silverwitch a écrit:Neoflo a écrit:C'est quand même un sacré bordel cette campagne, une campagne d'une tristesse impressionnante, d'une "vulgarité" sans nom, dominée par des sondages multi-journaliers assez ahurissants.
![]()
Je partage cette analyse.Neoflo a écrit:Alors pour donner mon sentiment je ne sais vraiment pas pour qui voter, d'abord je crois qu'il serait intéressant quand certains donnent des avis/opinions politiques assez élaborés que l'on connaisse un minimum leur situation personnelle, situation personnelle qui influence qu'on le souhaite ou non ses opinions. On est dans un forum avec de fortes tribunes politiques, avec des avis tranchés ... donc avec un besoin de transparence.
Personnellement, je suis dans une "tranche sociale" qui ne sera quasiment pas impactée par la présidentielle, cette tranche moyenne ("haute") dont tout le monde se fout, qui vit bien mais n'a pas réellement d'avenir tracé et possible ! Je suis peut-être dans les 20% des plus hauts salaires français et pourtant avec ce seul salaire et sans apport, je suis incapable d'acheter un bien immobilier en proche région parisienne. Autrement dit, malgré ma situation favorable, une partie du territoire national m'est fermée, là on a aussi une forme de crise, différente, moins dramatique bien sur mais ...
C'est une excellente idée, pourvu que chacun puisse présenter à sa manière le point de vue d'où il s'exprime, situation matérielle ou idéologie. Une élection ne s'adresse pas à des individus, mais à une abstraction, les citoyens. Or un citoyen n'a ni sexe, ni religion, ni patrimoine ! Je ne parlerai donc pas de moi en tant que personne, mais en tant que citoyenne. Une élection ne peut être un succès que si l'on parie sur la métamorphose de l'individu en citoyen, seul moyen pour passer de l'intérêt privé à la définition de l'intérêt général.
En quelques mots:
Je suis socialiste et gaulliste et je ne vois pas de contradiction entre les deux termes. Les enjeux essentiels concernent d'abord l'indépendance de la France qui prend tout son sens parce qu'elle permet une véritable souveraineté populaire. Je crois que la nation est le cadre de la démocratie, et que la nation française est profondément républicaine, attachée aux valeurs d'égalité, de fraternité et de justice sociale. Le patriotisme n'est pas la propriété d'un parti, mais le principe qui relie spirituellement tous les français, les uns aux autres. C'est parce que nous désirons partager un avenir commun que notre devise: Liberté, Égalité, Fraternité peut s'incarner dans le corps national. Le patriotisme, c'est donc l'âme qui commande au corps.
La mission d'un président de la République est d'oeuvrer pour l'unité nationale, pour l'indépendance de la patrie, pour la justice sociale, pour la liberté. Au président de présider, au gouvernement de gouverner.
Les enjeux essentiels:
L'euro et l'Europe: Oui à une Europe européenne, une Europe des nations, une Europe des projets et pas une Europe bureaucratique qui organise la destruction de la démocratie et des nations pour créer une vaste zone de libre-échange. Je défends le principe du retour au franc et du retour à des barrières douanières pragmatiques: l'établissement d'une taxe sociale aux frontières et d'une taxe carbone aux frontières françaises. Plus un produit importé vient de loin, plus il est taxé (ainsi le textile chinois ou l'automobile japonaise construite au Japon). Plus un produit importé vient d'un pays où les normes sociales (salaires, protection sociale, congés) sont éloignées de celles de la France, plus ce produit est taxé. Ainsi le textile chinois sera très lourdement taxé, contrairement à l'automobile allemande qui ne le sera que faiblement.
Des coopérations pragmatiques: je souhaite un rapprochement entre la France et les pays du Maghreb, avec lesquels nous partageons une histoire, une langue et un destin commun. Si l'avenir de l'Allemagne passe par l'Europe orientale, celui de la France est lié à la méditerranée et à la francophonie. Mettons fin à l'échange inégal que nous infligeons à l'Afrique et proposons de véritables partenariats.
Une France libre: sortie de l'OTAN, sortie de l'OMC. Indépendance des médias vis à vis des pouvoirs économiques.
L'état social: nationalisation de Total, d'EDF-GDF, des banques, des assurances, de la chimie-pharmacie. Recréation du commissariat au plan pour fixer les grandes orientations, contrôle des changes, contrôle des capitaux, rétablissement de l'impôt de bourse, d'une taxe Tobin. Création d'une véritable sécurité sociale professionnelle, d'un droit à la formation et à l'instruction tout au long de la vie (possibilité de reprendre des études). Rétablissement de l'autorisation administrative de licenciement et de l'échelle mobile des salaires. Création d'un véritable droit constitutionnel au logement, à la santé, à la culture.
L'instruction publique: fin du collège unique, extension de l'apprentissage, retour aux disciplines fondamentales (lire, écrire, compter). Promouvoir une culture élitaire ouverte à tous.
Une réforme emblématique:
- le rétablissement d'un impôt très fort sur les successions. Je préfère l'inégalité des revenus à l'inégalité de naissance. Si aujourd'hui 95% des successions sont exonérées, je souhaite qu'à l'avenir 95% des successions soient taxées, de manière progressive (et selon le nombre d'enfants) mais pouvant atteindre 80% du patrimoine. L'assurance-vie serait taxée des cinquante mille euros. En échange, chaque jeune Français recevrait dès la naissance un crédit lui garantissant l'accès aux études, à des vacances selon des critères à définir. Un tel système viendrait compléter et non se substituer aux bourses au mérite.
- le rétablissement du service national pour les garçons et les filles.
- La suppression du Sénat et de l'échelon régional.
- Le mandat unique et renouvelable une fois.
Une fin possible au régime des partis: un nouveau système politique qui combinerait tirage au sort (sur le modèle du jury d'assises) et élection.
Concernant les différents candidats:
Jacques Cheminade: plein de bonnes idées, un projet humaniste et progressiste dans le cadre de valeurs républicaines. Le problème ? Beaucoup d'inconnues et de zones d'ombre. Qui est vraiment ce bonhomme ? Quels sont ses amis, son parti ? Si le débat public n'était pas escamoté, on pourrait en savoir plus. En tout cas, toute candidature de ce genre est bonne à prendre, puisqu'elle est publique. On peut discuter les idées, les propositions afin qu'elles de transformer les consciences.
Nathalie Arthaud: si je comprends la critique radicale du capitalisme, je ne crois pas au processus révolutionnaire de dictature du prolétariat.
Philippe Poutou: un beau visage, de beaux yeux et un amateurisme sympathique et assumé (au point d'en faire un outil de communication politique). Les propositions économiques et sociales font preuve de bon sens, mais pas la vision de la patrie. Résultat ? Cet internationalisme naïf se double d'un libéralisme sociétal qui contribue à affaiblir la seule lutte digne de ce nom pour un citoyen vraiment de gauche: la lutte des classes.
Eva Joly: une énigme. J'avais de cette femme l'image d'une juge incorruptible, voilà que l'on découvre une écolo de circonstance et surtout la critique obstinée de tous les symboles patriotiques. Plus de défilé militaire le 14 juillet, plus de commémoration de l'armistice de 1918, une remise en cause discrète des principes de laïcité. C'est ça l'héritière de Robespierre ? Enfin, si l'attaquer sur son accent est dégueulasse, ce ne l'est pas plus que d'attaquer le président Sarkozy sur sa taille.
Nicolas Dupont-Aignan: un gaulliste social. C'est le seul candidat qui propose aujourd'hui un projet cohérent et pragmatique pour assurer l'indépendance de la France, l'unité nationale et le retour à un volontarisme politique. La sortie de l'euro ? Je vote pour ! La sortie de l'OTAN ? Itou ! Les nationalisations d'entreprises stratégiques ? J'applaudis des deux mains. Ce n'est pas parfait pour autant, si le programme est cohérent, il manque un peu d'ambition et de propositions pour faire face à l'ampleur du défi posé à notre pays.
François Bayrou: la tarte à la crème. Un candidat anti-système dont le projet politique est la quintessence de la politique menée depuis bientôt trente ans par les différents gouvernements, qu'ils se réclament de la gauche ou de la droite. C'est la rupture immobile ! Je combats à peu près tout ce qu'il propose: l'européisme béat, l'impuissance politique érigée en dogme, le démantèlement de la France au nom de la lutte contre la dette. Bref, j'en ai dit assez. Que l'homme soit certainement intelligent et intègre ne change rien à l'affaire.
Marine Le Pen: l'arnaque. C'est comme toujours la meilleure alliée du système, avec son bouc-émissaire commode, l'immigré. Enfin pardon, aujourd'hui, c'est le musulman, c'est plus tendance. C'est une candidate de l'anti-France. De ceux qui regrettent le colonialisme, de ceux qui haïssent De Gaulle et la République. Cette candidate défend une idéologie anti-républicaine, xénophobe et une conception ethnique de la nation. Or être Français, ce n'est pas une question de couleur de peau, de religion ou de naissance.
Jean-Luc Mélenchon: le candidat d'une gauche de combat, d'une gauche républicaine et sociale. Critique du néo-libéralisme, du libre-échangisme mondialisé, de l'américanisation des esprits et de la construction européenne telle qu'elle se fait, laïcité volontaire. Tout ça est formidable. Ses qualités oratoires, sa critique répétée de l'oligarchie médiatique, tout ça m'enthousiasme souvent. J'ai peur néanmoins que cette vision soit un peu hémiplégique. Son discours sur l'Europe est cruellement insuffisant, son libéralisme sociétal me navre. Est-ce qu'il est vraiment intelligent de faire la promotion de l'euthanasie ? Est-ce qu'il est vraiment important de vouloir abroger le concordat en Alsace-Lorraine, quand la République est chaque jour bafouée par les abandons de souveraineté ? Est-ce qu'il est heureux de prétendre réorienter la construction européenne, sans même faire peser la menace d'un abandon éventuel de l'euro ? Ce n'est pas très sérieux et me fait sérieusement douter. Bref, Mélenchon, c'est un Hollande en plus à gauche et en plus grande gueule.
Nicolas Sarkozy: cinq ans de gabegie, de vassalisation de la France, d'abandons de souveraineté, de trahison du vote des Français, d'impérialisme guerrier et néo-colonial, de parodie de volontarisme politique, d'un clientélisme effréné, d'une politique visant à enrichir les plus riches, à diviser les Français en les opposant les uns aux autres. Cinq ans, ça suffit, non ? Le président nous avait promis la sécurité et le travail, nous héritons de l'insécurité, du chômage et d'une vie de plus en plus dure.
François Hollande: sa meilleure qualité ? Il serait sans doute un président moins néfaste que Sarkozy, plus prudent, plus social, plus conservateur et moins ouvertement pro-américain. Son principal défaut ? Ça n'est pas du Sarkozy, mais ça pourrait y ressembler cruellement. Européisme, aucune réelle remise en cause de la politique étrangère de la France, et un programme économique de centre-droit. Au moins corrigera-t-il certainement à la marge les dérives constatées depuis cinq ans.
Sinon, c'est volontairement que tu as classé les candidats par ordre croissant du niveau dans les sondages?













