Marlaga a écrit:Je n'ai pas vu le film mais j'aimerais réagir à ce que tu écris.
Si le message que le film veut faire passer, c'est que la technologie peut améliorer les humains en faisant une race de surhommes, ce qui impliquerait une sorte de propagande des manipulations génétiques et autres, là, je suis d'accord avec toi, c'est plus que douteux.
Par contre, si le message, c'est que l'humanité est en surnombre et qu'elle pollue la planète à une vitesse affolante jusqu'à sa possible extinction et qu'à ce moment là, peut-être quelques individus survivront pour créer une nouvelle société qui saura mieux s'intégrer à la nature, là, c'est un message qui est non seulement fondé dans son réalisme/fatalisme mais qui permet un petit espoir et là, je trouve ça plutôt admirable.
Ton dernier paragraphe décrit ce que tu dis est une saloperie, alors que je pense que ce serait une solution acceptable à l'échelle de la planète. L'humanité n'a pas une importance si grande qu'on doit en protéger chaque individu au mépris de la vie de tous les être vivants sur Terre. L'humanité est hors du contrôle démographique naturel. Elle doit donc s'auto-réguler dans les limites acceptables par la planète au lieu de croitre indéfiniment jusqu'à causer les pires catastrophes par son mode de vie anti-naturel. Faire passer ce message dans un film de divertissement est plutôt osé et je trouve ça pas mal de mêler le destin fatal qu'on se prépare en n'agissant pas contre toutes les pollutions et les épuisements de ressources naturelles à un espoir d'une nouvelle organisation plus harmonieuse et éthique une fois le pire passé.
On évite ainsi à la fois l'espoir béat d'un film comme Home (qui cherche à éveiller les consciences alors qu'il est déjà trop tard) et le désespoir absolu qu'on pourrait ressentir face au manque de solution et à l'inactivité de la société pour remédier aux problèmes écologiques.
Ton raisonnement (ta conclusion) se fonde sur un axiome: il est déjà trop tard. Trop tard pour quoi ? Comment le sais-tu, sinon par le discours du Pouvoir ? Tu acceptes comme objectif ce qui n'est autre qu'un récit, une fable pour enfants. Et cette fable s'organise par une double manipulation: la prétention scientifique, donc objectivant le récit du Pouvoir, le GIEC, le réchauffement climatique, bref "la fin du Monde" (et je pense au savant fou dans cet album de Tintin dont le nom m'échappe); de l'autre côté la douceur de la fable, La Terre est notre Mère, il ne tient qu'à nous d'adopter un mode de vie "naturel" (que veut dire "anti-naturel", sinon humain, l'effort par la culture de rendre fertile un monde aride ?).
Mais cette fable, comme tous les récits, cache l'essentiel en ne montrant que la fin. Il faut articuler les deux idées que je développe dans le paragraphe que tu cites. Le Monde purgé dont tu rêves n'est possible que par la techno-science. Ce ne sont pas deux possibilités distinctes, mais une seule et même réalité: quand d'un côté on améliore les enfants à naître (on cherche à créer un surhomme), de l'autre les mêmes possibilités de la techno-science jouent à plein régime: suicide assisté, stérilisation massive des populations, etc...
Le meilleur des mondes ne peut advenir que sur le sang et les cadavres de l'essentiel de l'humanité, tous les inutiles. Pourquoi l'essentiel de l'humanité est-elle inutile ? Parce qu'il n'y aura bientôt plus besoin d'elle pour consommer et pour être exploitée. "Avatar" nous dit en creux la vérité, mais la maquille sous les oripeaux du monde d'hier. Autant dire que le monde dont tu rêves ouvertement (un génocide que tu espères pudiquement "naturel", j'ose espérer) me terrifie. Peut-être changeras-tu d'avis quand tu auras compris que tu fais partie des inutiles, de l'humanité surnuméraire. Et il te restera seulement à t'interroger sur la manière dont seront sélectionnés ceux qui survivront... Je vais t'aider: ils sont riches et puissants.
Silverwitch