Paulson semble avoir beaucoup de mal à convaincre la comission parlementaire pour avaliser son "plan".
Associated Press le 23/09/2008 22h26
Crise financière: un influent sénateur juge le plan de sauvetage "inacceptable"
Le président de la Commission bancaire du Sénat américain a jugé "inacceptable" mardi le plan de sauvetage du secteur financier mis au point par l'administration Bush.
"Ce qu'ils nous ont envoyé est inacceptable", a déclaré le sénateur Chris Dodd, le président démocrate de la Commission bancaire.
Mais ce plan de 700 milliards de dollars proposé par le gouvernement américain suscite également des réticences dans les rangs républicains. "Nous devons étudier des alternatives", a ainsi souligné le sénateur Richard Shelby, membre républicain de cette même commission.
Ces fortes réserves des parlementaires interviennent alors même que le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson et le président de la Réserve fédérale (banque centrale américaine) Ben Bernanke ont tous deux lancé un appel pressant au Congrès pour qu'il adopte le plan de sauvetage au plus vite. MM. Paulson et Bernanke s'exprimaient mardi devant la Commission bancaire du Sénat.
Le patron de la Fed a ainsi affirmé que les Etats-Unis risquaient de plonger dans la récession si le Congrès refusait d'adopter le plan de sauvetage du secteur financier voulu par l'administration Bush.
"Les marchés financiers sont dans une situation très fragile, et je pense que sans un plan les choses vont s'aggraver", a souligné M. Bernanke. "Je crois que si les marchés du crédit ne fonctionnent pas, des emplois seront perdus, notre taux de crédit augmentera, davantage de maisons seront saisies, le PIB se contractera et l'économie ne sera plus en mesure de se rétablir de manière normale."
M. Bernanke estime que le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars est "nécessaire en urgence pour stabiliser la situation et éviter ce qui autrement pourrait être de très graves conséquences pour nos marchés financiers et pour notre économie".
M. Bernanke s'exprimait lors d'une audition de la commission bancaire du Sénat, durant laquelle il a appelé le Congrès à adopter rapidement le plan de sauvetage.
Egalement auditionné, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a pressé le Congrès de voter le texte dès cette semaine.
Les saisies immobilières ont déjà fait de nombreuses victimes parmi les Américains ayant souscrit des prêts immobiliers à risques (subprimes) à taux variable et n'étant plus en mesure de rembourser les mensualités de leur crédit. AP
lma/sop/v0638
USA: le plan Paulson n'est "pas acceptable" en l'état, selon un responsable démocrate
Mis en ligne le 23/09/2008 à 22:21
NEW YORK (AFP)
Le plan de sauvetage du secteur financier américain présenté par le secrétaire au Trésor Henry Paulson "n'est pas acceptable" en l'état, a déclaré mardi le président de la commission bancaire du Sénat, le démocrate Chris Dodd.
"Ce qu'ils (le gouvernement) nous ont envoyé n'est pas acceptable. Cela ne va pas marcher", a dit Chris Dodd à la presse après avoir auditionné M. Paulson et le président de la réserve fédérale américaine Ben Bernanke. "Ils vont devoir revenir et travailler avec nous", a affirmé M. Dodd.
L'influent sénateur, qui mène au Congrès les débats relatifs au plan de sauvetage présenté par le secrétaire au Trésor, a également assuré que "beaucoup de réserves avaient été exprimées ce matin par les démocrates et les républicains" à propos du plan Paulson.
"Il y a plein de questions qui attendent des réponses avant que nous puissions avancer", a ajouté le sénateur Dodd.
Le sénateur Richard Shelby, responsable républicain de la commission bancaire, qui s'exprimait aux côtés de M. Dodd a déclaré: "J'ai beaucoup d'inquiétudes sur cette proposition". "700 milliards de dollars, c'est beaucoup d'argent pour moi, c'est beaucoup d'argent pour les contribuables", a-t-il ajouté.
Les plus hauts dirigeants américains ont imploré mardi le Congrès d'adopter rapidement un plan de sauvetage du système bancaire, alors que les places financières mondiales restaient dominées par l'inquiétude après 10 jours d'une crise sans précédent.
Pendant qu'à New York les dirigeants de la planète évoquaient à l'ouverture de l'Assemblée générale de l'ONU la crise qui secoue les marchés financiers, le Congrès américain a repris ses débats sur le plan de sauvetage des banques d'un montant de 700 milliards de dollars.
"Le Congrès doit agir d'urgence pour stabiliser la situation et éviter ce qui autrement pourrait avoir de très sérieuses conséquences pour nos marchés financiers et notre économie", a averti le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke.
Mais plusieurs sénateurs avaient fait part de leurs réticences.
Le démocrate Jack Reed a regretté que "le contribuable doive assumer le risque de décisions désastreuses prises par des individus fortement rémunérés à Wall Street".
"Nous pourrions très bien dépenser 700 milliards de dollars ou 700.000 milliards et ne pas résoudre la crise. Avant que je signe quelque chose de cette ampleur, je veux savoir que nous avons épuisé toutes les solutions de rechange raisonnables", a lancé son collègue Richard Shelby.
Tentant de rassurer, le patron de la banque centrale américaine s'est dit convaincu de l'efficacité du plan préparé par le Trésor afin de nettoyer les créances douteuses accumulées par les banques dans l'immobilier.
Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a plaidé dans le même sens, appelant les parlementaires à dépasser les clivages politiques à moins de deux mois de l'élection présidentielle américaine. Il a précisé que son plan s'adresserait aussi aux banques étrangères actives aux Etats-Unis.
Sur les marchés, l'euphorie qui avait accueilli l'annonce du plan de sauvetage américain a laissé place aux interrogations devant les discussions du Congrès. Après une ouverture en hausse prudente, Wall Street perdait 1,35% vers 17H50 GMT.
New York a terminé sur un nouveau et net repli: le Dow Jones a cédé 1,47% et le Nasdaq 1,18%.
Les marchés asiatiques -- à l'exception de Tokyo fermé mardi -- ont perdu du terrain, Shanghai reculant notamment de 1,56%. En Europe, Londres a perdu 1,91%, Francfort 0,64% et Paris 1,98%.
Le dollar relevait la tête après sa chute vertigineuse de lundi, cotant 1,4630 face à l'euro contre 1,4796 lundi soir. Le pétrole reculait légèrement après sa flambée de la veille.
Devant l'ONU, le président George W. Bush a assuré que le Congrès allait approuver le plan de sauvetage "avec la rapidité requise".
Son homologue français Nicolas Sarkozy a proposé à ses pairs de se réunir avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la crise, estimant qu'elle est "la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 1930". Il a précisé que cette réunion pourrait se dérouler en novembre sur la base du G8, avec une "possibilité d'ouverture sur les pays émergents".
Le président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva a appelé à "rebâtir" les institutions financières internationales afin qu'elles puissent prévenir les crises à l'avenir.
Malgré son ampleur, le plan de sauvetage américain ne lève pas les incertitudes.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a salué les "mesures courageuses" prises par les Etats-Unis, mais averti que d'autres mesures au niveau mondial seraient nécessaires pour sortir de la crise.
Lundi, la méga-banque japonaise Mitsubishi UFJ a annoncé son intention de voler au secours de sa consoeur américaine en détresse Morgan Stanley, dont elle va acheter jusqu'à 20% du capital.
Au Royaume-Uni, le ministre des Finances, Alistair Darling, a annoncé que le gouvernement britannique allait déposer d'ici 15 jours un projet de loi visant à réformer le système bancaire.