T'as raison... rien que les faits....

On peut maintenant retrouver les propos israelophiles de Valls ou Fabius.
Israël appelle la France à ne pas "fléchir" face à l'Iran
Le Monde.fr avec AFP | 15.11.2013 à 20h42 • Mis à jour le 15.11.2013 à 20h51
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a appelé, vendredi 15 novembre, la France à ne pas "fléchir" face à l'Iran dont le programme nucléaire sera au centre de négociations à Genève à partir du 20 novembre.
Lire : A Jérusalem, François Hollande se prépare à un nouvel exercice d’équilibrisme
"Les États-Unis demeurent pour nous un allié important, et même le plus important. Mais notre relation avec la France est également très spéciale", a déclaré le premier ministre israélien, interrogé à la veille de la visite dimanche en Israël du président François Hollande, dans une interview au quotidien Le Figaro à paraître samedi 16 novembre.
"FACE À L'IRAN, IL N'EST PAS PERMIS D'ÊTRE FAIBLE OU NAÏF"
"Sur le dossier iranien, nos deux pays défendent des positions communes depuis de nombreuses années, quelle que soit la majorité au pouvoir, et nous poursuivons ce partenariat essentiel avec le président Hollande. Nous saluons sa position cohérente et déterminée sur le dossier iranien", a-t-il dit. "Ma conviction est qu'on ne doit pas baisser la garde" face à l'Iran, un régime que M. Nétanyahou qualifie d'"agressif, violent, messianique et apocalyptique".
"Ce pays est en train de se doter de missiles balistiques intercontinentaux, dont le projet d'accord rédigé à Genève ne dit pas un mot", a-t-il déploré. "Pour quoi faire ? Pas pour frapper Israël, ce qu'ils sont déjà en mesure de faire, mais bien pour atteindre Paris ou Londres, Washington ou New York [...] Face à l'Iran, il n'est pas permis d'être faible ou naïf".
François Hollande sera de dimanche à mardi en Israël et dans les territoires palestiniens, au moment où la France apparaît au côté des Israéliens face à l'Iran. La semaine dernière, trois jours d'intenses négociations à Genève n'avaient pas permis d'aboutir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran, soupçonné malgré ses démentis de chercher à se doter de l'arme atomique.
REPRISE DES NÉGOCIATIONS LE 20 NOVEMBRE
La France, en pointe lors de ces négociations, avait semblé jouer le rôle de garde-fou. Des médias et des responsables iraniens avaient accusé la France d'avoir fait échouer les négociations par son intransigeance à la dernière minute, mais Washington a répété que certaines informations de presse à ce sujet ont été "trompeuses".
Les négociations reprennent le 20 novembre à Genève entre le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Sharif, et les directeurs politiques des "5 + 1" (France, Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume-Uni et Allemagne), les six nations impliquées dans ce dossier.
Israël, en froid avec Washington, déroule le tapis rouge à François Hollande
LE MONDE | 16.11.2013 à 10h39 • Mis à jour le 17.11.2013 à 08h29 |
Que dire de plus sans tomber dans l'affectation ? Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déjà affirmé qu'il attendait « avec impatience » son « ami proche » François Hollande (rencontré pour la première fois, à Paris, le 31 octobre 2012), et qu'il déroulerait pour lui « le tapis rouge ». Pourtant, si les drapeaux tricolores sont visibles depuis plusieurs jours dans les rues de Jérusalem, la presse israélienne n'accorde à la visite du président français – à partir de dimanche 17 novembre, et jusqu'à mardi – qu'un intérêt très limité, ce qui, faute d'enjeu, peut se comprendre.
François Hollande sera d'autant mieux accueilli par Israël que les relations entre les deux pays – si on met de côté les périodes gaullistes – ont toujours été bonnes, et que l'hôte de l'Elysée, tout en réaffirmant les positions traditionnelles de Paris sur les négociations de paix israélo-palestiniennes, ne prendra aucune initiative de nature à écorner le climat consensuel de sa visite d'Etat en Israël, placée sous le signe de la continuité.
Mais il y a une autre raison au « tapis rouge » de M. Nétanyahou : François Hollande bénéficie de l'« effet Kerry ». John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, est de plus en plus critiqué à Jérusalem, en raison d'un double contentieux : ses remarques acerbes s'agissant de l'attitude israélienne lors des négociations de paix avec les Palestiniens, et surtout l'expression publique de divergences à propos du programme nucléaire militaire de l'Iran.
M. KERRY PLUS CONSIDÉRÉ COMME « IMPARTIAL »
Israël a peu apprécié que le chef de la diplomatie américaine adresse une rebuffade à Benyamin Nétanyahou, coupable à ses yeux de critiquer un accord en cours de négociation avec Téhéran, sans avoir tous les éléments à sa disposition. Outre que ce reproche semble impliquer que Washington n'a pas jugé utile d'informer son meilleur allié stratégique au Proche-Orient, c'est faire peu de cas, estime-t-on à Jérusalem, de la situation spécifique de l'Etat juif, première cible potentielle d'un Iran nucléaire.
De même, en agitant le risque d'une « troisième Intifada », qui, par hypothèse, serait la conséquence de l'effondrement du processus de négociations avec les Palestiniens, John Kerry a indirectement mis en cause l'intransigeance israélienne à propos de la colonisation, qui est « illégitime » pour l'administration Obama. Le résultat de cette tension diplomatique est que M. Kerry, à en croire une partie de la presse israélienne, n'est plus considéré comme un « médiateur impartial ».
A l'inverse, la France est exemplaire, aux yeux des dirigeants israéliens, dans sa fermeté et ses exigences vis-à-vis de Téhéran. Ce n'est pas un hasard si M. Nétanyahou s'est réjoui d'accueillir Laurent Fabius, puisque le ministre français des affaires étrangères est réputé avoir dit non au « mauvais accord » avec Téhéran qui, selon le premier ministre israélien, était concocté lors des récentes négociations de Genève.
Qu'adviendra-t-il de cette entente cordiale si d'aventure les pays du groupe P5 + 1 (les membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne) se mettent finalement d'accord pour accepter un processus intérimaire de dénucléarisation de l'Iran, avec un allégement des sanctions ? Réponse incertaine, mais en tout état de cause, le président français aura achevé sa visite en Israël la veille de la reprise des négociations de Genève, le 20 novembre.
"ARRÊT SUR IMAGE"
« Disons, constate un haut diplomate israélien, que nous faisons un arrêt sur image à l'occasion de la visite de M. Hollande : à ce stade, les positions publiques de la France nous satisfont. » Sans aller jusque-là, la position française sur le processus de paix est considérée comme sans surprise. « La France et l'Union européenne ne sont pas directement impliquées dans les discussions en cours , souligne ce diplomate, et on s'attend à la réaffirmation d'une ligne traditionnelle. »
Mais la sémantique a son importance : François Hollande n'aura pas de mal à rappeler, comme Nicolas Sarkozy, que Jérusalem « a vocation à devenir capitale de deux Etats », mais demandera-t-il, à l'instar de son prédécesseur, « un arrêt total et immédiat de la colonisation » ? Acceptera-t-il de reconnaître, comme le souhaiterait son hôte, qu'Israël est « l'Etat-nation du peuple juif » ? C'est peu probable.
La France pèse-t-elle sur le processus de paix israélo-palestinien ? Vu de Jérusalem, il ne semble pas. On estime cependant à l'Elysée qu'il est « simplificateur » d'affirmer que seuls les Etats-Unis peuvent influer sur les parties en présence. La France « a une influence importante et elle continuera à l'exercer », assure un conseiller présidentiel. Il est vrai que l'Union européenne fait preuve d'une audace nouvelle.
En adoptant des « lignes directrices », l'Union européenne a exclu des avantages financiers du programme scientifique européen Horizon 2020 les entités israéliennes situées dans les colonies. Israël a fait une contre-proposition pour s'assurer que ces dispositions ne seront pas applicables aux entités israéliennes dont l'activité se situe en Israël et qui financeraient des projets (non humanitaires) situés dans des territoires palestiniens occupés. C'est un sujet sensible, qui touche à la question des frontières de 1967, lesquelles doivent servir de base pour la fixation de celles du futur Etat palestinien.
Lire : L'étranglement économique de Gaza
Les dirigeants israéliens, avec l'aide des Etats-Unis, s'efforcent d'assouplir la position de l'Union européenne, et celle-ci attend du président français qu'il réaffirme le consensus des Vingt-Huit. Israël souhaite que le dossier iranien domine la visite du président français, et c'est ce qui va se passer. Mais François Hollande a aussi en tête la situation économique de la France et les chiffres du chômage.
Il va donc mettre l'accent sur la nécessité de dynamiser les échanges commerciaux avec Israël. La relation économique entre les deux pays est bonne, dit-on à l'Elysée, « mais pas à la hauteur de la qualité du dialogue politique ». C'est un euphémisme : la part de marché de la France en Israël dans ces échanges est de 2,17%, contre 6,58% pour l'Allemagne. Paris souhaite qu'Israël déroule le « tapis rouge » pour ses investisseurs, mais ceux-ci restent très timorés vis-à-vis de la « start-up nation ».
Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)
Journaliste au Monde
Face à l'Iran, les républicains saluent la fermeté de la France
Home
ACTUALITE
International
Par Laure Mandeville
L'alliance de fait entre la France, le Congrès américain et Israël met Obama et les colombes de la Maison-Blanche sous pression.
P
«Vive la France!» a tweeté le sénateur républicain John McCain ce week-end après la fermeté de Paris sur le dossier du nucléaire iranien. Les Français ont eu «le courage d'empêcher un mauvais accord avec l'Iran», a-t-il ajouté. Son vieux complice Lindsay Graham est tout aussi positif sur la volonté de Laurent Fabius de ne pas accepter «un accord de dupes» avec Téhéran. «Dieu merci pour la France…», a lancé l'élu de Caroline du Sud sur CNN, qui ne veut pas «d'une Corée du Nord au Proche-Orient!».
Cette francophilie en dit long sur les profondes réticences que suscite au Congrès la négociation engagée par l'Administration Obama avec Téhéran. Beaucoup d'élus, démocrates comme républicains, ont peur que les colombes de la Maison-Blanche, soucieuses d'éviter une confrontation armée, ne soient prêtes à accepter un accord mal ficelé, qui ne ferait que donner du temps à Téhéran pour construire la bombe, comme il y a dix ans. En ce sens, «ils sont en phase avec les préoccupations de la France, qui ne veut pas d'un accord au rabais», note une source diplomatique française. Une intéressante alliance des «faucons» se dessine de facto entre Paris, Jérusalem, le Congrès et les monarchies du Golfe, anxieuses d'un accord avec la Perse qui se ferait sur leur dos.
C'est donc sur ces multiples fronts extérieurs et intérieurs que la diplomatie américaine va devoir se mobiliser d'ici au 20 novembre, après un week-end qui a vu capoter l'accord espéré à Genève. L'Iran et le groupe 5 + 1 (qui comprend les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine + l'Allemagne) continuent de parier sur un succès - Paris y compris. Mais le secrétaire d'État John Kerry, qui rentrait ce lundi à Washington avant d'être entendu sur la colline du Capitole, va devoir convaincre le Congrès de laisser du temps à la négociation, alors que les élus veulent voter dès cette semaine un nouveau train de sanctions.
Arrivée tardive
Aux États-Unis, divisés sur le dossier, certains sont tentés de taper sur la France et de lui faire porter la responsabilité de l'échec du week-end. Le blog de Josh Rogin, The Cable, s'est fait l'écho de propos de diplomates qui dénoncent l'immixtion supposément tardive de Paris dans la négociation et affirment que la fermeté française a pris Kerry par surprise. Mais cette description ne semble pas tenir la route, vu le dialogue étroit que Paris entretient avec Washington et les partenaires du groupe 5 + 1 depuis des mois. «Sous-entendre que la France s'est pointée au dernier moment, alors que nous sommes depuis dix ans en première ligne, c'est très étonnant», note une source française. Les diplomates de l'Hexagone balaient aussi les arguments des mauvaises langues washingtoniennes qui affirment que Paris a voulu se placer auprès des Saoudiens dans l'espoir de leur vendre armes et centrales. «Il faut être sérieux, le nucléaire iranien est un sujet trop important pour qu'on raisonne à ce niveau: notre position est de principe, note la même source. La France ne voulait pas d'un accord précipité sans mécanismes clairs de vérification et a posé des conditions de bon sens, notamment sur l'arrêt de la construction de la centrale d'Arak et sur les limites du droit à l'enrichissement de l'Iran.» Nombre d'experts à Washington, comme Mark Dubowitz, de la Fondation de la défense des démocraties, font d'ailleurs l'éloge des «compétences techniques» uniques des négociateurs français sur le nucléaire iranien, jugeant qu'ils sont les seuls à faire le poids face aux roués négociateurs persans.
Les Français sont d'ailleurs persuadés que la Maison-Blanche est finalement plutôt contente du partage des rôles (entre bons flics américains et méchants flics français). Même si la fermeté française embarrasse l'Administration Obama, la faisant implicitement passer pour une équipe de mollassons imprévoyants. John Kerry a d'ailleurs évité tout coup de griffe à Paris, remerciant au contraire les Français et soulignant que les négociateurs du 5 + 1 avaient présenté une position unifiée aux Iraniens, qui avaient pris la responsabilité de la rejeter. «Nous ne sommes pas aveugles et je ne pense pas que nous soyons stupides», a-t-il dit sur NBC, précisant qu'il préférerait une absence d'accord à un mauvais accord.
Plus que les Français, ce sont les Israéliens et le Congrès qui réclament son attention. Prolongeant l'action déployée par le premier ministre Nétanyahou, son ministre de l'Économie, Naftali Bennett, arrive ce mardi aux États-Unis pour «mener campagne au Congrès» contre un «mauvais accord». Kerry va donc devoir convaincre le lobby pro-Israël omniprésent sur la Colline de geler tout vote sur les sanctions, le temps de la négociation.
Les inspecteurs de l'ONU vont avoir accès à l'usine iranienne d'Arak
L'Iran et l'Agence nucléaire de l'ONU se sont accordés lundi sur les vérifications que pourront conduire les inspecteurs de l'AIEA, lors de la visite à Téhéran du chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Yukiya Amano. Cette feuille de route prévoit une inspection de l'usine de production d'eau lourde d'Arak, à laquelle l'agence onusienne tente d'accéder depuis 2011. Yukiya Amano a affirmé qu'une visite de la base militaire iranienne de Parchin, soupçonnée d'avoir abrité des essais nucléaires, serait discutée après la finalisation de cet accord préliminaire. Téhéran refuse depuis 2012 à l'AIEA l'accès à des bâtiments suspects de cette base, en raison de sa nature militaire et parce que l'agence y a déjà conduit des inspections en 2005, qui n'avaient rien donné.