Modérateurs: Garion, Silverwitch
Mufasa a écrit:Tu m'as toujours mal lu. Je n'ai pas dit ces choses-là, c'est justement ce que je réfute.
A mon avis, l'insurrection est issue de manifestations populaires, y compris dans les villes de l'ouest. A nouveau ça ne veut pas dire qu'elles représentent l'ensemble du pays, ni même une majorité, mais l'insurrection dans ces villes est, à mon avis, une illustration d'un mécontentement populaire particulièrement significatif.

Cortese a écrit:Il me parait évident que cette insurrection est le fait d'une élite (que j'imagine assez semblable à ce que silverwitch nous décrit de la tendance Rafsandjani en Iran, et que je retrouve en Algérie), mécontente de ne pas accéder à la "mondialisation", et à ses relais tribaux.


Waddle a écrit:Il ne se passe plus grand chose en Libye.
C'est quoi la suite? Et les occidentaux auraient-ils abandonné l'idée de faire partir Kadhafi finalement?
Quid des américains qui ont mis des moyens colossaux, et qui semblent s'être retirés militairement?

Mufasa a écrit:Silverwitch,
Je renonce à cette discussion, puisque je ne parviens pas à me faire comprendre de toi, et que tu me fais dire le contraire de ce que j'essaye d'exprimer.
Bonne journée,
Mufasa

Mufasa a écrit:Silverwitch,
Je renonce à cette discussion, puisque je ne parviens pas à me faire comprendre de toi, et que tu me fais dire le contraire de ce que j'essaye d'exprimer.
Bonne journée,
Mufasa


silverwitch a écrit:Mufasa a écrit:Silverwitch,
Je renonce à cette discussion, puisque je ne parviens pas à me faire comprendre de toi, et que tu me fais dire le contraire de ce que j'essaye d'exprimer.
Bonne journée,
Mufasa
Mufasa,
Je suis désolée de cette incompréhension.
Voyons:
- Quand une insurrection armée progresse à travers la Libye aux premiers jours, elle le fait par la force. Ta conclusion: elle est soutenue par un mouvement de mécontentement populaire.
- Quand l'armée régulière (c'est-à-dire les troupes fidèles à Kadhafi) progresse à travers la Libye, elle le fait par la force. Ta conclusion: cette avancée traduit une supériorité militaire (en termes d'équipement et d'organisation).
Il y a donc un défaut de logique et un point de vue orienté dans ton analyse: le rapport de force ne veut rien dire, sauf s'il est le fait de l'insurrection armée, puisqu'alors tu lis cette progression comme l'expression d'un "mécontentement populaire". A contrario, toute défaite militaire des rebelles sera lue à l'aune du fait qu'ils seraient, je cite, "mal armés, désorganisés et inexpérimentés, principalement composés de combattants volontaires et non de militaires de profession".
Or ce second point est inexact. Une part non-négligeable de militaires de carrière se sont soulevés, et à leur tête des officiers expérimentés, des avions de combat, de l'artillerie et des blindés. Passons sur ce point qui traduit avant tout l'état de désinformation entretenu par les grands médias occidentaux.
Aujourd'hui le rapport de forces est quoi qu'il arrive renversé: les troupes de Kadhafi subissent de lourdes pertes, et malgré tout les villes reconquises par Kadhafi ne sont pas l'objet de disputes armées. En bref, si la légitimité des armes est insuffisante, il t'appartient de faire la distinction (ou le rapprochement) entre les deux. Si les villes de l'Est sont aux mains d'une insurrection armée, cela ne veut pas dire que le peuple soit plus en accord, d'une manière ou d'une autre avec celui qui détient la force.
Je signale donc simplement que comme ton discours se veut objectif et distancié, il devrait être soumis à une plus grande prudence.
Silverwitch

Mufasa a écrit:Bon, je comprend mieux maintenant, ce que tu veux dire. J'avais réagi vivement, mais en fait c'est bien moi qui ne t'avait pas comprise hier. En gros tu me demandes pourquoi j'ai l'opinion A dans la situation 1 (soulèvement des villes de l'ouest) et l'opinion B dans la situation 2 (revers militaires des rebelles sur le front), puisque tu estimes que les situations 1 et 2 sont analogues.
En fait je ne pense pas qu'il y a contradiction, parce que je n'arrive pas à comparer les deux situations (je n'y ai pas pensé une seconde et c'est pour ça que je ne comprenais pas où tu voulais en venir). Je ne perçois pas le soulèvement des villes de l'ouest comme une action mlitaire classique entre 2 armées opposées, mais des manifestations populaires qui ont changé de forme au gré des événements, et abouti à la prise de contrôle de la ville par la "rue". Evidemment, ça ne veut pas dire que la "rue" représente forcément la "majorité silencieuse". Mais c'est à mon avis l'expression "éclatante" d'un mécontentement populaire important (le mot "éclatant"ou "frappant" est justifié, tant un tel acte -- renverser le pouvoir local dans un régime dictatorial !! -- est dramatique), même s'il n'est pas forcément majoritaire.
Quand je réfutais l'affirmation de Cortese, c'est autour d'un autre cas de figure, celui de 2 armées opposées et d'une situation strictement militaire. De même, lorsque les rebelles ont avancé en 2-3 jours vers Sirte après l'intervention de l'OTAN, je n'ai en aucun cas estimé que leur avance (par rapport aux revers avant l'action de l'OTAN) venait de leur "légitimité populaire", mais au contraire, d'un simple changement du rapport de force militaire en raison des attaques de l'OTAN.

Aiello a écrit:Mufasa a écrit:Silverwitch,
Je renonce à cette discussion, puisque je ne parviens pas à me faire comprendre de toi, et que tu me fais dire le contraire de ce que j'essaye d'exprimer.
Bonne journée,
Mufasa
Encore une victoire de Silverwitch par KO. Elle va finir par tous nous avoir.![]()

silverwitch a écrit:Mufasa,
Merci pour ces précisions ! [...] Trop souvent, on nous affirme que le pouvoir ne se maintient que par la terreur, je posais donc la question de savoir ce qu'il en était dans les villes sous le contrôle d'une insurrection armée. Le peuple est-il libre de désavouer ceux qui prétendent désormais le représenter, de gré ou de force ?
Silverwitch


Libye: Et si les avoirs gelés de Khadafi servaient à armer les insurgés?
CONFLIT - Une proposition italienne...
Les pays de la coalition internationale engagée en Libye étudient toujours la possibilité d'armer les rebelles, a déclaré ce mercredi à Doha (Qatar) un porte-parole de l'insurrection. Le financement serait assuré par le détournement d’avoirs libyens gelés, a même proposé l’Italie, contre l’avis de l’Allemagne.
«La question financière est cruciale, nous devons prendre de l'argent des avoirs gelés. Nous y sommes favorables et nous le proposerons dans les discussions», a dit un responsable du ministère italien des Affaires étrangères. «Nous voulons une sorte de programme pétrole contre nourriture, comme en Irak, une sorte de fonds qui détournerait de l'argent des avoirs gelés en direction des rebelles», a-t-il ajouté.
Nouveaux bombardements de l’Otan à Tripoli et Syrte
Cette proposition intervient alors que, sur le terrain, le conflit semble sérieusement s’enliser, provoquant autant l’inquiétude des insurgés que de la France et de la Grande-Bretagne qui ont demandé plus d’effort de la part de l’Otan. Conséquence ou non, des avions de la coalition internationale ont mené ce mercredi des raids sur Tripoli et Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, a annoncé la télévision publique libyenne. Cette dernière a ajouté que le quartier général de Kadhafi à Tripoli, la caserne Bab al Azizia, a également été visé par une attaque aérienne. Une forte explosion a en effet secoué la capitale, rapporte un correspondant de Reuters. Selon la chaîne de télévision Al Arabiya, deux explosions se sont aussi produites près de l'aéroport de la capitale libyenne.
Ce mercredi, les rebelles libyens ont répété qu’ils ne discuteront d'aucun plan de paix incluant Mouammar Kadhafi et n'envisagent pas de pourparlers non plus avec Moussa Koussa, l'ancien ministre des Affaires étrangères ayant fait défection, a indiqué un porte-parole lors de la réunion du groupe de contact sur la Libye à Doha. Le successeur de Moussa Koussa à la tête de la diplomatie libyenne, Abdelati Obeïdi, a lui aussi quitté le pays ce mercredi à destination de Chypre, via la Tunisie, mais rien ne laisse encore penser qu’il s’agit d’une nouvelle défection.

Alzam a écrit:Libye: Et si les avoirs gelés de Khadafi servaient à armer les insurgés?
CONFLIT - Une proposition italienne...
Les pays de la coalition internationale engagée en Libye étudient toujours la possibilité d'armer les rebelles, a déclaré ce mercredi à Doha (Qatar) un porte-parole de l'insurrection. Le financement serait assuré par le détournement d’avoirs libyens gelés, a même proposé l’Italie, contre l’avis de l’Allemagne.
«La question financière est cruciale, nous devons prendre de l'argent des avoirs gelés. Nous y sommes favorables et nous le proposerons dans les discussions», a dit un responsable du ministère italien des Affaires étrangères. «Nous voulons une sorte de programme pétrole contre nourriture, comme en Irak, une sorte de fonds qui détournerait de l'argent des avoirs gelés en direction des rebelles», a-t-il ajouté.
Nouveaux bombardements de l’Otan à Tripoli et Syrte
Cette proposition intervient alors que, sur le terrain, le conflit semble sérieusement s’enliser, provoquant autant l’inquiétude des insurgés que de la France et de la Grande-Bretagne qui ont demandé plus d’effort de la part de l’Otan. Conséquence ou non, des avions de la coalition internationale ont mené ce mercredi des raids sur Tripoli et Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, a annoncé la télévision publique libyenne. Cette dernière a ajouté que le quartier général de Kadhafi à Tripoli, la caserne Bab al Azizia, a également été visé par une attaque aérienne. Une forte explosion a en effet secoué la capitale, rapporte un correspondant de Reuters. Selon la chaîne de télévision Al Arabiya, deux explosions se sont aussi produites près de l'aéroport de la capitale libyenne.
Ce mercredi, les rebelles libyens ont répété qu’ils ne discuteront d'aucun plan de paix incluant Mouammar Kadhafi et n'envisagent pas de pourparlers non plus avec Moussa Koussa, l'ancien ministre des Affaires étrangères ayant fait défection, a indiqué un porte-parole lors de la réunion du groupe de contact sur la Libye à Doha. Le successeur de Moussa Koussa à la tête de la diplomatie libyenne, Abdelati Obeïdi, a lui aussi quitté le pays ce mercredi à destination de Chypre, via la Tunisie, mais rien ne laisse encore penser qu’il s’agit d’une nouvelle défection.
Parfaitement gerbant...
On gèle les avoirs libyens... et on s'en sert pour se payer des armes qu'on va livrer à la rebellion.
On touche au comble du cynisme... humanitaire bien sûr.


schumi84f1 a écrit:les avoirs de Kadhafi et les avoirs Libyens c'est pas la même chose
geler les avoirs de Sarkozy et geler les avoirs de la France c'est la même chose ?
schumi84f1 a écrit:les avoirs de Kadhafi et les avoirs Libyens c'est pas la même chose
geler les avoirs de Sarkozy et geler les avoirs de la France c'est la même chose ?

Alzam a écrit:schumi84f1 a écrit:les avoirs de Kadhafi et les avoirs Libyens c'est pas la même chose
geler les avoirs de Sarkozy et geler les avoirs de la France c'est la même chose ?
Soit ce sont des avoirs lybiens et ils reviennent au peuple libyen.
Soit ce sont les avoirs de Khadafi qu'il aurait donc détournés... et ils reviennent tout autant au peuple libyen.
Donc si on doit vraiment légitimer le blocage de ces fonds.......
Ils finissent par revenir au peuple libyen, ne serait-ce par exemple pour financer une reconstruction qui s'annonce coûteuse vu les tonnes de bombes que la "Très Sainte Communauté Internationale" fait pleuvoir sur la Libye.
Mais en aucun cas, ils ne servent à financer les armes que nous allons leur fourguer pour les assister à mettre le chaos.
C'est un peu comme quand on tue un mec d'une balle dans la tête et qu'on demande ensuite à sa famille de payer la balle.


(médiapart)La France en Afrique : De la mission civilisatrice à la guerre des civilisations
12 Avril 2011 Par Omar Benderra
Ceux qui s’interrogent sur la nature des relations franco-africaines obtiennent aujourd’hui une réponse aussi claire que consternante : la France bombarde en Libye et en Côte d’Ivoire. Sous couverture de l’ONU, certes, mais l’État français est en première ligne, les armes à la main dans des conflits africains. Pour les meilleures raisons du monde : il s’agit ici de protéger des civils contre les troupes du colonel Kadhafi et là de permettre au vainqueur des élections présidentielles de prendre les rênes du pouvoir. Dans le discours officiel, la guerre est fondée sur le droit, la justice et la raison. La tradition est respectée : les aventures militaires occidentales sont toujours menées au nom des plus hautes valeurs civilisées. Les agressions sont légitimées par des discours de circonstances qui révèlent rapidement leur manque de substance quand il ne s’agit pas de mensonges purs et simples. De l’affaire du coup d’éventail prélude à la colonisation de l’Algérie aux armes de destruction massives pour envahir l’Irak, les prétextes sont innombrables.
L’intervention en Libye a été précédée d’une gestion médiatique jouant sur tous les registres de l’émotion : l’armée sanguinaire d’un dictateur fou aurait écrasé avec une brutalité inouïe des contestataires pacifiques. Ainsi l’opinion est « informée » que des avions de combat auraient été utilisés pour réprimer des manifestations et selon un opposant libyen, qui a entretemps disparu des écrans, il y aurait eu près de 6 000 morts dès les premiers jours de troubles. Aucune preuve n’est venue étayer ces graves accusations. Il faut souligner ici l’intéressante concordance de traitement de l’actualité libyenne par les médias lourds franco-britanniques et les chaines satellitaires arabes, Al Jazeera notamment, qui ont relayé, sans grandes nuances, un discours univoque et préparé l’opinion à l’intervention armée. Dans un climat très « émotionnel », la France a joué un rôle essentiel dans l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations unies qui consacre clairement le droit d’ingérence. Pour les spin-doctors parisiens, il s’agissait de démontrer que la France volait au secours d’un peuple arabe privé de droits et militairement menacé. L’opération est tellement grossière qu’elle en est une insulte au bon sens.
La France, amie de tous les autocrates
Ceux qui conduisent l’État français, qu’ils se réclament de la droite ou de la gauche, ont systématiquement soutenu les pires dictatures arabes et ont couvert des crimes gravissimes et généralisés contre l’humanité perpétrés par ces régimes. Les appréciations flatteuses sur la qualité de la gestion économique et sur la détermination des dictateurs à lutter contre « l’islamisme » constituent une part importante du discours français en direction du monde arabe. Au nom d’un réalisme sans principes et d’une politique sans éthique, la démocratie française est l’amie des tyrannies et un adversaire résolu des forces démocratiques et des oppositions dans le monde arabe. Est-il besoin de rappeler l’accueil réservé au dictateur libyen lors de son séjour parisien en décembre 2007 ? Le président Sarkozy avait publiquement déclaré son bonheur de recevoir un tyran avec tous les égards protocolaires et tous les fastes de la République. Est-il besoin de rappeler que Hosni Moubarak, dictateur égyptien, était le vice-président de l’Union pour la Méditerranée et que Tunis, alors capitale du despote Zine el Abidine Ben Ali, devait un moment accueillir le siège de cette improbable organisation voulue par Nicolas Sarkozy ? L’image de la France dans le monde arabe est à peine meilleure que celle des États-Unis, ce qui n’est pas peu dire. Le ci-devant pays des droits de l’Homme est celui où l’islamophobie décomplexée et le discours raciste anti-arabe constituent une des bases principales du consensus politico-médiatique des élites de pouvoir. Les faux-débats de diversion sur la laïcité et l’Islam ne trompent que ceux qui subissent passivement le matraquage médiatique de médias aux ordres de l’exécutif français. Est-il possible de modifier favorablement une image aussi profondément dégradée sur le dos du peuple libyen ? On peut légitimement en douter. D’autant qu’au fil des bombardements, il apparaît clairement que la situation en Libye est loin de correspondre au manichéisme simpliste que diffusent les propagandistes du néoconservatisme « à la française ». Il faut observer que les opinions au Maghreb ont changé avec l’évolution de la crise en Libye. D’une franche sympathie pour l’insurrection contre le régime de Kadhafi, l’opinion maghrébine est désormais beaucoup plus réservée du fait de l’entrée en action des armées occidentales.
En Côte d’Ivoire, c’est encore sous la couverture des Nations unies que des troupes françaises participent à une guerre civile avec comme toujours les meilleures intentions du monde. Il s’agit dans ce cas d’imposer que le résultat officiel, internationalement admis, de l’élection présidentielle se traduise dans la réalité et qu’Alassane Ouattara remplace Laurent Gbagbo à la tête d’un pays en danger de partition. Mais sur la scène ivoirienne, personne n’est moins qualifié que l’ancienne puissance coloniale pour arbitrer dans un conflit interne. Dans les faits, le France ne se proclame plus seulement en tuteur de ce pays du pré-carré néocolonial, mais prend le risque considérable d’une gestion politique directe d’un État qui est bel et bien ramené à son statut de colonie. Laurent Gbagbo, très proche des socialistes français, mis au ban des nations, est certainement coupable de toutes les dérives, mais cela ne justifie en aucune façon les menées guerrières d’une puissance extracontinentale contre son régime. Cette intrusion est très mal vécue par l’opinion africaine, qui même si elle n’éprouve guère de sympathie pour Laurent Gbagbo, ressent cette ingérence militariste comme une insulte à l’indépendance africaine et le retour de la politique de la canonnière. Pour de nombreux Africains, les équilibres ivoiriens sont fragiles et le résultat, plutôt serré, de l’élection présidentielle aurait dû conduire à une posture plus sage, à la recherche obstinée par tous les moyens de la politique et de la diplomatie d’un modus vivendi.
Des castes contre les peuples
L’arrestation de Laurent Gbagbo à laquelle ont – au moins – grandement contribué les forces françaises sous couverture de l’ONU est l’illustration de l’immixtion néocoloniale dans les affaires intérieures d’un pays réputé souverain. Si l’intervention française laissera certainement des traces profondes dans un pays divisé en deux camps d’importance comparable, elle a déjà des conséquences sur la perception du rôle de la France en Afrique. À travers l’Afrique, le silence coupable des leaders politiques ne doit pas faire illusion, une colère sourde est perceptible. Les déclarations méprisantes prononcées par le président français à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar en juillet 2007 sont le commentaire le plus approprié au déploiement des blindés et des hélicoptères français sur le sol africain. Si la guerre des civilisations a succédé à la mission civilisatrice, les discours et les méthodes ont à peine changé.
Gbagbo et Kadhafi ne sont ni Lumumba ni Nasser. Ces autocrates vulgaires sont, au premier chef, responsables de la dévastation de leur pays, responsables des guerres civiles et responsables de l’intervention étrangère. Mais rien ne laisse supposer que leurs opposants leur soient supérieurs. Et c’est à ce niveau que se situent la matrice des convulsions africaines et l’alibi au néocolonialisme. De fait, le retour militaire de la France sur le continent martyr est avant tout l’expression de l’échec catastrophique des dirigeants politiques africains. Les hommes de pouvoir, en Libye, en Côte d’Ivoire, comme presque partout ailleurs en Afrique, assument l’échec de la décolonisation. La corruption et le pillage des ressources sont la caractéristique commune d’anti-élites civiles ou militaires affiliées aux réseaux d’affaires et aux groupes d’intérêts dans les anciennes métropoles. L’action continue de ces castes de pouvoir a précipité l’affaiblissement des États et à conduit à la destruction des sociétés gérées par la violence et la privation des libertés, plongées dans la misère et l’analphabétisme.
Le néocolonialisme « humanitaire »
Les interventions françaises répondent aux objectifs à moyen et long terme de ces groupes d’intérêts. En Libye comme en Côte d’Ivoire, il s’agit de conforter ou d’établir une présence dans des pays riches et qui ouvrent sur des régions stratégiques. Que ce soit l’Afrique de l’Ouest ou le Sahel, les régions visées sont à très fort potentiel minier dans la perspective d’une concurrence mondiale exacerbée pour le contrôle de ressources fossiles et minérales en raréfaction.
Sur ces deux champs de bataille, les organisations régionales, la Ligue arabe et l’Union africaine, ont fait l’éclatante démonstration de leur impuissance, ou plus gravement dans le cas de la Ligue arabe, de faux nez au service des Occidentaux. Quant à l’ONU, réduite à son conseil de Sécurité dominé par les Américains et leurs alliés, elle est le centre suprême de légitimation du bellicisme occidental. La résolution 1973 est un modèle du genre : partie d’une zone d’exclusion aérienne, elle a abouti à un feu vert pour des bombardements généralisés sur les troupes de Kadhafi. L’interdiction d’envoi de troupes au sol – concession à des opinions occidentales qui ne souhaitent plus voir de corps expéditionnaires après l’Irak et l’Afghanistan – est en voie d’être contournée par le recours à des sociétés de guerres privées, du type Blackwater.
Ainsi, ce bellicisme bien-pensant ouvre un vaste champ d’incertitudes et de périls. Au prétexte de voler au secours de la démocratie et du droit, le néocolonialisme aux habits neufs de l’humanitaire et de l’hégémonie néolibérale renaît sur les cendres des indépendances confisquées. Pour l’État français, le retour des vieux démons néocoloniaux n’est certainement pas le signe d’une relation renouvelée avec l’Afrique ou avec le monde arabe. Quant à ceux qui doivent leur accession au pouvoir par la force d’armes étrangères, ils doivent savoir qu’ils ont dénaturé leur combat politique et qu’ils devront assumer, sous une forme ou une autre, cette tare originelle et le déficit de légitimité qu’elle induit.
Shoemaker a écrit:- Kadafi est au pouvoir depuis une 40 aine d'années. Pendant cette très très longue période, il n'a pas jamais daigné proposer au peuple libyen des élections pour réellement le légitimer lui-même. Mais quelle est donc cette mystérieuse chose qui l'en a empêché ? Existe-t-il pourtant, au point où en est l'histoire de l'Humanité, une plus grande légitimité que celle des urnes ? Avoir débarrassé le pays d'un roitelet insignifiant, lui donnerait-il un droit sacré et supérieur, une légitimité pour les décennies à venir ?
- Kadafi s'est maintenu au pouvoir certes en redistribuant une partie de la manne pétrolière (encore heureux !) et en abrutissant son peuple de bédouins déjà pas très au fait de la civilisation, mais aussi avec l'aide d'une police politique efficace et cruelle. Ca serait bien de ne jamais l'oublier. C'est important.
- Si les Libyens ne se révoltent pas en masse contre Kadafi, c'est aussi peut-être qu'ils ont peur de lui et de ses sbires. Ca se construit, une nation de citoyens pétrifiés, terrifiés, amorphes. Il faut avoir vécu pendant des périodes de terreur pour réellement imaginer la chose. Ne plus dormir tranquillement, vivre dans la veulerie, dans l'indignité... Alors, il ne faut pas s'étonner que les gens ne se soulèvent pas en masse, que juste une frange de la population prenne les armes. Conférer la Résistance Française contre les Nazis, la Résistance Algérienne contre la colonisation Française, etc. Tout le monde n'était pas au front, beaucoup s'en faut.
- Si les "insurgés" libyens semblent aussi pathétiques, aussi miteux, qui en est le responsable ? Qui a été totalement (dans le sens totalitaire du terme) responsable de tout ce qui a constitué, construit, année après année, pendant 40 ans, le peuple Libyen ? Qui a, par son pouvoir absolu, maintenu ce pays dans un tribalisme archaïque, qu'il est de bon ton de rappeler à présent ? Qui a fait des Libyens un peuple aplati, qui en appellent pour une part d'entre eux, à l'Occident impérialiste ? (le loup dans la bergerie...). Qui a fait de la Lybie, ce pays artificiel, sans consistance, encore Moyen Ageux ? Qui a fait des Libyens un peuple absolument assisté, faisant massivement appel aux étrangers pour faire tourner la baraque ?
Il est impensable d'exercer le pouvoir pendant si longtemps, si totalement, et escompter n'être comptable de rien.
- Kadafi a eu 40 ans pour donner une force honnête à son pays, pour lui permettre d'être plus ou moins et raisonnablement à l'abri des manipulations internationales (la défense d'un pays, ce ne sont pas que des chars et des avions : c'est avant tout, un peuple un tant soit peu RESPONSABILISE !!! Si Kadafi se sent incapable de conduire son peuple vers un certain progrès après 40 ans de pouvoir totalitaire, alors qu'il se casse, s'il lui reste un gramme de patriotisme). Résultat ? La Libye est maintenant un vaste foutoir chaotique, dans lequel tout le monde vient foutre sa zone. Et KAdafi ne serait responsable en rien, de la débilité de son pays, qui en fait une maison close grande ouverte à tous les appétits suspects ? La notion de responsabilité politique n'existerait pas alors ? Les dirigeants d'un pays n'auraient aucun compte à rendre à l'Histoire, lorsque leur pays est transformé en passoire véreuse ? Lorsque leurs peuples sont réduits (en ce qui concerne la libye) à des hordes Mad MAxiennes en camionnettes sillonnant les routes désertiques, pour les uns, et en trouillards (faut se mettre à leur place !) planqués aussi bien à Benghazi qu'à Tripoli, pour les autres, attendant que les loups s'entre-dévorent ?
- On me rétorquera l'Afghanistan. L'AFGH est une singularité absolue dans le monde. C'est pays totalement et absolument archaïque. Je ne dis pas définitivement, mais guère mieux... La Libye, bon an mal an, malgré la nullité dans laquelle l'a maintenu Kadafi pendant des décennies, possède des atouts : une population peu nombreuse, des réserves de pétrole importantes, une situation géographique avantageuse... La Libye peut sortir de son tribalisme paralysant, peut s'ouvrir sur le monde, peut honnêtement prétendre à une situation et à des perspectives plus optimistes, que celles qui prévalent pour AFGH.
- Ca n'a pas été le cas de l'Irak. Mais la Libye, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas dans l'état où se trouve l'Irak, pour lequel, l'Empire a été d'une brutalité totale, sans atermoiements ni hésitation : le massacre de l'Irak a été total, en temps réel, et instantané. Nous sommes dans le cas libyen, manifestement dans un tout autre schéma. Je ne sais pas ce qu'il y a au fond de la caboche à Obama EN CE MOMENT (Sarko lui, de toutes façons, est aux ordres de l'Empire).
- Il se peut très bien qu'un KArzai s'installe en Libye. RIEN ne dit qu'il sera pire que Kadafi. Quelques petits espoirs laissent à penser qu'il ne sera alors qu'une étape vers une stabilisation à venir de ce pays. Au même titre que les pays d'Asie, d'Amérique Latine, etc. Avec Kadafi, on connaît le programme depuis 40 ans, et rien ne dit qu'il évoluera. Avec le basculement dans l'inconnu de l'Histoire, on peut à moyen terme, espérer un meilleur avenir pour le pauvre peuple Libyen, au-delà des Karzai locaux, et des Saif El Islam qui attendent leur tour telles des coyotes véreux...
- La manière dont se passent les choses actuellement, est à mon sens relativement anecdotique. Ce qui compte, c'est ce qui en résultera dans 20 ans, et l'Empire, aussi puissant qu'il puisse être, ne peut contrôler l'Histoire, si souvent capricieuse.


sccc a écrit:Le pire cauchemard pour l'Occident c'est que le Moyen Orient et les pays producteurs de pétrole deviennent des démocraties. Même partiellement.

Cortese a écrit:sccc a écrit:Le pire cauchemard pour l'Occident c'est que le Moyen Orient et les pays producteurs de pétrole deviennent des démocraties. Même partiellement.
Ça dépend de ce qu'on entend par démocratie. La Russie démocratique d'Eltsine n'est pas la démocratie de Poutine, grâce à Dieu. Mais elle reste beaucoup plus faible comme nation que l'URSS dans les deux cas, ce qui fait bien les affaires des USA.

sccc a écrit:
Je sous-entends une démocratie générant une stabilité et une pacification des zones. De sorte qu'on ne puisse plus justifier (de la part de l'Empire) des bases militaires et des stratégies de division pour régner. L'Occident favorise et entretient une instabilité contrôlée en tablant sur des régimes non démocratiques et agressifs envers Israël et en utilisant Israël comme un épouvantail.

Alzam a écrit:schumi84f1 a écrit:les avoirs de Kadhafi et les avoirs Libyens c'est pas la même chose
geler les avoirs de Sarkozy et geler les avoirs de la France c'est la même chose ?
Soit ce sont des avoirs lybiens et ils reviennent au peuple libyen.
Soit ce sont les avoirs de Khadafi qu'il aurait donc détournés... et ils reviennent tout autant au peuple libyen.
Donc si on doit vraiment légitimer le blocage de ces fonds.......
Ils finissent par revenir au peuple libyen, ne serait-ce par exemple pour financer une reconstruction qui s'annonce coûteuse vu les tonnes de bombes que la "Très Sainte Communauté Internationale" fait pleuvoir sur la Libye.
Mais en aucun cas, ils ne servent à financer les armes que nous allons leur fourguer pour les assister à mettre le chaos.
C'est un peu comme quand on tue un mec d'une balle dans la tête et qu'on demande ensuite à sa famille de payer la balle.



(alterinfo)Un très bon article, à lire avec attention, paru dans un journal tout ce qu’il y a de « respectable » aux Etats-Unis. Je veux dire par là qu’il ne s’agit pas d’un de ces organes de presse de type militant et souvent de gauche qui s’évertuent à prôner les vertus de la justice et de l’équité pour une paix durable.
Ce journal, c’est le Boston Globe et l’auteur du papier est un certain Alan J. Kuperman qui débusque toutes les balivernes qui ont servi à lancer une attaque contre la Libye qui outrepasse maintenant sans ambiguïté les limites imparties par la résolution 1973. C’est-à-dire que MM. Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron assument désormais ouvertement leurs rôles de délinquants et de criminels en se retranchant simplement derrière le droit du plus fort.
Un faux prétexte pour la guerre en Libye ?
par Alan J. Kuperman, Boston Globe (USA) 14 avril 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Il est désormais évident que le président Obama a grossièrement exagéré la menace humanitaire pour justifier une action militaire en Libye. Le président avait affirmé que l’intervention était nécessaire pour empêcher un « bain de sang » à Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye et ultime bastion rebelle.
Mais Human Rights Watch a diffusé des informations sur la ville nouvelle de Misurata où les combats se prolongent, qui révèlent que Mouammar Kadhafi ne massacre pas délibérément des civils mais cible au contraire de manière assez précise les rebelles armés qui luttent contre son gouvernement.
La population de Misurata est d’environ 400 000 habitants. En près de deux mois de guerre, seulement 257 personnes – dont des combattants – y ont été tuées. Sur les 949 blessés, on ne compte que 22 femmes, soit moins de 3 % du total. Si Kadhafi s’en prenait de manière indiscriminée aux civils, les femmes devraient représenter environ la moitié des victimes.
Obama avait insisté pour dire que les perspectives étaient sombres en l’absence d’intervention. « Si nous avions attendu un jour de plus ; Benghazi… aurait enduré un massacre dont l’écho se serait répercuté dans toute la région et entaché la conscience mondiale. » Donc, avait conclu le président, « empêcher le génocide » justifiait l’intervention militaire des Etats-Unis.
Mais l’intervention n’a pas empêché un génocide, parce qu’aucun bain de sang n’était en vue. Au contraire, en encourageant la rébellion, l’interférence des Etats-Unis a prolongé la guerre civile libyenne et les souffrances qui en résultent pour des innocents.
La meilleure indication que Kadhafi n’envisageait pas de commettre un génocide à Benghazi, c’est qu’il n’a pas pénétré dans les autres villes qu’il a reprises soit complètement, soit partiellement – dont Zawiya, Misurata et Ajdabiya qui, ensemble, ont une population plus importante que Benghazi.
Les forces libyennes ont tué des centaines de personnes en reprenant le contrôle d’agglomérations. Des dommages collatéraux sont inévitables dans une guerre contre insurrectionnelle. Et le strict respect des lois de la guerre a pu être enfreint.
Mais les actions de Kadhafi n’ont rien à voir avec le Rwanda, le Darfour, le Congo, la Bosnie et d’autres régions où ont été commis des massacres. L’armée de l’air libyenne, avant l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne sur mandat de l’ONU, visait les positions rebelles, pas les concentrations de civils. Malgré l’omniprésence de téléphones équipés de caméras et d’appareils photo, on n’a aucune preuve tangible de massacres délibérés. On a beaucoup d’images de victimes tuées ou blessées dans des échanges de tirs – à chaque fois une tragédie – mais c’est la guerre en milieu urbain, pas un génocide.
Si le bain de sang était peu probable, comment cette idée a-t-elle pu impulser l’intervention des Etats-Unis ? Ce qui se profilait réellement à Benghazi, était la défaite finale des rebelles. Pour éviter cette issue, ils ont concocté dans l’urgence un génocide imminent afin d’obtenir un soutien international en faveur d’une intervention « humanitaire » qui pourrait sauver leur rébellion.
Le 15 mars, Reuters citait un chef de l’opposition libyenne à Genève qui prétendait que si Kadhafi attaquait Benghazi, il y aurait un « vrai bain de sang, un massacre comme on en a vu au Rwanda. » Qautre jours après, des avions militaires US commençaient les bombardements. Dans le même temps, Obama affirmait que l’intervention avait empêché un bain de sang. Le New York Times avait déjà signalé que « les rebelles ne se sentaient pas tenus à une obligation de vérité dans l’élaboration de leur propagande » contre Kadhafi et « faisaient des annonces qui en rajoutaient énormément dans les déclarations sur ses agissements barbares. »
Il est difficile de savoir si la Maison Blanche a été dupée par les rebelles ou a conspiré avec eux pour aller vers un changement de régime sur de fausses bases humanitaires. Dans les deux cas, l’intervention a vite outrepassé le mandat onusien de protection des civils par le bombardement de forces libyennes en retraite ou basées dans des bastions du soutien à Kadhafi comme Syrte où elles ne menaçaient aucun civil.
Les effets sont incertains. L’intervention a empêché les troupes de Kadhafi de s’emparer de Benghazi, ce qui a sauvé des vies. Mais il a intensifié sa répression dans l’ouest de la Libye pour consolider rapidement le territoire qu’il contrôle. L’intervention a aussi encouragé les rebelles à reprendre leurs attaques, à reprendre provisoirement ces villes de la côte orientale et centrale, comme Ajdabiya, Brega et Ras Lanouf, jusqu’à excéder leurs capacités logistiques et à s’en retirer.
Chaque fois que ces villes changent de mains, elles sont bombardées par les deux camps – tuant, blessant et forçant à se déplacer des innocents. Le 31 mars, l’OTAN a averti formellement les rebelles de cesser d’attaquer les civils. Il y a quelque chose de poignant à rappeler que, sans cette intervention, la guerre se serait sûrement terminée le mois dernier.
Dans son discours pour expliquer l’action militaire en Libye, Obama a fait sien le noble principe de la responsabilité de protéger – ce que certains ont cite baptisé comme étant la doctrine Obama – appelant à une intervention quand c’est possible pour empêcher un génocide. La Libye montre comment cette approche, appliquée de manière réflexe, peut avoir l’effet inverse en encourageant des rebelles à provoquer et à exagérer des atrocités pour inciter à une intervention qui, en fin de compte, perpétue la guerre civile et les souffrances des populations.
Alan J. Kuperman, professeur de science politique à l’université du Texas est l’auteur de “The Limits of Humanitarian Intervention’’ [les limites de l’intervention humanitaire] et co-responsable d’adition de “Gambling on Humanitarian Intervention.’’[le pari de l’intervention humanitaire]
Cortese a écrit:Homophobe !
Shoemaker a écrit:Oui mais enfin, dire que la CIA posède quelques pistes pour foutre sa zone en Syrie (et ailleurs), c'est comme découvrir le fil à découper le beurre.
Le problème n'est pas de savoir si la CIA complote ou pas (elle complote !), mais de trouver des voies intelligentes pour protéger le pays et le peuple, au lieu de fabriquer de la détresse et de la médiocrité. On attend de ces dictateurs (de certains du moins, car la quasi totalité est définitivement discréditée) un sursaut révolutionnaire, des actes grandioses, des propositions à la mesure des défis, des trucs historiques, des appels du 18 Juin !
Mais bon, autant demander la lune, semble-il...
Alors en attendant, continuons à rigoler sur les pieds nickelés de Libye, dignes avatars de la grande folle qui les a enfanté.
PS : J'ai regardé enfin ta video Jazzy chez les jumelles Ethiopiennes... Super !

sccc a écrit:Le pire cauchemard pour l'Occident c'est que le Moyen Orient et les pays producteurs de pétrole deviennent des démocraties. Même partiellement.

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