"Il y a une politique nazi de russophobie en Ukraine."
Non, il y a juste un pays qui s'est fait agresser en 2014: ce n'est pas le pouvoir qui dit aux Ukrainiens de se méfier de la Russie mais bien les citoyens qui disaient aux gouvernants de s'en méfier (si c'était le pouvoir la chute de 2014 aurait eu lieu sur plusieurs années le temps que la politique de russophobie fasse effet sur les esprits. L'effet d'une propagande nouvelle n'est jamais immédiat.)

En bleu, le % d'Ukranien qui ont une bonne ou très bonne attitude/opinion envers la Russie.
En pointillé orange, le % de Russes qui ont une bonne ou très bonne attitude/opinion envers les Ukrainiens.
Les auteurs soulignent que les 3 dernières sondages, le sondage n'est pas méthodologiquement équivalent: il est réalisé par téléphone en Ukraine (comme auparavant) tandis qu'il est réalisé par démarchage en face à face en Russie (alors qu'il était réalisé par téléphone auparavant), ce qui peut changer les réponses.
Ce peut affecter les résultats et expliquer la hausse côté Russe (tout comme elle peut être complètement décorellé, on ne sait pas, c'est juste qu'on sait que ça affecte - dans un sens ou l'autre - donc à prendre avec des pincettes sur la fin).
On remarquera aussi qu'avant 2014, les Ukrainiens apprécient la Russie quelque soit le gouvernant (Medvedev ou Poutine).
En revanche, on remarque qu'avant 2014, les Russes n'apprécient les Ukrainiens que si c'est le Parti des Régions (voir par exemple avant 2010).
(Alors que en corollaire de ma première remarque, les Ukrainiens apprécient la Russie quelque soit leur propre gouvernement, bref avant 2014, l'idée d'une propagande ukrainienne sur la Russie est imaginaire. Tout autant qu'il l'est d'ailleurs après 2014. La rupture de 2014 n'est donc le fait que de la Russie.)
Bref, une estime assez inconditionnelle d'un côté (même si c'est un régime autoritaire, voire une démocrature dans le pays voisin), tandis que de l'autre c'est une estime seulement si tu fais comme on veut.
Puisque la presse n'est pas libre en Russie (je ne pense pas qu'il y ait un vrai pluralisme en France, mais au moins la presse est libre, condition nécessaire pour que le pluralisme surgisse [ou pas]), nul doute que les partis du pays voisin sont présenté de manière binaire (avant même leur arrivée au pouvoir) à longueur d'année. Ce qui fait que l'élection de l'un ou l'autre provoque une réaction immédiate ("ah c'est les gentils qui sont là, ah c'est les méchants qui sont là")
Même l'affrontement populaire avec Ianoukovitch entre fin 2013 et fin février 2014 n'a pas d'effet sur l'opinion ukrainienne sur les Russes. Puisque mi-février 2014, c'est stable comme on le voit. C'est qu'en mai 2014 que la chute est là. Que s'est-il passé depuis mi-février?
Hugues