Lucky a écrit:Et le coup de grâce donné par Silverwitch : Bon, ça commençait pas mal...
"C'est assez simple je crois: Titanic est un film qui console son spectateur, un film qui fait pleurer parce que ça fait du bien de pleurer. Beaucoup de gens aiment que le cinéma les console de leur vie quotidienne, c'est l'effet Barbara Cartland et en ce sens que la fin du film soit heureuse ou malheureuse ne change rien à l'aspect consolatoire du film."
Oui, c'est bien vu. Je suis d'accord. Mais ensuite ça devient plus sévère :
"Il y a fondamentalement deux sortes de littérature. L'une vous aide à comprendre, l'autre vous aide à oublier. La première vous aide à devenir une personne libre et un citoyen libre, l'autre aide les gens à vous manipuler."
Ah, voilà l'artillerie lourde ! La romance, le sentiment, c'est abrutissant, abêtissant, on devient des sortes de zombis décérébrés à en consommer de trop grandes quantités... Echec et mat !![]()
![]()
![]()
Lucky,
Je ne faisais pas de lien entre cinéma sentimental et la citation que tu rapportes ici. Ce qui me gêne dans ta proposition c'est que tu sembles faire un lien logique que je ne vois pas: sentiment=film sentimental. La romance si cela veut dire une histoire à l'eau de rose, je trouve cela souvent conventionnel. Et c'est là qu'est l'un des problèmes. Certaines romances sont justement des outils de résignation qui encouragent les femmes (public visé) à rêver et accepter l'ordre établi. Cette résignation qu'encourage le film sentimental dans tous les domaines m'ennuie parce que les films jouent alors un rôle d'édification de la femme et d'ordre social.
Pour autant les grandes comédies américaines sont souvent pleines de bons (ou moins bons) sentiments. J'ai dans ma signature une image de "The Ghost and Mrs Muir" de Manckiewicz avec Gene Tierney et Rex Harrison, l'un des films les plus beaux et les plus tristes sur le couple que je connaisse. On pourrait citer des comédies de Lubitsch comme "Heavent can wait" ou les nombreux films de Capra, sans oublier Wilder ou bien encore des films de Cukor comme "The Philadephia Story", un joyau de la comédie sentimentale avec Katherin Hepburn (une femme libre), James Stewart et Cary Grant. Je me méfie des sentimentaux. Kafka disait: "Sécheresse de coeur dissimulée derrière le style débordant de sentiments". Et Stravinsky d'ajouter qu'il n'y a au fond rien de plus insensible que les sentimentaux.
The Philadelphia Story
Hepburn et Jimmy Stewart toujours dans The Philadelphia Story
Gene Tierney et Rex Harrison (deux de mes comédiens préferés) dans The Ghost and Mrs Muir
Idem dans l'un des plus beaux films du monde
Silverwitch (non dépourvue de sentiments)






