silverwitch a écrit:Que les goût des uns soient les dégoûts des autres ne devrait pas t'inquiéter outre mesure.
[...]
Tu n'as pas à te justifier en tant que personne d'aimer ce que tu aimes. Cependant il faut accepter que tes goûts soient mis à l'épreuve du regard des autres, ce qui revient aussi à éprouver leur solidité.
Je le sais, d'ailleurs je n'ai pas attaqué Shunt en retour, à qui je n'en veux pas.
Mais j'y peux rien (enfin, si, j'y peux, mais c'est dur) si ma névrose me titille, j'ai besoin qu'on m'aime et qu'on soit fier de moi. Et quand quelqu'un dont l'opinion m'importe rejette mes goûts en bloc, ça pique.
Je ne tiens pas rigueur aux autres de ne pas entrer dans ce jeu-là, heureusement qu'ils ne le font pas, j'ai juste, sur le coup, eu besoin d'exprimer ma "douleur".
Mais j'arrête là avec l'impudeur.
silverwitch a écrit:Ah, j'en ai vu quatre (Suspiria, Romero, Nosferatu et Hooper) ! Je les apprécie plutôt, sauf le Hooper qui me laisse perplexe, chacun possède une esthétique singulière: un baroque flamboyant en technicolor pour le film de Dario Argento (magnifique lumière, superbes couleurs et bande son pour le moins étrange), un noir et blanc à la fois sobre et expressionniste pour le Romero (dont la fin est d'une brutalité terrifiante autant qu'absurde) et bien évidemment le chef d'oeuvre de Murnau (l'un des plus grands cinéastes du Monde). Tu devrais (si tu ne l'as pas vu), voir le "Vampyr" de Dreyer.
Je vais essayer de le trouver, Vampyr, je sais qu'il l'est mais si possible dans une version "regardable" (pas sur Google vidéo, donc). J'en avais déjà entendu parler.
Pour Texas Chainsaw Massacre, je l'ai vu plusieurs fois: une fois plus jeune (à l'adolescence), et ensuite plusieurs fois adulte, et l'impression première (tension permanente, avec ce bruit de fond agaçant, horreur face aux mœurs de la famille meurtrière) a cédé la place à un sentiment plus léger, différent, plus plaisant, celui recherché par le réalisateur semble-t-il, lui qui le voulait hommage aux dessins animés de Tex Avery. C'est un film "bizarre", peut-être le cul entre deux chaises, je ne sais pas si c'est ce que tu voulais dire en parlant de ta perplexité.
silverwitch a écrit:j'aime la suggestion plutôt, comme dans les différents films sur les "Body Snatchers" (avec une préférence pour le film de Kaufman), ou tiens pourquoi pas "The Thing" de John Carpenter (à mi chemin entre la suggestion et l'horreur façon Lovecraft).
Ah, The Thing, excellente idée, il aurait pu, ou dû, figurer dans ma liste. Pour moi c'est un régal parce qu'en effet il combine une ambiance de huis-clos tendue et paranoïaque et une esthétique qui me botte vraiment, que ce soit par sa simple localisation et par ses effets spéciaux "superbes" et délirants, qui, pour moi, n'ont pas pris une ride.
Comme je ne suis pas tellement calé en termes cinématographiques, je dirais qu'il "fonctionne" parfaitement.
J'ai oublié Jaws, aussi, et pourtant ce film m'est très, très cher, ne serait-ce que parce que je le trouve aussi bien servi par sa réalisation (qui ne se limite pas à l'application à filmer la maquette de requin, forcément ratée) que par le jeu de ses acteurs, que je trouve parfait. De même, les dialogues me semblent excellents, très rythmés, chaque personnage à un vocabulaire qui lui sied à merveille. J'en connais des pans entiers par cœur, d'ailleurs.
De Spielberg, c'est celui-là que je garderais, si je devais en choisir un seul (quoi que Duel...).
silverwitch a écrit:Moi ce qui m'intéresse toujours, c'est ce qui peut pousser un spectateur vers ce genre de film, même si on en connaît pas nécessairement la réponse (si tant est qu'il y ait UNE réponse), pourquoi la peur ? Est-ce lié le fait de se sentir d'autant plus vivant que l'épreuve est grande, que la peur est un sentiment qui révèle autant qu'il dissimule ?
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Je crois que tu trouveras autant de raisons que d'individus.
Et même pour un même individu, les raisons de regarder tel ou tel film d'horreur sont différentes. Dans mon cas, en tout cas, elles le sont.
Il m'arrive de regarder des films pour expérimenter la terreur, en effet.
Ring me terrifie. [REC] me terrifie, comme, dans le même genre, Blair With Project. The Exorcist me terrifie.
Je parle bien de terreur, j'assume ce côté-là: j'ai du mal à déambuler dans mon appartement après visionnage.
Pardonne-moi l'association d'idée (impudeur, toujours), mais il y a chez moi un "plaisir alcoolique" à voir ces films: je sais qu'après l'ivresse je ne serai pas bien et qu'il me faudra un temps de souffrance pour récupérer, oui, mais il y aura eu l'ivresse avant, et c'est ce qui emporte la décision.
Mais il est des films d'horreur que je ne regarde pas pour me faire peur. Alien ne me fait pas peur, je le regarde parce que je le trouve magnifique, que sa beauté "m'emporte ailleurs", et qu'il en dit assez peu pour que je puisse imaginer ce que je veux à partir de lui. C'est un film qui me stimule, intellectuellement, au niveau de mon imaginaire.
Predator ne me fait pas peur, je le regarde parce qu'en plus d'être beau (visuellement), je trouve que c'est un tour de force. Il est "dense", découpable en plusieurs actes (disons 3), chacun pouvant pratiquement être classé dans un genre propre, et chacun d'égale réussite jusque dans la maîtrise des "clichés" de chaque genre.
Et puis il y a les pizza movies (normalement on dit "pop-corn movies" mais j'aime pas plus que ça le pop corn et je trouve la pizza plus adaptée).
Quand, comme je le suis, t'es nul pour les relations amoureuses, tu passes par des périodes de célibat qu'il faut parfois meubler par de la consommation pure et simple (j'ai bien dit parfois, je sais aussi "m'enrichir" un minimum). Moi j'ai trouvé ça: le film à la con avec une pizza.
Alors là je m'envoie des Vendredi 13, par exemple, ou des remakes récents de film d'horreur "cultes".
Ces derniers sont extrêmement adéquats parce qu'ils sont très jolis, presque vulgairement jolis, jolis dans les clichés des canons de la mode, donc tu as un plaisir des yeux, un plaisir du ventre (mmmh pizza...

), et un plaisir catharsique du pathétisme de ta situation via le sang qui gicle à l'écran.
Enfin voilà, quoi...