a écrit:
silverwitch a écrit:Rappelons quand même (au cas où) que l'essentiel de l'effort d'équipement dans le domaine des télécommunications a été financé et développé par la solidarité nationale dont profitent aujourd'hui une multitude d'opérateurs privés. Face à la libéralisation brutale dont est victime le secteur culturel et aux multiples offres dont bénéficient les individus dans ce secteur, il m'apparaît impossible de soutenir comme "éthique" le piratage massif et ses conséquences, c'est un réflexe de consommateur et non un acte civique réfléchi.


En même temps, c'est ce qu'on récolte quand on transforme l'art en industrie, l'oeuvre en produit et le public en consommateur/usager... c'est l'industrie du spectacle qui a engendré sa propre banalisation, donc à terme sa propre destruction.


C'est tout à fait vrai. Vouloir qu'on consomme du cinéma ou de la musique comme on consomme des pâtes, c'est une vision court-terme cupide. D'ailleurs, on a de plus en plus de mal à parler d'artistes quand on parle de chanteur, de cinéaste ou d'acteur. Clovis Cornillac ou Christophe Maé sont aussi artistes que je suis cosmonaute.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Sylphus le 20 Déc 2010, 17:21

Guy Béart vient de sortir un nouvel album. Il est bien Béart, un esprit clair et libre :o
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Mufasa le 20 Déc 2010, 18:17

Kôôl-x a écrit:
Aiello a écrit:
Cyril a écrit:
Kôôl-x a écrit:
Cyril a écrit:Je sais bien ;) Mais pouvoir vivre de sa musique uniquement par des concerts, ça me semble un peu irréel.


Et pourtant : quand j'étais ado, HF Thiéfaine, Magma, tu ne les entendais nulle part, mais tu savais où et quand les voir, et l'absence de diffusion sur les ondes faisait que leur concert étaient the place to be. Leur carrière était assurée par les disques, oui, mais avant tout par leurs tournées. :wink: (excepté pour le blitz évidemment. :D )

Mais justement, sans les disques, auraient-ils pu arriver là où ils sont arrivés maintenant ?

Les intermittents que je connais vivent avant tout de leurs concerts, et vendent certainement plus de disques lors des concerts que via leur distributeur.


Bien sûr, et pour une simple raison : pour remplir une salle, tu n'as pas d'argent à avancer. Pour produire un album, tu dois trouver les fonds. À partir de là, tu tournes bien plus facilement que tu ne vends un album qui mettra des années à sortir.


Pour vendre ses disques, la bonne idée est de le financer et le produire soi-même et de se charger soi-même de la distribution. C'est un investissement parce que ça coûte assez cher, et l'artiste ne bénéficie pas d'un vrai circuit de distribution, mais lors de la vente cela permet à l'artiste de toucher l'intégralité du prix et non un tout petit pourcentage. La distribution peut surtout se faire à l'issue des concerts comme dit Aiello. Ca peut aussi se faire en vendant des mp3s par Internet. Si tu fais suffisamment de concerts, tu peux rentrer dans tes frais en vendant quelques centaines de CDs, et ce que tu vends ensuite est 100% de bénéfice. Maintenant évidemment ça ne te permettra jamais de payer ton loyer, ça donne juste un petit coup de pouce, mais ceux-ci sont toujours bienvenus pour les artistes qui vivent dans la précarité. L'avantage est surtout la stature d'artiste qui vient avec l'existence d'un album à ton nom.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Shunt le 20 Déc 2010, 21:37

silverwitch a écrit:
Shunt a écrit:En même temps, c'est ce qu'on récolte quand on transforme l'art en industrie, l'oeuvre en produit et le public en consommateur/usager... c'est l'industrie du spectacle qui a engendré sa propre banalisation, donc à terme sa propre destruction.


Ce n'est pas vrai. Le cinéma a toujours été aux confins de l'artisanat, de l'industrie et de la culture. C'est un art né par accident de la mécanisation du monde, mais les oeuvres de l'esprit sont toujours un accident ou un miracle d'une production vouée à une commune médiocrité.

Aujourd'hui les conditions font envisager une sortie généralisée de l'art, et le cinéma à la fois symbole et prisonnier de la société du Spectacle et de l'industrie des images et du divertissement sous toutes ses formes (fiction, publicité, information) est en première ligne.

Toute analyse lucide devrait constater que derrière la propagande, ce à quoi nous assistons, impuissants ou complices est un énième avatar de la libéralisation brutale, et criminelle, c'est-à-dire la mise à sac des législations nationales, des protections, des remparts et des frêles châteaux de sable que la marée néo-libérale et techno-scientifique va bientôt emporter. Tout cela est bien évidemment accompli au nom de la liberté et aboutira de manière inéluctable à une uniformisation plus grande que celle que tu dénonces.

Pourquoi ? Tout simplement parce que tu te trompes de cible: je suis toujours d'accord avec toi ou avec tous ceux qui dénoncent l'incurie des grandes sociétés du secteur qui participent à l'uniformisation esthétique et à la réduction de l'imagination des spectateurs, mais je ne vois pas par quelle miracle la destruction des droits des auteurs, de l'exclusivité dont bénéficient les salles de cinéma ou encore de la rémunération par un paiement à l'acte au profit d'une rente versée dans des conditions obscures pourrait aller vers plus de justice...

Le vol généralisé et encouragé par les puissants n'aboutit pas à autre chose que de renforcer les productions les plus débilisantes (qui sont les plus piratées) ce qui est l'objectif poursuivi, à tout prix.

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Le vol répond au vol. Les industries du spectacle ont utilisé tout leur savoir-faire marketing pour susciter l'envie et un besoin frénétique de "consommer" du produit culturel, en masse. On a joué sur des stimuli, exploité les passions et les sentiments, pour vendre des places de ciné à 10 euros, des CD à 15, des DVD à 20, et moult produits dérivés, sans se soucier en premier lieu de la qualité. Et on continue en vendant des fichiers compressés de mauvaise qualité à 1,20 euros sur Itunes. Ca a marché pendant plus de 50 ans, ça a enrichi plus que de raison une nouvelle caste et créé un système de faveurs, clos et autocentré, l'artiste "populaire" devenant un nouvel aristocrate, parfois subventionné par la collectivité, son enrichissement démesuré étant perçu comme "naturel".

Il est parfaitement logique que le téléchargement ne soit pas perçu comme un vol par une majorité de personnes. C'est immatériel et les artistes sont perçus comme des privilégiés, blindés d'oseille, au train de vie démesuré (ça c'est le retour de balancier du "star system" sur lequel s'est appuyée l'industrie du spectacle). Comment veux-tu qu'un ado ou un SMICar puisse ressentir une once de culpabilité en téléchargeant un morceau de Lady Gaga, dont les revenus annuels atteignent les 62 millions de $ ? Ou en téléchargeant "The Tourist" où figurent Johnny Depp et Angelina Jolie qui ont gagné à eux deux près de 100 millions de $ cette année ? Comment veux-tu te sentir coupable quand tu apprends que les responsables de la SACEM ont augmenté leurs revenus de 6.5% cette année et que son président touche 600 000 euros par an ? Comment peuvent-ils être crédibles quand ils viennent pleurer sur leur sort et la crise de l'industrie du disque ?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede horatio le 20 Déc 2010, 21:41

Shunt : :good
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Kôôl-x le 20 Déc 2010, 22:02

Voilà, en fait c'est ça que je voulais dire ! :D

Blague à part, c'est de la simple logique et du bon sens, ce que beaucoup ont oublié en effet. Mais Hadopi dont la naissance se fait sous sarko 1er, ce n'est pas du hasard. Que les pauvres consommateurs bavent devant les nantis du star-system et du show-biz, que leur petite contribution de quelques € serve à enrichir tant et plus les élus du sunlight-show, c'est juste le reflet de ce que souhaitent ceux qui sont aux affaires. Ceux qui sont en haut de quelque façon que ce soit, n'y sont que parce que ceux "d'en bas" paient, et qu'ils ont besoin que ça continue. Luc Besson en est l'archétype, et le mot culture n'a jamais été aussi mal employé.
Je préfère penser aux milliers de bénévoles qui organisent des expos, des concerts, et pour lesquels l'Art et la Culture doivent être partagés, accessibles à tous.
Shunt a parfaitement résumé cette situation : le vol répond au vol, mais pour les gros. Mais ça ne donne pas tort à Silverwitch, qui défend une vision de la vraie culture comme quelquechose qui se "commerce" quasi équitablement.
J'en reviens à ce que j'ai dit hier ou avant-hier ; je ne peux de toute pas trouver certains de mes artistes préférés autrement qu'en DL. Ça ne rapporte pas assez aux distributeurs.

Pour vendre ses disques, la bonne idée est de le financer et le produire soi-même et de se charger soi-même de la distribution. C'est un investissement parce que ça coûte assez cher, et l'artiste ne bénéficie pas d'un vrai circuit de distribution, mais lors de la vente cela permet à l'artiste de toucher l'intégralité du prix et non un tout petit pourcentage. La distribution peut surtout se faire à l'issue des concerts comme dit Aiello. Ca peut aussi se faire en vendant des mp3s par Internet. Si tu fais suffisamment de concerts, tu peux rentrer dans tes frais en vendant quelques centaines de CDs, et ce que tu vends ensuite est 100% de bénéfice. Maintenant évidemment ça ne te permettra jamais de payer ton loyer, ça donne juste un petit coup de pouce, mais ceux-ci sont toujours bienvenus pour les artistes qui vivent dans la précarité. L'avantage est surtout la stature d'artiste qui vient avec l'existence d'un album à ton nom.

C'est ce que je fais, l'un des albums de mon groupe est régulièrement en vente à 10 € en sortie de concert, dont l'entrée est fixée à 1 € symbolique. Mais je gagne ma vie autrement, et l'un des CD que j'ai enregistré a toujours été dispo depuis 2004 en MP3 gratos. Parce que je n'ai jamais eu à payer la production, sinon je n'aurais pas pu.

Question subsidiaire bis : et la licence globale ? Pourquoi non ???
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Mufasa le 20 Déc 2010, 22:25

Kôôl-x a écrit:C'est ce que je fais, l'un des albums de mon groupe est régulièrement en vente à 10 € en sortie de concert, dont l'entrée est fixée à 1 € symbolique. Mais je gagne ma vie autrement, et l'un des CD que j'ai enregistré a toujours été dispo depuis 2004 en MP3 gratos. Parce que je n'ai jamais eu à payer la production, sinon je n'aurais pas pu.


:good
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 20 Déc 2010, 22:33

Shunt a écrit:
silverwitch a écrit:
Shunt a écrit:En même temps, c'est ce qu'on récolte quand on transforme l'art en industrie, l'oeuvre en produit et le public en consommateur/usager... c'est l'industrie du spectacle qui a engendré sa propre banalisation, donc à terme sa propre destruction.


Ce n'est pas vrai. Le cinéma a toujours été aux confins de l'artisanat, de l'industrie et de la culture. C'est un art né par accident de la mécanisation du monde, mais les oeuvres de l'esprit sont toujours un accident ou un miracle d'une production vouée à une commune médiocrité.

Aujourd'hui les conditions font envisager une sortie généralisée de l'art, et le cinéma à la fois symbole et prisonnier de la société du Spectacle et de l'industrie des images et du divertissement sous toutes ses formes (fiction, publicité, information) est en première ligne.

Toute analyse lucide devrait constater que derrière la propagande, ce à quoi nous assistons, impuissants ou complices est un énième avatar de la libéralisation brutale, et criminelle, c'est-à-dire la mise à sac des législations nationales, des protections, des remparts et des frêles châteaux de sable que la marée néo-libérale et techno-scientifique va bientôt emporter. Tout cela est bien évidemment accompli au nom de la liberté et aboutira de manière inéluctable à une uniformisation plus grande que celle que tu dénonces.

Pourquoi ? Tout simplement parce que tu te trompes de cible: je suis toujours d'accord avec toi ou avec tous ceux qui dénoncent l'incurie des grandes sociétés du secteur qui participent à l'uniformisation esthétique et à la réduction de l'imagination des spectateurs, mais je ne vois pas par quelle miracle la destruction des droits des auteurs, de l'exclusivité dont bénéficient les salles de cinéma ou encore de la rémunération par un paiement à l'acte au profit d'une rente versée dans des conditions obscures pourrait aller vers plus de justice...

Le vol généralisé et encouragé par les puissants n'aboutit pas à autre chose que de renforcer les productions les plus débilisantes (qui sont les plus piratées) ce qui est l'objectif poursuivi, à tout prix.

Silverwitch


Le vol répond au vol. Les industries du spectacle ont utilisé tout leur savoir-faire marketing pour susciter l'envie et un besoin frénétique de "consommer" du produit culturel, en masse. On a joué sur des stimuli, exploité les passions et les sentiments, pour vendre des places de ciné à 10 euros, des CD à 15, des DVD à 20, et moult produits dérivés, sans se soucier en premier lieu de la qualité. Et on continue en vendant des fichiers compressés de mauvaise qualité à 1,20 euros sur Itunes. Ca a marché pendant plus de 50 ans, ça a enrichi plus que de raison une nouvelle caste et créé un système de faveurs, clos et autocentré, l'artiste "populaire" devenant un nouvel aristocrate, parfois subventionné par la collectivité, son enrichissement démesuré étant perçu comme "naturel".

Il est parfaitement logique que le téléchargement ne soit pas perçu comme un vol par une majorité de personnes. C'est immatériel et les artistes sont perçus comme des privilégiés, blindés d'oseille, au train de vie démesuré (ça c'est le retour de balancier du "star system" sur lequel s'est appuyée l'industrie du spectacle). Comment veux-tu qu'un ado ou un SMICar puisse ressentir une once de culpabilité en téléchargeant un morceau de Lady Gaga, dont les revenus annuels atteignent les 62 millions de $ ? Ou en téléchargeant "The Tourist" où figurent Johnny Depp et Angelina Jolie qui ont gagné à eux deux près de 100 millions de $ cette année ? Comment veux-tu te sentir coupable quand tu apprends que les responsables de la SACEM ont augmenté leurs revenus de 6.5% cette année et que son président touche 600 000 euros par an ? Comment peuvent-ils être crédibles quand ils viennent pleurer sur leur sort et la crise de l'industrie du disque ?


:good

Pour la SACEM, il faut quand même préciser qu'elle reverse de moins en moins aux auteurs tout en payant de plus en plus ses dirigeants et pas que son président d'ailleurs. Un des dirigeants avaient utilisé la carte bleue de la société pour se payer des vacances en Guyane et 10000€ de cadeaux divers injustifiés. Les autres dirigeants ne respectent pas la consigne disant qu'il faut se limiter à des hôtels 3 étoiles payés en notes de frais. 30000€ de notes de frais pour le président, ça commence à chiffrer, c'est le salaire annuel de 2 smicards :eek:
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Aiello le 21 Déc 2010, 09:42

Mufasa a écrit:
Kôôl-x a écrit:C'est ce que je fais, l'un des albums de mon groupe est régulièrement en vente à 10 € en sortie de concert, dont l'entrée est fixée à 1 € symbolique. Mais je gagne ma vie autrement, et l'un des CD que j'ai enregistré a toujours été dispo depuis 2004 en MP3 gratos. Parce que je n'ai jamais eu à payer la production, sinon je n'aurais pas pu.


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Ça m'intéresse aussi (en MP si tu préfères) !
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Toma le 21 Déc 2010, 09:48

les tablettes pc vont aussi avoir la fameuse taxe .... vous savez, on vous taxe a priori sur quelque chose qu'on vous soupsonne de faire (sans preuve que vous allez le faire), et surtout pour une chose interdite.

Comme si lorsque vous achetez un couteau, on vous donne d'office 1 an de prison car avec un couteau, vous pouvez tuer quelqu'un ....
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede schumi84f1 le 21 Déc 2010, 10:10

Toma a écrit:les tablettes pc vont aussi avoir la fameuse taxe .... vous savez, on vous taxe a priori sur quelque chose qu'on vous soupsonne de faire (sans preuve que vous allez le faire), et surtout pour une chose interdite.

Comme si lorsque vous achetez un couteau, on vous donne d'office 1 an de prison car avec un couteau, vous pouvez tuer quelqu'un ....


la connerie des lois pondues sans réfléchir
y a un truc sympa comme ça en fiscalité : lorsque tu es en entreprise individuelle, si tu n'adhères pas à un CGA, on majore ton revenu de 25%, ce qui fait que tu es imposé sur de l'argent que tu ne gagnes pas ! magique !
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 21 Déc 2010, 11:59

Shunt a écrit:Le vol répond au vol. Les industries du spectacle ont utilisé tout leur savoir-faire marketing pour susciter l'envie et un besoin frénétique de "consommer" du produit culturel, en masse. On a joué sur des stimuli, exploité les passions et les sentiments, pour vendre des places de ciné à 10 euros, des CD à 15, des DVD à 20, et moult produits dérivés, sans se soucier en premier lieu de la qualité. Et on continue en vendant des fichiers compressés de mauvaise qualité à 1,20 euros sur Itunes. Ca a marché pendant plus de 50 ans, ça a enrichi plus que de raison une nouvelle caste et créé un système de faveurs, clos et autocentré, l'artiste "populaire" devenant un nouvel aristocrate, parfois subventionné par la collectivité, son enrichissement démesuré étant perçu comme "naturel".

Il est parfaitement logique que le téléchargement ne soit pas perçu comme un vol par une majorité de personnes. C'est immatériel et les artistes sont perçus comme des privilégiés, blindés d'oseille, au train de vie démesuré (ça c'est le retour de balancier du "star system" sur lequel s'est appuyée l'industrie du spectacle). Comment veux-tu qu'un ado ou un SMICar puisse ressentir une once de culpabilité en téléchargeant un morceau de Lady Gaga, dont les revenus annuels atteignent les 62 millions de $ ? Ou en téléchargeant "The Tourist" où figurent Johnny Depp et Angelina Jolie qui ont gagné à eux deux près de 100 millions de $ cette année ? Comment veux-tu te sentir coupable quand tu apprends que les responsables de la SACEM ont augmenté leurs revenus de 6.5% cette année et que son président touche 600 000 euros par an ? Comment peuvent-ils être crédibles quand ils viennent pleurer sur leur sort et la crise de l'industrie du disque ?


Tout ce que tu écris est très juste, mais ne concerne en rien la culture spécifiquement, c'est-à-dire envisagée dans sa singularité. Prenons un exemple: je considère comme un scandale que les multinationales achètent du cacao à bas prix et le revendent au prix de l'or et que ces mêmes multinationales distribuent à leurs dirigeants et actionnaires des salaires et dividendes toujours plus indécents, alors que les peuples des pays producteurs sont maintenus dans une misère inouïe par la complicité des multinationales, des états et de dirigeants fantoches et corrompus. Devant cette injustice flagrante, je ne vois pas comment une attitude consistant à supprimer les législations et les barrières douanières pourrait arranger les choses.

Quand nous français devons payer chaque jour plus cher notre alimentation quotidienne, de plus en plus cher des abonnements à internet ou de téléphonie mobile, pourquoi personne ne s'indigne ? Parce qu'il n'y a aucune propagande pour nous y encourager, et qu'au contraire tout est fait pour nous décourager de nous attaquer à l'inégalité. Je ne peux qu'en conclure une chose: les puissants ont besoin que nous consommions du divertissement afin de nous enchaîner par le haut (l'esprit, l'imagination) comme de nous tenir par le bas (travail, revenus, crédit). Les seuls moyens que nous avons pour percevoir l'horreur de notre condition passent par le retour à nous-mêmes, c'est-à-dire au silence, au manque de divertissement, à la confrontation inéluctable au vide de l'existence d'une société mécanisée et marchandisée où l'homme est quantité négligeable, ainsi qu'à l'existence d'oeuvres d'art qui nous révèlent la vérité de notre condition, la vérité du monde et offrent tout simplement un regard singulier sur la réalité, les hommes et les choses. Sans le Spectacle (culture, publicité, information), le système est menacé d'implosion.

Il faut donc le maintenir à tout prix. À cette fin, la recette est toujours la même: libéralisation massive, destruction de l'héritage du passé et de la lente conquête républicaine, héritage de la Révolution Française qu'est le droit des auteurs. Dans l'esprit de quelques pauvres ères naît l'idée étrange que plus de libéralisation signifierait la fin des multinationales, de l'inégalité criante et de la médiocrité, du conformisme et de l'uniformisation esthétique. À ceux là, je réponds: comment cette idée est-elle née toute armée dans votre esprit ? N'avez-vous pas encore compris que c'était toujours la même chose qui se jouait, et que libéralisation signifie toujours la fortune des plus puissants et la misère de tous les autres ? Dans tous les secteurs libéralisés, avez-vous constaté un vrai progrès pour la collectivité vers plus d'égalité, de justice, de liberté et enfin de fraternité ? Comment l'égoïsme, comment le vol, comment le règne de la technique devenue folle pourrait-il produire autre chose que la ruine des oeuvres de l'esprit ? Mystère.

À cette misère (pas la pauvreté, la misère est spirituelle, riches comme pauvres en sont victimes), quelle réponse pouvons-nous collectivement et individuellement apporter ? Que les biens piratés, volés nous ne les volons pas aux plus riches, mais que c'est nous qui sommes volés quand nous croyons agir de notre propre initiative alors que nous répondons au démon de la publicité (il suffit de regarder quelles sont les oeuvres les plus volées); comprendre que le salut ne peut venir que d'un comportement décent face à l'indécence des puissants, que s'il est légitime voire souhaitable de prendre ce qui nous a été dérobé, de réquisitionner les usines, d'occuper les logements, d'exiger le droit à la gratuité des soins médicaux, et d'une instruction publique, que ce que nous croyons être liberté n'est qu'emprisonnement spirituel; enfin que si la première réponse est existentielle, la seconde est politique. Le cinéma est trop cher ? Je suis d'accord. Militons et imposons un prix unique pour le cinéma, comme pour la musique. Les artistes et les multinationales se gavent ? Je suis d'accord. Taxons les revenus des plus riches et imposons les bénéfices des multinationales, développons un service public où l'accès à internet, aujourd'hui rente des puissants reviendra à la communauté nationale. Faisons de la politique, c'est-à-dire délibérer collectivement, penser non en tant qu'individu-consommateur, mais en tant que citoyen !

Et enfin rendons aux individus, le droit au silence, à la méditation, à l'ennui, à être délivrés de la propagande aliénante, de la publicité invasive et du bruit dans lequel nous devons essayer de vivre. Ne nous y trompons pas, plus nous volons plus nous sommes aliénés, plus s'éloigne la possibilité d'une existence plus juste et plus se renforce le règne que nous souhaiterions combattre, celui du conformisme, de la médiocrité et de l'uniformisation esthétique du monde qui fait écho à l'uniformisation concrète de nos existences, de la réalité et de notre imagination.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Shunt le 21 Déc 2010, 16:19

On est d'accord car, à titre personnel, je ne télécharge pas illégalement... mais j'ai tendance à penser que cette prise de conscience n'est possible que si le monde culturel se remet en cause à minima... parce que les postures de gôooche d'une partie de l'intelligentsia française - dans le cinéma comme en musique - on les connait... et on gueule sur le capitalisme, les patrons et la droite, mais quand il s'agit de croquer des cachets mirobolants à cinq ou six zéros, on s'empresse de mettre en avant "le mérite", "le travail", parce que quand même... tant qu'une actrice/réalisatrice, dite de gauche, comme Josianne Balasko, continuera de trouver normal d'empocher 1.5 million d'euros en une année, on n'y arrivera pas... on ne peut pas à la fois jouir matériellement du système en place et prétendre le combattre... c'est une tartufferie. Comment tu veux être entendu, après, sur les méfaits du téléchargement... le problème, c'est que la Société du Spectacle a sacralisé l'artiste, l'acteur, le chanteur, la starlette. Ce sont devenus des piliers du système, parce qu'ils vendent du rêve et de l'illusion, à l'écran, sur scène, comme en dehors... une vie d'artiste, a priori, c'est bohème et précarité... avec l'avènement de la culture de masse et le développement des industries du spectacle, c'est devenu une promesse d'enrichissement.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 21 Déc 2010, 17:35

Shunt a écrit:On est d'accord car, à titre personnel, je ne télécharge pas illégalement... mais j'ai tendance à penser que cette prise de conscience n'est possible que si le monde culturel se remet en cause à minima... parce que les postures de gôooche d'une partie de l'intelligentsia française - dans le cinéma comme en musique - on les connait... et on gueule sur le capitalisme, les patrons et la droite, mais quand il s'agit de croquer des cachets mirobolants à cinq ou six zéros, on s'empresse de mettre en avant "le mérite", "le travail", parce que quand même... tant qu'une actrice/réalisatrice, dite de gauche, comme Josianne Balasko, continuera de trouver normal d'empocher 1.5 million d'euros en une année, on n'y arrivera pas... on ne peut pas à la fois jouir matériellement du système en place et prétendre le combattre... c'est une tartufferie. Comment tu veux être entendu, après, sur les méfaits du téléchargement... le problème, c'est que la Société du Spectacle a sacralisé l'artiste, l'acteur, le chanteur, la starlette. Ce sont devenus des piliers du système, parce qu'ils vendent du rêve et de l'illusion, à l'écran, sur scène, comme en dehors... une vie d'artiste, a priori, c'est bohème et précarité... avec l'avènement de la culture de masse et le développement des industries du spectacle, c'est devenu une promesse d'enrichissement.


Il faut voir les "artistes" du Spectacle pour ce qu'ils sont, les bateleurs du néo-libéralisme, les chantres de la marchandisation heureuse, ils ont pour fonction de coloniser les rêves des hommes-machines que nous sommes devenus, pour paraphraser Flaubert qui écrivait ceci à Louise Colet:

"La cloche du paquebot du Havre sonne avec tant d'acharnement que je m'interromps. Quel boucan l'industrie cause dans le monde ! Comme la machine est une chose tapageuse ! À propos de l'industrie, as-tu réfléchi quelquefois à la quantité de professions bêtes qu'elle engendre et à la masse de stupidités qui, à la longue, doit en provenir ? Ce serait une effrayante statistique à faire ! Qu'attendre d'une population comme celle de Manchester qui passe sa vie à faire des épingles ? Et la confection d'une épingle exige cinq à six spécialités différentes ! Le travail se subdivisant, il se fait donc, à côté des machines, quantité d'hommes-machines".

Coloniser l'imaginaire pour fabriquer des hommes-machines. Chaque oeuvre de l'esprit, chaque regard singulier posé sur le monde défait la prison spirituelle dans laquelle on voudrait nous enfermer, mais c'est un combat chaque jour recommencé. Nous sommes des marcheurs dans le désert, et plus nous avons soif plus des oasis s'offrent à nos yeux, ces oasis sont des mirages pour la plupart, elles nous égarent mais nous animent. C'est ainsi que je vois notre rapport aux oeuvres de l'esprit: dans un désert, une infinité de mirages et quelques rares oasis.

L'extension du vol des oeuvres de l'esprit aura pour conséquence la disparition des oeuvres véritables au profit de leurs simulacres, les mirages sans les oasis. Il faut donc remettre la culture à sa place, à la marge. Comprendre que nous avons d'abord besoin que les écrans qui font écran à la réalité soient éteints pour que nous puissions faire l'épreuve de l'horreur de notre condition. Ces écrans sont les murs d'une prison qui sont peints en bleu pour nous faire croire que c'est le ciel que nous regardons.

Alors nous verrons ! Et nous pourrons marcher dans le désert avec quelques rares oasis, non plus des mirages pour nous consoler, mais des nourritures spirituelles pour apaiser notre soif. Une oeuvre d'art ne peut être que rare et entourée de faux.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede horatio le 21 Déc 2010, 17:38

Silverwitch, fournisseuse officielle de Doliprane.
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Messagede Kôôl-x le 21 Déc 2010, 17:39

horatio a écrit:Silverwitch, fournisseuse officielle de Doliprane.


:lol:
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Messagede Cortese le 21 Déc 2010, 17:47

D'un autre côté si les oeuvres de l'esprit sont fournies avec un sachet de Doliprane, elles ont peu de risque d'être téléchargées. Finalement, si on se fait télécharger par des cons c'est qu'on a du un peu le mériter, non ?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Aiello le 21 Déc 2010, 17:48

silverwitch a écrit:L'extension du vol des oeuvres de l'esprit aura pour conséquence la disparition des oeuvres véritables au profit de leurs simulacres, les mirages sans les oasis.

Bon, en même temps, ils nous manqueront pas les frères Gallagher.


:jesors:
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Messagede Silverwitch le 21 Déc 2010, 17:53

Cortese a écrit:D'un autre côté si les oeuvres de l'esprit sont fournies avec un sachet de Doliprane, elles ont peu de risque d'être téléchargées. Finalement, si on se fait télécharger par des cons c'est qu'on a du un peu le mériter, non ?


Les gens deviennent cons à force de télécharger des produits qui les prennent pour des cons. On finit toujours par se conformer malgré nous à la réalité médiatisée. L'habit fait le moine, en quelque sorte. C'est un peu mon credo.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede horatio le 21 Déc 2010, 17:57

silverwitch a écrit:
Cortese a écrit:D'un autre côté si les oeuvres de l'esprit sont fournies avec un sachet de Doliprane, elles ont peu de risque d'être téléchargées. Finalement, si on se fait télécharger par des cons c'est qu'on a du un peu le mériter, non ?


Les gens deviennent cons à force de télécharger des produits qui les prennent pour des cons. On finit toujours par se conformer malgré nous à la réalité médiatisée. L'habit fait le moine, en quelque sorte. C'est un peu mon credo.

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Non, ce qui serait con c'est d'acheter le produit en question.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Kôôl-x le 21 Déc 2010, 17:59

silverwitch a écrit:Les gens deviennent cons à force de télécharger des produits qui les prennent pour des cons


Ça, c'est intéressant. Tu peux préciser ou donner quelqu'exemple ?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 21 Déc 2010, 18:09

horatio a écrit:Non, ce qui serait con c'est d'acheter le produit en question.


Ah bah non. Parce que quand tu achètes, tu es responsable, alors que quand tu pirates, tu penses que cela n'a pas d'importance ni d'implications. La promesse de gratuité, c'est l'oasis du mirage de la consommation. Tu payes pour un rêve de gratuité (j'y reviendrai si ça intéresse quelqu'un).

Ici parce que tu voles, tu penses que c'est gratuit et tu consommes sans remords, parce que tu crois que ce que tu regardes ne te coûte rien. Quand tu achètes, tu as au moins une petite chance de trouver que ça fait mal au portefeuille et qu'on essaye vraiment de te faire avaler n'importe quoi.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 21 Déc 2010, 18:14

Kôôl-x a écrit:
silverwitch a écrit:Les gens deviennent cons à force de télécharger des produits qui les prennent pour des cons


Ça, c'est intéressant. Tu peux préciser ou donner quelqu'exemple ?


Je voulais simplement dire que la réalité était intoxiquée par sa représentation. Pour prendre un exemple qui fait débat, je crois que c'est parce qu'on commence à qualifier certains jeunes français de "jeunes musulmans" qu'ils finissent par se conformer à l'injonction médiatique et à se revendiquer comme musulmans pour finir par le devenir (sur le modèle de Pascal: faites semblant de croire et bientôt vous croirez). C'est-à-dire que le regard porté sur nous par le Spectacle (divertissement, publicité, information) nous transforme quand nous regardons cette représentation. La réalité est entremêlée à la représentation, à la manière dont nous montrons ce que nous voyons, à nos propres préjugés comme à ceux des autres. C'est un cercle.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede horatio le 21 Déc 2010, 18:15

silverwitch a écrit:
horatio a écrit:Non, ce qui serait con c'est d'acheter le produit en question.


Ah bah non. Parce que quand tu achètes, tu es responsable, alors que quand tu pirates, tu penses que cela n'a pas d'importance ni d'implications. La promesse de gratuité, c'est l'oasis du mirage de la consommation. Tu payes pour un rêve de gratuité (j'y reviendrai si ça intéresse quelqu'un).

Ici parce que tu voles, tu penses que c'est gratuit et tu consommes sans remords, parce que tu crois que ce que tu regardes ne te coûte rien. Quand tu achètes, tu as au moins une petite chance de trouver que ça fait mal au portefeuille et qu'on essaye vraiment de te faire avaler n'importe quoi.



Oui mais au moins quand tu pirates, tu n'enrichis pas les producteurs et créateurs de ce genre de produits. Ca ne me rend pas plus fier d'avoir regardé ou ecouté de la merde, ça je te l'accorde...mais bon...
horatio
 
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Sylphus le 21 Déc 2010, 18:17

Beaucoup d'intellectualisation pour une chose qui se résume simplement ainsi : le consommateur est content d'avoir gratuitement ce qu'il payait avant. Il s'en fout de savoir si c'est de la culture, un bien matériel ou un service. Le consommateur ne se pose pas toutes ces questions. Il va au moins cher, c'est tout, et c'est comme ça depuis 50 ans.
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