Ouais_supère a écrit:Shoemaker a écrit:Le problème de Mélenchon, c'est que sur l'Europe, sujet immense, il reste brouillon.
Il dit que s'il est aux manettes, il ira voir les Allemands et leur parlera virilement, en exigeant que la BCE prête aux Etats au lieu de passer par l'intermédiaire des Banques.
C'est son principal argument.
Alors, bien entendu, on lui pose la question évidente : Et si l'Allemagne refuse, on fait quoi ?
Et là, les média malins le coincent sans arrêt. Il n'a pas de réponses à un problème qu'il compte lui-même créer.
Mais elle est très claire, sa réponse, bon sang, il a été très clair sur France 2 il y a une semaine et quelques: l'Allemagne ne peut PAS refuser.
La France se nie un pouvoir qu'elle possède pourtant, tellement formatée à obéir qu'elle est.
Elle fait quoi, l'Europe, sans la France?
Elle ressemble à quoi?
Elle n'existe plus, point barre, l'Allemagne ne peut pas refuser sans au moins négocier, c'est impossible.
Je connais bien cet argument : l'essentiel de ses exportations, l'Allemagne les fait en Europe. Et donc elle a plus à perdre qu'à gagner, en cassant une Europe qui est justement, faite à sa mesure.
Le problème c'est que tu ne pourras jamais empêcher, avec ce genre de réponse (celle de Mélenchon) , l'électeur moyen qui reste plus ou mois binaire, plus ou moins féru de "bon sens", de poser la question : "et si l'Allemagne refuse QUAND MEME de se plier aux injonctions de la France, on fait quoi ?". La politique, c'est aussi des questions et des réponses simples, simplicité qui est décisive pour la grosse majorité de tous les votants. Malheureusement peut-être, la position de Mélenchon, à son corps défendant, est complexe. Et à ça, le pékin moyen préfère des réponses simples : Soit on y reste dans l'Europe quelque soit X (UMP, PS), soit on en sort (FN).
Comprenons bien les choses : l'Allemagne n'est pas le seul grand méchant dans l'affaire : la France aussi l'a été et l'est encore : La France de Sarko comme celle apparemment de Hollande est partie prenante, comme l'Allemagne, de la soumission à la grande Finance. La France n'obéit pas à l'Allemagne. Elle obéit à la Finance. Tout comme l'Allemagne.
Alors on en revient toujours au "cadre" :
Cela ne sert à rien de s'agiter DANS le cadre (le cadre étant les structures imposées par le Système, structures dans lesquelles la France comme l'Allemagne sont imbriquées, bien que cela soit, EN CE MOMENT, favorable à l'Allemagne). Il s'agit OUI ou NON, de sortir du cadre. Pour retrouver une souveraineté nécessaire.
Après, rien de rien n'empêche de revoir de fond en comble cette Europe, et la ramener non pas à une structure contraignante, mais à un espace intelligent, de coopération etc.
Donc, voilà. Mélenchon évoque une rupture avec le système, mais il ne parle pas de briser le cadre, d'en sortir (ce que propose sournoisement Marine Lepen).
Oui, sortir du cadre AURA UN PRIX.
Mais il arrive des moments où un peuple doit savoir accepter certains sacrifices, mais des sacrifices porteurs d'espoirs, fertiles, (c'est là que le mot Fraternité du triptyque Républicain aura un sens total), pas des sacrifices pour mieux nourrir les banques infiniment voraces.
On sort de l'Europe, une sortie organisée, planifiée, limiter la casse inévitable, et passer à autre chose : des nations souveraines, des nations coopératives entre elles, des nations libres.
Continuer à espérer s'épanouir dans un système qui n'est pas Allemand, mais FINANCIER, un système destructeur, prédateur, en espérant le réformer, encore une fois, cela tient plus de l'angélisme que du réalisme. L'UE ligote les pays dans une dynamique suicidaire à long terme, vu l'état du monde, de ses ressources, etc.
Pour paraphraser Churchil, "vous" n'avez pas voulu sortir de l'Europe par peur du malheur, "vous" aurez le malheur et la destruction de toutes vos valeurs : No retour possible en arrière.