Le déclin de l'empire (économique) Américain.

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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ghinzani le 20 Avr 2009, 11:39

la hausse du coût du pétrole et la virualité des finances et de l'économie me semblent être plus à la base de cette crise financière que les seuls états unis.Sinon pourquoi une telle étendue mondiale?
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Mufasa le 21 Avr 2009, 13:34

Obama se prend une volée de bois vert dans la presse US pour avoir serré la main à Chavez, qui lui a offert un bouquin - devenu immédiatement un bestseller grâce à cet évènement - sur l'exploitation des Indiens en Amérique latine (à mon souvenir).
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ghinzani le 21 Avr 2009, 13:46

Mufasa a écrit:Obama se prend une volée de bois vert dans la presse US pour avoir serré la main à Chavez, qui lui a offert un bouquin - devenu immédiatement un bestseller grâce à cet évènement - sur l'exploitation des Indiens en Amérique latine (à mon souvenir).

Mais il est clair que TOUS ses actes, ses interventions ne plairont pas à TOUTE l'Amérique.Le courage des décideurs et la volonté de changement passe par ces embûches.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ren le 21 Avr 2009, 13:56

Ghinzani a écrit:
Mufasa a écrit:Obama se prend une volée de bois vert dans la presse US pour avoir serré la main à Chavez, qui lui a offert un bouquin - devenu immédiatement un bestseller grâce à cet évènement - sur l'exploitation des Indiens en Amérique latine (à mon souvenir).

Mais il est clair que TOUS ses actes, ses interventions ne plairont pas à TOUTE l'Amérique.Le courage des décideurs et la volonté de changement passe par ces embûches.


Mufasa, pourrais-tu préciser s'il s'agit d'une minorité tapageuse de la presse US ou de la majorité des grands média US ?
Car tout est question de grandeur.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Mufasa le 21 Avr 2009, 15:08

Je ne peux rien chiffrer. Je me refère principalement au Washington Post et éventuellement au New York Times (ainsi que quelques journaux de tendance démocrate) et quelques journaux en ligne mollement gauchistes. Le Post est utile pour jauger la tendance médiatique mainstream, parce qu'avec le NYT il en est la référence en matière de presse écrite, et ses commentateurs (les columnists) apparaissent également dans les médias audiovisuels.

De plus, les commentaires des internautes (en moyenne plus de gauche que de droite) sur le Post sont d'une férocité extrême. Chavez est au pire un dictateur, au mieux un dangereux démago. Il musèle les médias, utilise des procédures antidémocratiques pour se proclamer president-for-life, nationalise l'industrie pétrolière, soutient l'antisémite Ahmadinejad ainsi que le régime staliniste des frères Castro, persécute l'opposition, soutient le groupe terroriste FARC, héberge les trafiquants de drogue, et amadoue le peuple par son antiaméricanisme et son socialisme.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ren le 21 Avr 2009, 15:27

Mufasa a écrit:Je ne peux rien chiffrer. Je me refère principalement au Washington Post et éventuellement au New York Times (ainsi que quelques journaux de tendance démocrate) et quelques journaux en ligne mollement gauchistes. Le Post est utile pour jauger la tendance médiatique mainstream, parce qu'avec le NYT il en est la référence en matière de presse écrite, et ses commentateurs (les columnists) apparaissent également dans les médias audiovisuels.

De plus, les commentaires des internautes (en moyenne plus de gauche que de droite) sur le Post sont d'une férocité extrême. Chavez est au pire un dictateur, au mieux un dangereux démago. Il musèle les médias, utilise des procédures antidémocratiques pour se proclamer president-for-life, nationalise l'industrie pétrolière, soutient l'antisémite Ahmadinejad ainsi que le régime staliniste des frères Castro, persécute l'opposition, soutient le groupe terroriste FARC, héberge les trafiquants de drogue, et amadoue le peuple par son antiaméricanisme et son socialisme.


Probablement le motif le plus pertinent !
Moins de pétrole et/ou du pétrole plus cher pour les US... bref pas de contrôle, c'est un crime contre l'humanité Etasuniène qui ne restera pas impuni.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Maverick le 24 Avr 2009, 23:32

LEAP2020 :
La prochaine étape de la crise sera déterminée par un rêve chinois. En effet, à quoi peut bien rêver Pékin pris, d'après Washington, dans le « piège Dollar » de ses 1.400 milliards d'actifs libellés en Dollars US (1) ? D'après les dirigeants américains et leur cortège d'experts médiatiques, à continuer à être prisonnier et même à renforcer cette condition carcérale en achetant toujours plus de Bons du Trésor et de Dollars US (2).

Pourtant, tout le monde sait à quoi rêve vraiment un prisonnier ? A s'évader bien sûr, à sortir de sa prison. Aussi, pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais (3) à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs « toxiques » que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle la richesse de 1 milliard 300 millions de Chinois (4) est emprisonnée. Dans ce GEAB N°34, notre équipe détaille donc les « tunnels et les galeries » que Pékin creuse discrètement depuis plusieurs mois dans le système économique et financier mondial afin de s'évader du « piège Dollar » d'ici la fin de l'été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s'ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international, dans la droite ligne d'un G20 de Londres dont le communiqué final se lit comme la « chronique d'une dislocation géopolitique annoncée » ainsi que LEAP/E2020 l'analyse dans ce numéro du Global Europe Anticipation Bulletin.


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Evolution trimestrielle de l'accroissement des réserves de change chinoises - Source : Banque centrale de Chine / New York Times, 04/2009

Derrière le « jeu de dupes » londonien, où chacun a prétendu croire qu’une collaboration internationale « historique » (5) était en action, on constate en fait une profonde division du G20 : les Américains et le Britanniques (suivis par un Japon docile) tentent désespérément de préserver leur contrôle sur le système financier mondial, en bloquant ou en diluant toute réforme significative donnant un pouvoir plus important aux autres acteurs du système, sans plus avoir assez de puissance pour imposer leurs objectifs. Les Chinois, les Russes, les Indiens, les Brésiliens, … essayent de rééquilibrer le système monétaire et financier international en leur faveur, mais sans pouvoir (ou peut-être même sans vouloir vraiment (6)) imposer une telle réforme. Les Européens (et quand on utilise ce terme il implique de plus en plus une UE sans le Royaume-Uni) s'avèrent de leur côté incapables de trancher entre les deux seules options qui s'offrent à eux : sombrer avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni en copiant leurs politiques ou bien remettre fondamentalement en cause le système monétaire et financier mondial actuel en partenariat avec les Chinois, les Russes, les Indiens et les Brésiliens. Ils arrivent à ne plus suivre Washington et Londres dans leur reproduction des politiques passées qui ont toutes déjà fait faillite (7), mais ils ne parviennent pas à oser préparer l'avenir.

Image
L'effondrement du commerce international n'a aucun précédent - Evolution annuelle à partir des taux trimestriels (courbe en trait continu : évolution en cours / courbe en petits pointillés : prévision d'après la corrélation historique entre le com

Les Européens porteront d'ailleurs une responsabilité majeure si, dans la brève fenêtre temporelle qui reste (moins de six mois désormais), aucune action majeure n'est entreprise pour éviter la crise longue et tragique qui durera plus d'une décennie (8). Ils possèdent à la fois le savoir-faire technique pour aider au succès d'une devise internationale fondée sur un panier des principales monnaies et une méthode politique qui permet de gérer au mieux les intérêts stratégiques divers d'un ensemble de pays comme ceux dont la monnaie serait derrière la nouvelle devise internationale de référence. Pourtant, il existe aujourd'hui une évidente incapacité des dirigeants de l'UE (et notamment de la zone Euro) à assumer ces responsabilités, comme si finalement ils préféraient voir le système occidental finir de se briser (tout en proclamant le contraire) plutôt que de se battre pour en faire un pont vers un nouveau système mondial : que ce soit un choix (ce que LEAP/E2020 ne croit pas) ou que ce soit le simple résultat de la pusillanimité de dirigeants européens choisis pour leur docilité (vis-à-vis de Washington et des grands opérateurs économiques et financiers européens), dans tous les cas, leur neutralité est très dangereuse pour la planète puisqu'elle empêche le lancement d'un processus efficace permettant d’éviter une crise longue et tragique (9).

Ainsi, dans ce GEAB N°34, nos chercheurs développent plus avant leurs anticipations sur les formes possibles que prendra la cessation de paiement américaine d'ici la fin de l'été 2009 et que le mois d'Avril 2009 (principal mois de collecte des revenus fiscaux aux Etats-Unis) va rendre désormais impossible à masquer (10). La cessation de paiement des Etats-Unis à l'été 2009 est en effet d'une actualité toujours plus brûlante avec un déficit public désormais totalement hors de contrôle sur fond d'explosion des dépenses (+ 41%) et d'effondrement des recettes fiscales (-28%) comme l'a anticipé LEAP/E2020 il y a plus d'un an : pour le seul mois de Mars 2009, le déficit fédéral s'est monté à près de 200 Milliards USD (très largement au-dessus des prévision les plus pessimistes), soit à peine un peu moins de la moitié du déficit pourtant record de l'ensemble de l'année 2008 (11). Et le même phénomène se répète à tous les niveaux de la structure publique du pays : état fédéral, états fédérés (12), comtés, villes (13), … partout les recettes fiscales s'évanouissent entraînant de manière accélérée l'ensemble du pays dans une spirale déficitaire que personne (Washington en premier chef) ne maîtrise plus.

Image
Evolution des revenus fiscaux de sociétés aux Etats-Unis (1930 – 2009) - Sources : US Department of Commerce / Réserve Fédérale de Saint Louis (Estimation 2° et 3° trimestres 2009 par EconomicEdge)

Dans ce GEAB N°34, nos chercheurs se penchent également sur le « mystère du cours de l'or ». Pour le métal jaune, nos chercheurs (non pas d'or, mais d'information) ont identifié quelques pistes très intéressantes pour comprendre pourquoi (14), alors que les acheteurs d'or sont légion et que dans de nombreux pays on signale des ruptures d'approvisionnement en pièces ou lingots d'or, le cours du métal jaune ne fait qu'osciller autour du même pivot depuis des mois.

Enfin, notre équipe présente ses recommandations pour se préparer aux prochains mois de la crise en s'attachant ce mois-ci notamment à l'épargne en général et aux assurances-vie en particulier.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Fatcap le 26 Avr 2009, 18:23

Maverick a écrit:Dans ce GEAB N°34, nos chercheurs se penchent également sur le « mystère du cours de l'or ». Pour le métal jaune, nos chercheurs (non pas d'or, mais d'information) ont identifié quelques pistes très intéressantes pour comprendre pourquoi (14), alors que les acheteurs d'or sont légion et que dans de nombreux pays on signale des ruptures d'approvisionnement en pièces ou lingots d'or, le cours du métal jaune ne fait qu'osciller autour du même pivot depuis des mois.

Enfin, notre équipe présente ses recommandations pour se préparer aux prochains mois de la crise en s'attachant ce mois-ci notamment à l'épargne en général et aux assurances-vie en particulier.


Il est intéressant de noter à ce propos, d'une part la vente annoncée par le FMI de 400 tonnes d'or de ses réserves (3.200 tonnes au total), et d'autre part l'annonce récente par la Chine (http://www.guardian.co.uk/business/feedarticle/8471411) qu'elle a augmenté ses réserves d'or de 75% depuis 2003, passant de 600 à 1054 tonnes (USA : environ 10.000 tonnes). Ce qui la place au sixième rang des nations en termes de réserves. Le vice-secrétaire général de la China Gold Association affirme même que la Chine devrait détenir au minimum 5.000 tonnes d'or, faisant allusion aux doutes qui entourent le dollar. Il semble que derrière le rassurant discours officiel auquel on a pu assister au G20, certaines nations ont commencé discrètement à assurer leurs arrières.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Mufasa le 30 Avr 2009, 11:31

On s'éloigne quelque peu de l'économie américaine, mais cette semaine la grande nouvelle c'est la divulgation des bénéficiaires de la PAC, controversée notamment en raison des restitutions (subventions à l'exportation). Comme je parlais de patates il y a quelques pages (sur la question du protectionnisme) ça mérite peut-être d'être mentionné.
Voici la réaction de José Bové :
http://www.challenges.fr/actualites/mon ... a_pac.html
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ghinzani le 30 Avr 2009, 11:44

les restos du coeur ont leur part du gâteau...
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Madcad le 17 Mai 2009, 05:23

Nous sommes en août.
Dans un joli village du Midi de la France, la saison touristique bat son plein.
Mais la saison est très pluvieuse et aucun touriste ne s'est montré le bout du nez.
Les revenus n'étant pas au rendez-vous, plusieurs villageois se sont endettés.
Heureusement un touriste canadien se pointe enfin, il prend une chambre à l'hôtel, paie le dépôt avec un chèque de 100 euros, prend les clés et monte à sa chambre.
Le proprio de l'hôtel encaisse aussitôt le chèque et paie sa dette de 100 euros à son boucher.
Le boucher prend l'argent et le remet au propriétaire de l'abattoir local à qui il devait cette somme.
Le propriétaire de l'abattoir se rend chez le fermier de qui il achète des porcs et à qui il doit 100 euros et lui remet les 100 euros.
Le fermier se rend immédiatement chez Germaine la pute locale et lui remet les 100 euros pour régler quelques pipes en retard.
Germaine se rend à l'hôtel et remet au propriétaire les 100 euros de location qu'elle lui devait pour quelques passes effectuées à l'hôtel.
Quelques minutes plus, le touriste canadien, insatisfait de la propreté de sa chambre, redescend et demande un remboursement, on lui redonne ses 100 euros et il quitte le village.
Rien n'a été dépensé, gagné ou perdu lors du passage du touriste canadien, mais plus personne n'a de dette dans le village et chacun entrevoit l'avenir avec optimisme.
Il parait que c'est de cette façon que la crise bancaire est en train de se régler. :wink:

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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Rainier le 18 Mai 2009, 17:42

Madcad a écrit:Nous sommes en août.
Dans un joli village du Midi de la France, la saison touristique bat son plein.
Mais la saison est très pluvieuse et aucun touriste ne s'est montré le bout du nez.
Les revenus n'étant pas au rendez-vous, plusieurs villageois se sont endettés.
Heureusement un touriste canadien se pointe enfin, il prend une chambre à l'hôtel, paie le dépôt avec un chèque de 100 euros, prend les clés et monte à sa chambre.
Le proprio de l'hôtel encaisse aussitôt le chèque et paie sa dette de 100 euros à son boucher.
Le boucher prend l'argent et le remet au propriétaire de l'abattoir local à qui il devait cette somme.
Le propriétaire de l'abattoir se rend chez le fermier de qui il achète des porcs et à qui il doit 100 euros et lui remet les 100 euros.
Le fermier se rend immédiatement chez Germaine la pute locale et lui remet les 100 euros pour régler quelques pipes en retard.
Germaine se rend à l'hôtel et remet au propriétaire les 100 euros de location qu'elle lui devait pour quelques passes effectuées à l'hôtel.
Quelques minutes plus, le touriste canadien, insatisfait de la propreté de sa chambre, redescend et demande un remboursement, on lui redonne ses 100 euros et il quitte le village.
Rien n'a été dépensé, gagné ou perdu lors du passage du touriste canadien, mais plus personne n'a de dette dans le village et chacun entrevoit l'avenir avec optimisme.
Il parait que c'est de cette façon que la crise bancaire est en train de se régler. :wink:

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C'est quand même le proprio de l'hotel qui a perdu une créance de 100 Euros.
De ttes façons, c'est complètement theorique car on n'a jamais vu un hotelier français (a fortiori dans le Sud) rembourser de l'argent à un client (a fortiori un touriste étranger) :D
la démocratie et la souveraineté nationale sont comme l’avers et le revers d’une même médaille.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 18 Mai 2009, 18:09

$30.000.000.000.000 de dette américaine, ça doit faire un paquet de kilomètres de pipes, pour un paquet putes.
En prenant une gâterie moyenne à 100 mètres (oui c'est discutable selon le spécimen je sais) pour 10 min.
A $10 la pipe qui dure 10 min , ca nous donne 3.000.000.000.000 de pipes soit 300.000.000.000 kilomètre (6.8 millions de fopis le tour de la terre) , et 500 milliards d'heures (qui équivaudraient à 266 millions d'années de travail en considérant 47 semaines de 40 heures de travail par an, soit 6,65 millions vies de travail de 40 ans de cotisation).
Je ne décompte pas l'effet positif sur l'économie du préservatif, le nombre d'unités de téléphonone mobile dépensées pour expliquer à bobonne qu'on a une réunion de dernière minute, les kilomètres parcourus pour faire le détour chez germaine, les frais d'avocats pour tous les hugh grant en puissance, avec toutes les taxes que ça induit.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Madcad le 18 Mai 2009, 18:13

:D
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Fatcap le 18 Mai 2009, 22:09

Madcad a écrit:Nous sommes en août.
Dans un joli village du Midi de la France, la saison touristique bat son plein.
Mais la saison est très pluvieuse et aucun touriste ne s'est montré le bout du nez.
Les revenus n'étant pas au rendez-vous, plusieurs villageois se sont endettés.
Heureusement un touriste canadien se pointe enfin, il prend une chambre à l'hôtel, paie le dépôt avec un chèque de 100 euros, prend les clés et monte à sa chambre.
Le proprio de l'hôtel encaisse aussitôt le chèque et paie sa dette de 100 euros à son boucher.
Le boucher prend l'argent et le remet au propriétaire de l'abattoir local à qui il devait cette somme.
Le propriétaire de l'abattoir se rend chez le fermier de qui il achète des porcs et à qui il doit 100 euros et lui remet les 100 euros.
Le fermier se rend immédiatement chez Germaine la pute locale et lui remet les 100 euros pour régler quelques pipes en retard.
Germaine se rend à l'hôtel et remet au propriétaire les 100 euros de location qu'elle lui devait pour quelques passes effectuées à l'hôtel.
Quelques minutes plus, le touriste canadien, insatisfait de la propreté de sa chambre, redescend et demande un remboursement, on lui redonne ses 100 euros et il quitte le village.
Rien n'a été dépensé, gagné ou perdu lors du passage du touriste canadien, mais plus personne n'a de dette dans le village et chacun entrevoit l'avenir avec optimisme.
Il parait que c'est de cette façon que la crise bancaire est en train de se régler. :wink:

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Peut-être que c'est évident mais au départ moi je n'ai pas trouvé la faille, du coup j'ai réfléchi un peu... Pardon pour ce qui va suivre :oops: ... Dans cette histoire en fait l'argent n'a aucune importance : tous les habitants du village se sont offert réciproquement un bien ou un service qu'ils estimaient de même valeur. Donc ils étaient tous quittes dans l'absolu mais n'avaient pas de moyen physique interchangeable pour régler leurs dettes. La situation de départ s'apparente donc à une situation de troc. Les villageois n'avaient donc pas besoin de touriste, ils n'avaient qu'à simplement écrire 100 euros sur un bout de papier, le gager avec un bien physique reconnu par tous dans le village et ça aurait réglé tous les problèmes. C'était un jeu à somme nulle. De toute façon si on considère le village comme un système fermé, les 100 dollars du touriste ne valaient absolument rien aux yeux des villageois.

La situation est différente dans la réalité... Je dirais que les américains ont siphonné des biens de consommation au reste du monde et, en retour, au lieu d'offrir un bien physique équivalent en contrepartie, ils ont payé en dollars, une monnaie qui était gagée sur la valeur fictive qu'ils attribuaient à leur immobilier. Si ils faisaient comme dans la fable plus haut il faudrait qu'ils redonnent au reste du monde une prestation "physique" équivalente à ce qu'ils ont absorbé pendant leurs années folles... Mais au lieu de ça ils font tourner la planche à billet et dévaluent leur monnaie pour se libérer de leur dette. Au niveau mondial, c'est un jeu à somme négative. J'espère que je n'ai pas réinventé la roue...
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede von Rauffenstein le 18 Mai 2009, 22:53

f1pronostics a écrit:$30.000.000.000.000 de dette américaine, ça doit faire un paquet de kilomètres de pipes, pour un paquet putes.
En prenant une gâterie moyenne à 100 mètres (oui c'est discutable selon le spécimen je sais) pour 10 min.
A $10 la pipe qui dure 10 min , ca nous donne 3.000.000.000.000 de pipes soit 300.000.000.000 kilomètre (6.8 millions de fopis le tour de la terre) , et 500 milliards d'heures (qui équivaudraient à 266 millions d'années de travail en considérant 47 semaines de 40 heures de travail par an, soit 6,65 millions vies de travail de 40 ans de cotisation).
Je ne décompte pas l'effet positif sur l'économie du préservatif, le nombre d'unités de téléphonone mobile dépensées pour expliquer à bobonne qu'on a une réunion de dernière minute, les kilomètres parcourus pour faire le détour chez germaine, les frais d'avocats pour tous les hugh grant en puissance, avec toutes les taxes que ça induit.
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Faut augmenter le prix de la pipe.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede von Rauffenstein le 18 Mai 2009, 22:55

Fatcap a écrit:
Madcad a écrit:Nous sommes en août.
Dans un joli village du Midi de la France, la saison touristique bat son plein.
Mais la saison est très pluvieuse et aucun touriste ne s'est montré le bout du nez.
Les revenus n'étant pas au rendez-vous, plusieurs villageois se sont endettés.
Heureusement un touriste canadien se pointe enfin, il prend une chambre à l'hôtel, paie le dépôt avec un chèque de 100 euros, prend les clés et monte à sa chambre.
Le proprio de l'hôtel encaisse aussitôt le chèque et paie sa dette de 100 euros à son boucher.
Le boucher prend l'argent et le remet au propriétaire de l'abattoir local à qui il devait cette somme.
Le propriétaire de l'abattoir se rend chez le fermier de qui il achète des porcs et à qui il doit 100 euros et lui remet les 100 euros.
Le fermier se rend immédiatement chez Germaine la pute locale et lui remet les 100 euros pour régler quelques pipes en retard.
Germaine se rend à l'hôtel et remet au propriétaire les 100 euros de location qu'elle lui devait pour quelques passes effectuées à l'hôtel.
Quelques minutes plus, le touriste canadien, insatisfait de la propreté de sa chambre, redescend et demande un remboursement, on lui redonne ses 100 euros et il quitte le village.
Rien n'a été dépensé, gagné ou perdu lors du passage du touriste canadien, mais plus personne n'a de dette dans le village et chacun entrevoit l'avenir avec optimisme.
Il parait que c'est de cette façon que la crise bancaire est en train de se régler. :wink:

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Peut-être que c'est évident mais au départ moi je n'ai pas trouvé la faille, du coup j'ai réfléchi un peu... Pardon pour ce qui va suivre :oops: ... Dans cette histoire en fait l'argent n'a aucune importance : tous les habitants du village se sont offert réciproquement un bien ou un service qu'ils estimaient de même valeur. Donc ils étaient tous quittes dans l'absolu mais n'avaient pas de moyen physique interchangeable pour régler leurs dettes. La situation de départ s'apparente donc à une situation de troc. Les villageois n'avaient donc pas besoin de touriste, ils n'avaient qu'à simplement écrire 100 euros sur un bout de papier, le gager avec un bien physique reconnu par tous dans le village et ça aurait réglé tous les problèmes. C'était un jeu à somme nulle. De toute façon si on considère le village comme un système fermé, les 100 dollars du touriste ne valaient absolument rien aux yeux des villageois.

La situation est différente dans la réalité... Je dirais que les américains ont siphonné des biens de consommation au reste du monde et, en retour, au lieu d'offrir un bien physique équivalent en contrepartie, ils ont payé en dollars, une monnaie qui était gagée sur la valeur fictive qu'ils attribuaient à leur immobilier. Si ils faisaient comme dans la fable plus haut il faudrait qu'ils redonnent au reste du monde une prestation "physique" équivalente à ce qu'ils ont absorbé pendant leurs années folles... Mais au lieu de ça ils font tourner la planche à billet et dévaluent leur monnaie pour se libérer de leur dette. Au niveau mondial, c'est un jeu à somme négative. J'espère que je n'ai pas réinventé la roue...

Je ne sais pas si tu as réinventé la roue, mais ils vont sucer, ces enculés ! :evil:
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 06 Juil 2009, 09:28



http://www.dedefensa.org/article-z_avez ... _2009.html

Z’avez pas vu mes $9.000 milliards?
26/06/2009

Question: où sont passés ces $9.000 milliards? Réponse: eh bien, euh, je ne sais pas… Résumé d’une vidéo montrant l’audition de l’Inspectrice Générale de la Federal Reserve, Elizabeth Coleman, le 5 mai 2009, devant la Commission des services financiers de la Chambre des Représentants. Le parlementaire qui l’interroge est Alan Grayson, un démocrate de Floride.

Un ami nous a fait parvenir le film de ce passage de l’audition, qui vient d’être diffusé avec sous-titre en français. Coleman est donc chargée de la surveillance de la comptabilité de la Fed, et le fait est qu’elle ne surveille pas grand’chose, ses pouvoirs de contrôle semblant à cet égard extrêmement contrôlés. Alors qui contrôle? Qui, à la Fed, sait ce qu’il est advenu de ces $9.000 milliards? Réponse (en résumé): Nobody, officiellement, pour ce qui est d'en rendre compte aux pouvoirs publics, – dans tous les cas, c’est la conclusion de Grayson.

L’affaire est partie d’un article de Bloomberg.News de février dernier, dont ce même Bloomberg.New donne un résumé dans un autre article, publié le 12 mai 2009: «A Bloomberg News story published Feb. 9 said the Treasury Department, Federal Deposit Insurance Corporation and Fed have lent or spent almost $3 trillion over the past two years and pledged up to $5.7 trillion more. A March 31 article raised the total amount committed or disbursed to $12.8 trillion.»
(...)
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Maverick le 06 Juil 2009, 10:38

Plus ça va et plus je me dis qu'on a affaire à une gigantesque escroquerie. Comment on peut donner des milliers de milliards sans demander des comptes ? :eek:
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 06 Juil 2009, 11:25

Maverick a écrit:Plus ça va et plus je me dis qu'on a affaire à une gigantesque escroquerie. Comment on peut donner des milliers de milliards sans demander des comptes ? :eek:

Comment?
En voici un résumé extrait d'un article que j'ai pu lire ce matin (qui se faisait justement l'echo de la video postée avant qui buzz un peu partout) :
Nous sommes arrivés en effet aujourd'hui à une situation où l'état et le système bancaire privé sont unis dans une relation contre nature. L'état s'est servi pendant des décennies des banques et de la FED pour mener à bien ses politiques de fuite en avant et d'expansion incontrôlée du crédit pour obtenir une croissance totalement artificielle et reporter à chaque fois les ennuis à plus tard.

En retour les banques sont aujourd'hui en position de dire à aux élus à la tête de l'état « vous nous soutenez à n'importe quel prix et sans contrôle, faute de quoi le système s'effondrera et vos électeurs vous mettront à la porte ».



Peut-être y a-t-il une lueur d'espoir à l'idée que 'la loi Ron Paul' puisse être votée, comme c'est indiqué à la fin de l'article que je citais:
http://www.dedefensa.org/article-z_avez ... _2009.html
(..) Le problème actuel qui se pose au système est pourtant d’une importance nouvelle. Si vous mettez en relation le nombre de fois où cette vidéo (une parmi les centaines de documents de ce genre également visionnés en masse) a été regardée par des citoyens-électeurs et le fait que les divers Grayson de la Chambre vont devoir être réélus, vous entrevoyez cette importance nouvelle. Si vous ajoutez un grain de sel, ou un grain de sable c’est selon, comme le très possible vote de la “loi Ron Paul” qui obligera la Fed à déballer son linge sale, qui conduira les diverses Elizabeth Coleman à en dire un peu plus lors de leurs auditions de crainte d’être inculpée d’“outrage au Congrès”, l’importance du problème grandit encore. (Le soutien que reçoit Ron Paul à la Chambre pour son projet de loi est un signe supplémentaire du climat.)

Nous sommes à un point de rencontre intéressant. Tous ces parlementaires sont en général tributaires de Wall Street et du reste, mais aussi, au bout du compte, de leurs électeurs. Il y a des circonstances exceptionnelles où les seconds, lorsqu’ils sortent de leur léthargie et sont vraiment en colère, comptent plus que les premiers pour le vote final. Cela s’appelle le “populisme” made in USA et cela est déjà survenu. C’est le talon d’Achille, minuscule mais pourtant bien réel, du système de l’américanisme. (...)


Il y avait un article justement à propos de cette loi sur le même site il y a quelques jours, dont la conclusion m'a fait sourire d'incrédulité:
http://www.dedefensa.org/article-hr_120 ... _2009.html
HR 1207, la “loi Ron Paul”, – ou la Fed rattrapée par la réalité
13/06/2009

(...) …En tout état de cause, une loi donnant au Congrès un pouvoir d’audit de la Fed, dont on sait le caractère extraordinaire de son statut d’organisme privé contrôlé par un conseil constitué de représentants de puissances financières privées, constitue, outre le fait lui-même, une brèche considérable dans le monolithisme structurel contrôlé par la haute finance capitaliste de Wall Street. La chose serait ressentie par cette puissance financière, à la fois comme une défaite formelle majeure, et comme une déclaration de guerre d’une autre branche du pouvoir du système. L’évolution la plus prometteuse est toujours la même: non pas attaquer le système de l’extérieur en espérant le vaincre pour le changer, – ce qui est une parfaite utopie doublée d’une impasse tactique, – mais entretenir et élargir ses querelles internes en brisant cette solidarité systémique qui fait toute sa puissance. Que des personnalités aussi originales et indépendantes, et normalement marginalisées et isolées, – qu’une personnalité comme Ron Paul, pour résumer et revenir à notre cas, puisse se glisser au sein du système, s’y affirmer après avoir publiquement proclamé son intentions de l’attaquer, puis s’y manifester de la sorte et obtenir le soutien massif de 222 députés pour un projet de loi de cette importance, – voilà qui mesure évidemment la situation intérieure du système, sa décrépitude, son évolution achevée vers des événements d’affrontement interne particulièrement dommageables.
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Messagede Ghinzani le 06 Juil 2009, 11:38

Les Bahamas ne sont pas si loin....
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ren le 06 Juil 2009, 11:53

9000 milliards de $ dans la nature, un taux de chômage en croissance et une économie qui elle ne peut plus l'être artificiellement...
Le château de carte est prêt à s'écrouler. Mais ces connards de la finance notamment anglo-saxonne vont malheureusement entraîner tout le monde dans la tourmente. Cela promet.
20 ans après le mur communiste, sera-ce au tour de wall street ?
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Nuvo le 07 Juil 2009, 13:16

http://www.lemonde.fr/opinions/article/ ... _3232.html

Point de vue
Les Européens ont voté pour que la crise continue, par Michel Rocard
LE MONDE | 06.07.09

Il y a quelque chose d'étonnant dans l'état actuel du débat sur la situation économique. Chacun admet qu'il y a crise. Le débat porte sur le fait de savoir si on a "touché le fond" et s'organise autour de la date probable d'une éventuelle reprise, à l'automne ou en 2010. Après tout, pourquoi pas ? L'étonnant est le contenu : on nous présente des confrontations de pronostics d'experts sur les périodes, mais quasiment pas d'informations factuelles permettant de se faire une idée sur le fait de savoir si on est oui ou non en train de sortir de la crise.

Ce constat comporte quelques exceptions pour le champ de la finance et de la banque. Les faits sont patents : les banques dominantes se sont à peu près rétablies, on ne craint plus de faillite majeure dans ce secteur, la transmission de la banqueroute par contagion paraît, de l'avis général, arrêtée. La confiance interbancaire est donc en voie de rétablissement lent, ce qui est naturellement une des conditions de la reprise.

L'accord semble lui aussi acquis sur la raison majeure de ce résultat positif. Les puissances publiques, contrairement à la crise de 1929-1932 où leur sottise cumulative avait tout aggravé, ont là agi avec rapidité, convergence intellectuelle et considérable puissance. Si le contribuable ne paiera pas tout de cet effort, c'est tout de même lui qui, dans son infinie bienveillance, a fourni la garantie et assumera finalement une part significative de la charge. Il n'est pas apparent que cette issue pose à la profession bancaire un problème éthique considérable.

L'impression de fin des tensions et de redémarrage partiel de l'activité est si claire dans ce secteur que la profession bancaire, un peu partout, a entrepris d'actives campagnes pour éviter les contrôles envisagés, et conserver la possibilité de verser à ses dirigeants et à ses traders des rémunérations extravagantes. L'étrange atmosphère de sortie de crise, entretenue conjointement par les gouvernements, les banquiers et la presse, contribue grandement à minimiser l'importance des problèmes.

Ainsi la City a contribué à une offensive, ces semaines récentes, pour déstabiliser Gordon Brown, le premier ministre britannique, coupable de vouloir un peu trop nettement mettre de l'ordre dans le système. Et le président américain Barack Obama est visiblement aux prises avec ses banquiers et ses sénateurs sur le même sujet. Le débat est moins véhément en France et en Allemagne, mais il est de même nature.

LA PRÉCARISATION DU TRAVAIL

Il semble qu'au total on s'oriente vers une – légère ? – mise à distance des paradis fiscaux, vers des discours symboliques sur les rémunérations, et vers le statu quo, le maintien de l'existant en ce qui concerne les produits dérivés. Si c'est finalement le cas, on aura maintenu le système en préservant aussi ses lourds facteurs d'instabilité.

Le détonateur financier pourra sauter une nouvelle fois dans quelques années. Après tout, cela fait quelque vingt ans que le monde connaît une crise financière grave à peu près tous les cinq ans… De là à essayer de réduire le volume insensé de l'activité financière par rapport à celui de la production, de là à essayer d'entraver la cupidité collective qui a fait dériver l'essentiel de cette profession vers l'immoralité, il y a un pas que l'on se garde bien de franchir. Et on recommence.

Mais il n'est pas sûr que le plus grave soit là. Les économies développées sont à peu près toutes en récession en ce moment. Plus qu'une récession, qui peut être brève, c'est la situation du chômage qui justifie l'emploi généralisé du mot crise. Or dans ce domaine, les rythmes actuels d'augmentation du chômage sont effrayants – la France s'attend à repasser au-dessus des 10 % d'ici à un an, les Etats-Unis au-dessus de 8 % soit un quasi-doublement en trois ans – et les perspectives fort inquiétantes.

Et pourtant sur ce front, celui de l'affaiblissement de la consommation, l'élément majeur est moins le chômage que la précarisation du travail. A cet égard, toutes les économies développées atteignent depuis plus d'une quinzaine d'années des pourcentages de travailleurs précaires compris entre 15 % et 20 %. Les précaires consomment aussi peu qu'ils le peuvent. Partout, la crise récente a encore aggravé leur nombre.

Mais curieusement, statisticiens officiels et gouvernements sont fort discrets sur ce point. On suit mal la variation. Chacun sait cependant qu'aujourd'hui, en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, plus du quart de la population est soit en situation précaire, soit au chômage, soit pauvre. Un quart : 70 millions de personnes pour l'Europe, 40 à 50 pour les Etats-Unis, sans doute une trentaine pour le Japon, c'est évidemment massif pour le dynamisme de la consommation.

De fait, en une trentaine d'années, donc lentement, la part des salaires et des revenus de protection sociale dans les PIB respectifs a diminué d'entre 7 % à 10 %. Cet indicateur est contesté à cause de la faible lisibilité de la période de référence et des différences de mode de calcul ici ou là. Reste que la masse des chômeurs, des précaires et des pauvres est repérée, et qu'elle rend compte d'un sérieux tassement de la vitesse de croissance de la consommation.

On comprend mieux ainsi que, si le capitalisme développé a connu dans toute la triade (Amérique du Nord, Union européenne et Japon) une croissance moyenne de 4,5 % à 5 % l'an entre 1945 et 1970, il s'échine aujourd'hui (avant la crise) à essayer de retrouver 2,5 % à 3 % de croissance sans vraiment y parvenir.

Dans la mesure où l'indicateur de crise est le marché du travail, la crise, c'est d'abord cela. Cette situation rend compte de ce que le détonateur financier (hausse de prix des matières premières liées aux produits dérivés, puis subprimes, puis titrisations en partie frauduleuses, et chaîne de faillites) ait frappé des économies anémiées, donc sans résilience. De cette situation, personne ne parle et personne n'émet l'intention d'y porter remède. Or le fond de la crise est là.

En sortir n'est pas facile. Relancer exclusivement la consommation n'a guère de sens : on importerait davantage, notamment de Chine et d'Inde. C'est par l'investissement que le cycle vertueux doit être réamorcé, et surtout par l'investissement dans les énergies renouvelables, les techniques et produits bio. C'est ce démarrage qui pourra ensuite entraîner pouvoir d'achat et consommation vers la hausse.

Or l'investissement dans l'industrie, les services, et même l'agriculture et l'agroalimentaire, est gravement entravé pour deux raisons. Primo, toutes les entreprises importantes du monde développé ont vu en un ou deux ans leurs actifs financiers au bilan perdre une bonne moitié de leur valeur; le resserrement des fonds propres aux bilans étrangle évidemment les possibilités d'investissement. Secundo, le redressement relatif et précaire du monde bancaire s'accompagne tout aussi évidemment d'un resserrement draconien des conditions de crédit. On s'oblige à ne prêter qu'avec plus de prudence.

IL Y A DU SOUCI À SE FAIRE

Une "reprise économique" n'est donc guère probable à court-moyen terme. Les facteurs en sont absents. La sortie de crise suppose, après le redémarrage par l'investissement, de retrouver un mécanisme liant les salaires aux gains de productivité.
Dans ces conditions le pronostic devient celui d'une stabilisation entre 5 % et 10 % en dessous du niveau de production atteint précédemment, puis d'une croissance à peu près nulle ou extrêmement lente pour les trois ou quatre prochaines années.

Cela veut dire mise à mal de la cohésion sociale, fragilité des gouvernements, montée du populisme. Si le détonateur financier – puisqu'on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre – réexplose dans peu d'années, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées.

Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m'en cacher. En trente ans, c'est une révolution intracapitaliste qui s'est faite, et pour le pire. Le motif de ce changement majeur est tout simple : dans le monde bancaire, c'est une avidité démesurée, une orientation viscérale vers la recherche de la fortune, qui explique aussi bien l'extension vertigineuse des produits dérivés que les invraisemblables niveaux de rémunération, comme la tendance évidente à la tricherie et à l'immoralité à l'œuvre dans les subprimes et les titrisations de créances douteuses.

Dans l'économie réelle, c'est le durcissement de la pression actionnariale, quasi absente jusqu'en 1980, ensuite organisée par les fonds de pension, d'investissement ou d'arbitrage, puis renforcée par la prise de pouvoir ou la constitution de minorités de blocage par tous ces fonds dans toutes les entreprises contemporaines ou presque. On veut du gain en capital, quitte à broyer les logiques d'entreprise. Chacun se souvient de la folle référence aux 15 % de rendement financier exigés un temps par les fonds.

Le diagnostic est limpide : les classes moyennes supérieures des pays développés sont en train de renoncer à l'espoir d'arriver à l'aisance par le travail au profit de l'espoir de réaliser des gains en capital rapides et massifs, bref de faire fortune. Ce comportement sociologique est incompatible avec le bon fonctionnement et surtout la stabilité du système.

La social-démocratie internationale explique depuis un demi-siècle que les marchés ne sont pas auto-équilibrants, qu'il faut réguler économie et finance, et lutter fiscalement contre les inégalités. Les faits, et cette crise, lui donnent tragiquement raison. Elle vient pourtant de perdre partout les élections européennes, et cela massivement.

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. L'espoir du gain boursier, de la fortune est devenu trop prégnant. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché.

Michel Rocard est ancien premier ministre (1988-1991).
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Cortese le 07 Juil 2009, 15:03

Et bien, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Il en a mis du temps pour comprendre le Rocard. Que ne nous a t-il pas évité la calamité de la financiarisation quand il avait le pouvoir ! C'est une sorte de Ran Tan Plan de la politique, Rocard. Comme cet idiot de Jospin, mais en plus sympa. Je l'aime bien comme mec, Rocard, même s'il comprend vite, mais il faut lui expliquer longtemps le pauvre.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Cortese le 29 Juil 2009, 16:25

Si vous voulez savoir comment des gangsters de la finance, de nationalité incertaine, vous piquent votre argent à New York, lisez donc cet aricle stupéfiant paru de façon inattendue dans le très bobo "Rollingstone".
Et si la révolte contre le système inique où nous vivons venait finalement de là où l'attendait le moins, du coeur de la capitale du vice ?

http://www.agoravox.fr/actualites/econo ... ne-a-59168
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Fatcap le 30 Juil 2009, 16:57

Ce qui est intéressant c'est de voir la vitesse à laquelle Goldman Sachs et les quelques autres banques d'investissement survivantes ont recommencé à accorder des salaires pharaoniques et à trafiquer dans les dérivés de crédit. Les bulles se sont légèrement déplacées ; ce n'est plus l'immobilier américain qui sert de base à la spéculation, mais les emprunts d'entreprise et d'état. Il est probable dans ces conditions que l'économie mondiale recommence à croître. Les stimulus des différents gouvernements se sont révélés efficaces : nous allons probablement avoir droit à une ou deux années de plus de croissance financée par des bulles spéculatives ainsi que par la dette publique des états industrialisés.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Fatcap le 31 Juil 2009, 14:02

Au sujet de la dette publique, via le fabuleux, l'excellentissime cryptogon.com : http://cryptogon.com/?p=10180. Le contexte est la vente des bons du Trésor américains qui a lieu cette semaine ; chaque jour de la semaine le Trésor américain vend des tranches de dettes entre 20 et 40 milliards de dollars, pour une vente totale de 115 milliards. Cette tranche de 115 milliards fait elle-même partie des 2.000 milliards de dettes que le Trésor compte émettre cette année. Pas de très bons résultats pour l'instant. Je garde les passages les plus intéressants/catastrophistes :

Weak Treasury Auctions Raise Worries About US Debt Burden
July 30th, 2009

Via: CNBC / Reuters:

The U.S. Treasury sold $39 billion in five-year debt Wednesday in an auction that drew poor demand, raising worries over the cost of financing the government’s burgeoning budget deficit.
...
Under the weight of the ballooning deficit, the government has raised auction volumes and analysts now wonder whether the strain on the market is showing.
...
“It was just a horrendous result,” said William O’Donnell, head of U.S. Treasury strategy at RBS Securities in Greenwich, Connecticut.
...
The tail indicates that dealers drove an unexpectedly hard bargain to raise yields, and lower prices, to buy the bonds. Ultimately, this could raise interest rates throughout the economy at a faster rate than might be appropriate given the lingering effects of the worst recession in decades.
...
The government plans to issue $2 trillion in new bonds this year to finance economic and financial rescues.
...
Treasury auctions have come under particularly close scrutiny since investors began to question the longevity of the United States’ prized AAA credit rating back in May.


Tant de questions, si peu de réponses...
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ghinzani le 31 Juil 2009, 16:19

La Chine a raison de diversifier ses placmenets liés à ces excedents budgetaires: l'or et le rachat d'entreprises.

Ils sont les plus gros porteurs de la dette américaine....
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Cortese le 05 Aoû 2009, 13:53

Après avoir débité toutes les conneries possibles pendant 20 ans au sujet de l'économie, de la mondialisation, et du néo-libéralisme aux lendemains radieux qui chantent, voilà que Jacques Attali, nous dit qu'il n'y a rien à tirer de Wall Street, qu'il faut abattre le système bancaire qui régente la planète, au besoin par une révolution ! Soit Attali se fout de nous, soit il est un vrai crétin. J'ai honte d'avoir fréquenté le même lycée que lui.

La crise, chacun le sait, est largement de la faute des banques américaines, qui ont trop prêté et développé des produits spéculatifs. Pour les sauver, le Trésor américain leur a prêté de l'argent sans intérêt. Celles de ces banques qui n'ont pas fait faillite continuent à agir comme avant, inventant de nouveaux produits spéculatifs et ne prêtant, très chers, qu'à celles des entreprises qui n'ont pas vraiment besoin de leur argent.

Elles ont, en plus, aujourd'hui, une raison supplémentaire d'agir ainsi: tous les régulateurs leur enjoignant de reconstituer leurs fonds propres, elles le font, non seulement en utilisant tous les artifices comptables rendus possibles par les réformes d'avril, mais aussi en refusant de prêter aux particuliers et en exigeant des intérêts énormes des grandes entreprises désespérément à la recherche de liquidités.

Comme les intérêts que ces banques versent aux déposants sont proches de zéro, leurs bénéfices sont énormes. Et avec eux, elles peuvent recommencer à développer des produits spéculatifs, avec lesquelles elles comptent refaire les mêmes profits que par le passé, sans que personne ne vienne même, cette fois, leur opposer des réglementations. Et nul ne peut protester: qui pourrait se mettre mal avec son banquier ?

Alors qu'après 1929, des réglementations très strictes ont été imposées aux banques américaines, aujourd'hui, rien n'est imposé à personne. Le G20 n'aura été qu'une jolie comédie. De plus, Wall Street continue à disposer de considérables moyens d'influence. Des lobbys bancaires, fort bien dotés, arrosent le Congrès. Et les banquiers, devenus ministres ou superviseurs, réussissent à écarter toutes les législations qui pourraient gêner leurs ex et futurs employeurs.

En particulier, une seule banque tient tout: Goldman Sachs. Elle est l'objet aujourd'hui d'innombrables analyses critiques, dont la plus acérée est venue récemment du magazine Rolling Stones. Après avoir éliminé ses principaux concurrents, (dont Lehman) , après avoir profité de ces faillites et reçu de l'Etat d'énormes prêts sans intérêt, cette institution plus que centenaire fait aujourd'hui fortune grâce à des décisions prises par Geithner, Summers et les autres, dont chacun sait qu'ils rejoindront un jour la firme , après avoir quitté leurs fonctions, comme le firent avant eux les ministres des précédents présidents, Rubin, Paulson, et autres...

Au total, les entreprises industrielles, qui créent les vraies richesses, financent les erreurs et les bonus des banquiers, avec la bénédiction des hommes politiques. Et en bout de chaine, les salariés en sont les ultimes victimes: les banques américaines enfoncent dans la dépression ceux qu'elles ont déjà largement ruinés.

Ces lobbys sont si puissants qu'on n'en sortira que par une révolution politique. Elle devrait conduire, au moins, à interdire aux responsables publics du secteur financier de travailler ensuite dans les établissements qu'ils contrôlent. Et au plus, à nationaliser ce secteur. Une révolution, vous dis je.

Jacques Attali
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 05 Aoû 2009, 15:53

Atali c'est vraiment une salope.
Quand je vois ça je ne peux m'empecher de repenser à la couverture du magazine "management":
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Le mépris s'affiche sans complexe.

http://tf1.lci.fr/infos/economie/entrep ... ibas-.html
1 milliard de bonus au frais pour les traders de la BNP
La banque a passé environ un milliard d'euros de provisions au titre des bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement.
- le 05/08/2009 - 08h35
Mis à jour le 05/08/2009 - 11h30

Pendant la crise, les affaires continuent. La banque française BNP Paribas a passé environ un milliard d'euros de provisions au titre des bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement. La banque française a ainsi confirmé dès mardi soir une information qui fait la Une de Libération mercredi matin.

Selon le quotidien, la banque s'apprêterait donc à verser un milliard d'euros de primes à ses traders. "Le chiffre d'un milliard calculé par Libération est proche de la réalité mais, en tout état de cause, les provisions pour bonus effectuées en cours d'année sont virtuelles puisque ces bonus ne sont decidés qu'en fin d'année, au vu des résultats effectifs de l'exercice", fait savoir la BNP dans un communiqué. Mais l'établissement précise qu'il "respecte scrupuleusement" les règles pour les bonus dans les banques telles qu'elles ont été établies par le G20.

"En matière de bonus, BNP Paribas est l'une des seules banques du monde à s'être engagée à respecter les recommandations du G20", ajoute la banque qui rappelle que sa banque de financement et d'investissement (BFI), concernée par cette provision, emploie 17.000 collaborateurs. BNP Paribas a annoncé mardi avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 6,6% à 1,604 milliard d'euros au deuxième trimestre grâce notamment à des résultats meilleurs qu'attendu dans ses activités de marché.
f1pronostics
 

Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Rainier le 06 Aoû 2009, 12:44

f1pronostics a écrit:Atali c'est vraiment une salope.
Quand je vois ça je ne peux m'empecher de repenser à la couverture du magazine "management":
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Le mépris s'affiche sans complexe.

http://tf1.lci.fr/infos/economie/entrep ... ibas-.html
1 milliard de bonus au frais pour les traders de la BNP
La banque a passé environ un milliard d'euros de provisions au titre des bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement.
- le 05/08/2009 - 08h35
Mis à jour le 05/08/2009 - 11h30

Pendant la crise, les affaires continuent. La banque française BNP Paribas a passé environ un milliard d'euros de provisions au titre des bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement. La banque française a ainsi confirmé dès mardi soir une information qui fait la Une de Libération mercredi matin.

Selon le quotidien, la banque s'apprêterait donc à verser un milliard d'euros de primes à ses traders. "Le chiffre d'un milliard calculé par Libération est proche de la réalité mais, en tout état de cause, les provisions pour bonus effectuées en cours d'année sont virtuelles puisque ces bonus ne sont decidés qu'en fin d'année, au vu des résultats effectifs de l'exercice", fait savoir la BNP dans un communiqué. Mais l'établissement précise qu'il "respecte scrupuleusement" les règles pour les bonus dans les banques telles qu'elles ont été établies par le G20.

"En matière de bonus, BNP Paribas est l'une des seules banques du monde à s'être engagée à respecter les recommandations du G20", ajoute la banque qui rappelle que sa banque de financement et d'investissement (BFI), concernée par cette provision, emploie 17.000 collaborateurs. BNP Paribas a annoncé mardi avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 6,6% à 1,604 milliard d'euros au deuxième trimestre grâce notamment à des résultats meilleurs qu'attendu dans ses activités de marché.


Ce matin, invité de France Inter, Attali a déclaré que les banques françaises ne pouvaient pas faire autrement que de distribuer des milliards à ses traders ...sinon tous leurs cadres partiraient à la concurrence :roll:
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 13 Aoû 2009, 13:02

Ouaiiii un nouveau complot.

http://www.moneyweek.fr/conseils/01325/ ... tions.html
Le logiciel qui menace la planète Finance

Par La Rédaction de MoneyWeek, 12 août 2009

Le 4 juillet 1776, le roi George III écrivait dans son journal : "Rien d'important ne s'est passé aujourd'hui." Le même jour, les Etats-Unis proclamaient leur indépendance. Une future superpuissance était née, et l'homme le mieux informé du monde ne le savait pas.

Le 4 juillet 2009, Sergey Aleynikov fut amené devant un juge. La veille, ce programmeur avait été arrêté par des agents de la police fédérale américaine à l'aéroport de Newark, suspecté d'avoir volé des algorithmes top secrets à son ancien employeur, la banque Goldman Sachs. Les médias généralistes n'ayant pas couvert la nouvelle, le grand public en sait aussi peu à propos de cette affaire que le roi d'Angleterre sur la déclaration d'indépendance, deux cent trente-trois années plus tôt. Pourtant, il n'est pas impossible que cette affaire marque la fin d'une ère pour la finance mondiale.

Le Groupe de travail sur les marchés financiers avait été créé par le président Ronald Reagan moins de six mois après le krach du 19 octobre 1987, qui avait fait perdre aux Bourses mondiales un quart de leur valeur en un seul jour. Sous la présidence du secrétaire du Trésor, il réunit le patron de la Réserve fédérale ainsi que les responsables du marché des actions et des marchés à terme. Goldman Sachs assiste ce groupe dans ses interventions sur le marché et se tient à la disposition de la Bourse de New York pour fournir de la liquidité dans des cas particuliers. Pour cette raison, l'établissement a accès à certains codes de sécurité, notamment sur le réseau du New York Stock Exchange.

Le système le plus complexe sur lequel a travaillé Sergey Aleynikov permet d'installer des logiciels capables de capturer des flux de texte passant par des serveurs informatiques. Sur le Nyse, de telles informations contiennent des indications d'intérêt pour un achat ou une vente, des prix de titres ainsi que des notifications d'exécution de transactions. Quiconque disposant de ces informations avant le public serait comparable à un joueur de poker seul capable de voir les cartes de ses adversaires ; cette affaire pourrait donc être liée aux prix fantômes dont je vous parlais en mai.

L'assistant du procureur Joseph Facciponti a déclaré : "La banque [Goldman Sachs] a soulevé la possibilité qu'il y ait un danger que quelqu'un qui sache comment utiliser ce logiciel puisse s'en servir pour manipuler le marché d'une manière injuste." Si tel est le cas, cela signifie que, avant la prétendue malversation, Goldman Sachs disposait d'un outil qui lui permettait de manipuler les marchés.

Le vendredi 3 juillet, le Nyse livrait les derniers chiffres de program trading, qui donne le nombre d'actions achetées et vendues par des algorithmes, le tout classé par établissement. Goldman Sachs, qui auparavant disposait d'une part de marché de 60%, avait subitement disparu de la liste d'une semaine à l'autre. C'est d'autant plus surprenant que le groupe avait déclaré, en mai, avoir gagné plus de 100 millions de dollars par jour de trading au cours de 34 jours (sur un total de 63) sur le premier trimestre dernier.

Dans ce cas, pourquoi arrêter ? Il n'en faut pas davantage pour échafauder des théories : le groupe bancaire a peut-être accès avant les autres, en raison des services rendus au gouvernement et à la Bourse de New York, à des informations liées au marché des actions et contrats à terme. Il est possible que la banque ait engagé Sergey Aleynikov pour installer son application sur les serveurs du Nyse, de manière à disposer d'un avantage comparable à celui du joueur de poker mentionné ci-dessus. Armée de cet outil, il lui aurait été quasiment impossible de perdre. La banque pourrait ainsi avoir raflé une centaine de millions par jour ouvrable en toute impunité. En admettant ce scénario, cette affaire est-elle vraiment susceptible de changer les marchés à jamais ? C'est possible.

Selon l'assistant du procureur, "le programme se trouve quelque part sur un serveur allemand, et nous ne savons pas actuellement qui d'autre y a accès et ce qu'il adviendra de ce logiciel". Sans vouloir faire dans le profilage, le fait est que Sergey Aleynikov est originaire de Russie. Lequel pays est la patrie des hackers les plus doués de la planète : selon Alex Spillius, du Telegraph, une cyber-attaque venue de Russie et visant les systèmes du Pentagone en novembre avait eu tellement d'impact que le président Bush et le secrétaire à la Défense Robert Gates avaient dû en être avertis. Si l'algorithme en question tombait entre les mains de tels pirates, cela pourrait provoquer des dégâts importants sur les Bourses mondiales.

En 2006, Steve Knopper, du magazine Wired, avait tenté une expérience amusante : acheter un ordinateur tout neuf, puis l'exposer au pire de l'Internet, après avoir désactivé pare-feu et logiciel d'antivirus. Le journaliste avait alors ouvert des pourriels, puis téléchargé quantité de pornographies, de musique piratée et autres jeux informatiques sur la Toile. Résultat : après dix-huit jours de ce régime, il fut contraint d'amener sa machine, qui ne démarrait plus, au support technique. Moins de quatre heures plus tard, le technicien l'informait que toute tentative de réparation était futile. Espérons que l'arme de destruction massive issue de Goldman Sachs n'ait pas le même impact sur les Bourses mondiales.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 24 Aoû 2009, 14:58

Les machés ont la fièvre, le cac40 est remonté ces dernières semaines, les banques font des bénéfices, les traders font des bonus, l'inflation est maitrisée, tout va très bien.

Enfin presque.

Hausse record des défauts de paiement aux Etats-Unis : la nouvelle bulle des crédits est sur le point d'exploser
Par Cécile Chevré, 21 août 2009

"Les défauts de paiement battent des records aux Etats-Unis", titre Le Figaro. De plus en plus de logements sont saisis pour cause de défaut de paiement ou de retard sur le paiement de leur crédit.

D'après l'enquête de la Mortgage Bankers Association, une fédération des banques spécialisées dans l'immobilier, 4% des Américains ont ainsi vu leur logement saisi, et plus de 9% sont en retard de paiement. Au total c'est donc 13% d'Américains qui se retrouvent dans une situation délicate, un record depuis la création de l'enquête en 1972.

L'enquête soulève en outre un point encore plus important : le profil des emprunteurs en défaut de paiement à complètement changé, comme nous l'annoncions dès juin dernier : "La nouvelle vague de défaillance qui se prépare ne met pas en cause des emprunteurs à risques dont les capacités de remboursement sont bien sous-dimensionnées par rapport à leur emprunt, mais des gens qui ont emprunté dans des conditions normales. Des emprunteurs qui ne pourront plus rembourser quand ils se retrouveront au chômage".

Et comme nous l'expliquions, cette nouvelle vague de défauts de paiement est bien plus dangereuse que celle des subprime : Les banques, qui ne se sont toujours pas complètement remises des subprime, vont maintenant subir les effets des CDS, ces contrats d'assurance contre un risque financier.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Nuvo le 24 Aoû 2009, 18:12

Et le pic pétrolier dans tout ça ? :D
C'est quand même géant la période qu'on traverse.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ren le 24 Aoû 2009, 22:13

Oui, c'est grisant. Comme quand on regarde une tempête qui déferle. Il faut juste faire attention à ne pas se laisser emporter par une vague. Mais en fait tout est normal Nuvo, de toute façon il paraît que ce système est le seul qui fonctionne donc il ne peut se gripper :oops: :P
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Nuvo le 25 Aoû 2009, 10:46

Je ne pense pas que ce soit un problème de système. C'est juste la nature humaine.
L'homo sapiens a deux problèmes : la paresse et l'envie. Donc à partir du moment où l'on a trouvé des ressources fossiles capables de faire le boulot à notre place, on s'est jeté dessus. Et on fera les cons jusqu'à ce que ce soit totalement la merde.
J'aime bien les propositions et les appels à la modération pour la consommation, mais il faut être clair : la machine est emballée et aucune décision politique concertée au niveau internationale ne pourra voir le jour. Le système libéral ayant eu besoin de décervelé les populations pour qu'elle consomme en perdant toute morale, les "gens" ne vont rien comprendre. Ils croiront à un complot islamiste dans les pays producteurs, enfin ce que l'on voudra leur faire gober.
J'adore comment tous les livres parlant du pic se forcent presque à pondre un chapitre sur les solutions. Comme si il fallait en ecrire un pour pouvoir être édité, sinon c'est trop pessimiste.
Pour moi le pic pétrolier n'a rien de si terrible. C'est comme la peur de la mort : on va tous y passer et y être confronté ensemble. Même les riches :D
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede f1pronostics le 25 Aoû 2009, 11:23

Nuvolari a écrit:Je ne pense pas que ce soit un problème de système. C'est juste la nature humaine.
L'homo sapiens a deux problèmes : la paresse et l'envie. Donc à partir du moment où l'on a trouvé des ressources fossiles capables de faire le boulot à notre place, on s'est jeté dessus. Et on fera les cons jusqu'à ce que ce soit totalement la merde.

Bin justement, l'homme s'est organisé pour pouvoir progresser, en réalisant que l'apprentissage l'aidait à sortir de ses pulsions primaires.
Le système il sert à ça. La débauche de puissance et d'énergie a juste fait monter la mayonnaise plus fort, trop fort. Si l'homme n'arrivait pas à asservir des milliers de fois sa force, on n'aurait pas eu cette capacité à ce que des individualités aient autant de pouvoir pour finalement vouloir en profiter individuellement ou en commité restreint.
Le système ne vaut que si il est réparti. La capitalisation sans réserve le rappelle à ses pulsions primaires. J'ai pratiquement écrit de cette manière dans le topic sur la gauche.

Nuvolari a écrit:J'aime bien les propositions et les appels à la modération pour la consommation, mais il faut être clair : la machine est emballée et aucune décision politique concertée au niveau internationale ne pourra voir le jour. Le système libéral ayant eu besoin de décervelé les populations pour qu'elle consomme en perdant toute morale, les "gens" ne vont rien comprendre. Ils croiront à un complot islamiste dans les pays producteurs, enfin ce que l'on voudra leur faire gober.
J'adore comment tous les livres parlant du pic se forcent presque à pondre un chapitre sur les solutions. Comme si il fallait en ecrire un pour pouvoir être édité, sinon c'est trop pessimiste.

Nuvolari a écrit:Pour moi le pic pétrolier n'a rien de si terrible. C'est comme la peur de la mort : on va tous y passer et y être confronté ensemble. Même les riches :D
Je crois que c'est un truc terrifiant pour ma part. L'emballement de la machine est tel qu'il pourrait nous propulser violemment à une pénurie quand on en atteindra les limites de la rupture.
L'idée que tous les schémas de production et de distribution soient trop vite impactés est terrible. L'essence inabordable et c'est la carnage garanti.
Hyperinflation, pas possible d'aller bosser, et rien à bouffer, il se passe quoi derrière? Les solutions alternatives sont inexistantes, on ne produit plus rien pour faire du troc, on est totalement dépendants du système de distribution actuel.
Limiter les consommations, c'est amortir le choc.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Ren le 25 Aoû 2009, 13:50

f1pronostics a écrit:
Nuvolari a écrit:Pour moi le pic pétrolier n'a rien de si terrible. C'est comme la peur de la mort : on va tous y passer et y être confronté ensemble. Même les riches :D
Je crois que c'est un truc terrifiant pour ma part. L'emballement de la machine est tel qu'il pourrait nous propulser violemment à une pénurie quand on en atteindra les limites de la rupture.
L'idée que tous les schémas de production et de distribution soient trop vite impactés est terrible. L'essence inabordable et c'est la carnage garanti.
Hyperinflation, pas possible d'aller bosser, et rien à bouffer, il se passe quoi derrière? Les solutions alternatives sont inexistantes, on ne produit plus rien pour faire du troc, on est totalement dépendants du système de distribution actuel.
Limiter les consommations, c'est amortir le choc.

Je suis assez d"accord avec toi f1pronostics. D'autant que la pic gazier suivra de près. Le problème est que ces phénomènes sont masqués par la crise financière qui n'est que l'arbre qui cache la forêt. Par contre, je ne vois aucune solution radicale au problème comme certains voudraient qu'on leur expose. C'est une prise de conscience collective qui doit s'opérer, une sorte de sevrage progressif et pas trop lent concernant les drogues que sont la consommation exagérée et/ou inutile et l'énergie à bas prix. Et sur ce plan, le système économique et les politiques qui en vivent s'assurent que nous recevions notre dose suffisante pour rester accros. En caricaturant, on pourrait dire que les dealers se sont assurer un approvisionnement en mettant au pas le producteur récalcitrant qu'était l'Irak. Et par la même en renforçant leur présence au sein des autres producteurs de la région excepté un!
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Cortese le 25 Aoû 2009, 13:59

Si, si il y a une solution simple : l'extermination de la part de l'Humanité qui est en surplus.
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Cyril le 25 Aoû 2009, 14:13

Bon courage pour trouver quelle part de l'humanité il faut supprimer.
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Ouais_supère a écrit:Ce forum est dans un état...
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Re: Le déclin de l'empire (économique) Américain.

Messagede Cortese le 25 Aoû 2009, 14:17

Cyril a écrit:Bon courage pour trouver quelle part de l'humanité il faut supprimer.


Celle qui n'a pas de bombes atomiques, c'est évident. Mais je reconnais que c'est pas malin, puisque c'est celle qui vit à peu près en auto-subsistance, et qui n'a besoin ni de beaucoup de pétrole ni de quantités massives d'electricité. C'est l'humanité traditionnelle, quoi, celle qui a survécu depuis 100 000 ans.
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