Aym a écrit:Je n'ai pas la réponse non plus, juste des impressions et certains faits. Je pense qu'internet a modifié certains comportements. Le libre accès à la violence gratuite, à des vidéos de gens qui font n'importe quoi : on a désormais très facilement accès à tout et n'importe quoi, avec des exemples facile à suivre, et des choses montrées qu'on n'aurait jamais imaginé spontanément.
Tu as sans doute raison, au moins partiellement.
Je repense souvent à une anecdote qui est arrivée à un ami proche. Lorsqu'il était à l'école primaire, il avait une dizaine d'année quand un jour de vacances scolaires, lui et un copain de son âge sont entrés dans l'école et ils ont tout détruit dans les classes. Il est incapable de dire pourquoi ils avaient fait ça, mais ils n'avaient pas eu besoin d'exemple.
Les conneries dangereuses pour braver l'interdit, pour montrer qu'on a les couilles ou pour se sentir exister dans un groupe, j'ai l'impression que ça a existé de tout temps. Les tours de mobylette, à faire des chronos, des roues arrières ou des glissades sur la neige sur les parking en bas de l'immeuble, au risque éventuel de renverser une petite vieille ou un môme, ben ça existait y'a 30 ans (et probablement avant, mais j'étais alors trop jeune).
Si je pense qu'effectivement internet a modifier des comportements en servant certaines fois "d'exemple", mais je pense qu'un jeune qui fait une connerie en imitant quelque chose vu sur internet aurait probablement fait une connerie, mais une autre.
Aym a écrit:Si on compare avec la France de nos grand-parents, je pense que la France actuelle est plus laxiste, oui.
Mes parents sont nés avant la seconde guerre mondiale. On remonte donc là à presqu'un siècle. A cette époque, plus des 3 quarts des jeunes travaillaient avant 14 ans, et largement plus de la moitié n'avait pas le certificat d'études. L'éducation se terminait par le travail, dans les champs ou à l'usine.
Comparer les situations en focalisant sur le laxisme me semble difficile.
Par contre si on remonte sur les 30 dernières années, même sur les 50, je ne vois pas de différence aussi nette.
Aym a écrit:Un truc tout con : les cours de morale, à l'école, permettaient de faire passer clairement le message de ce qui était convenable ou non. Des trucs tout simples : céder sa place assise aux personnes âgées, ne pas parler trop fort, respecter les autres : des choses qui paraissent évidentes à ceux dont les parents ont inculqué ces choses-là. Mais un enfant à qui on n'a jamais dit que cracher par terre était mal, par exemple ? Il n'aura pas conscience de faire quelque chose de mal. Et on peut transposer ça à pas mal de comportements.
Il y a l'éducation civique.
Aym a écrit:J'ai le sentiment que plus les années passent, moins la plupart des jeunes ont de repères fixés, de limites établies. Ça devrait normalement passer par les parents. Mais si les parents sont démissionnaires, y'a pas 36 solutions, il faut remettre ça à l'école. Je ne dis pas que ça solutionnera tout, mais ça permettrait déjà d'inverser la tendance.
Tout d'abord, les parents, dans leur très grande majorité, ne sont pas démissionnaires. Au contraire, ils sont le plus souvent très présent dans l'éducation des enfants, quelquefois trop (en remettant en cause les compétences du maître, du prof, le programme …), se posant des questions sur les méthodes d'éducation (on n'a jamais autant lu sur la psychologie de l'enfant, sur les façon de les éduquer). Avant, il me semble qu'on se posait moins de questions : c'était une baffe et puis au lit. Est-ce que c'était mieux, j'en doute.
Ensuite, il me semble que ce que tu appelles "cours de morale", c'est ce qu'on appelle aujourd'hui l'éducation civique, non ?
Moi je pense que la violence, le vol, la délinquance, ça touche d'abord, et depuis très longtemps, les populations qui sont le plus touchées par les problèmes sociaux et économiques. C'est d'ailleurs pourquoi, si recrudescence de cette délinquance violente il y a effectivement, c'est probablement lié à une dégradation de la situation socio-économique depuis 40 ans.
Alors j'entends déjà les Marlago-nickloz nous dire que je suis en train d'excuser ces pauvres petits. Il n'en est rien, et je fais juste confiance à la police et la justice pour juger et punir chaque délinquant. Il s'agit pour moi de réfléchir aux leviers qu'il faudrait actionner pour agir réellement sur cette délinquance, et il me semble que ceux-ci sont d'abord socio-économiques avant d'être répressifs ou même préventifs.