(message écrit tardivement hier soir, désolé pour les éventuelles étourderies ou fautes, je ne me suis pas encore relu)Capet a écrit:Sur i-Télé ils annoncent un nouveau sondage avec des choses qui bougent : NS à 30, FH 28, MLP 15, et Bayrou et JLM à 13 !
Sondage CSA (où Marine Le Pen est à 13,5 et non 15).
Comme j'ai pu le dire des dizaines de fois sur les sujets élections américaines par le passé, un sondage tout seul ne veut rien dire, il est impossible de dire si une évolution est due à la marge d'erreur (similaire à une vibration) ou à l'évolution en elle même.
En revanche, un ensemble de sondages permet d'avoir une très bonne idée (juste en observant), et avec certains outils (comme le filtre de Kalman, justement conçu pour réduire les incertitudes à partir d'un ensemble de capteurs aux mesures incertaines en recoupant leurs mesures temporelles et la probabilité d'évolution de telle ampleur en tant de temps -- filtre mathématique qui a été utilisé dès les années 60 par la NASA dans les missions Apollo, pour affiner les mesures des capteurs) de suivre l'évolution environ au point près*
En somme, un sondage comme ça ne dit rien, à moins qu'il soit confirmé par d'autres
Par ailleurs, CSA (tu l'as donc vu sur BFMTV, étourdi, étant donné les partenariats) est de tous les instituts français celui qui surestime le plus Sarkozy dans le couple Sarkozy-Le Pen de façon constante depuis plus de 6 mois (et qui par corrolaire sous-estime le plus Le Pen dans ce couple)
C'est à dire que ce sont les deux instituts qui dans le total Sarkozy+Le Pen en donne la proportion la plus haute à Sarkozy.
C'est aussi un des instituts qui donne la part la moins importante du total Hollande+Bayrou à Hollande
Ne vous méprenez pas sur mon propos, ce qui ne veut pas dire que CSA a tort. Ici le mot surestime n'est pas péjoratif, c'est une surestimation en comparaison de la concurrence.
C'est peut-être fait à juste titre ou peut-être à tort. On ne le saura que le jour de l'élection quel est le biais de méthodologie qui aura été juste. Mais ce qui explique pourquoi "les courbes se croisent" chez certains instituts et non chez d'autres, la méthodologie de l'institut ayant pour conséquence un Le Pen (et quelque peu Hollande) faible et un Sarkozy fort.
La proportion de Sarkozy dans le total Sarkozy+Le Pen, c'est une répartition à surveiller les deux électorats font depuis début janvier un vase communiquant très visible, quand Le Pen monte, Sarkozy descend, quand Le Pen descend, Sarkozy monte... le niveau de Sarkozy ne va se jouer uniquement que dans la proportion d'électeur soutirés à Le Pen). Les totaux restent quasi constants, comme si peu de l'électorat passait de Bayrou à Sarkozy ou inversement (ou en tout cas ça se compense)
Bref, les hypothèses des instituts, Sarkozy/(Sarkozy+LePen) haut ou non influent sur l'exploitation médiatique des sondages. Mais comme les hypothèse de répartition de cet somme d'électorat est différent selon les instituts, ce qu'il faut regarder c'est les tendances, non les niveaux, tendances à évaluer avec plusieurs sondages.
La perversité de tout cela c'est aussi que si une attention médiatique forte est attribuée à un sondage qui n'est finalement qu'une erreur par rapport à d'autres, et n'aurait pas normalement été confirmé, cela peut créer une tendance ("je le rejoins parce qu'il monte, je le quitte parce qu'il descend") et être finalement confirmé alors que c'était au départ une erreur naturelle de mesure.
Pour donner une image pourquoi un sondage tout seul ne sert à rien. Imaginez un piquet sur un chariot qui se déplace (et c'est ce déplacement qu'on veut photographier en photographiant le haut du piquet, avec un temps d'exposition très court).. Mais pas de chance, il vibre (il y a du vent qui le fait entrer en résonance par exemple).. Quand vous prenez la photographie, impossible de savoir si le déplacement que vous photographiez est dû à la vibration ou au déplacement. Le déplacement minime que vous avez observé peut être dû à la vibration. En revanche avec plusieurs photographies, il est possible d'évaluer la part de la vibration et du déplacement et réduire l'incertitude (et encore mieux avec des outils mathématiques conçu exprès pour le problème tel qu'évoqué plus haut qui sous-pèsent les probabilité d'évolution "versus" les probabilités de marge d'erreur, et quel est le niveau le plus probable qui explique les différents niveaux d'instituts.. ou de photographie de piquet)
Pour parler du second tour, le problème actuellement de Sarkozy c'est qu'il fait certes venir depuis son entrée en campagne au premier tour des électeurs frontistes sur son nom. Mais que ce sont en grande partie des gens qui avaient déjà décidé de voter Sarkozy au second tour, le gain sur ce second tour y a donc été faible. Il ne va gagner qu'en convaincant des électeurs frontistes qui avaient choisi de s'abstenir au second tour de voter pour lui au second tour, ce qui a peu fonctionné durant son premier mois de campagne. Logiquement en parlant de ceux chez qui cela a fonctionné, il a convaincu ceux qui étaient le plus facile à convaincre**. Ceux qu'il aurait du convaincre bien plus vite qu'il ne l'a fait. Autrement dit il lui reste à quasi mi-parcours de campagne encore le plus dur, à convaincre une partie importante des moins confiants abstentionnistes lepénistes au premier tour, les plus difficiles à convaincre (ceux qui n'ont pas cédé à 5 semaines d'appels du pied), ce qu'il ne peut faire qu'en allant encore plus loin vers l'extrême droite. Chose difficile en conservant les électeurs sarkozystes les plus modéré en même temps de ne pas partir vers l'abstention (en même temps, ils semblent ne pas être trop gênés de ce qu'ils ont entendus jusque là, ce qui est un peu affligeant). Bien sûr il peut aussi tenter d'aller convaincre les abstentionnistes bayrouistes au premier tour. Mais ça semble difficile après s'être durant 5 semaines identifié à l'extrême droite.
Après, avec les circonstances présentes, rien est totalement impossible.
Hugues
*: je parle bien d'évolution/tendance (si ça monte ou descend et de quelle proportion) et non de niveau.. car comme il y a des biais, le mélange des biais n'est pas de somme nulle, et donc le niveau évalué est entaché d'un biais qu'on ne saura qu'au premier tour.. en revanche son évolution est précise, contrairement à celle d'un sondage
**: C'est pour cela que plus il hausse son niveau de premier tour, plus les reports de Marine Le Pen vers lui au second tour se dégradent, car il ne reste chez Marine Le Pen que les plus volontaire à s'abstenir au second tour.