de Ghinzani le 03 Juil 2026, 06:56
Communiqué du président des Forces libanaises
« L’accord-cadre conclu entre le Liban et Israël, supervisé par le président Joseph Aoun en coordination et en concertation avec le Premier ministre Nawaf Salam, constitue la décision politique la plus importante prise par l’État libanais depuis un demi-siècle. Il ouvre enfin la voie pour sortir le Liban et les Libanais de l’impasse tragique dans laquelle les différentes formes de “résistance” ayant opéré dans le Sud ont plongé le pays.
Cet accord ne se limite pas au retrait des forces israéliennes du territoire libanais afin de permettre aux habitants du Sud de regagner leurs villages. Une fois pleinement appliqué, il refermera définitivement la plaie béante du Sud, qui a fait souffrir l’ensemble des Libanais, en premier lieu les populations méridionales. Cette situation nous a privés de stabilité, a paralysé, à des degrés divers, la vie politique et nationale, et a provoqué des effondrements économiques et financiers dont aucun foyer libanais n’a été épargné.
Contrairement à ce qu’ont toujours prétendu les partisans de la “résistance”, sous toutes leurs formes, cette plaie n’a rien apporté à la cause palestinienne. En revanche, elle a détruit le Liban à plusieurs reprises.
Au-delà du retrait israélien et de la sécurisation définitive du Sud, cet accord permettra également de résoudre une question nationale majeure qui empoisonne la vie du pays depuis cinquante ans : l’existence d’organisations armées échappant à l’autorité de l’État, au premier rang desquelles le Hezbollah, qui se sont arrogé le pouvoir de décider de la guerre et de la paix selon leurs propres intérêts et ceux de puissances étrangères, sans tenir compte de l’intérêt du Liban et des Libanais. Cette réalité a considérablement affaibli l’État libanais et entamé sa crédibilité auprès de ses partenaires, tant à l’Est qu’à l’Ouest.
Par ailleurs, la mise en œuvre de cet accord mettra fin à l’influence iranienne illimitée et illégitime sur les décisions libanaises, influence qui a orienté les positions et les choix du Liban au service des intérêts de Téhéran plutôt que de ceux du peuple libanais. Les relations entre le Liban et l’Iran pourront ainsi retrouver ce qu’elles étaient avant un demi-siècle de dérives : des relations diplomatiques normales entre deux États souverains, au bénéfice de leurs peuples.
À ceux qui dénoncent aujourd’hui un prétendu “risque de discorde”, je rappelle que la véritable discorde est née lorsque l’application des dispositions sécuritaires et militaires de l’accord de Taëf s’est faite de manière sélective, s’imposant à certains mais pas à d’autres, sous des prétextes qui n’ont trompé personne. La situation actuelle en est la démonstration la plus éclatante.
À ceux qui redécouvrent aujourd’hui l’accord d’armistice, je réponds qu’ils auraient mieux fait de réagir lorsque celui-ci a commencé à être bafoué dès 1964, plutôt que de pleurer aujourd’hui sur ses ruines.
Je tiens également à rappeler à ceux qui contestent la légitimité de cet accord ou prétendent qu’il ne reflète pas l’opinion d’une partie des Libanais que les institutions légitimes de notre pays sont le président de la République, le gouvernement et le Parlement, comme dans la majorité des démocraties. Le président Joseph Aoun, qui a supervisé cet accord, a été élu légalement par 99 députés sur 128. Quant au gouvernement, il a obtenu à deux reprises la confiance d’une large majorité du Parlement élu par le peuple libanais.
Enfin, cette opportunité est sans doute la plus importante offerte au Liban depuis un demi-siècle pour sortir de la tragédie dans laquelle il est plongé. Nous devons tous la saisir et soutenir nos institutions légitimes afin de reconstruire notre État et de sortir au plus vite de cette crise, plutôt que de perdre encore du temps avec des discours et des pseudo-exploits dont les Libanais sont lassés depuis longtemps. »
Samir Geagea
#Liban
