
Modérateurs: Garion, Silverwitch


Shunt a écrit:Les gens ne se marient pas parce qu'ils veulent avoir des enfants (sauf peut-être les dogmatiques pour lesquels le sexe hors mariage est un pêché). Les gens se marient pour donner une autre valeur, un autre sens à leur relation.
Aym a écrit:metomoll a écrit:Pour en connaître un assez grand nombre et les fréquenter aussi, il faut avouer que les homos dans leur grande majorité sont un peu des torturés de l'esprit et perpétuellement en souffrance, beaucoup plus enclins aux excès dont la drogue notamment, et bien entendu logiquement beaucoup plus enclins à l'autodestruction.
Et qu'on ne dise pas que je suis homophobe.
Meto, je t'aime bien, mais là on dirait marlaga.
On fait une bataille ? Moi aussi je connais un assez grand nombre d'homos et je les fréquente, et aucun ne me paraît torturé de l'esprit et perpétuellement en souffrance, aucun ne se drogue (à part des joints, hein) ni n'a de pensées autodestructrices.
Et si vraiment je voulais être méchant, je ferai remarquer que y'a pas mal d'homos qui, s'ils pouvaient se marier, auraient sans doute une vie plus "rangée" que toi. Je sais ce que tu as vécu, je sais ce que tu as enduré, mais si on fait un bilan comptable et qu'on s'amuse à recenser tes différentes compagnes et tes différents enfants, on pourrait brandir ça en exemple pour dire que les couples hétéros sont pas du tout stables et procréent à tout va.
Ça serait tout autant ridicule que certains arguments que j'ai lus ici.
Marlaga a écrit:Des études montreraient que les enfants élevés par des couples homosexuels sont aussi bien éduqués et aussi heureux que les autres. Je serais curieux de connaitre les détails de ces études. J'ai vraiment du mal à penser que ça ne leur pose aucun problème, qu'ils n'ont pas un déséquilibre psychologique et surtout qu'ils ne subissent pas les railleries des camarades.
Est-ce qu'on a assez de recul sur ce sujet ? Est-ce que dans 20 ou 30 ans, on ne se rendra pas compte que c'était une erreur et qu'on a gâché la vie des enfants qu'on a confié à ces couples ? (J'ai une autre idée de ce que ce sera dans 20-30 ans mais ce n'est pas le sujet).
Pourrais-tu développer ce que tu crains comme conséquences fâcheuses avec l'écroulement de l'édifice?Shoemaker a écrit:Le problème, c'est que si l'édifice s'effondre sous les coups de boutoirs de ce qu'on croit être un humanisme de bon aloi, on ne réparera pas les dégâts par un coup de baguette magique. A moins de considérer que tu ne vois au sein des sociétés occidentales (les autres sociétés affrontent d'autres défis et problèmes) aucun signe de décadence.


DCP a écrit:Shunt a écrit:Les gens ne se marient pas parce qu'ils veulent avoir des enfants (sauf peut-être les dogmatiques pour lesquels le sexe hors mariage est un pêché). Les gens se marient pour donner une autre valeur, un autre sens à leur relation.
Honnêtement, souvent , les deux vont de pair, fonder une famille fait partie de donner une autre valeur, un autre sens à une relation. Et passer par le mariage avant montre aussi le fait que le partenaire est prêt à s'engager, ce qui est essentiel pour fonder une famille. Sans oublier que, d'un point de vue pratique et légal, cela simplifie et règle la question des droits et devoirs vis-à-vis des enfants.
metomoll a écrit:
Aym je t'aime bien mais là on dirait du Seb![]()
Shoemaker a écrit:Bien sûr que l'homosexualité est un érotisme en soi ! Tout est érotisme, dans les histoires de cul, même dans une perspective hétéro.
Tout cette histoire de mariage homo, c'est l'histoire d'une confusion, entre prendre son pied et construire une famille.
Bien entendu, sans être homo (y a t il un homo sur ce forum ? hé hé...), je connais le monde homosexuel depuis ma plus tendre enfance, puisque dans mon village au fin fond de l'Algérie, du temps d'avant ce temps, l'homosexualité était connue et admise sans problèmes particuliers, codifiée par tout un tas de machins tacitement acceptés par tous... Sans parler de l'homosexualité moderne occidentale, très répandue dans les milieux de la COM où j'ai oeuvré longtemps. Donc je connais. C'est très sympa. Mais on gratte un peu, et très vite, systématiquement, sous le vernis souvent bobo germano pratin, au-delà des simagrées ménagères, on retrouve le bon vieux désir érotique systématique qui sous tend la pratique homo depuis les Summériens (on peut aimer ou pas, chacun fait ce qu'il veut de son cul, comme dirait DE gaule).
PS : Je viens de lire ton message, Shunt. Je persiste donc à considérer l'homosexualité comme avant tout, une pratique purement érotique. Les (pseudo) exceptions ne sont pas la règle.
Le mariage, au-delà de nos consciences primaires, est bel et bien un cadre pour mettre au monde des enfants et les élever dans l'ordre et la sérénité, même si c'est truffé de couacs : c'est comme la démocratie, ça ne vaut rien, mais on n'a pas trouvé mieux. Peu importe les raisons de Machin ou de Tartempion qui les poussent à se marier : on est dans le déterminisme. Le problème, c'est que si l'édifice s'effondre sous les coups de boutoirs de ce qu'on croit être un humanisme de bon aloi, on ne réparera pas les dégâts par un coup de baguette magique. A moins de considérer que tu ne vois au sein des sociétés occidentales (les autres sociétés affrontent d'autres défis et problèmes) aucun signe de décadence.
Xave a écrit:De toutes façons, c'est essentiellement symbolique : quand on sait que pour la très grande majorité des couples homosexuels, l'union libre, tout au plus le PACS, leur convient parfaitement, le mariage, concrètement, ça ne va pas concerner beaucoup de monde.
runaway a écrit:Kadoc a écrit:Autant je me pose beaucoup de questions en ce qui concerne l'adoption, autant une union civile normale vis-à-vis de la loi me semble être une revendication parfaitement acceptable.
Le PACS n'est pas une union civile?
Ou alors, c'est la ceremonie le point important.
Aym a écrit:Ouais, j'ai lu.
Y'a plus de suicides à La Poste que dans ma boîte : est-ce à dire que les gens qui choisissent de postuler à La Poste sont pas sains d'esprit au moment où ils se font embaucher, ou alors qu'ils accumulent de la souffrance à cause de leurs conditions de travail ?
Shunt a écrit:La revendication du mariage gay va, à mes yeux, à contre courant de ça. Quand un couple gay exprime le souhait de se marier, c'est pour bâtir quelque chose de solide, une relation durable, stable et juridiquement encadrée. Pourquoi les gays ont-ils la réputation - souvent justifiée - d'avoir une vie sexuelle débridée, de multiplier les partenaires, etc... ? Parce que l'homosexuel reste finalement un marginal, la relation homosexuelle continue d'être considérée comme un vice, une transgression ou comme un simple jeu érotique, comme tu le dis. A partir du moment où la société refuse de reconnaître la sincérité et la vérité d'une relation entre deux personnes du même sexe, tu les encourages finalement à ne rien construire, à continuer de butiner à gauche ou à droite.
Kadoc a écrit:Shunt a écrit:La revendication du mariage gay va, à mes yeux, à contre courant de ça. Quand un couple gay exprime le souhait de se marier, c'est pour bâtir quelque chose de solide, une relation durable, stable et juridiquement encadrée. Pourquoi les gays ont-ils la réputation - souvent justifiée - d'avoir une vie sexuelle débridée, de multiplier les partenaires, etc... ? Parce que l'homosexuel reste finalement un marginal, la relation homosexuelle continue d'être considérée comme un vice, une transgression ou comme un simple jeu érotique, comme tu le dis. A partir du moment où la société refuse de reconnaître la sincérité et la vérité d'une relation entre deux personnes du même sexe, tu les encourages finalement à ne rien construire, à continuer de butiner à gauche ou à droite.

Kadoc a écrit:runaway a écrit:Kadoc a écrit:Autant je me pose beaucoup de questions en ce qui concerne l'adoption, autant une union civile normale vis-à-vis de la loi me semble être une revendication parfaitement acceptable.
Le PACS n'est pas une union civile?
Ou alors, c'est la ceremonie le point important.
Faut chercher un peu, ça a déjà été présenté dans ce topic. Un PACS ce n'est pas exactement la même chose qu'une union civile classique ("mariage civil"), et ce n'est bien évidemment pas une question de cérémonie![]()
Sylex a écrit:L'homosexualité n'est pas une mode.
Sylex a écrit:Merci pour l'éclairage sur la définition de l'intérêt général, mais je ne vois toujours pas en quoi on pose un problème moral en institutionnalisant le mariage homosexuel.
Sylex a écrit:J'ai par ailleurs défini plus haut ce que je j'entendais comme fin au mariage.

Shunt a écrit:Xave a écrit:De toutes façons, c'est essentiellement symbolique : quand on sait que pour la très grande majorité des couples homosexuels, l'union libre, tout au plus le PACS, leur convient parfaitement, le mariage, concrètement, ça ne va pas concerner beaucoup de monde.
Je n'en suis pas certain. En Belgique, il y a quand même 1000 mariages homosexuels en moyenne par an. C'est loin d'être marginal.
silverwitch a écrit:Rien ne justifie que l'on distingue un couple homosexuel qui par nature ne peut procréer. Il n'y a donc aucune raison de leur accorder une distinction sociale.

Shunt a écrit:Quid des couples hétéro stériles alors ? Il n'y a pas plus de raison de leur accorder une distinction sociale.

Capet a écrit:Pourquoi ne prennent-ils pas part à la discussion ? Pourquoi laisser aux seuls hétéros le soin de discuter d'un principe qui les concerne moins ?
Capet a écrit:Peut-être que ceux qui revendiquent ce mariage voudraient tout simplement être acceptés "officiellement", comme étant des humains comme les autres. Et comme ils sentent que c'est pas encore le cas, ben ils se taisent.

Shunt a écrit:En même temps, le concept même du mariage a évolué dans le temps. Pendant des siècles, on a marié par intérêt, par alliance, par la force... on a marié des petites filles à des vieillards... pendant des siècles, les hommes ont choisi leurs épouses, sans se préoccuper forcément de leur consentement. C'est avec l'émancipation progressive des femmes qu'on a commencé à concevoir le mariage comme un consentement mutuel, à parler de mariage d'amour, etc... donc faire du mariage une institution sacrée voire la pierre angulaire de notre civilisation, mouais...

silverwitch a écrit:Shunt a écrit:Quid des couples hétéro stériles alors ? Il n'y a pas plus de raison de leur accorder une distinction sociale.
Argument puéril. Dans une société ouverte, l'État n'est pas totalitaire, il ne sonde ni les coeurs, ni les intentions, il distingue donc de manière équitable, encourageant une potentialité. Dans un second temps, l'État accorde d'autres distinctions quand les enfants sont nés (allocations familiales, réductions d'impôts, aides diverses).
silverwitch a écrit:Que ne faut-il pas lire ! C'est à croire que l'histoire de France est bien oubliée, quand ce pays a pourtant inventé l'amour courtois, il y a près d'un millénaire. Que n'a-t-on lu Tristan et Iseult, Abélard et Heloïse ou Chrétien de Troyes, pour apprendre que déjà il y a mille ans, on ne faisait que redécouvrir l'amour conjugal et la place des femmes (d'où le trio amoureux Arthur-Guenièvre-Lancelot et son enlèvement) en réaction aux excès de la virilité des Carolingiens ?

Shunt a écrit:Oui, ce qui montre que la procréation offre d'autres droits et une autre forme de distinction que le simple mariage. Juridiquement, il y a donc une déconnexion entre le fait de se marier et de procréer. La procréation ne reste au final qu'une option. Effectivement, à la base, le mariage facilite la constitution d'un patrimoine commun, offre une stabilité, des garanties juridiques, des droits et des devoirs mutuels, propres à faciliter la constitution d'un foyer et d'une famille. Mais aujourd'hui quelle est la distinction entre un couple marié sans enfant et un couple pacsé sans enfant ? De quels avantages bénéficient le premier par rapport au dernier ? Les seules différences notables, c'est le régime patrimonial par défaut (séparation des biens dans le PACS, communauté des biens réduite aux acquêts dans le mariage) et la rupture de l'acte.

Shoemaker a écrit:Bien sûr que l'homosexualité est un érotisme en soi !
....


Shunt a écrit:silverwitch a écrit:Rien ne justifie que l'on distingue un couple homosexuel qui par nature ne peut procréer. Il n'y a donc aucune raison de leur accorder une distinction sociale.
Quid des couples hétéro stériles alors ? Il n'y a pas plus de raison de leur accorder une distinction sociale.

Shunt a écrit:
Le mythe et la fiction ont pour fonction effectivement de réenchanter le monde.
Pour en revenir à notre histoire de France, en particulier à celle de nos monarques, c'est vrai que l'amour conjugal y tient une place prépondérante. Au point que ce sont les favorites le plus souvent qui sont passées à la postérité.

silverwitch a écrit:Shunt a écrit:Oui, ce qui montre que la procréation offre d'autres droits et une autre forme de distinction que le simple mariage. Juridiquement, il y a donc une déconnexion entre le fait de se marier et de procréer. La procréation ne reste au final qu'une option. Effectivement, à la base, le mariage facilite la constitution d'un patrimoine commun, offre une stabilité, des garanties juridiques, des droits et des devoirs mutuels, propres à faciliter la constitution d'un foyer et d'une famille. Mais aujourd'hui quelle est la distinction entre un couple marié sans enfant et un couple pacsé sans enfant ? De quels avantages bénéficient le premier par rapport au dernier ? Les seules différences notables, c'est le régime patrimonial par défaut (séparation des biens dans le PACS, communauté des biens réduite aux acquêts dans le mariage) et la rupture de l'acte.
J'ai déjà répondu. Dans une société ouverte, l'État n'est pas totalitaire: il encourage, il promeut. Rien n'interdit de concevoir un enfant hors du mariage, pas plus que le législateur ne discrimine selon l'orientation sexuelle. En revanche, l'État crée une distinction sociale selon l'utilité commune en encourageant un cadre conservateur propre à favoriser la reproduction. Reprenons donc encore, le mariage est une institution dont la fin est la procréation et la norme un cadre stable et durable entre un homme et une femme (différence des sexes, rencontre entre un fait de nature et un fait de culture).
Que l'État ait cédé aux sirènes des revendications partisanes et communautaires ne nous dit pas qu'il doit continuer à le faire. La règle devrait être de ne distinguer que selon l'utilité commune. Or, quelle est l'utilité commune du couple par rapport au célibat, si l'on retire la procréation des données du problème ? Tu peux souhaiter mettre fin à la distinction sociale accordée aux couples mariés, mais la logique qui consiste à défendre son extension me semble une contradiction dans les termes, puisqu'elle renonce en vérité au principe fondateur qui est l'absence de distinction sociale. C'est une contradiction logique qu'il convient de lever. Et je crains qu'elle ne soit difficile à lever sans changer de paradigme.
silverwitch a écrit:Justement. L'infidélité chronique des souverains était liée à la contrainte de la doctrine du double corps du roi. L'affrontement de la raison d'État et de la raison du coeur traduit la place irréductible de l'amour conjugal. D'où l'émergence de la passion adultère dans la littérature médiévale, comme seul moyen de restaurer la royauté de l'homme et de la femme, dans leur passion amoureuse qui sublime les conventions sociales. En quelque sorte, quand la société nie la place de la femme et l'importance du consentement (la réciprocité dans le couple), l'adultère est le seul mariage, devant Dieu.
Les sociétés anciennes avaient pour elles la conscience du tragique de l'existence. Aujourd'hui, c'est comme si le carnaval (le mariage homosexuel, parodie du mariage, pensé depuis l'origine comme instituant la différence des sexes) voulait devenir la norme.
Marlaga a écrit:C'est cette obsession de l'égalitarisme absolu qui fait crever la société en l'emportant dans des dérives absurdes.
Denim travaille à cette heure là.Capet a écrit:Vous trouvez pas que c'est marrant cette discussion où l'on parle "des autres" alors qu'il paraît qu'il y a une grande proportion d'homosexuels dans la société française ?
Ce qui me fait marrer c'est qu'ici aussi il doit y en avoir non ? Alors pourquoi ne parlent-ils pas ? Pourquoi ne prennent-ils pas part à la discussion ? Pourquoi laisser aux seuls hétéros le soin de discuter d'un principe qui les concerne moins ?
Peut-être que ceux qui revendiquent ce mariage voudraient tout simplement être acceptés "officiellement", comme étant des humains comme les autres. Et comme ils sentent que c'est pas encore le cas, ben ils se taisent.

Shunt a écrit:Marlaga a écrit:C'est cette obsession de l'égalitarisme absolu qui fait crever la société en l'emportant dans des dérives absurdes.
Non ce qui fait crever la société, c'est l'individualisme, le court-termisme et la logique consumériste appliquée au champ social, c'est-à-dire la quête de la jouissance immédiate. C'est ça qui menace le plus la société, parce que tout ça nous empêche de penser un avenir commun. C'est aussi un obstacle à l'éducation, à la transmission. Une civilisation qui méprise son passé et néglige son avenir est déjà morte à mes yeux.
Pour ma part, je suis beaucoup plus effrayé par la pub pour "Attractive World" ou "Meetic", où l'on nous vend des partenaires amoureux comme des produits de supermarché, que par le mariage gay.
Le mariage gay, au moins, s'inscrit dans la durée, il y a derrière une volonté de construire, de bâtir.

silverwitch a écrit:
Les sociétés anciennes avaient pour elles la conscience du tragique de l'existence. Aujourd'hui, c'est comme si le carnaval (...) voulait devenir la norme.
Shunt a écrit:Effectivement le mariage, à la base, donne un cadre propice à la procréation ET, comme tu le rappelle très justement, "un cadre stable et durable" entre deux êtres. A mes yeux, il est d'une part légitime et j'irai même jusqu'à dire socialement utile qu'un couple de femmes ou d'hommes puissent aspirer à vivre leur union dans "une cadre stable et durable".
Shunt a écrit:Comme je l'ai rappelé précédemment, le PACS peut s'annuler par simple lettre recommandée, donc il n'offre pas le "cadre stable et durable" d'un mariage, qui, lui, ne peut être cassé que sur décision de justice. Le mariage - au sens laïc et civil du terme - c'est aussi ça. C'est donner un ciment, une reconnaissance à une union, c'est l'inscrire dans la durée, voire, dans le meilleur des cas, dans l'éternité. C'est un acte fort, un engagement.
Shunt a écrit:A partir du moment où on reconnait que deux hommes ou deux femmes peuvent légitimement s'aimer, vivre ensemble, construire leur vie ensemble, pourquoi leur union ne devrait-elle reposer au mieux que sur un contrat d'engagement révocable, peu engageant, une sorte de sous-CDD conjugal ?
Shunt a écrit:Qu'est-ce qui le mieux pour la société, l'intérêt général ? Offrir à des gens un cadre propre à leur épanouissement en tant qu'être humain ou les maintenir à la marge en ne leur proposant finalement au mieux qu'un sous-droit ? C'est la question que pose le mariage homosexuel, indépendamment de la question de la procréation.

Shunt a écrit:Sauf que la passion adultère n'a rien d'une promesse éternelle.
Je pense qu'il y a deux siècles on pouvait également penser qu'un mariage entre un Noir et une Blanche était également une forme de parodie, de carnaval.

silverwitch a écrit:
Mais au fond, derrière la question juridique et légale, c'est une question centrale, celle de l'évolution de notre conception du droit: il ne protège plus l'humanité de l'Homme, mais sa volonté personnelle (son désir individuel). On peut donc désormais faire ouvertement la promotion de l'eugénisme libéral, du moment que ça répond à la volonté des parents (désir d'avoir un enfant, même sans la différence sexuée; désir de choisir le sexe de son enfant, la couleur de ses yeux, que sais-je encore). D'où une double contrainte: la morale semble être entièrement laissée au désir des individus, et charge à la société de traquer toute déviance, de tout normaliser, donc de s'immiscer dans notre vie privée, notre intimité.
Marlaga a écrit:C'est bizarre, mais là, j'ai l'impression que c'est justement l'individualisme et le court-termisme qui aboutit à la demande du mariage homosexuel. Et c'est aussi un mépris du passé et une négligence de l'avenir que ça construit, juste pour profiter au présent d'un droit égalitariste.
Moui, je veux bien concevoir ça comme ça, mais j'ai quand même le sentiment d'une demande qui va juste dans le sens du vent, pour revendiquer des droits identiques aux autres, pour un besoin de reconnaissance sociale sans que ça implique quoi que ce soit derrière.
C'est ce que j'ai compris de ta réponse quand tu écris "Engagement social et moral très fort, soumis aux caprices du temps, c'est-à-dire à la mode." (et que j'ai volontairement biaisé par provocation). Je réfute le fait de considérer que le traitement de l'homosexualité soit le fait de caprices du temps. On en arrive aujourd'hui à enfin considérer les homosexuels normalement, voilà tout.silverwitch a écrit:Qui a écrit une chose pareille ?
Je ne suis pas d'accord, la société discrimine le couple homosexuel pour des raisons dogmatiques et bassement instinctives. Les homosexuel sont une portion largement inférieure de la population, ils sont dénigrés par les hétéros pour des raisons dogmatiques, parce que l'instinct de l'hétéro rejette l'attraction du même sexe.silverwitch a écrit:Ce n'était pas ma réponse. Reprenons, simplement et logiquement: le législateur autorise certaines distinctions sociales, selon l'utilité commune. Le mariage crée une distinction au sein de la communauté des citoyens, en raison d'une fin, la procréation. C'est la seule raison qui justifie une distinction sociale par rapport aux citoyens célibataires. Comment justifier autrement que la société discrimine les célibataires par rapport aux couples ?
Jusqu'à " favorisant la procréation", on est d'accord. C'est là je pense que tu fais erreur. Et je pense qu'on restera fondamentalement opposés sur ce postulat.silverwitch a écrit:Les partisans du mariage homosexuel font une erreur de raisonnement, une erreur logique. La norme, c'est l'absence de distinction sociale, peu importe l'origine, la couleur de peau, le sexe. Que tu sois homosexuel ou hétérosexuel, ce n'est pas ça qui engendre une distinction sociale, c'est que la société fait la promotion du mariage comme un cadre stable favorisant la procréation.
silverwitch a écrit:Rien ne justifie que l'on distingue un couple homosexuel qui par nature ne peut procréer. Il n'y a donc aucune raison de leur accorder une distinction sociale.
silverwitch a écrit:Sylex a écrit:J'ai par ailleurs défini plus haut ce que je j'entendais comme fin au mariage.
Pardon, mais ça ne m'intéresse pas vraiment. Ça ne m'intéressera que si la fin que tu envisages est selon toi fondée dans une raison universelle. C'est-à-dire que ton point de vue fait place à l'hétéronomie, que tu cherches bien une Vérité irréductible aux caprices du temps, un sens à l'existence commune.

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