Xave a écrit:Effectivement, "bien joué" est un peu fort. Ce à quoi je fais référence, c'est qu'au lieu d'"offrir" ce soutien à fonds perdus, où là le coût aurait pu être très important, il y a eu plusieurs mécanismes mis en oeuvre afin que l'opération soit blanche comptablement.
Xave a écrit:Ceci étant, maintenant que vous me faites un peu réfléchir sur le sujet, je me demande si ces mécanismes n'ont pas été contraints par Bruxelles, ce qui amoindrirait d'autant les éventuels mérites de Dame Lagarde...
Sur le remboursement à cours de souscription, en revanche, je ne me souviens plus ce qui a mené à cela, ni si contrainte il y a eu.
Je ne crois pas que Christine Lagarde y soit pour grand chose, en bien ou en mal, et même son cabinet n'a sans doute pas eu son mot à dire, sinon comme courroie de transmission. Il me semble que l'affaire a été réglée à l'Elysée et le plan mis sur le papier par Michel Pébereau et les fonctionnaires de Bercy pour la partie technique. Le plan de soutien a été conçu pour être avant tout favorable aux intérêts privés. Il a été exécuté avec l'accord de la Commission Européenne (pour des motifs juridiques, notamment en ce qui concerne les aides publiques).
L'émission d'actions préférentielles sans droits de vote était le clé de voûte du dispositif, dispositif si complexe qu'il faudrait des heures de recherche pour mettre au jour tous les éléments: la moitié (ou presque) des sommes reçues par les banques (lors de l'émission d'actions de préférence) servait à rembourser les premiers prêts qui avaient été émis sous forme de
titres super subordonnés (TSS), le tout à travers différents organismes à moitié publics, la SFEF et la SPPE qui étaient gérés par les banquiers privés pour piloter l'aide publique, ce qui est ubuesque. Bref, c'est très compliqué.
Pour faire simple: l'État n'a pas fait n'importe quoi, c'est vrai, mais ce dispositif se caractérise par son manque d'originalité (il est presque à l'identique celui utilisé par les Américains et les Britanniques) et surtout il a été beaucoup trop favorable aux intérêts des banques. La Cour des Comptes en a fait la remarque: l'opération n'a pas été profitable pour l'État, sinon très marginalement (si on ne compte pas les sauvetages de Dexia ou de Natixis, car alors la facture est salée).