Shunt a écrit:Dr Renard a écrit:martinb a écrit:Elle peut bien personnellement se déclarer partisane de la souveraineté du Québec, mais c'est quelque chose qu'elle devrait garder pour elle ou à tout le moins en privé avec les gens concerné. Car, jusqu'à preuve du contraire, le Québec, qu'on soit pour ou contre, est une province et la France un pays. Et le vis-à-vis politique de la France internationnalement, c'est le Canada. Faire une telle gaffe, c'est d'une connerie munumentale. De quoi va avoir la France si Royal devient présidente lorsqu'elle rencontrera le premier-ministre canadien?
D'accord.
Surtout que cette question m'apparait plus complexe que d'être simplement pour ou contre.
Je trouve personnellement qu'on en fait un peu beaucoup sur cette déclaration de Royal... je ne vois pas dans ses propos une quelconque forme d'ingérence dans les affaires inférieures canadiennes. Elle n'a pas dit qu'une fois élue elle ferait pression sur le Canada pour obtenir l'indépendance du Québec. Elle n'a fait que répondre à un journaliste qui lui a demandé si elle avait de la sympathie pour la cause souverainiste québécoise, ce à quoi elle a répondu oui, comme d'ailleurs beaucoup de Français auraient répondu. Pas de quoi délencher un tollé.
La question nationale ici est un sujet très délicat. Moi, perso, m'en fouts pas mal de ce que Mme Royal a pu dire, mais ses conseillers (en a-t-elle et est-ce qu'elle les écoute?) devraient lui dire de ne jamais en parler. Sans déclancher un tollé, elle ne devrait pas prendre parti. C'est comme si un premier ministre canadien se déclarait sympathique à l'indépendance de la Corse. Pas sûr que le président français apprécierait.
Je crois que ce pseudo-scandale est en fait savamment orchestré par l'UMP et ses relais canadiens. Sarkozy est en effet un ami intime de l'homme d'affaire Paul Desmarais Jr (il a séjourné dans son domaine de Charlevoix en 2004) qui possède, si je ne m'abuse, un groupe de presse très important, et qui est aussi l'un des plus importants soutiens financiers du Parti Libéral... un parti dont le leader, Stéphane Dion, s'est montré particulièrement virulent à l'égard de Ségolène Royal : "Ça nuit à sa crédibilité, elle ne comprend pas, je pense. On ne s'ingère pas dans les affaires d'un pays ami, on ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami".
On parle ici du groupe Power Corporation, un empire financier, ayant des intérêts dans le groupe de presse Gesca (les journaux La Presse de Montréal, le Soleil de Québec, le Droit d'Ottawa et quelques autres), dans le Groupe Bruxelle Lambert, les cies d'assurance Great-West et London Life, Investors Group. Ils ont des intérêts importants dans Lafarge et Total. En tout c'est 113 milliards $ d'actifs consolidés et 7 milliards de valeur boursière.
Et en effet, c'est de notioriété publique que Power Corporation et surtout le père fondateur, Paul Desmarais sont très près du parti libéral.









