Shoemaker a écrit:Cortese,
pour en rester juste à l'Algérie, que nous connaissons bien tous les deux. Je suis bien d'accord avec toi. Ce qu'on appelle le camp démocrate, globalement, on peut dire que c'est une belle bande de pieds nickelés. Il y a des personnalité, des individus, des cas particuliers, certes. Mais bon, grosso-modo, le niveau est lamentable. Alors, tu as beau jeu de mettre le doigt sur leur nullité. Mais il faut aussi expliquer pourquoi la classe politique est dans un tel état de débilité. Moi, je suis arrivé à Alger du côté de 1972. Tu en penses ce que tu veux, mais le niveau intellectuel général n'avait absolument rien à envier à celui de Paris. Boum, à ce moment là, était dans sa phase constructive. Puis, tout a été systématiquement saboté, détruit, laminé. L'abrutissement est devenu la politique systématique du système. Le Français, véhicule d'ouverture, outil scientifique etc, a été systématiquement sabordé. L'Arabe, qui nécessitait une approche toute en subtilité etc, a été imposé brutalement et de plus, comme véhicule d'une doctrine générale rance, faite d'archaïsmes débiles, etc... Il ne sert à rien de nier tout cela. Et une fois ce constat admis, il faut tout de même se demander alors : QUI EST LE RESPONSABLE d'un tel désastre culturel, national, alors que nous avions toutes les billes en main. Qui a décrété des lois folles ? Qui a créé des concepts foldingues et infantiles ? Qui a culpabilisé tous les intellectuels qui promettaient, en montrant du doigt le fameux parti de la France ? etc etc... Un système ne peut détenir le pouvoir absolu comme le détenait la caste militaro-FLN, et demander ensuite à l'Histoire de l'exonérer de toute responsabilité après le foirage absolu auquel nous avons assisté.
Alors, oui, peut-être que le monde Arabe finira sous la tente bédouine d'où il n'aurait jamais du sortir. C'est possible. MAis permet moi de ne pas m'émouvoir à chaque fois qu'une de ces crapules dictatoriales morde la poussière, d'où que vienne le coup.
Si notre destin est de finir dans les ombres des déserts infinis, c'est que les fameux états stables érigés par nos chers despotes nationalistes et patriotes de gauche, eh ben, c'était de la m... en barre. L'Occident post colonial n'a pu à ce point nous dominer que parce que nos chers despotes éclairés ont érigé des Etats débiles, faibles, ont détruit tout soupçon de créativité (si ! il y en avait, à Alger, dans les années 70, j'en suis témoin autant que toi...), de fierté, d'authenticité culturelle, bref, le fameux minimum de liberté pour qu'un peuple soit fort, pour qu'il puisse grandir, se fortifier, résister, se défendre, se responsabiliser. Toutes les politiques de tous les despotes Arabes de "gauche" et de droite ont principalement consisté à détruire toute velléité d'évolution des peuples sous leurs jougs. C'est une EVIDENCE !
Tu te moques de nos démocrates. As-tu déjà discuté avec l'un de ces généraux qui ont toujours décidé de nos lignes de vies ? As-tu déjà discuté avec un responsable FLN de haut niveau ? Tu saurais alors ce que signifie la crasse intellectuelle. Ah ça ! Ils sont malins ! Imbattables quand il faut ruser pour jouer avec le pouvoir. Il arrive que parfois, l'un d'entre eux émerge. C'est vrai. Il est alors systématiquement zigouillé dans le pire des cas, écarté avec douceur dans le meilleur... Et toujours, toujours, ils ont toujours entretenu des relations complices, avec l'Empire, tout en nous abreuvant de slogans insanes pour trisomiques invertébrés ! Etc etc....
Pourquoi veux-tu que l'Occident (Israel compris) se gêne, lorsque ses intérêts le lui commandent, pour venir se servir à sa guise, dans des pays aussi malades ?
Si le monde Arabe doit finir dans les tourbillons des sirocos brûlants, eh bien soit. Tel est peut-être son destin. Mais montrons du doigt TOUS les responsables. Facile de se moquer des pauvres démocrates certes pas fute fute, tout en oubliant ceux qui ont exercé la totalité du pouvoir, sans exclusive, de Boumedienne au Roi Fahd. Pas un pour sauver l'autre. Aux ch... et tirer la chasse de l'Histoire, vite !
Ton point de vue est très sympathique, et je le partage, mais je crains qu'il ne tienne pas compte de la réalité du moment. Comme dit une psychologue que je connais "eh bien il faut faire avec".