sccc a écrit:
Rossa, mon post n'avait pas pour but de montrer que le LMP1 avait un avantage en ligne droite. Mais de montrer que les 11 ou 12 s viennent précisément des phases où la traînée de la F1 est moins ou n'est plus un handicap. Une de ces phases est précisément le passage des courbes rapides ou seuls l'appui et la faible masse déterminent la vitesse de passage (et donc les g). Là, les 300 kg de plus du LMP1 ne peuvent être qu'un désavantage*. On se demandait si un pilote de LMP1 actuel encaissait le même nombre de g latéraux qu'un pilote de F1.
* avec 2 bémols: 1) l'adhérence des pneus, fonction aussi de la surface de contact; j'ignore si les pneus de LMP1 ont plus de surface de contact. 2) la valeur respective de l'appui aéro: j'ignore laquelle en a le plus.
Apparemment, les pneus avant d'une LMP1 pourraient être plus larges que ceux d'une F1 et les pneus AR équivalents, d'après ce que j'ai lu (37 cm de large pour une Acura, à l'avant et à l'arrière. F1: 35 cm AV, 38 cm AR).
Mais j'ai lu aussi que la largeur des pneus avant était dictée en LMP1 par des choix aérodynamiques: en gros pas trop large, parce que sinon on diminue la largeur du capot avant et donc l'appui généré. Ce qui montre au passage qu'on s'intéresse de près à l'aéro en LMP1.
En ce qui concerne l'aéro, justement, je pense que l'appui doit être copieux.
En effet, une LMP1 a une puissance proche d'une F1 et elle bénéficie comme tu le dis d'une carrosserie intégrale alors qu'une F1 ressemble plutôt à un tracteur. Elle devrait donc aller plus vite en ligne droite. Or, la vitesse de pointe est faible: apparemment 320 (commentaires de Tomas Enge) au bout d'une ligne droite qui doit faire dans les 2 km.
Cela implique que le trainée est très importante. Comme ces voitures sont plus fines que les F1, j'aurais tendance à penser qu'elles ont au moins autant d'appui.
En ce qui concerne les phases (freinage, accélération, ligne droite, courbe) où la F1 construit son avantage, je ne partage pas ton analyse. En effet, à puissance voisine et poids beaucoup plus élevé (handicap de 300 kg + le pilote et son équipement, puisque les 605 kg de la F1 incluent ce dernier, soit pas loin de 400 kg en plus), la LMP1 se fait surtout déposer à chaque accélération.
Si la LMP1 ne perdait du terrain que dans les courbes rapides, ça voudrait dire qu'elle perdrait 10 secondes en trois courbes à Monza (parabolique + Lesmos), et elle perdrait donc au moins 30 secondes au tour à Barcelone. Or elle n'en perd que 11.
Le fait qu'elle perde 12% sur une F1 quel que soit le type de circuit, à très peu de chose près, montre bien qu'elle ne perd pas du terrain dans une phase spécifique, mais qu'elle en perd uniformément partout: accélération, freinage, courbe.
Encore plus fort, ce handicap correspond exactement à ce qu'on calcule pour une F1 en ajoutant les 0,4 secondes au tour (plus ou moins, en fonction du circuit) par tranche de 10 kilos.
Sachant qu'elle dispose d'une puissance équivalente à une F1, pour que ça colle quel que soit le circuit il faut aussi qu'elle dispose d'un appui équivalent. Dans ces conditions, le handicap de poids se répercute bien dans toutes les phases (freinage, courbe, accélération) sauf bien sûr en vitesse de pointe où la LMP1 n'est pas handicapée: c'est pour cela qu'elle se comporte relativement mieux à Monza, où elle perd un peu moins qu'à Barcelone (10 secondes au lieu de 11).
La valeur de décélération calculée (3,5 g) colle parfaitement avec cela: une F1 lestée à 900 kg permet une décélération max égale à 5g x 605/900 = 3,4 g
Tout cela suggère donc très fortement qu'une LMP1 se comporte comme une F1 qui serait lestée au même poids.
J'aurais donc tendance à dire que là où une F1 soumet le pilote à 5 latéraux (courbe très rapide), une LMP1 pourrait passer à 3,5 g. C'est nettement moins, mais on n'est pas dans des mondes totalement différents.