Ouais_supère a écrit:Certains parlent d'égoïsme, mais c'est un contre-sens.
"L'égoïsme" sous-entend une préférence entre plusieurs voies, un sens: "plutôt la destruction que telle situation".
Or, souvent, ce qui fait qu'une personne se suicide est un effondrement total du sens.
Il n'est alors plus question ni de préférence, ni de calcul.
Il est uniquement question de non-existence, d'aspiration par le vide, la personne n'est plus sujet de sa vie mais objet insensé qui n'a donc pour destinée que celle des objets usuels: la poubelle.
A cet instant du passage à l'acte, il n'y a (probablement) plus de douleur, tout juste une logique implacable: "je suis le néant, de dois donc m'anéantir".
Je concède toutefois qu'il existe plusieurs types de suicide, mais qu'à mon sens ceux qui relèvent d'un choix véritable sont bien rares.
Ils tiennent généralement davantage du geste d'automate.
J'ai parlé d'égoïsme, mais je ne sais pas trop quel terme convient. Ce que je veux dire est que dans les 2 cas que j'ai vécu d'assez près, et je ne veux surtout pas en faire une généralité, les 2 personnes ont planifié, réfléchi et exécuté leur suicide en tentant au maximum de faire le moins de mal à ceux qui les aimaient. Une d'entre elle a envoyé ses enfants chez sa mère pour le week-end, l'autre a fait des arrangements financiers pour faciliter la suite des choses à sa famille.
Alors quand je vois un cas comme celui-là, je me dis derrière la volonté de mettre fin à une grande douleur avec laquelle je compatis hein, n'y a-t-il pas autre chose ? Un "tiens mon salaud, maintenant démerde toi" ? Je ne sais pas, j'espère que non.
Mais je trouve ça vraiment cruel.