Marlaga a écrit:Tu crois que tu soulignes des absurdités alors que tu illustres parfaitement le concept de préférence nationale qui est au coeur du projet du FN et au coeur de mes convictions profondes. Oui, le système éducatif français, payé par les impôts des français, hébergé par des locaux français, organisé par des structures françaises doit bénéficier aux français. Les étrangers qui viennent pour en profiter devraient être en nombre très limité, en accès contrôlé par un examen de mérite et surtout en payer l'accès à un tarif supérieur aux français.
Et dans tous les cas, l'étranger devrait être en situation régulière de présence sur le territoire. Le laxisme total consistant à accepter sur son territoire des étrangers en situation irrégulière et à leur donner des médailles est une absurdité et un danger sur l'intégrité du pays.
Et que les belges en fassent autant ou pas, tu dois avoir du mal à imaginer à quel point je m'en branle.
Le concept de "préférence nationale" du FN traduit bien le désarroi idéologique de ce parti, ainsi que son mépris des "valeurs" françaises qu'il prétend défendre. Il y a une confusion entre la citoyenneté qui réserve les droits politiques aux nationaux, c'est-à-dire qu'en République Française seuls les Français
devraient avoir le droit de vote et les droits accordés à tous les individus sur le sol français, quelle que soit leur nationalité ou leur origine. Qui peut imaginer qu'un étranger serait privé de ses droits civils et sociaux ou de ses libertés individuelles parce qu'étranger ? Cela n'a aucun sens. En France un étranger n'a pas de droits politiques, enfin devrait être privé de droits politiques puisque la construction européenne met à bas ce principe essentiel.
On ne confondra pas les droits civils, économiques et sociaux, les libertés individuelles et les droits politiques, associés à la citoyenneté. Et ce en vertu de la distinction révolutionnaire entre
les droits de l'homme et les droits du citoyen. Je sais, une vieille lune cette déclaration de 1789, quand bien même socle de notre conception républicaine et politique. Pourquoi cette déclaration ne s'appelle-t-elle pas tout simplement droits de l'homme ou droits du citoyen ? Pourquoi pas selon la logique de la droite identitaire une simple déclaration des
droits des Français ?
Les droits de l'homme et les droits du citoyen sont liés l'un à l'autre mais ne se confondent pas. Les droits du citoyen proviennent de sa participation à une communauté politique, les droits de l'homme sont des droits de l'homme
en tant qu'homme. Français ou étranger, mais pas moins homme. Les droits du citoyen ne sont pas les droits de l'homme, mais ils sont liés car sans droits de l'homme les droits du citoyen ne vaudraient rien.
Je passe rapidement sur les marottes identitaires:
- la générosité des droits sociaux ou économiques accordés aux étrangers n'a rien à voir avec les flux migratoires (de même le droit du sol), le système social français est ouvert et généreux, la nationalité un plus facile à acquérir et pourtant la France est loin d'être la première destination des immigrés en Europe, très loin derrière l'Allemagne, derrière le Royaume-Uni ou encore l'Italie.
- La question du coût économique est grotesque: la scolarisation des enfants étrangers en situation régulière ou non, l'aide médicale d'urgence représentent une goutte d'eau dans les dépenses sociales du pays et n'ont évidemment aucune incidence sur la pauvreté en France. À titre personnel, je ne crois guère aux grandes déclarations sentimentales des contempteurs de aides sociales aux étrangers, par quel miracle la sécheresse de coeur dont ils font preuve vis à vis des malades ou des enfants étrangers, réguliers ou non, se métamorphoserait-elle en générosité vis à vis des nationaux ? Le miracle de la carte d'identité ou plus prosaïquement le miracle de la couleur de peau ?