Tout doucement, Air France essaie de faire passer la pilule. La compagnie tricolore suggère aux personnes à forte corpulence de prendre un second siège en tarif réduit, au risque, sinon, de ne pouvoir embarquer. Cette mesure ne toucherait pas la Calédonie, rassure le transporteur aérien.
L’information est passée discrètement, il y a quelques jours, sur le site « affaire » de la compagnie. En cas de remplissage optimal de l’avion, les passagers à forte corpulence qui n’ont pas réservé deux sièges pourraient se voir refuser l’embarquement. Pour la compagnie bleu-blanc-rouge, il s’agit d’une « mesure de sécurité ». Sur les forums de discussion, le public concerné crie à la « discrimination » et considère la mesure comme « culpabilisante ».
Cette recommandation vise les passagers voyageant en classe éco et dont le tour de taille est supérieur à 135 cm. En contrepartie, le client se voit proposer un second siège, sur lequel s’applique une réduction de 25 %. Il paiera donc son billet 75 % plus cher que les autres passagers, et « pour une prestation très inconfortable car les accoudoirs de ces sièges ne se relèvent pas complètement », note la responsable d’une agence de voyages.
Quand on connaît les tarifs d’un Nouméa-Paris sur Air France et le pourcentage de personnes obèses dans la population (1), la mesure a de quoi faire peur à plus d’un passager.
Les agences de voyages n’ont reçu aucune recommandation
Pourtant, sur le Caillou, les représentants de la compagnie se veulent rassurants. « Nous suggérons, nous n’imposons rien. D’ailleurs ces “ extra-sièges » ne sont quasiment jamais vendus », précise Nathalie Gringore, chargée de la communication. Air France reconnaît être « un peu plus rigoureux, peut-être, à Paris ». Mais en Calédonie, « le problème se pose moins », poursuit la chargée de communication. « Nous sommes en partenariat avec Aircalin. Et nous ne pouvons rien leur imposer. Ce sont eux qui prennent les décisions au départ de Nouméa. » Autre facteur susceptible de peser dans la balance : les avions en direction de Paris sont rarement pleins. On voit donc mal comment la compagnie pourrait refuser d’embarquer des passagers obèses. Mieux, « il arrive parfois qu’ils soient surclassés gracieusement », souligne Nathalie Gringore.
Preuve que la mesure ne menace pas (encore ?) la Calédonie : les agences de voyages n’ont pas reçu de recommandations spécifiques concernant les passagers à forte corpulence. Il est certain que, dans le cas contraire, cette décision ne manquera pas de provoquer un tollé dans le pays.
(1) Une étude réalisée en 2002 par la DASS a révélé que 17 % des jeunes Calédoniens, de 3 à 21 ans, étaient obèses.
hé ben ça va gueuler dans les chaumières !















