La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Xave le 21 Jan 2010, 21:48

silverwitch a écrit:
Cyril a écrit:Mais, par exemple, un bon livre/film de science fiction, que peut-il nous apprendre ? Je me trouve peut être dans un autre registre de pensée que toi, mais là, je ne vois pas en quoi un bon film doit forcément instruire...


Autant de choses qu'un western, ou un drame intimiste. Il nous apprend des choses sur la vie, sur la mort, sur la violence, sur le Monde. Qu'est-ce que l'humanité par exemple. Une série de films (ou de télévision) comme Star Trek ne parle pas d'autre chose ou presque. Comment définir ce qui fait de nous des êtres humains, c'est la question que pose obstinément l'extraterrestre "Vyger" dans le premier Star Trek.

Mais ce critère est-il suffisant ? Il faudrait encore en ajouter un nouveau. Ce que nous dit Star Trek est à la fois cohérent et pertinent, mais des films comme "2001" ou "Solaris" ont déjà dit ça avant (et mieux ajouterai-je). Un bon film est aussi original.

Donc:

- Un bon film enseigne.
- Un bon film est cohérent.
- Un bon film est pertinent.
- Un bon film est original.

On y arrive.

Silverwitch (la suite un autre jour)


Tout à fait d'accord, là, et particulièrement la SF.

"On y arrive", oui, merci. :wink: :o


Bon, sur ce, je vais me mater American Gangster, j'vous dirai c'que j'en pense... :lol: :D
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Lo le 21 Jan 2010, 21:49

1er tigre a écrit:[...]

Mettons la cuisine à part, qui répond principalement à un besoin et est du ressort uniquement de nos sens, bien que les orientaux sachent aussi y goûter un plaisir spirituel, à voir la cérémonie du thé et autres. Tiens, tu vois finalement là aussi on peut y introduire des critères objectifs quand à la préparation, à la mécanique de la chose. Je suppose qu'un bon thé pour un japonais connaisseur ne dépend pas seulement du goût, mais d'une foultitude complexe de facteurs qui demandent des connaissances, une expérience et des critères concrets très stricts.

Pour le reste, les arts en gros, tu ne peux pas faire abstraction de l'arrière-cuisine et laisser tout aux sentiments. Sinon ça veut dire que parce que monsieur X pleure en écoutant Johnny et monsieur Y en écoutant Mozart, Johnny et Mozart c'est aussi bon.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede 1er tigre le 21 Jan 2010, 22:01

Lo a écrit:
1er tigre a écrit:[...]

Mettons la cuisine à part, qui répond principalement à un besoin et est du ressort uniquement de nos sens, bien que les orientaux sachent aussi y goûter un plaisir spirituel, à voir la cérémonie du thé et autres. Tiens, tu vois finalement là aussi on peut y introduire des critères objectifs quand à la préparation, à la mécanique de la chose. Je suppose qu'un bon thé pour un japonais connaisseur ne dépend pas seulement du goût, mais d'une foultitude complexe de facteurs qui demandent des connaissances, une expérience et des critères concrets très stricts.

Pour le reste, les arts en gros, tu ne peux pas faire abstraction de l'arrière-cuisine et laisser tout aux sentiments. Sinon ça veut dire que parce que monsieur X pleure en écoutant Johnny et monsieur Y en écoutant Mozart, Johnny et Mozart c'est aussi bon.

J'ai pas dit qu'on ne pouvait pas creuser non plus hein...
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Messagede denim le 21 Jan 2010, 22:06

je trouve que ça va pas mal de regarder "le solitaire" avec Belmondo...sur direct8... et d'écouter du "isac Hayes" en musique de fond.

sympa je trouve...
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Rainier le 21 Jan 2010, 23:07

Lo a écrit:
1er tigre a écrit:[...]

Mettons la cuisine à part, qui répond principalement à un besoin et est du ressort uniquement de nos sens, bien que les orientaux sachent aussi y goûter un plaisir spirituel, à voir la cérémonie du thé et autres. Tiens, tu vois finalement là aussi on peut y introduire des critères objectifs quand à la préparation, à la mécanique de la chose. Je suppose qu'un bon thé pour un japonais connaisseur ne dépend pas seulement du goût, mais d'une foultitude complexe de facteurs qui demandent des connaissances, une expérience et des critères concrets très stricts.

Pour le reste, les arts en gros, tu ne peux pas faire abstraction de l'arrière-cuisine et laisser tout aux sentiments. Sinon ça veut dire que parce que monsieur X pleure en écoutant Johnny et monsieur Y en écoutant Mozart, Johnny et Mozart c'est aussi bon.


Justement au nom de quels critéres Mozart serait "meilleur" que Johnny si Monsieur X pleure aussi sincérement que Monsieur Y.

Je demande ça de façon intéressée car je cherche des arguments pour convaincre mon fils que c'est "mieux" d'écouter Brel, Brassens ou Manset que Lady Gaga ou David Guetta :wink:
Parce que même avec les arguments de Silverwitch, comment démontrer que Mozart apprend, est plus cohérent et pertinent que Lady gaga (pour original, c'est perdu d'avance) !
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Messagede denim le 21 Jan 2010, 23:20

tain cet après midi je suis tombé tout à fait par hasard sur une chanson de "lady gaga"la première fois que j'en entend une d'elle...ben putain, faut pas s'étonner si la génération future finit sous prosac...

de la merde en tube quoi...de la soupe...et encore la vraie est bien meilleure.
ce qui me fait chier c'est que ces "pseudos chanteurs" se font des ronds là dessus et pas qu'un peu en plus...lamentable. :roll:
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Lo le 21 Jan 2010, 23:29

Ah Rainier! Je connais ça aussi, pareil avec ma fille. C'est assez dur de les convaincre que les classiques du cinéma ou de la littérature sont meilleurs que les produits pré-machés que les médias leur vendent.

Il suffit d'analyser un peu en détails, sur des trucs parfois très basiques.
Je vais pas faire une liste, et en plus Silver ferait ça bien mieux que moi pour le cinéma. Mais c'est finalement assez simple, dans un bon film, mettons un bon film d'épouvante (Shining par exemple) et un mauvais (n'importe quoi produit par hollywood depuis les années 2000), éléments par éléments tu compares. Scénario, direction d'acteur, jeu des acteurs, casting, lumières, musique (ou absence de musique), originalité de l'histoire, emotions procurées, originalité, etc. C'est peut_être trivial, mais il faut des éléments concrets pour démarrer une discussion.

Mozart et Johnny c'est pareil, grosso modo. C'est un peu le grand écart, mais on peut comparer la richesse des mélodies, la variété des harmonies, les timbres, les émotions provoquées, la complexité ou la simplicité et leurs effets négatifs ou positifs sur l'oeuvre, l'originalité (bon pour Mozart le contexte est un peu lointain), etc.

Par contre faut pas perdre de vue l'ambition et le mode de consommation des oeuvres. La musique des ados c'est 90% du temps dans un lecteur mp3 sur fond de conversations, ou pour s'éclater gentiment.
Moi j'ai expliqué qu'on pouvait écouter / voir de tout, de la merde ou des trucs sublimes, mais que c'est bien de savoir les distinguer et se rendre compte de ce que ça procure.
Et puis il y a tellement d'autres facteurs culturels qui rentrent en compte que tu ne peux pas juste considérer l'oeuvre en elle-même.
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Messagede Jan le 22 Jan 2010, 00:29

Lo a écrit:Moi j'ai expliqué qu'on pouvait écouter / voir de tout, de la merde ou des trucs sublimes, mais que c'est bien de savoir les distinguer et se rendre compte de ce que ça procure.


C'est pas qu'on peut, c'est qu'il faut parfois ecouter de la merde, pour pouvoir continuer à apprécier le génie à sa juste valeur. Un petit Beyonce/Lady gaga coincé entre deux dizaines de titres de Roy ayers et J Dilla, ça permet de ne pas se sentir blasé par le sublime.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 22 Jan 2010, 09:43

Hugues a écrit:En fait l'autre jour, discutant avec un ami photographe animalier, de ses photos, j'ai songé à la discussion qui a lieu ici...
Car en fait, ce que chacun comprend et admet pour la photographie, ce que justement silverwitch espère faire partager pour le cinéma, bizarrement, on ne veut ni le comprendre, ni l'admettre pour cet art...

Quelle est des deux photos suivantes, celle qui est une bonne photo..
Une photographie qui a été pensée, imaginée, composée en vue de traduire le message d'un artiste, dont la fugacité de l'instant a été difficile à saisir, mais qui n'émeut pas forcément grandement.. ou la photo facile, prise comme un cochon d'un faon (si ça c'est pas du cliché) massacré au canon de 60... A coup sûr la seconde va transmettre une émotion, ou pour les plus cyniques, va susciter la curiosité ou va divertir..

Mais est-ce une bonne photo, non.. c'est la première...

Il ne viendrait jamais à l'idée de personne de contester, malgré le fait que la seconde procure plus d'émotion, de divertissement que la première, que l'une est une bonne photo et l'autre une mauvaise photo, quoiqu'elle vous fasse éprouver.. Parce que l'une et l'autre disent des choses totalements opposées du regard des deux personnes qui ont pris la photographie.. (sans compter sur le fait que la seconde dans son apologie de la mort, n'a aucune intention, aucun message réfléchi, conscient)
Pourquoi cette distinction que vous admettez naturellement pour une photographie la refuser pour le cinéma? .. (puisqu'ils semblent que bien des intervenants n'attendent ici que les stimuli d'un film et non le message...)

Hugues


Je n'admet pas cette distinction pour la photographie.
L'exemple que tu donnes est exagéré puisque tu dis sciemment que la première est réussie techniquement et la deuxième mal prise. Mais la première photo, aussi réussie soit-elle techniquement, si elle ne fait rien ressentir à ceux qui la regardent est une mauvaise photo. Car la photo, c'est pas juste le choix de l'objectif, de l'ouverture et du cadrage. C'est avant tout de la composition et la capacité à percevoir et transmettre une émotion.
Un musicien qui est un virtuose de son instrument mais qui ne sait pas transmettre la moindre émotion dans son jeu n'est pas un bon musicien.

Pour le cinéma, c'est pareil.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 22 Jan 2010, 09:57

silverwitch a écrit:Donc:

- Un bon film enseigne.
- Un bon film est cohérent.
- Un bon film est pertinent.
- Un bon film est original.

On y arrive.

Silverwitch (la suite un autre jour)


On commence à entrevoir ce que tu veux dire. Et je ne suis toujours pas d'accord avec ces critères.
Cette discussion est vaine car on ne part pas de la même vision du cinéma et on ne cherche pas à définir la même chose donc je ne vais pas répondre. Par contre, je serais curieux que tu continues à donner tes critères.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede 1er tigre le 22 Jan 2010, 10:48

Marlaga a écrit:
Je n'admet pas cette distinction pour la photographie.
L'exemple que tu donnes est exagéré puisque tu dis sciemment que la première est réussie techniquement et la deuxième mal prise. Mais la première photo, aussi réussie soit-elle techniquement, si elle ne fait rien ressentir à ceux qui la regardent est une mauvaise photo. Car la photo, c'est pas juste le choix de l'objectif, de l'ouverture et du cadrage. C'est avant tout de la composition et la capacité à percevoir et transmettre une émotion.
Un musicien qui est un virtuose de son instrument mais qui ne sait pas transmettre la moindre émotion dans son jeu n'est pas un bon musicien.

Pour le cinéma, c'est pareil.
+1
les photos qui sont primées en général ne le sont pas uniquement sur la technique, au contraire.
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Messagede Lo le 22 Jan 2010, 12:00

Choisir le sujet, cadrer et déclencher pile au moment ça fait partie de la technique photo.
Quand on trouve une photo bonne, on peut se demander pourquoi, et ça va se résumer à ça : elle nous parle par son sujet, son contexte, sa composition.
C'est purement de la technique, d'ailleurs si tu sais pas cadrer, si tu choisis un sujet merdique ta photo est mauvaise. C'est donc bien là aussi basé sur des critères concrets facilement évaluables.
On dirait que dès qu'il est question d'émotion ou de sentiments on nage en plein ésotérisme. Mais non, pour une artiste c'est souvent du travail bête et méchant que de se donner les moyens de transmettre l'émotion, ça vient pas d'un obscur et énigmatique don.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede 1er tigre le 22 Jan 2010, 12:14

Lo a écrit:Choisir le sujet, cadrer et déclencher pile au moment ça fait partie de la technique photo.
Quand on trouve une photo bonne, on peut se demander pourquoi, et ça va se résumer à ça : elle nous parle par son sujet, son contexte, sa composition.
C'est purement de la technique, d'ailleurs si tu sais pas cadrer, si tu choisis un sujet merdique ta photo est mauvaise. C'est donc bien là aussi basé sur des critères concrets facilement évaluables.
On dirait que dès qu'il est question d'émotion ou de sentiments on nage en plein ésotérisme. Mais non, pour une artiste c'est souvent du travail bête et méchant que de se donner les moyens de transmettre l'émotion, ça vient pas d'un obscur et énigmatique don.

Ben ouais donc y'a pas que les qualités purement technique. Tu peux avoir fait une photo nickel, super bien composée et tout, si ton sujet est bidon, ça vaudra pas un clou.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 12:34

1er tigre a écrit:Ceci étant dit, je trouve que ton argumentation depuis quelques pages est vaine. Parce que le cinéma c'est un art, pas une science. Un film, ce n'est pas des mathématiques. Tu juges les critères de Marlaga faux, mais les tiens (qu'on ne connaît toujours pas soit dit en passant) le sont probablement autant pour la simple et bonne raison qu'ils sont subjectifs car issus de ton opinion, de tes goûts. Tu pourras nous dire qu'un film est bon parce que le réalisateur a fait ci ou ça, et un autre professionnel de la profession pourra dire que le même film est mauvais parce que le même réalisateur a fait les mêmes choses mais qui ne lui ont pas plu, contrairement à toi.
Tu pourras dire à l'infini qu'un film est bon ou mauvais, il ne le sera que pour toi, pour des raisons qui te sont propres, pas plus, pas moins.


1er tigre,

Admettons pour un instant que tu aies raison. Qu'as-tu montré ici avec exactitude, sinon que tu postulais que nos goûts étaient personnels, intimes et peut-être incommunicables ? Si ma position est vaine, une position aussi relativiste que la tienne fait montre d'une vacuité aussi grande puisqu'à aucun moment tu ne te donnes la peine de justifier, d'essayer de prouver ton affirmation. Comment sais-tu que mes critères sont subjectifs ? Parce que je suis une personne, donc un sujet qui les émet ? Mais si j'écris que la terre tourne autour du soleil ou bien que je suis mortelle, est-ce une affirmation subjective ou pas ? Ah oui, un art n'est pas une science. Une oeuvre d'art a-t-elle une réalité ? Si oui, elle possède des propriétés objectives que l'on peut évaluer.

Mais trêve de logique. Cette position relativiste que tu adoptes ici, je ne suis pas convaincue qu'elle soit sérieuse ou largement réfléchie. N'as-tu pas, par agacement ou lassitude, exagéré ton opinion ? Si je te demande, par exemple, de me citer d'une part un de tes films préférés qui t'a donné à la fois à réfléchir, à être ému, et qui t'a donné envie de le partager, et de l'autre un film que tu considères comme particulièrement raté, inutile. Peux-tu me les citer et les mettant côte à côte me dire que tu ne vois en fait aucune différence de qualité objective, réelle entre les deux films ? Croire ou faire croire qu'il n'y a aucune différence de valeur entre tes gribouillis du jardin d'enfants et le St Jean Baptiste de Léonard de Vinci ? Croire ou faire croire que ta rédaction de collège où tu racontais tes vacances à la mer pourrait objectivement être rapproché des Misérables de Victor Hugo ? Ou bien qu'avec une guitare à la main chacun fait oeuvre aussi bien que Brassens ou Beethoven ?

Comme je ne crois pas que tu sois ni stupide, ni inculte, ni cynique, je pense que tu exagères. Peut-être parce que tu me trouves suffisante, peut-être parce que je suis désagréable, peut-être pour mille autre raisons. Tout cela est sans importance. Il est probable que tu aies pourtant partiellement raison. Il est peut-être impossible d'établir avec certitude ce qu'est ou non un bon film. Mais je crois qu'il convient de chercher, et qu'il appartient à chaque génération, comme Sisyphe, de pousser son rocher pour éviter qu'il lui roule dessus et l'écrase. Prendre conscience de sa subjectivité, ce n'est pas s'y vautrer. Bref, c'est un projet utopique, mais nécessaire à qui veut l'entreprendre. Je crois qu'il faut donner un sens à sa vie, même contre toute vraisemblance. À quoi bon vivre autrement ? Sommes-nous simplement des créatures, enchaînées à nos affects, à nos passions et nos pulsions ? Ou bien une connaissance par la raison est-elle possible ?

Bref. Je te renvoie à l'exemple que tu as cavalièrement écarté hier, quelle est la différence entre la subjectivité de l'amour (pour une personne) et l'appréciation des films ? Tu ne discutes jamais des films avec tes amis ? N'essayes-tu jamais de convaincre les autres de voir ce que tu as vu ? Pourquoi cet impérieux besoin de partager ? Autant de questions auxquelles nous pouvons tenter de répondre. Ou pas.

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Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 12:42

sccc a écrit:Silverwitch,

Suivant tes critères d'appréciation de ce qu'est un bon film, comment juges-tu l'Ile Nue de Kanedo Shindo (si tu l'as vu, ce dont je ne doute pas)?


Je pense que c'est un grand film ! Mais également un film difficile d'accès, fascinant et rebutant à la fois. Mais plus le spectateur s'y investit plus ses qualités apparaissent. C'est une fleur de montagne, une Edelweiss, fragile et toute simple d'apparence et riche de trésors pour qui aura réussi à atteindre le sommet.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 12:47

Marlaga a écrit:On commence à entrevoir ce que tu veux dire. Et je ne suis toujours pas d'accord avec ces critères.
Cette discussion est vaine car on ne part pas de la même vision du cinéma et on ne cherche pas à définir la même chose donc je ne vais pas répondre. Par contre, je serais curieux que tu continues à donner tes critères.


Je ne sais pas trop comment te faire comprendre un point central: je ne rejette pas le rapport affectif qui nous lie aux oeuvres d'art, mais je l'estime impropre pour des raisons déjà largement expliquées à évaluer correctement l'oeuvre en question. Il y a un contenu de l'art, mais l'art n'est pas son contenu.

C'est en gros ce que dit Nietzsche:

"On est artiste, à la condition de sentir comme un contenu, comme la chose elle-même, ce que les non-artistes appellent la forme".

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede 1er tigre le 22 Jan 2010, 12:49

silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Ceci étant dit, je trouve que ton argumentation depuis quelques pages est vaine. Parce que le cinéma c'est un art, pas une science. Un film, ce n'est pas des mathématiques. Tu juges les critères de Marlaga faux, mais les tiens (qu'on ne connaît toujours pas soit dit en passant) le sont probablement autant pour la simple et bonne raison qu'ils sont subjectifs car issus de ton opinion, de tes goûts. Tu pourras nous dire qu'un film est bon parce que le réalisateur a fait ci ou ça, et un autre professionnel de la profession pourra dire que le même film est mauvais parce que le même réalisateur a fait les mêmes choses mais qui ne lui ont pas plu, contrairement à toi.
Tu pourras dire à l'infini qu'un film est bon ou mauvais, il ne le sera que pour toi, pour des raisons qui te sont propres, pas plus, pas moins.


1er tigre,

Admettons pour un instant que tu aies raison. Qu'as-tu montré ici avec exactitude, sinon que tu postulais que nos goûts étaient personnels, intimes et peut-être incommunicables ? Si ma position est vaine, une position aussi relativiste que la tienne fait montre d'une vacuité aussi grande puisqu'à aucun moment tu ne te donnes la peine de justifier, d'essayer de prouver ton affirmation. Comment sais-tu que mes critères sont subjectifs ? Parce que je suis une personne, donc un sujet qui les émet ? Mais si j'écris que la terre tourne autour du soleil ou bien que je suis mortelle, est-ce une affirmation subjective ou pas ? Ah oui, un art n'est pas une science. Une oeuvre d'art a-t-elle une réalité ? Si oui, elle possède des propriétés objectives que l'on peut évaluer.

Mais trêve de logique. Cette position relativiste que tu adoptes ici, je ne suis pas convaincue qu'elle soit sérieuse ou largement réfléchie. N'as-tu pas, par agacement ou lassitude, exagéré ton opinion ? Si je te demande, par exemple, de me citer d'une part un de tes films préférés qui t'a donné à la fois à réfléchir, à être ému, et qui t'a donné envie de le partager, et de l'autre un film que tu considères comme particulièrement raté, inutile. Peux-tu me les citer et les mettant côte à côte me dire que tu ne vois en fait aucune différence de qualité objective, réelle entre les deux films ? Croire ou faire croire qu'il n'y a aucune différence de valeur entre tes gribouillis du jardin d'enfants et le St Jean Baptiste de Léonard de Vinci ? Croire ou faire croire que ta rédaction de collège où tu racontais tes vacances à la mer pourrait objectivement être rapproché des Misérables de Victor Hugo ? Ou bien qu'avec une guitare à la main chacun fait oeuvre aussi bien que Brassens ou Beethoven ?

Comme je ne crois pas que tu sois ni stupide, ni inculte, ni cynique, je pense que tu exagères. Peut-être parce que tu me trouves suffisante, peut-être parce que je suis désagréable, peut-être pour mille autre raisons. Tout cela est sans importance. Il est probable que tu aies pourtant partiellement raison. Il est peut-être impossible d'établir avec certitude ce qu'est ou non un bon film. Mais je crois qu'il convient de chercher, et qu'il appartient à chaque génération, comme Sisyphe, de pousser son rocher pour éviter qu'il lui roule dessus et l'écrase. Prendre conscience de sa subjectivité, ce n'est pas s'y vautrer. Bref, c'est un projet utopique, mais nécessaire à qui veut l'entreprendre. Je crois qu'il faut donner un sens à sa vie, même contre toute vraisemblance. À quoi bon vivre autrement ? Sommes-nous simplement des créatures, enchaînées à nos affects, à nos passions et nos pulsions ? Ou bien une connaissance par la raison est-elle possible ?

Bref. Je te renvoie à l'exemple que tu as cavalièrement écarté hier, quelle est la différence entre la subjectivité de l'amour (pour une personne) et l'appréciation des films ? Tu ne discutes jamais des films avec tes amis ? N'essayes-tu jamais de convaincre les autres de voir ce que tu as vu ? Pourquoi cet impérieux besoin de partager ? Autant de questions auxquelles nous pouvons tenter de répondre. Ou pas.

Silverwitch

Oui, j'ai volontairement grossi le trait. ça a marché puisque tu en as saisi le fond.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Shoemaker le 22 Jan 2010, 13:49

silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Ceci étant dit, je trouve que ton argumentation depuis quelques pages est vaine. Parce que le cinéma c'est un art, pas une science. Un film, ce n'est pas des mathématiques. Tu juges les critères de Marlaga faux, mais les tiens (qu'on ne connaît toujours pas soit dit en passant) le sont probablement autant pour la simple et bonne raison qu'ils sont subjectifs car issus de ton opinion, de tes goûts. Tu pourras nous dire qu'un film est bon parce que le réalisateur a fait ci ou ça, et un autre professionnel de la profession pourra dire que le même film est mauvais parce que le même réalisateur a fait les mêmes choses mais qui ne lui ont pas plu, contrairement à toi.
Tu pourras dire à l'infini qu'un film est bon ou mauvais, il ne le sera que pour toi, pour des raisons qui te sont propres, pas plus, pas moins.


1er tigre,

Admettons pour un instant que tu aies raison. Qu'as-tu montré ici avec exactitude, sinon que tu postulais que nos goûts étaient personnels, intimes et peut-être incommunicables ? Si ma position est vaine, une position aussi relativiste que la tienne fait montre d'une vacuité aussi grande puisqu'à aucun moment tu ne te donnes la peine de justifier, d'essayer de prouver ton affirmation. Comment sais-tu que mes critères sont subjectifs ? Parce que je suis une personne, donc un sujet qui les émet ? Mais si j'écris que la terre tourne autour du soleil ou bien que je suis mortelle, est-ce une affirmation subjective ou pas ? Ah oui, un art n'est pas une science. Une oeuvre d'art a-t-elle une réalité ? Si oui, elle possède des propriétés objectives que l'on peut évaluer.

Mais trêve de logique. Cette position relativiste que tu adoptes ici, je ne suis pas convaincue qu'elle soit sérieuse ou largement réfléchie. N'as-tu pas, par agacement ou lassitude, exagéré ton opinion ? Si je te demande, par exemple, de me citer d'une part un de tes films préférés qui t'a donné à la fois à réfléchir, à être ému, et qui t'a donné envie de le partager, et de l'autre un film que tu considères comme particulièrement raté, inutile. Peux-tu me les citer et les mettant côte à côte me dire que tu ne vois en fait aucune différence de qualité objective, réelle entre les deux films ? Croire ou faire croire qu'il n'y a aucune différence de valeur entre tes gribouillis du jardin d'enfants et le St Jean Baptiste de Léonard de Vinci ? Croire ou faire croire que ta rédaction de collège où tu racontais tes vacances à la mer pourrait objectivement être rapproché des Misérables de Victor Hugo ? Ou bien qu'avec une guitare à la main chacun fait oeuvre aussi bien que Brassens ou Beethoven ?

Comme je ne crois pas que tu sois ni stupide, ni inculte, ni cynique, je pense que tu exagères. Peut-être parce que tu me trouves suffisante, peut-être parce que je suis désagréable, peut-être pour mille autre raisons. Tout cela est sans importance. Il est probable que tu aies pourtant partiellement raison. Il est peut-être impossible d'établir avec certitude ce qu'est ou non un bon film. Mais je crois qu'il convient de chercher, et qu'il appartient à chaque génération, comme Sisyphe, de pousser son rocher pour éviter qu'il lui roule dessus et l'écrase. Prendre conscience de sa subjectivité, ce n'est pas s'y vautrer. Bref, c'est un projet utopique, mais nécessaire à qui veut l'entreprendre. Je crois qu'il faut donner un sens à sa vie, même contre toute vraisemblance. À quoi bon vivre autrement ? Sommes-nous simplement des créatures, enchaînées à nos affects, à nos passions et nos pulsions ? Ou bien une connaissance par la raison est-elle possible ?

Bref. Je te renvoie à l'exemple que tu as cavalièrement écarté hier, quelle est la différence entre la subjectivité de l'amour (pour une personne) et l'appréciation des films ? Tu ne discutes jamais des films avec tes amis ? N'essayes-tu jamais de convaincre les autres de voir ce que tu as vu ? Pourquoi cet impérieux besoin de partager ? Autant de questions auxquelles nous pouvons tenter de répondre. Ou pas.

Silverwitch


Brassens n'est pas un foudre de guerre a la guitare, et Beethoven n'en a peut etre jamais touche une. :lol:

Tout ce que tu dis la (et que j'approuve), me rappelle Mlle Chupin, ma prof de français en classe de seconde qui nous avait (justement) donne une redaction avec comme sujet, "Parlez d'une oeuvre quelconque et dites pourquoi vous l'aimez, pourquoi vous la considerez comme majeure, etc..."
J'avais bien entendu, parle des emotions que tel machin avait eveille en moi, et, en point d'orgue sublime de mon devoir, j'avais pondu un : "Cette oeuvre eveille en moi un je ne sais quoi qui m'emeut" (a peu pres, hein...).
Mlle Chupin a refuse de corriger ma disertation, et m'a ecrit sur la copie :
C'est ce "je-ne-sais-quoi" que je vous demande de decrire.

Les mois suivant, nous avons entre autre, decortique les Illusions perdues de Balzac. Et elle nous a explique, pas a pas, pourquoi c'etait un chef d'oeuvre, en l'analysant de tous les points de vue, en decortiquant la structure intime du livre, et du coup, en nous apprenant comment apprehender une oeuvre, au-dela de la pure sensation que cela eveille en nous...

Depuis cette epoque, j'ai compris ce que Silver entre autre essaye d'expliquer. Decrire ses emotions (qui font parti du jeu) n'est pas suffisant pour expliquer et comprendre une oeuvre. L'oeuvre existe en dehors de nous. PArler d'elle, n'est pas parler de nous meme, de nos emotions a l'instant T... etc

Mais attention. Cet exercice intellectuel qui consiste a decrire une oeuvre, pour mieux la comprendre, et par la, comprendre mieux le monde, a ses limites, que de brillants escrocs transgressent allegrement, en essayant de nous expliquer que (par exemple) l'oeuvre de Miro est aussi geniale que celle de Vinci.
Et si l'oeuvre de Miro ne valait pas mieux que mes gribouillis en CM1 ?...
L'assertion est possible.
Elle devient impossible, si on compare mes oeuvres de CM1 (et meme les autres) a celles de Vinci.
Affaire de ... bon sens !
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 22 Jan 2010, 14:25

Lo a écrit:Choisir le sujet, cadrer et déclencher pile au moment ça fait partie de la technique photo.
Quand on trouve une photo bonne, on peut se demander pourquoi, et ça va se résumer à ça : elle nous parle par son sujet, son contexte, sa composition.
C'est purement de la technique, d'ailleurs si tu sais pas cadrer, si tu choisis un sujet merdique ta photo est mauvaise. C'est donc bien là aussi basé sur des critères concrets facilement évaluables.
On dirait que dès qu'il est question d'émotion ou de sentiments on nage en plein ésotérisme. Mais non, pour une artiste c'est souvent du travail bête et méchant que de se donner les moyens de transmettre l'émotion, ça vient pas d'un obscur et énigmatique don.


Ouais, sauf que l'exemple de Hugues parlait d'un photographe qui aurait préparé son sujet et qui l'aurait réussi techniquement mais qui aurait fait une photo devant laquelle personne ne ressent rien. C'est une photo ratée, pas une bonne photo.

Le propre de l'art est de transmettre une émotion. D'après wikipedia, on dit que le propre de l'art est de s'adresser aux sens, aux émotions et à l'intellect. Si on fait un boulot de tacheron qui ne fait rien ressentir aux spectateurs, on n'est pas un artiste. Que ce soit en photo, en cinéma ou en musique.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Marlaga le 22 Jan 2010, 14:33

silverwitch a écrit:
Marlaga a écrit:On commence à entrevoir ce que tu veux dire. Et je ne suis toujours pas d'accord avec ces critères.
Cette discussion est vaine car on ne part pas de la même vision du cinéma et on ne cherche pas à définir la même chose donc je ne vais pas répondre. Par contre, je serais curieux que tu continues à donner tes critères.


Je ne sais pas trop comment te faire comprendre un point central: je ne rejette pas le rapport affectif qui nous lie aux oeuvres d'art, mais je l'estime impropre pour des raisons déjà largement expliquées à évaluer correctement l'oeuvre en question.



Voir ma réponse à Lo. L'essence de l'art est de parler aux sens, aux émotions et à l'intellect. On ne peut donc juger une oeuvre d'art que sur ce qu'elle fait passer aux sens, aux émotions et à l'intellect.
On peut se pencher un peu sur la technique pour distinguer les moyens cinématographiques qui ont amené le spectateur à ressentir des choses différentes de ce qu'il aurait ressenti en lisant un roman ou en écoutant de la musique. Mais à vrai dire, ces considérations sont secondaires et plutôt réservés à ceux qui s'intéressent au médium lui même et non pas à l'art.

silverwitch a écrit:Il y a un contenu de l'art, mais l'art n'est pas son contenu.


Je vois cette phrase comme la pure contradiction de tous tes messages.

silverwitch a écrit:C'est en gros ce que dit Nietzsche:

"On est artiste, à la condition de sentir comme un contenu, comme la chose elle-même, ce que les non-artistes appellent la forme".

Silverwitch


Oui, mais ici, il n'est pas question pour nous de devenir des artistes. Juste de juger le résultat.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 15:26

Marlaga a écrit:Voir ma réponse à Lo. L'essence de l'art est de parler aux sens, aux émotions et à l'intellect. On ne peut donc juger une oeuvre d'art que sur ce qu'elle fait passer aux sens, aux émotions et à l'intellect.
On peut se pencher un peu sur la technique pour distinguer les moyens cinématographiques qui ont amené le spectateur à ressentir des choses différentes de ce qu'il aurait ressenti en lisant un roman ou en écoutant de la musique. Mais à vrai dire, ces considérations sont secondaires et plutôt réservés à ceux qui s'intéressent au médium lui même et non pas à l'art.


Oui et non. Oui, le cinéma comme les autres arts fait appel au sensible, soit le domaine du cognitif et de l'affectif. Ce que je récuse, c'est l'utilisation exclusive de l'affectif comme critère de jugement ou d'évaluation des films.

La limite de ta proposition est toujours la même (malgré l'inflexion de la seconde partie de ton paragraphe), c'est qu'au fond tu ne comprends toujours pas la différence entre un film et un produit stupéfiant. Ou encore, pour le dire autrement, la logique de ton discours est: un bon film est un bon livre (et réciproquement), puisqu'au fond la source de tes émotions t'indiffère: qu'importe qu'elle provienne d'un roman, d'une musique ou d'un film.

Pourtant, tu vois à l'évidence qu'un film ce n'est pas la même chose qu'un roman. Mais en refusant d'étudier un objet (le film), tu es aveugle à la forme abordée. La première chose à faire quand l'on prétend évaluer quelque chose est de reconnaître ses propriétés (un livre ce n'est pas un film) et ensuite de déterminer ce qui constitue sa spécificité. Pour évaluer ce qu'est ou non un bon film, on doit l'apprécier à l'aune de caractéristiques esthétiques singulières, qui sont celles du cinéma. Ou bien on retombe dans l'ornière un film = un livre.

Au fond, nous savons tous, plus ou moins consciemment, pourquoi le subjectivisme ou le primat accordé à la sensation est confortable: parce qu'il évite d'avoir jamais tort. Tu ne parles ni d'un film, ni d'un roman, ni d'une chanson, c'est-à-dire d'un objet à la fois séparé de nous et pourtant commun, mais d'une fusion incommunicable (ou si tu veux plus simplement d'un film qui n'existe que pour toi) entre l'objet extérieur et toi. Se réfugier dans ses sensations ou ses goûts autorise tout et n'importe quoi.

Allons quand même sur ton terrain. Supposons qu'un bon film soit partiellement un film qui aura déclenché chez toi une sensation plaisante. Certes cette sensation sera la tienne et celle de personne d'autre, mais quand bien même, d'où vient-elle exactement. Est-ce l'histoire qui t'émeut ? Mais comme je te l'ai déjà dit, une histoire n'existe pas dans le vide. Cette scène que tu trouveras si belle, pourquoi est-elle réussie ? Parce que c'est CETTE scène là et pas une autre. Parce qu'elle a été filmée d'une certaine manière, à un certain endroit, pendant un certain temps, parce que le film a choisi de te montrer ceci plutôt que cela. Voilà exactement ce qu'est l'esthétique du cinéma, l'art d'organiser un monde imaginaire à l'aide de techniques. Afin d'évaluer proprement un film (et non parler de toi), il convient d'identifier ce qui constitue la singularité, d'abord de séparer ce qui est spécifique au cinéma ou spécifique au roman, ou spécifique à la peinture. C'est une condition essentielle et absolue.

Il n'y a "art" que si l'on se sépare du quotidien et du réel. Et l'histoire des arts est d'abord et avant tout l'histoire de techniques et de science. C'est l'ancienne méditation sur l'idée de Rythme et de Nombre. Qu'est-ce qui nous donne le sentiment de la beauté ? C'est l'idée d'une mathématique secrète. L'effort de l'art c'est d'arracher au chaos une forme qui donne son vrai contour à la réalité. Dès l'antiquité, il y avait cette réflexion. Pourquoi est-ce que nous trouvons beaux telles plantes, telle fleur, tel arbre dans la forêt ? D'où par exemple l'idée de "divine proprotion" ou du "Nombre d'Or". Si l'on regarde de près, on constate alors au contraire l'objectivité absolue des arts et des oeuvres, le temple grec est lié à l'église romane, la statuaire grecque l'art médiéval.

Alors apparaît l'idéal de l'oeuvre d'art, de toute oeuvre d'art: recréer une harmonie avec le monde.

Marlaga a écrit:
silverwitch a écrit:Il y a un contenu de l'art, mais l'art n'est pas son contenu.


Je vois cette phrase comme la pure contradiction de tous tes messages.


En es-tu certain ?


Marlaga a écrit:Oui, mais ici, il n'est pas question pour nous de devenir des artistes. Juste de juger le résultat.


Pour cela, il faut d'abord accepter de voir le monde tel qu'il est nous est proposé par l'oeuvre. C'est cela que veut dire "artiste" chez Nietzsche.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Waddle le 22 Jan 2010, 17:17

silverwitch a écrit:
Lo a écrit:J'ai appris grâce à Bienvenue chez les Chtis que les gens du nord sont hospitaliers, de plus le scénario extrêmement linéaire et le réalisme des situations me laissent à penser que le film est cohérent.
:D


Et voilà un critère supplémentaire: quelle est la valeur de ce que le film nous enseigne et la cohérence n'a de sens qu'avec ce critère, la pertinence.

- Un bon film nous enseigne.
- Un bon film est cohérent.
- Un bon film est pertinent.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede von Rauffenstein le 22 Jan 2010, 17:21

Waddle a écrit:
silverwitch a écrit:
Lo a écrit:J'ai appris grâce à Bienvenue chez les Chtis que les gens du nord sont hospitaliers, de plus le scénario extrêmement linéaire et le réalisme des situations me laissent à penser que le film est cohérent.
:D


Et voilà un critère supplémentaire: quelle est la valeur de ce que le film nous enseigne et la cohérence n'a de sens qu'avec ce critère, la pertinence.

- Un bon film nous enseigne.
- Un bon film est cohérent.
- Un bon film est pertinent.

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Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 17:57

Waddle a écrit:Est-ce que Titanic est un bon film?
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Non.
Non, encore moins.

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Messagede 1er tigre le 22 Jan 2010, 18:09

Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 18:13

1er tigre a écrit:Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )


Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu en entier. Est-ce que tu peux répondre oui aux critères que j'énonce plus haut ? Le film est-il édifiant, cohérent, pertinent et original ?

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Gator le 22 Jan 2010, 18:58

Marlaga a écrit:Ouais, sauf que l'exemple de Hugues parlait d'un photographe qui aurait préparé son sujet et qui l'aurait réussi techniquement mais qui aurait fait une photo devant laquelle personne ne ressent rien. C'est une photo ratée, pas une bonne photo.

Le propre de l'art est de transmettre une émotion. D'après wikipedia, on dit que le propre de l'art est de s'adresser aux sens, aux émotions et à l'intellect. Si on fait un boulot de tacheron qui ne fait rien ressentir aux spectateurs, on n'est pas un artiste. Que ce soit en photo, en cinéma ou en musique.


Non le propre de l'art n'est pas de transmettre une émotion, c'est une des possibilités offertes c'est vrai mais certainement pas la seule finalité.

Se baser uniquement sur l'affect comme seul critère de jugement, c'est non seulement très limité mais en plus cela signifie que tu passeras à côté d'une multitude d'oeuvres essentielles, car bien plus complexes.

Si je reprends l'exemple donné par Hughes, la photographie produite, que tu jugeras mauvaise, puisqu'elle ne te procurera pas d'émotion particulière peut très bien être une excellente photographie, une photographie qui se positionne au-delà de l'émotif pour justement interroger l'intellect. Ces oeuvres, souvent les plus intéressantes, ne s'offrent pas forcément d'elles-mêmes, elles dépassent le cadre du ressenti spontané propre à la seule émotion pour se placer sur le plan de la réflexion, elles demandent un investissement de la part du spectateur.

Comprendre ces oeuvres, car il est souvent question d'incompréhension, afin de les juger objectivement, c'est questionner la démarche des auteurs, le propos de chaque oeuvre, les choix esthétiques, parfois techniques, c'est aussi réfléchir sur le positionnement de ces oeuvres dans l'histoire de l'art et les confrontations qui en découlent (ce qui implique nos propres connaissances mais aussi nos certitudes et la possibilité de les remettre en question), c'est un acte critique.

Enfin, il me semble...
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 19:04

Gator a écrit:Non le propre de l'art n'est pas de transmettre une émotion, c'est une des possibilités offertes c'est vrai mais certainement pas la seule finalité.

Se baser uniquement sur l'affect comme seul critère de jugement, c'est non seulement très limité mais en plus cela signifie que tu passeras à côté d'une multitude d'oeuvres essentielles, car bien plus complexes.

Si je reprends l'exemple donné par Hughes, la photographie produite, que tu jugeras mauvaise, puisqu'elle ne te procurera pas d'émotion particulière peut très bien être une excellente photographie, une photographie qui se positionne au-delà de l'émotif pour justement interroger l'intellect. Ces oeuvres, souvent les plus intéressantes, ne s'offrent pas forcément d'elles-mêmes, elles dépassent le cadre du ressenti spontané propre à la seule émotion pour se placer sur le plan de la réflexion, elles demandent un investissement de la part du spectateur.

Comprendre ces oeuvres, car il est souvent question d'incompréhension, afin de les juger objectivement, c'est questionner la démarche des auteurs, le propos de chaque oeuvre, les choix esthétiques, parfois techniques, c'est aussi réfléchir sur le positionnement de ces oeuvres dans l'histoire de l'art et les confrontations qui en découlent (ce qui implique nos propres connaissances mais aussi nos certitudes et la possibilité de les remettre en question), c'est un acte critique.

Enfin, il me semble...


Très juste.

Il n'y a qu'un point avec lequel je suis en désaccord: qu'avons-nous à faire de la démarche (de l'intention) de l'auteur ? En quoi est-ce pertinent pour apprécier une oeuvre ? Ce qu'a voulu faire l'auteur n'a pas grande importance, seule compte l'oeuvre effectivement produite.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede 1er tigre le 22 Jan 2010, 19:10

silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )


Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu en entier. Est-ce que tu peux répondre oui aux critères que j'énonce plus haut ? Le film est-il édifiant, cohérent, pertinent et original ?

Silverwitch

Tu ne l'as pas vu en entier? ça veut dire que tu l'as commencé et que tu n'as pas réussi à tenir jusqu'à la fin? Ou un élément extérieur t'a interrompue?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Cortese le 22 Jan 2010, 19:14

von Rauffenstein a écrit:Titanic est un bon film.

Il t'enseigne de façon didactique à dresser un arbre des causes pour l'aide à la résolution des accidents. De façon cohérente et suffisemment pertinente pour que tu t'en souviennes.


Ouais, tous mes copains se sont foutus de ma gueule (sauf riton évidemment) quand je leur avais dit que j'avais bien aimé "Titanic". C'est évidemment un film "commercial" (comme on disait jadis). Son but c'est de faire rentrer du pognon, c'est tout. L'historiette sentimentale, c'est de la merde, mais le sujet est passionnant. Je me souviens avoir lu des extraits du roman "Titan" (qui prédisait de façon stupéfiante le naufrage avec 20 ans d'avance). L'océan, la Machine, la mort en masse par congélation, le Grand Nord, l'épave retrouvée, quelle histoire fascinante. Tout l'aspect reconstitution de "Titanic" est très réussi, il manquait juste un vrai artiste aux commandes. Ils font chier aussi ceux là. Un bon film c'est d'abord un bon sujet. A part Kubrick, les grands sujets ne les intéressent pas (on se demande bien pourquoi). Pas étonnant que le grand public ne suive pas. Vous imaginez Homère racontant sa psychothérapie, ou Chrétien de Troyes pourquoi il aimerait bien se taper la bonne sans oser le faire parce qu'au fond il pense qu'il est un peu pédé ? Les intellos et les artistes se sont décrédibilisé aux yeux du peuple à une allure météorique en 40 ans. Il y a peut être des raisons objectives à cela. La première c'est que cela a été voulu par le pouvoir politique. Mais est-ce qu'ils le savent ? Je vous dit pas comment ça doit rigoler à Wall Street ou dans d'autres hauts lieus du cynisme en mode majeur, à regarder les meilleurs esprits du temps focaliser l'attention des gens éduqués sur des histoires soporifiques de chambres à coucher.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Fabrice le 22 Jan 2010, 19:17

silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )


Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu en entier. Est-ce que tu peux répondre oui aux critères que j'énonce plus haut ? Le film est-il édifiant, cohérent, pertinent et original ?

Silverwitch


- Trés édifiant
- Trés cohérent
- Trés pertinent
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Donc c'est un trés trés trés trés bon film... comme tous les films réalisés par Clint... :o
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Cortese le 22 Jan 2010, 19:22

Fabrice a écrit:
silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )


Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu en entier. Est-ce que tu peux répondre oui aux critères que j'énonce plus haut ? Le film est-il édifiant, cohérent, pertinent et original ?

Silverwitch


- Trés édifiant
- Trés cohérent
- Trés pertinent
- Trés original

Donc c'est un trés trés trés trés bon film... comme tous les films réalisés par Clint... :o


Laisse tomber, tout ce qu'il y a d'original, c'est de mettre une nana à la place d'un mec. Sinon, James Cagney a fait au moins 20 films avec le même scénario.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 22 Jan 2010, 19:24

Très original, tu trouves?

Edit: ok, doublé
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Silverwitch le 22 Jan 2010, 19:30

1er tigre a écrit:Tu ne l'as pas vu en entier? ça veut dire que tu l'as commencé et que tu n'as pas réussi à tenir jusqu'à la fin? Ou un élément extérieur t'a interrompue?


Oui, j'ai été obligée d'interrompre le film. Bon, comme je ne l'ai jamais repris ensuite, disons que je n'étais pas vraiment passionnée.

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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Fabrice le 22 Jan 2010, 19:32

Cortese a écrit:
Fabrice a écrit:
silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )


Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu en entier. Est-ce que tu peux répondre oui aux critères que j'énonce plus haut ? Le film est-il édifiant, cohérent, pertinent et original ?

Silverwitch


- Trés édifiant
- Trés cohérent
- Trés pertinent
- Trés original

Donc c'est un trés trés trés trés bon film... comme tous les films réalisés par Clint... :o


Laisse tomber, tout ce qu'il y a d'original, c'est de mettre une nana à la place d'un mec. Sinon, James Cagney a fait au moins 20 films avec le même scénario.


Cortese, si tu avais vu le film, ou si tu l'as vu, peut-être n'as tu pas tout compris, tu saurais que le sujet principal du film n'a rien à voir avec la boxe...

Ce mélodrame puissant aborde plusieurs grands thèmes qui en font bien plus qu'un simple film de boxe, féminine en l'occurrence : la réussite à tout prix au-delà des clivages sociaux, le star-system et le fanatisme du public, les relations familiales, la foi chrétienne, la maladie, la vieillesse et l'euthanasie.

Comme quoi, chacun voit midi à sa porte...
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Cortese le 22 Jan 2010, 19:33

Fabrice a écrit:
Cortese a écrit:
Fabrice a écrit:
silverwitch a écrit:
1er tigre a écrit:Est-ce que Million Dollar Baby est un bon film?

(ça vire au questions pour un champion ce topic :D )


Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu en entier. Est-ce que tu peux répondre oui aux critères que j'énonce plus haut ? Le film est-il édifiant, cohérent, pertinent et original ?

Silverwitch


- Trés édifiant
- Trés cohérent
- Trés pertinent
- Trés original

Donc c'est un trés trés trés trés bon film... comme tous les films réalisés par Clint... :o


Laisse tomber, tout ce qu'il y a d'original, c'est de mettre une nana à la place d'un mec. Sinon, James Cagney a fait au moins 20 films avec le même scénario.


Cortese, si tu avais vu le film, ou si tu l'as vu, peut-être n'as tu pas tout compris, tu saurais que le sujet principal du film n'a rien à voir avec la boxe...

Ce mélodrame puissant aborde plusieurs grands thèmes qui en font bien plus qu'un simple film de boxe, féminine en l'occurrence : la réussite à tout prix au-delà des clivages sociaux, le star-system et le fanatisme du public, les relations familiales, la foi chrétienne, la maladie, la vieillesse et l'euthanasie.

Comme quoi, chacun voit midi à sa porte...


C'est un mélo, quoi...
Cortese
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Ouais_supère le 22 Jan 2010, 19:34

Fabrice a écrit:Ce mélodrame puissant aborde plusieurs grands thèmes qui en font bien plus qu'un simple film de boxe, féminine en l'occurrence : la réussite à tout prix au-delà des clivages sociaux, le star-system et le fanatisme du public, les relations familiales, la foi chrétienne, la maladie, la vieillesse et l'euthanasie.


Non, tu exagères largement, là.
Un film qui aborderait vraiment tous ces thèmes ne serait qu'un fatras totalement vain.
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Fabrice le 22 Jan 2010, 19:37

Ouais_supère a écrit:
Fabrice a écrit:Ce mélodrame puissant aborde plusieurs grands thèmes qui en font bien plus qu'un simple film de boxe, féminine en l'occurrence : la réussite à tout prix au-delà des clivages sociaux, le star-system et le fanatisme du public, les relations familiales, la foi chrétienne, la maladie, la vieillesse et l'euthanasie.


Non, tu exagères largement, là.
Un film qui aborderait vraiment tous ces thèmes ne serait qu'un fatras totalement vain.


Je n'exagère en rien, et je te conseille de le regarder, vraiment. Après tu te feras ta propre opinion... mais comment avoir une opinion sans avoir regardé ? impossible...
Fabrice
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Lo le 22 Jan 2010, 19:39

Il m'attire pas le cinéma d'Eastwood, je sais que tout le monde en pense le plus grand bien, mais c'est bizarre ça me branche pas. C'est quoi le mieux de ses films un peu récents ?
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Maverick le 22 Jan 2010, 19:41

Cortese a écrit:
von Rauffenstein a écrit:Titanic est un bon film.

Il t'enseigne de façon didactique à dresser un arbre des causes pour l'aide à la résolution des accidents. De façon cohérente et suffisemment pertinente pour que tu t'en souviennes.


Ouais, tous mes copains se sont foutus de ma gueule (sauf riton évidemment) quand je leur avais dit que j'avais bien aimé "Titanic". C'est évidemment un film "commercial" (comme on disait jadis). Son but c'est de faire rentrer du pognon, c'est tout. L'historiette sentimentale, c'est de la merde, mais le sujet est passionnant. Je me souviens avoir lu des extraits du roman "Titan" (qui prédisait de façon stupéfiante le naufrage avec 20 ans d'avance). L'océan, la Machine, la mort en masse par congélation, le Grand Nord, l'épave retrouvée, quelle histoire fascinante. Tout l'aspect reconstitution de "Titanic" est très réussi, il manquait juste un vrai artiste aux commandes. Ils font chier aussi ceux là. Un bon film c'est d'abord un bon sujet. A part Kubrick, les grands sujets ne les intéressent pas (on se demande bien pourquoi). Pas étonnant que le grand public ne suive pas. Vous imaginez Homère racontant sa psychothérapie, ou Chrétien de Troyes pourquoi il aimerait bien se taper la bonne sans oser le faire parce qu'au fond il pense qu'il est un peu pédé ? Les intellos et les artistes se sont décrédibilisé aux yeux du peuple à une allure météorique en 40 ans. Il y a peut être des raisons objectives à cela. La première c'est que cela a été voulu par le pouvoir politique. Mais est-ce qu'ils le savent ? Je vous dit pas comment ça doit rigoler à Wall Street ou dans d'autres hauts lieus du cynisme en mode majeur, à regarder les meilleurs esprits du temps focaliser l'attention des gens éduqués sur des histoires soporifiques de chambres à coucher.
J'étais déçu que Titanic ne s'attarde pas plus sur le bateau moi...
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Re: La séquence du spectateur - TOPIC CINEMA

Messagede Stéphane le 22 Jan 2010, 19:43

On en fait quand-même le tour plusieurs fois.

Tu voulais un truc sur la construction plutôt ?
Ouais_supère a écrit:Stef, t'es chiant
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