de Shoemaker le 10 Sep 2014, 16:53
Combien de fois faut il le répéter : Rien ne saurait prévoir une révolution. Quelques avant signes, et encore, qu'on décrypte en général qu'à postériori.
Et une révolution n'est pas systématiquement liée au niveau de vie, parce que sinon, les Grecs (pour rester en Europe et comparer ce qui est relativement comparable) en auraient fait déjà une demi douzaine, de révolutions.
Oublions la Révolution pendant un instant...
Les uns disent qu'on a trop à perdre, donc personne ne prendra le risque de descendre dans la rue... Tant mieux. Parce que franchement, pourquoi descendre dans la rue, si ... on a qu'à y perdre !
Les autres disent qu'on est trop avachi, trop sous le coup de la propagande. C'est vrai aussi. Alors on n'y peux rien. Notre libre arbitre ne nous appartient plus de fait. Circulez, y a plus rien à voir.
On dit que le FN va prendre le pouvoir. Qu'il le prenne ! On verra bien ! Si contre toute attente il apporte bonheur et fulminance radieuse aux masses, que demande le peuple ! S'il foire, on s'en débarrassera pour les 500 ans à venir !
On est dans une étrange situation. Ce n'est pas (pas encore !) une situation de misère. C'est une situation de frustration. Les moyens sont là, la richesse existe, le savoir, la technologie, etc. Par contre, le "politique" est totalement discrédité. Ils sont tous devenus des sortes de marioles qu'on regarde s'agiter, partagés que nous sommes entre le pathétique et la consternation (les derniers déboires des uns et des autres ... on est carrément dans la Comedia d'El Arte ! T'as vu la belle bleue ! Oh la belle rouge !...)).
Plus de rêves, plus de projets, plus de regard vers l'avenir, on est tous là hébétés devant les grands paris, l'écologie, l'énergie, les fanatismes, plus aucun grand homme (femme) pour rassembler, inculquer un sens du sacrifice salvateur... Plus se spiritualité, plus de poésie, de compassion, de courage, d'élévation de l'âme...
Mais ce ne sont pas QUE les politiques qui sont délabrés. Les citoyens aussi ! (merci TF1-Libé-FranceInter-CanalPLus etc etc, merci les ambiances abrutissantes dans les entreprises et les transports publiques (j'ai pas dit que c'était mieux, du temps de zola !), merci les écrans hypnotiseurs de toutes sortes...).
Il n y a qu'une seule entité qui se porte à merveille, qui poursuit son petit bonhomme de chemin, tranquillou. C'est ce fameux VRAI POUVOIR, ce conglomérat de la Finance, des Multinationales, des Banques, d'une élite techno (ce ne sont pas les martiens qui ont mis au point les grandes salles de trading, par exemple).
Le Système, appelons le comme ça, lui, se porte bien, et contrôle relativement bien la situation : Les politiques sont au point (cons, malins, avides, sans foi ni loi...), les Média aussi, les citoyens de même...
Voilà...
On est quand même dans une situation relativement nouvelle. Notre société actuelle est tellement différente de tout ce qui a existé depuis quelques siècles...
Avant, il y avait un Roi, un dictateur, un général... On savait où il créchait. On y allait, on lui coupait la tête, et c'était bon. Maintenant, on ne sait pas, où il se planque, le Maître. Pas d'adresse ! Nada ! Et si par exemple, on s'amusait à cramer toutes les banques, dans les 3 ou 4 jours, on aurait les premiers morts de faim. Le système nous tient par la peau des fesse ! Ca, c'est nouveau !
Par contre, ça ne veut pas dire que ça va durer indéfiniment.
Les "Maîtres"' sont souvent grisés par leur pouvoir. On a vu leur gestion de la Russie. Cette folle attitude d'aller emmerder un ours dans sa caverne, en espérant qu'il n'en sortira jamais, et qu'ils finira par aller se planquer pour toujours tout au fond. (et ensuite, piller sa caverne, au passage)
Et pour rester, en France, c'est pareil. La droite classique est en lambeaux. La Gauche en voie d'explosion nucléaire. Le FN est une illusion, qui au mieux, se dégonflera comme une baudruche, au pire, mènera le pays à la guerre civile. Le système, tout en se portant très bien, à tendance, faute de concurrence, à se comporter en Néron, en devenant fou, en allumant des feux, en se gargarisant du désastre à venir.
Bref, c'est plus compliqué qu'une Révolution. Et qui la dirigerait, d'ailleurs,cette révolution ? Quels hommes et femmes ? Morano et l'autre psycho qui a la phobie de l'administration ?
"c'est quoi le blues". Toujours les mêmes histoires, celles qui font vaciller les mondes et les empires.
John Lee Hooker