Le FDF lâche le MR
Rédaction en ligne
lundi 23 février 2009, 11:00
Exclusif AERNOUDT FAIT IMPLOSER LA FÉDÉRATION LIBÉRALE À QUELQUES MOIS DU SCRUTIN RÉGIONAL ET EUROPÉEN. Le MR avec LiDé, ce sera sans nous, tonnent Maingain et Gosuin. Aernoudt, de son côté, signale que ce n’est pas à LiDé à prendre une initiative. Sale temps pour le parti de Reynders qui perd avec son appendice bruxellois ses espoirs de leadership francophone.
L'édito: Didier Reynders et la tentation Berlusconi
Belga
Cerexhe (CDH) : « Nous ne fermons pas la porte au FDF et au MCC »
« Si le FDF claque la porte du MR, nous ne sommes pas opposés à un rapprochement avec le CDH », a déclaré le ministre bruxellois de l’Emploi Benoît Cerexhe (CDH) lundi matin sur les ondes de Bel RTL, suite à la menace de rupture avec les libéraux évoquée par plusieurs mandataires FDF dans le journal Le Soir.
« La Wallonie était jusqu’ici épargnée par le populisme. Grâce au MR, elle est contaminée à son tour », explique Benoît Cerexhe qui épingle le manque de cohérence du parti de Didier Reynders et n’exclut aucune alliance si le FDF et le MCC devaient quitter les rangs libéraux à cause de l’intégration de Rudy Aernoudt sur les listes européennes du MR.
« Il y a une frange du FDF plus sociale que l’autre. Nous nous sentons assez éloignés d’un poujadiste comme Alain Destexhe mais certains comme Didier Gosuin ont une conception plus proche de celle du CDH », note le ministre régional bruxellois. Quant à Gérard Deprez, son retour chez les humanistes n’est pas non plus exclu. « A partir du moment où sa formation politique adhère à l’ensemble du programme du CDH, pas à 80 % mais à 100 %, on ne ferme pas la porte », assure Benoît Cerexhe.
Interrogé enfin sur les conséquences d’une rupture entre le MR et le FDF sur le prochain scrutin bruxellois, le ministre régional conclut : « cela changerait évidemment la donne car il y aurait trois ou quatre partis sur le même pied d’égalité dans la capitale ».
Ce lundi matin, Didier Reynders présentera la liste européenne du MR. L’occasion, estimait-il, d’accueillir en grande pompe Rudy Aernoudt, qui a rejoint les rangs réformateurs samedi après-midi. La fête sera sans doute gâchée, avenue de la Toison d’Or. C’est que la fronde gronde au MR, sans que son président l’ait réellement perçue.
La faute au nouveau venu : les propos aux forts accents populistes de Rudy Aernoudt ont irrité plus d’un membre du parti. L’indignation était particulièrement vive au FDF. Olivier Maingain n’avait dès lors accepté qu’à de très strictes conditions l’intégration de Rudy Aernoudt sous la bannière MR.
« Mais je constate qu’il ne les respecte pas », s’énerve le président du parti amarante. Qui a dès lors décidé, avec les ténors de son parti, de larguer les amarres. « Le MR avec Aernoudt, c’est sans nous », dit-il au Soir.
Didier Gosuin n’assène pas autre chose : « Nous ne nous retrouvons plus ni dans le discours ni dans les idées », lâche l’ancien ministre régional. Les deux ténors du FDF se font l’écho d’une colère qui gronde, dans leur parti, depuis quelques jours. Et d’annoncer : « Nous pouvons nous présenter seuls aux élections, nous en avons le poids électoral. » Que va faire Didier Reynders ? Il ne suffira assurément pas de deux ou trois mots pour calmer le FDF. Or, le président du MR ne peut se permettre de perdre son appendice bruxellois, sous peine de renoncer, dès avant le scrutin, au leadership francophone.
Didier Reynders doit du reste faire face à un autre problème : Gérard Deprez, éjecté de la troisième place sur la liste européenne par Rudy Aernoudt, ne cache pas non plus son irritation. Seule différence : le MCC ne peut, lui, rêver d’un avenir isolé.
Ce n’est pas à Lidé à prendre une initiative, dit Aernoudt
Ce n’est pas à Lidé de prendre une initiative, a commenté lundi le président des libéraux-démocrates, Rudy Aernoudt. Selon lui, le problème qui se pose avec le FDF relève de la cuisine interne du MR. Il rappelle toutefois que le programme de sa formation est avant tout socio-économique et non communautaire.
« Pour nous, c’est très simple : on a fait un accord avec le MR dans son ensemble. Ce n’est pas à nous de prendre une initiative. Ce qui se passe pour le moment, relève de la cuisine interne du MR », a commenté M.Aernoudt, interrogé par l’Agence Belga.
L’élargissement de Bruxelles est l’une des pommes de discorde entre Lidé et le FDF qui en a fait l’une de ses revendications fondamentales. « Moi, je ne suis ni pour, ni contre mais, quand même, il faut être réaliste. Ce qui compte, c’est l’élargissement économique de Bruxelles. Je raisonne comme Bill Clinton : ’It’s the economy, stupid !’. Le programme de Lidé est avant tout socio-économique. Le programme du FDF est avant tout communautaire. Selon moi, il n’y a pas de contradiction », a-t-il souligné.
Cerexhe (CDH) : « Nous ne fermons pas la porte au FDF et au MCC »
« Si le FDF claque la porte du MR, nous ne sommes pas opposés à un rapprochement avec le CDH », a déclaré le ministre bruxellois de l’Emploi Benoît Cerexhe (CDH) lundi matin sur les ondes de Bel RTL, suite à la menace de rupture avec les libéraux évoquée par plusieurs mandataires FDF dans le journal Le Soir.
« La Wallonie était jusqu’ici épargnée par le populisme. Grâce au MR, elle est contaminée à son tour », explique Benoît Cerexhe qui épingle le manque de cohérence du parti de Didier Reynders et n’exclut aucune alliance si le FDF et le MCC devaient quitter les rangs libéraux à cause de l’intégration de Rudy Aernoudt sur les listes européennes du MR.
« Il y a une frange du FDF plus sociale que l’autre. Nous nous sentons assez éloignés d’un poujadiste comme Alain Destexhe mais certains comme Didier Gosuin ont une conception plus proche de celle du CDH », note le ministre régional bruxellois. Quant à Gérard Deprez, son retour chez les humanistes n’est pas non plus exclu. « A partir du moment où sa formation politique adhère à l’ensemble du programme du CDH, pas à 80 % mais à 100 %, on ne ferme pas la porte », assure Benoît Cerexhe.
Interrogé enfin sur les conséquences d’une rupture entre le MR et le FDF sur le prochain scrutin bruxellois, le ministre régional conclut : « cela changerait évidemment la donne car il y aurait trois ou quatre partis sur le même pied d’égalité dans la capitale ».